Septembre 05. - Cheveux blonds et oreilles noires

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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Jeu 24 Aoû - 20:59
L’aube pointe difficilement à travers les épais nuages qui recouvrent le ciel.

La météo de cette nuit a été particulièrement mauvaise. La pluie était si abondante et le vent si violent que j’ai du m'abriter dans une vieille bâtisse abandonnée, les arbres balayés par les bourrasques n’étant pas assez stables pour m'offrir un refuge sûr.
Heureusement, quelques heures avant le lever du jour, lorsque je me suis éveillée, la pluie avait cessé. Tout était calme. Le ciel couvert ne laissait filtrer pas même la lumière des étoiles : le noir était complet, et j’y voyais parfaitement.
L’orage avait lessivé la campagne. Je respirais à pleins poumons : la pluie a ce don d’exacerber toutes les odeurs, qui venaient chatouiller mes narines. Le silence était presque complet mais, peu à peu, les animaux ont commencé à s’activer, emplissant le monde de bruits discrets - mais pas assez pour mon ouïe fine.

Me voilà aux abords d’une petite cité alors que le ciel s'éclaire lentement. Les rayons du soleil peinent à traverser l’épaisse couche grise qu’est le ciel ce matin. Je me sens d’excellente humeur : si la tempête de cette nuit m’a bloquée, les nuages me permettent ce matin de me promener en ville. Cela est d’autant plus agréable qu’assez exceptionnel : j’ai remarqué que, depuis un certain temps, le temps était beaucoup moins souvent couvert qu’au début de mon voyage. J’ai donc moins l’occasion de sortir la journée et, par conséquent, de côtoyer des humains.

Ces derniers sont d’ailleurs déjà en train de s’activer. Mon odorat est vite émoustillé par des effluves provenant d’une petite échoppe ouvrant tout juste. Je trottine jusqu’à cette dernière, et saisis une grosse miche de pain chaude entre mes fins doigts pâles. La dame potelée derrière l’étal me regarde d’un drôle d’oeil, et je m’empresse de déposer quelques pièces sorties d’une de mes bourses devant elle. Cela semble lui convenir, et elle ramasse d’un geste vif la monnaie en me souhaitant une bonne journée.
Je reprends ma route, tous les sens rivés sur la boule serrée entre mes mains. J’appuie doucement dessus pour sentir la croûte craqueler sous mes doigts, d’un bruit alléchant, et une vague chaude et odorante s'élever jusqu'à mes narines. Sans attendre, je croque goulûment dans la miche. La mie tendre me brûle légèrement la langue, mais le pain est délicieux et je ne fais pas attention à cette piquante sensation.

Le pain est l'un des premiers aliments humains que j’ai découverts. Je crois que c’est lié au fait que je sois du genre très matinale, et que les boulangeries ouvrent aux premières heures du jour. Quand j’arrive dans une ville à l’aube, c'est toujours la première chose que je recherche.

J’avance sur les pavés humides, croquant dans mon pain avec gourmandise. Je sens que mes yeux se plissent : la luminosité augmente, et la qualité de ma vue commence à diminuer en conséquence. Je n’ose pas lever les yeux au ciel de peur d’etre éblouie, mais j’espère que les nuages ne sont pas trop en train de s'évaporer.

Mes pas me mènent jusqu'à une grande place encombrée de divers étals en bois sur lesquels des commerçants parsèment leurs marchandises. Ce n’est pas la première fois que je rencontre cette situation : c'est le marché. Je sais que les passants ne vont pas tarder à affluer, mais j’ai sûrement encore un peu de temps devant moi.
Je me promène entre les étals, observant les objets ou aliments variés disposés en vrac. De fortes odeurs m’amènent devant une grande table de bois recouverte de bouteilles au contenu coloré et de pavés parfumés. Je fronce le nez mais approche de la vendeuse et, après avoir rangé la miche de pain dans un sac pendu le long de ma cuisse, sous ma cape, je lui échange quelques pièces contre un savon : le mien commence à s’essouffler. J’enfouis ensuite ma trouvaille dans l’une des bourses accrochées à ma ceinture.
Je reprends mon chemin. Les badauds se sont multipliés entre les étals, il est temps que je m'éclipse.
Je tourne sur moi-même, cherchant des yeux la limite du marché. Je n’ai pas fait attention au parcours que j’ai pris. Je plisse les yeux, un peu éblouie. La luminosité a encore augmenté, et je dois me hâter de filer d’ici si je ne veux pas me retrouver complètement bloquée. Malheureusement ma vue floutée ne m’aide pas à me repérer, et je décide de marcher droit devant jusqu’à être au calme.

Je trottine entre les humains qui se font de plus en plus nombreux. L’ambiance est bruyante et malodorante. Ma queue bat l’air, agitée. Les gens parlent et crient autour de moi. Certains me bousculent. Je voudrais raser les murs, mais il n’y en a pas, et les hommes me bloquent le passage. Je me faufile entre les corps, les yeux rivés sur le sol. Mes oreilles déjà basses se plaquent sur mon crâne vers l'arrière. La foule m’oppresse, et tous mes sens sont brouillés. Mon coeur bat à vive allure. Je dois à tout prix sortir d’ici.
Soudain, on me bouscule à nouveau, et je trébuche. Perdant l’équilibre, affolée, je me raccroche à ce que je peux, et tombe contre un passant. La panique s’empare de moi, et je lève les yeux vers l’homme qui m’a rattrapée. La lumière agresse ma rétine, mais je distingue à travers le flou un fin visage clair, des cheveux blonds, et deux yeux bleus. Beaucoup trop proches de moi. Je suis tétanisée. Une seule idée martèle dans mon esprit : s’enfuir, s’enfuir, s’enfuir.



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Howl
Hurle le magicien
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Ven 29 Sep - 20:18
Noir. C’était le mot parfait qui décrivait cette matinée maussade. Pour commencer, il y avait eu ces orages la veille au soir. Cette tempête et ces tonnerres assourdissant qui avaient empêché le magicien de connaître une nuit paisible. Les vitres de l’auberge où il logeait tremblaient tellement qu’il avait cru qu’elles allaient se briser. Depuis qu’il avait quitté l’Allemagne, il faisait parfois des insomnies, angoissé par des idées sombres. La tension de la fuite peut-être… Mais non, ce n’était pas ça. C’était autre chose qui le tourmentait, un sentiment de vide plus grand que jamais. Howl le sentait. Comme si plusieurs liens s’étaient brisés avec ceux qui l’entouraient… Il avait eu l’impression de ne plus jamais être capable d’aimer. Et cette perte le terrifiait.

Quand il s’était levé aux lueurs de l’aube, il s’était rendu compte que son teint était un peu plus pâle que la normale, et que le manque de sommeil lui avait valu de petites poches sous les yeux. Se voir ainsi dans son miroir l’avait horrifié. Avoir une peau parfaite était une de ses préoccupations premières, et l’éventualité qu’elle puisse se détériorer davantage le paniquait. Après quelques sortilèges, les poches s’effacèrent instantanément et son teint retrouva des couleurs, mais le magicien savait que ce ne serait que temporaire. Un sortilège après tout, aussi bien fait soit-il, n’était qu’une illusion qui dissimulaient les apparences.

C’est donc déjà d’une humeur un peu morose qu’il était descendu de sa chambre, entendant au passage la fille de l’aubergiste qui soupirait en jetant un œil sceptique dehors.

- L’été se finit, on dirait bien… Normal, sans doute, en septembre…

Howl s’était brusquement immobilisé au milieu des escaliers. Soudainement, la date de cette journée lui était revenue en mémoire. Septembre… Déjà cette période ? Il ne s’en était pas rendu compte jusqu’à maintenant. De sombres souvenirs envahirent ses pensées ; le visage de son maître et mère adoptive pétrifié par la mort qui l’avait emporté… Aujourd’hui était l’anniversaire funeste de mort de lady Pentstemmon.

Il n’avait pas fini de descendre qu’il remonta donc aussitôt dans sa chambre et troqua ses habits pimpants pour un austère costume noir. Ce n’était pas dans ses habitudes de se vêtir aussi sobrement. Seules ses boucles d’oreilles qui scintillaient éternellement sous ses cheveux lui donnaient une touche de fantaisie. Mais aujourd’hui, Howl n’avait ni le cœur à la fantaisie, ni vraiment à la gaieté. Il était même étonnement – anormalement – sérieux. Il s’agenouilla même au pied de son lit, joignit les mains en signe de prière, et adressa toutes ses pensées à lady Pentstemmon dans l’au-delà. S’il y avait bien une personne qui persistait à lui tenir à cœur encore aujourd’hui, c’était bien elle… Peut-être parce qu’elle n’était plus de ce monde, justement. Il se surprit même à murmurer au beau milieu de ses pensées :

- J’aimerais tellement que vous soyez encore là pour me guider, milady…

Il émit un petit rire sans joie, puis continua ses messes basses à l’adresse de son ancien professeur. Même s’ils étaient probablement inutiles. Les morts ne peuvent rien pour les vivants.

- Je vous prie de me pardonner, madame. Je ne suis même pas allé à votre tombe cette année. J’ai eu quelques… problèmes récemment.

Il prit une grande inspiration avant de continuer. Ses mots devenaient étrangement sincères seulement quand la personne à qui il parlait n’était plus là pour l’écouter.

- Je suis désolé, milady… Il se trouve que je vous ai désobéi, soupira-t-il en esquissant un rictus. Si vous aviez été là, peut-être que vous auriez empêché mes idioties. Je vous imagine même me sermonner comme à l’année de mes 15 ans ! Mais que voulez-vous, depuis que vous avez quitté ce monde et que la menace de votre courroux ne plane plus sur moi, il faut croire que je tourne mal…

Tiens ? Etait-ce des regrets que le magicien avouait là ? Ces révélations le surprenaient lui-même. Lui qui jusque-là se pensait sans remords de ses actes… Il venait de découvrir que c’était en réalité tout le contraire.

Il se releva, interrompant ses prières et ses confessions. Il avait sans doute été assez sincère pour le reste de l’année. Les idées encore plus sombres qu’avant, il quitta à nouveau sa chambre et décida de sortir pour respirer l’air changeant d’Angleterre. Il ignora la fille de l’aubergiste qui le salua au rez-de-chaussée en lançant un joyeux "Oh ! Monsieur Jenkins ! Vous sortez ? Vous voulez que je vous fasse visiter le village ?" et s’éclipsa en faisant de son mieux pour faire mine de ne pas l’avoir entendu. Depuis un certain temps, cette jeune fille, aussi charmante soit-elle, lui était soudainement devenue agaçante pour une raison qui lui échappait. C’était à cause de son regard, sans doute… Ses yeux beaucoup trop doux qu’elle avait pour l’observer lui donnaient envie de prendre ses jambes à son cou.

Sentir l’air faire virevolter ses cheveux une fois au dehors fut la première chose de la journée qui lui fit du bien. Mais il se replongea vite dans ses réflexions ténébreuses lorsqu’il vit les nuages au-dessus de sa tête, toujours aussi noirs et menaçants de faire tomber leur pluie diluvienne. Le magicien soupira avec dépit. Il aurait aimé voir une partie du soleil. Mais au moins, il ne pleuvait pas.

Il ignorait depuis combien de temps durait sa promenade matinale. A vrai dire, il n’était pas vraiment attentif au monde qui l’entourait… Ni aux paysans qui faisaient leurs courses sur le marcher, ni au sol humide, ni au ciel qui s’éclaircissait peu à peu. Il marchait simplement, réussissait par miracle à éviter les passants, et était complètement enfermé dans ses pensées, perturbé par les révélations qu’il venait de s’avouer.

Quand il y réfléchissait, l’évidence lui sautait soudainement aux yeux. Il regrettait. Pour la première fois, il se rendait compte qu’il avait peur de finir triste et esseulé, incapable de partager avec qui que soit une affection, un amour particulier. Depuis qu’il avait rencontré Carl Siffer, il se sentait vide de passion. Cela ne lui ressemblait pas. Plus rien ne vibrait en lui, plus rien n’avait de couleurs ou de saveur. Il n’avait plus de préférences, mais juste une éternelle indifférence, en particuliers face aux gens. Dans ses pensées, il ne cessait de se lamenter, ses yeux bleus se perdant dans la foule, il ne voyait plus les visages de celle-ci. Il ne distinguait qu’une masse floue et informe. Alors, il se lamentait encore avec désespoir.
Je ne connaîtrai plus jamais la passion ou le bonheur. Je ne saurai jamais ce qu’est réellement l’amour…

Alors qu’il venait de conclure par ces pensées fatidiques, un miracle se produisit. En même temps qu’un rayon de soleil au milieu des nuages, une masse tomba soudainement contre son torse. Son premier réflexe fut de la soutenir pour l’empêcher de tomber. Il distingua alors au milieu de la masse de gens sans visage qui continuaient de marcher autour de lui d’abord une chevelure brune pourvue de deux oreilles félines, puis ensuite le minois tout à fait charmant d’une jeune fille qui le regardait d’un air apeuré. Sa première impression d’elle fut qu’il la trouva d’adorable. Ses pupilles oblongues et ses yeux bleus vifs tout proches de son visage le captivèrent aussitôt. Jamais auparavant il n’avait croisé d’hybride.

D’abord surpris par cette soudaine apparition, le magicien ne put s’empêcher d’y voir un signe du destin. « Tu trouveras un jour quelqu’un qui te libérera. » Voilà ce qu’un dieu ou un esprit quelconque semblait vouloir lui murmurer. Subitement, son cœur – pourtant absent – se remplit d’espoir.

- Il arrive donc que des anges tombent du ciel ? murmura-t-il en esquissant un sourire lumineux.

Dans d’autres circonstances, il aurait sans doute trouvé cette phrase stupide pour aborder une dame. Toutefois son état d’esprit ne lui fit pas se rendre compte à quel point son approche était niaise et plutôt moyenne. Mais au moins, il venait de se ressaisir, ses traits s’adoucissant en un visage ravi, il fit de son mieux pour lui faire son sourire le plus irrésistible.

- Vous ne vous êtes pas fait mal, mademoiselle ?

Il ne lui laissa pas réellement le temps de répondre, se sentant soudainement surexcité, il lui demanda :

- Quel est votre nom, milady ? Je suis Howell Jenkins, pour vous servir ! Permettez-vous que je vous accompagne jusqu’à l’endroit où vous vous rendez ? Il vaut mieux pour une jeune fille aussi charmante et spéciale que vous d’être escortée.

Bien sûr, il n’oubliait pas de mentir sur son identité, même à la jeune fille dont il s’était maintenant persuadé qu’elle était son âme sœur. Il avait apparemment aussi décidé de lui imposer sa présence. Après tout, il ne voulait pas laisser passer cette chance que lui offrait le destin. Habituellement, il n’était pas tellement du genre à croire aux superstitions, mais aujourd’hui, avec ses pensées sombres et amères, il en avait clairement besoin.




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Dim 1 Oct - 11:25
- Il arrive donc que des anges tombent du ciel ?, fait l'homme.

Je baisse la tête pour cesser d'être éblouie, sans prêter attention à ce qu'il dit – cela ne s'adresse de toute façon certainement pas à moi. Je recule d'un pas vif, pour couper le contact avec cet inconnu, mais il semble cette fois clairement me parler.

- Vous ne vous êtes pas fait mal, mademoiselle ?

Je n'ai pas le temps d'essayer de répondre que, non, je n'ai pas mal, je veux juste quitter cet endroit au plus vite, car il enchaîne immédiatement. M'étant éloignée de lui, et quelque peu calmée par cette brutale interruption de ma course, je peux me concentrer pour le regarder un peu mieux. Pour éviter d'être encore éblouie, je rabats un peu mieux ma capuche au-dessus de mes yeux – elle a la désagréable habitude d'être tirée en arrière lorsque mes oreilles se baissent.

- Quel est votre nom, milady ? Je suis Howell Jenkins, pour vous servir ! Permettez-vous que je vous accompagne jusqu’à l’endroit où vous vous rendez ? Il vaut mieux pour une jeune fille aussi charmante et spéciale que vous d’être escortée.

L'homme parle vite. Il a l'air très enthousiaste, avec son grand sourire et ses gestes grandiloquents. Cela me met un peu mal à l'aise, d'autant que j'ai du mal à saisir le sens de toutes ses paroles. Charmante et spéciale ? Être escortée ? J'essaye de me calmer encore pour retrouver mes esprits, tout en jetant des regards frénétiques autour de moi. Le marché est toujours bondé, je ne vois pas d'échappatoire. Ce singulier personnage pourrait peut-être effectivement m'aider à m'en sortir.

- Je... (Prendre la parole m'est toujours aussi difficile. Je m'éclaircis la gorge.) Je cherche... Je voudrais quitter ce marché et... Trouver un endroit... Calme, et à l'ombre. Vous... pouvez m'aider ?

Je le regarde, attendant sa réponse. Mon coeur bat à vive allure, et j'espère qu'il va pouvoir me guider hors de ce lieu.



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Howl
Hurle le magicien
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Ven 1 Déc - 21:52
Oh, quelle charmante petite voix hésitante… Howl se sentait attendri face à une si jolie créature. A présent, il en était certain, tous les espoirs n’étaient pas vains. Il pouvait, s’il trouvait la bonne personne, combler la lacune qui lui creusait le cœur. Et la personne qui semblait être destinée à cette tâche était juste sous ses yeux, c’était une évidence ! Après tout, n’était-elle pas mignonne ? N’était-elle pas tombée du ciel juste au moment où il se sentait au plus bas pour lui redonner la flamme de l’espoir ? N’était-elle pas l’élue que son cœur cherchait tant ?
Pendant un moment, Howl se perdit dans ses fantasmes féériques. Certes, il ne connaissait rien de la jeune fille en face de lui, mais pour l’instant il s’en moquait. Dans sa tête, il devenait romantique et incroyablement fleur bleue. A vrai dire, c’était la première fois qu’il croyait à ce point au destin (mais sans doute pas la dernière). Et ces chimères lui faisaient le plus grand bien.

Puis, revenant soudain à la réalité, le magicien observa l’Hybride avec un sourire irrésistible. Il s’inclina avec élégance et proposa à la demoiselle de l’accompagner avec galanterie.

- Si vous voulez bien me suivre, mademoiselle, je sais parfaitement où nous pourrions aller ! Laissez-moi être votre guide…

Il lui tendit son bras pour qu’elle puisse s’y accrocher pendant qu’il se frayait un chemin dans la foule.
Ah… Tout d’un coup, il se sentait de si meilleure humeur qu'en ce début de journée. Le sorcier en oubliait même presque lady Pentstemmon et son anniversaire de mort. A vrai dire, il en aurait été capable, si seulement les manches complètement noires de sa veste ne lui rappelaient pas qu’il était censé être en deuil. Et s’il avait certes retrouvé le sourire, il ne pouvait s’empêcher de garder une pensée pour cette vieille dame qui l’avait éduqué durant presque toute son enfance…

Howl guida donc la jeune fille à travers la foule du marcher, la protégeant au mieux des gens pressés qui pourraient la bousculer en les évitant avec grâce. Il se sentait comme un danseur avec une partenaire inexpérimentée, mais cet exercice le ravissait. Bientôt, ils attinrent à nouveau l’auberge où le magicien logeait. En gentleman, Howl ouvrit la porte à la demoiselle pour qu’elle puisse enfin s’abriter de la lumière qui semblait tant la gêner. Mais lorsqu’il referma la porte, il ne put échapper cette fois à la fille de l’aubergiste qui se précipitait vers lui avec enthousiasme. Oh… Il avait oublié la présence de cette fille-là… D'ailleurs, quel était son nom déjà ?

- Monsieur Jenkins ! Vous êtes de retour ! Comment a été votre promenade ?
- Mh ? Oh oui très bien… Je suis un peu occupé, pourriez-vous plutôt trouver une table isolée pour cette jeune demoiselle et moi ?
- O-oh… oui bien sûr…

La jeune fille observa l'Hybride avec scepticisme. Avec réticence, elle finit par les guider dans un coin de l’auberge, non sans les surveiller de loin une fois qu’elle s’éloigna. Le magicien qui était perdu dans sa contemplation fascinée de l’Hybride ne remarqua pas qu’elle se faisait en réalité fusiller du regard par la serveuse. S’il n’arrivait pas à complétement à chasser lady Pentstemmon de ses pensées, il avait en revanche totalement oublié l'autre pauvre demoiselle.

Dans sa tenue noire, les cheveux blonds et les boucles d’oreilles du magicien semblaient ressortir des ombres. Et c’était sans compter sur son sourire toujours aussi lumineux et ravi. De sa voix douce, il s’adressa à la jeune fille aux yeux bleu vif si particuliers.

- C’est un endroit assez tranquille. Je loge ici pour une durée indéterminée. Si vous avez besoin d’une quelconque aide, n’hésitez pas à me rendre visite, je serai honoré de vous rendre service… D’ailleurs, vous ne m’avez toujours pas dit votre nom, milady… Et que fait une Hybride dans les environs ? Vous êtes une créature rare… Mais si fascinante.

Il avait prononcé ce mot avec émerveillement. Pour une fois, ses yeux n’étaient pas seulement enjôleurs, mais aussi réellement curieux. Il ressemblait à un enfant qui s’apprêtait à écouter la plus passionnante des histoires. Après tout, en tant que sorcier, c’était en quelque sorte un devoir de sa profession que de s’intéresser aux êtres dits magiques. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, Howl prenait son métier très à cœur.




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Sam 9 Déc - 23:02
Me laisser guider n'est vraiment pas dans mes habitudes. En réalité... Ca ne m'est jamais arrivé. Je laisse pourtant l'inconnu me tirer par le bras pour m'amener, je l'espère, dans un endroit plus calme et loin de cet éblouissant soleil que les humains semblent tant apprécier. Je trébuche plusieurs fois, j'ai l'impression d'avoir tout perdu de mon agilité habituelle. Qu'importe, si je peux être bientôt à l'abri.

Nous arrivons finalement devant une auberge comme j'en ai vues des dizaines – des centaines ? Je rentre rarement dedans. Mais, j'imagine que ce sera mieux que l'extérieur, cette fois-ci.
L'homme m'ouvre la porte, et j'entre. La luminosité chute subitement, et je cligne des yeux. Comme c'est plus agréable ! Mais ça sent l'intérieur, ce qui gâche un peu mon plaisir. Je préfère le grand air...
Une fille s'approche et discute un instant avec mon sauveur de fortune. Je n'y prête pas vraiment attention, observant l'endroit. Les deux humains se dirigent alors vers une table isolée, et je les suis docilement. Je m'installe à une chaise dont la position me permet de toujours garder un oeil sur la porte d'entrée de l'auberge – un réflexe. J'en ai aussi repéré une autre, mais qui donne sûrement sur une autre pièce à l'intérieur.
L'homme me parle, et mes yeux, qui ne cessaient de sauter d'un coin à l'autre de l'auberge, se posent sur lui.

- C’est un endroit assez tranquille. Je loge ici pour une durée indéterminée. Si vous avez besoin d’une quelconque aide, n’hésitez pas à me rendre visite, je serai honoré de vous rendre service… D’ailleurs, vous ne m’avez toujours pas dit votre nom, milady… Et que fait une Hybride dans les environs ? Vous êtes une créature rare… Mais si fascinante.

Il me regarde... Avec curiosité, je crois. Je me râcle la gorge. Je me sens un peu mieux que tout à l'heure, sans la foule et le soleil, mais une désagréable sensation ne me quitte pas depuis que j'ai rencontré cet homme. Je crois que... C'est l'impression de ne pas avoir contrôlé ce qu'il m'arrivait. Oui, c'est cela. Je n'ai pas choisi de venir ici. Cela me déplaît assez. J'ai pour habitude d'être toujours maître de tous mes mouvements.

Le regard de l'homme change un peu. Oh, zut, j'ai oublié de lui répondre. Je me râcle la gorge. Que m'a-t-il dit, déjà ?

- Euh... Je m'appelle Gryffin Sidh. Je... Je suis... Une voyageuse. En fait, je n'habite nulle part et j'avance toutes les nuits vers de nouveaux endroits. Mais, ce matin j'ai... Enfin je me suis retrouvée coincée au marché. D'habitude je m'en vais plus tôt, mais comme il faisait nuageux, j'ai cru que le temps resterait sombre, et puis j'ai été surprise par le soleil et il y avait des gens partout alors...

Je prends une profonde respiration. Je n'arrive toujours pas à me détendre tout à fait. Je retire ma capuche, n'en ayant plus l'utilité maintenant que je suis à couvert. Je frotte un peu mes oreilles – elles aussi étaient crispées. Ensuite, je glisse mes mains sous ma cape et détache mes dagues de ma ceinture. L'une est assez courte et droite, l'autre un peu plus longue et à la lame ondulée. Je frotte leurs tranchants les uns contre les autres, bras sur les cuisses et mains entre les genoux, dans des gestes vifs. Ma respiration se calme, et je souris. Cela me fait me sentir un peu mieux. Je me souviens soudain que je ne suis pas seule, et relève la tête vers l'homme, qui est toujours en face de moi. Une question me vient spontanément aux lèvres.

- Pourquoi vous m'avez aidée ?



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Howl
Hurle le magicien
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Mer 13 Déc - 1:21
Howl écouta la demoiselle attentivement, intrigué par sa réponse. Gryffin Sidh… Etrange nom, mais tout à fait charmant. Une voyageuse nocturne aux allures félines qui ne supportait pas la lumière… Cela ressemblait presque à un personnage de l’un de ces mythes que l’on murmure à la tombée de la nuit. A vrai dire, le sorcier n’en était que plus excité, d’autant plus que sa voix hésitante ne faisait que l’attendrir davantage.

Toutefois, l’expression de son visage changea momentanément lorsque la petite demoiselle enleva sa capuche de sa tête, puis sortit de sa cape deux lames aux tranchants bien aiguisés. Elle les frotta les unes contre les autres, ce geste semblant alors l’apaiser. Ces armes et cette attitude dénotaient tellement de son adorable minois… Howl ne savait exactement quelle réaction prendre. Voilà qu’il se trouvait face à une voyageuse nocturne aux allures félines qui ne supportait pas la lumière ET qui se promenait avec des armes capables de vous transpercer le cœur, donc. Etrange personnage, encore une fois. Mais pas moins fascinant, d’une certaine façon. Ses yeux bleus s’étaient arrondis sous la surprise, mais son sourire était toujours accroché à ses lèvres, comme à son habitude… Mais cette fois, il avait aussi quelque chose de crispé devant une telle bizarrerie. Il espérait seulement ne pas s’être embarqué dans d’autres problèmes… Bien qu’au vu de sa capacité à la tâche, un peu plus ou un peu moins n’aurait pas changé grand-chose. Mais pour l’instant, la seule chose qui comptait était le charme de cette chère Gryffin Sidh. Howl décida alors de ne pas trop prêter attention à ce détail inquiétant et de le voir plus en un détail captivant. Après tout, cela n’ajoutait-il pas du mystère à cette adorable Hybride ?

- Vous êtes décidément pleine de surprises… murmura-t-il alors pour lui-même, se plongeant dans ses réflexions.

Toutefois, il revint à la réalité aussitôt qu’elle le regarda à nouveau et que sa jolie voix résonna jusqu’à ses oreilles. Il l’observa longuement avec douceur. Son sourire était peut-être devenu un peu plus sincère – enfin, la sincérité est une notion toute relative chez ce cher sorcier – et Dieu sait à quel point il pouvait enflammer des cœurs avec ce sourire-là ! La fille de l’aubergiste devait sans doute rougir de jalousie en les observant de loin…

- Pourquoi, dites-vous ? répéta-t-il avec un air rêveur.

Il fit mine de réfléchir, fermant les yeux et posant sa main sur son menton. En réalité, il savait très bien pourquoi il avait aidé cette Gryffin Sidh.

- Me croiriez-vous si je vous disais que lorsque je vous ai vu, vous m’avez sauvé ?

Il émit un petit rire cristallin. Ses mots dépassaient peut-être un peu la réalité. Pourtant, il est vrai que l’on pouvait voir les choses ainsi. Au moins, cette Hybride, en tombant dans ses bras au milieu d’une foule sans-visage, l’avait aidé à se remettre de bonne humeur.

- Je me trouvais dans une mélancolie accablante. Puis lorsque vous êtes apparue, cela m’a paru évident : le destin vous avait amenée à moi ! Il fallait que je saisisse cette chance. Je ne peux vous donner les détails de ce qui me troublait mais… sachez que vous me serez sûrement d’une grande aide. Je n’ai jamais été aussi ému de rencontrer quelqu’un…


Toutefois, Howl se surprit à torturer les manches de sa veste noire. Inconsciemment, peut-être se rendait-il compte de son mensonge éhonté, de cet espoir qu’il venait de s’inventer. Après tout, ce n’était pas réellement devant Gryffin Sidh que le magicien s’extasiait, mais devant la simple espérance qu’il puisse être sauvé. Qui elle était et ce qu’elle était lui importait peu. En réalité, une autre passante quelconque aurait pu remplir ce rôle. Mais Howl avait besoin de cette espoir-là, fût-il vain… Et s’il se rendait compte que l’Hybride ne convenait pas à ses attentes, sûrement chercherait-il une autre personne capable de les combler.




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Mer 13 Déc - 22:59
Mes sourcils se froncent et mes yeux se plissent tandis que j'écoute l'homme en face de moi, l'observant d'un oeil critique. Je n'ai jamais rencontré de personne comme lui. Je ne saurais dire pourquoi, mais quelque chose me dérange chez lui. C'est quelque chose dans son visage, dans ses paroles, dans sa façon d'être. J'ignore quoi, mais c'est là, et ça me met très mal à l'aise.

- Je ne comprends pas ce que vous dites. Et vous êtes très bizarre. Je crois que je ne vous aime pas beaucoup. Et puis, en quoi est-ce que je pourrais vous aider ?

Je soupire. Une chose me revient alors en mémoire : il avait l'air curieux en parlant d'hybride, tout à l'heure. Peut-être qu'il sait des choses sur la magie ? Cet homme ne me plaît pas tellement, mais après tout, s'il a des choses à m'apprendre, pourquoi ne pas rester un peu plus longtemps à échanger avec lui ? De toute façon, je ne vois pas vraiment ce que je pourrais faire d'autre. Dehors, le soleil brille toujours. Je suis coincée ici, autant en tirer profit.

Mes traits se détendant à nouveau, je pose mes grands yeux bleus sur ceux de mon interlocuteur.

- Vous connaissez d'autres hybrides ? Sont-ils si rares que ça ? C'est vrai que je n'en ai pas croisé beaucoup non plus. Vous savez s'il en existe d'autres, autre part ? J'aimerais beaucoup en rencontrer. J'en ai déjà vus, mais c'était très rapide.

J'espère qu'il pourra me répondre. Sinon, je ne saurais vraiment plus quoi faire.



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Howl
Hurle le magicien
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Ven 15 Déc - 11:59
Je crois que je ne vous aime pas beaucoup.

L’enthousiasme du sorcier chuta à une vitesse phénoménale. Il avait l’impression qu’on venait de lui jeter sans le prévenir un seau d’eau glacé en pleine figure, et autant dire que ce n’était pas vraiment une expérience agréable. Ses lèvres restèrent coincées sur un rictus crispé, faisant de son mieux pour ne pas montrer le chamboulement qui dévastait l’intérieur de son être. Je ne vous aime PAS beaucoup ?! Comment était-ce possible ? Il devait avoir mal entendu… Oui, c’était sûrement le cas. Il n’y avait pas d’autres explications possibles. Howl avait décidé que Gryffin Sidh serait la personne qui pourrait le faire aimer à nouveau, et qu’elle le rejette ainsi n’était tout simplement pas dans son scénario. Ou alors, la jeune fille ne se rendait-elle pas encore compte des sentiments qu’elle éprouverait pour lui ? Ce serait tout naturel après tout, sachant qu’ils venaient tout juste de faire leur première rencontre… Sans doute le magicien précipitait un peu trop les choses. Prenant conscience de ce fait, Howl essaya de se calmer et de détendre son visage. Après tout, les sourcils trop froncés donnaient des rides, c’était bien connu.

Il émit un rire qui se voulait amusé en entendant son interlocutrice, mais en réalité, il sonnait beaucoup plus faux que d’habitude.

- Ahah ! Moi, bizarre ! Je ne le nie pas… Mais vous êtes bien cruelle de me juger ainsi, ma chère Gryffin… Alors que nous ne nous connaissons même pas encore réellement.

Il soupira à son tour, ses émotions se mélangeant entre le déni et l’agacement. Il avait rêvé d’une réplique moins froide de la part de l’élue de son cœur… Enfin, il paraitrait aussi que l’amour n’est pas chose simple à obtenir, et s’il devait un peu se démener pour être dans les faveurs de sa gente dame, pourquoi pas ! D’ailleurs, celle-ci ne tarda pas à lui adresser à nouveau la parole, lui posant alors plusieurs questions sur les Hybrides. Fait étonnant… Howl pensait que la jeune fille serait plus renseignée sur son espèce que lui ! Mais ce n’était apparemment pas le cas.

Toutefois, le sorcier vit en ces interrogations une nouvelle occasion d’intéresser la demoiselle ! C’est pourquoi il n’hésita pas à répondre, non sans déformer un petit peu la réalité…

- J’ai connu des Hybrides, oui. Des personnes toujours intéressantes par ailleurs ! Mais ils sont difficiles à trouver, je n’ai pas gardé le moyen de les contacter… Il est vrai qu’ils sont rares… Cela dit, j’ai l’impression que leur nombre augmente ces derniers temps. Enfin, ce n’est qu’une impression.

Des Hybrides, il en avait déjà rencontré, en effet. Mais que de vu, au détour d’une rue ou le long d’un chemin. Jamais le magicien ne s’était attardé pour leur parler, chose qu’il regrettait amèrement à ce moment précis. Au moins, il aurait pu se rendre un peu plus utile aux yeux de Gryffin…
Howl eut d’ailleurs une soudaine envie de boire quelque chose.

- Voulez-vous commander quelque chose, milady ? Il est l’heure du déjeuner après tout, laissez-moi vous offrir le repas.

Encore une fois, il ne lui laissa pas réellement le temps de répondre. La douche froide que venait de lui administrer l’Hybride était toujours au fond de lui, et il avait la ferme intention de prendre, si ce n’était pas de la nourriture, au moins un verre. Il se tourna donc vers la fille de l’aubergiste qui sursauta lorsqu’il croisa son regard. Howl venait de la surprendre en plein délit d’espionnage, et ses joues tournaient à l’écarlate. Mais le magicien était plus préoccupé par le fait de se remémorer son nom que par le fait qu’elle les ait observés depuis tout ce temps.

- Mary ! fit-il après un éclair de lucidité. Venez donc par ici, ma chère…

La jeune fille s’approcha avec un air embarrassé. Une fois qu’elle fut près de la table, elle jeta malgré elle un regard glacial à l’Hybride tout en demandant :

- Vous souhaitez quelque chose, monsieur Jenkins ?
- Laissons d’abord les dames commander ! Demandez ce que vous voulez, Gryffin…

Le sorcier lui adressa un sourire encourageant pour lui signifier qu’elle n’avait nul besoin de restreindre sa commande. Après tout, Howl possédait encore une petite fortune laissé par l’héritage de lady Pentstemmon ! Pour l’instant…




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Sam 16 Déc - 12:32
Son expression faciale change beaucoup lorsque je lui dis que je ne l'aime pas. Il fait une grimace, puis il rit, mais son rire sonne étrangement à mes oreilles.
Cruelle ? Je fronce les sourcils. Je suis cruelle ? Je crois que les gens cruels sont ceux qui aiment faire du mal. Cela signifie sûrement qu'il a été malheureux que je dise cela. Pourquoi ? Et puis, je n'ai pas pris plaisir à faire ça.

Il n'a pas l'air de connaître beaucoup plus de choses que moi sur les hybrides, à part que leur nombre augmente ces derniers temps. Mais je ne sais pas combien il y en avait avant, et je ne sais même pas quand c'était, avant. Je suis un peu déçue.

- Voulez-vous commander quelque chose, milady ? Il est l’heure du déjeuner après tout, laissez-moi vous offrir le repas.

Commander quelque chose ? L'heure du déjeuner ? Ah, oui, j'avais remarqué que les humains prennent leurs repas souvent aux mêmes moments de la journée. Etrange coutume. J'ai plutôt l'habitude de croquer dans ce que j'ai chaque fois que la faim vient me chatouiller le ventre.

L'homme appelle la jeune femme qui nous avait accueillis dans l'auberge. En arrivant près de notre table, elle me lance un regard très hostile. Je fronce un instant les sourcils, mais un rapide coup d'oeil sur elle me laisse à penser qu'elle n'est pas très dangereuse. Je garde une main proche de ma dague, au cas où elle décide de m'attaquer. De toute façon, je suis souvent bien plus rapide que les humains.

Monsieur Jenkis, puisqu'il semble que ce soit son nom, m'incite à demander quelque chose à la jeune femme. Que faire ? Je ne me suis jamais retrouvée dans une telle situation. Visiblement, je dois lui demander à manger. Je n'ai jamais fait ça, à part en achetant quelque nourriture à des marchands. J'imagine que ce doit être similaire ici. Peut-être puis-je demander de l'eau également ?

- Euhm... Est-ce que vous avez... Du pain ? Et euh... Peut-être un morceau de viande. Avec... De l'eau. Claire. Oui, je crois que ce serait bien.

La fille me regarde étrangement, et ses lèvres s'étirent en un rictus qui n'a pas tout d'un sourire. Je sors ma bourse de sous ma cape, et lui tend quelques pièces, mais le magicien me retient. Je hausse les épaules et la remet à sa place. Je ne sais pas ce que ces gens attendent de moi.

Les deux humains échangent quelques mots. Ils ont l'air de se connaître. La fille – Mary ? Jenkis l'a appelée comme ça – le regarde d'une toute autre façon que moi. C'est amusant comme son expression change lorsque ses yeux passent du visage de l'homme au mien. Je me demande pourquoi. J'aimerais parfois mieux comprendre les relations humaines.

Elle repart, et l'homme et moi sommes à nouveau seuls. Je lui pose alors la question qui me trotte dans la tête depuis quelques minutes.

- Pourquoi dites-vous que je suis cruelle ? Je ne savais pas que vous seriez triste que je vous dise ce que j'ai dit. Cela ne m'a pas fait plaisir. J'ai simplement dit ce que je pensais. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. Je ne comprends pas pourquoi c'en est une pour vous. (Je fronce les sourcils.) J'ai l'impression que les humains ne disent pas souvent ce qu'ils pensent. Pourquoi ?




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Howl
Hurle le magicien
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Dim 17 Déc - 2:08
L’Hybride sembla hésitante lorsqu’elle commanda. A vrai dire, elle n’avait pas l’air de savoir comment s’y prendre, ce qui étonna un peu le magicien. Toutefois, il ne put s’empêcher de sourire en l’entendant dire qu’elle voulait de l’eau claire. Apparemment, Gryffin ne devait pas vraiment être habituée aux auberges. Lorsqu’elle sortit sa bourse, Howl ouvrit de grands yeux et la retint aussitôt en secouant légèrement la tête. N’avait-elle pas compris qu’il payerait pour elle ?

- Non, non… Rangez-moi ça, milady. Un gentleman ne laisserait pas payer une dame. (Il jeta un regard à Mary qui prenait la commande.) Vous mettrez donc tout cela sur ma note. Et ajoutez un verre de votre vin, celui que je prends d’habitude…
- Vous ne voulez rien manger, monsieur Jenkins ?
- Non, je n’ai pas très faim. Merci, Mary…

Après lui avoir fait un doux sourire – qui donna des frissons désagréables au magicien – la jeune fille s’éloigna en se dirigeant vers les cuisines. Malgré lui, il soupira légèrement de soulagement. Décidément, il en ignorait la raison, mais il se portait mieux quand cette Mary n’était pas dans les parages. Cette demoiselle avait autour d’elle comme une aura qui le rendait extrêmement mal à l’aise, voire agacé, même s’il faisait de son mieux pour le cacher. Il n’aimait tout simplement pas la manière d’agir de la serveuse envers lui. Ses yeux qui s’illuminaient, son sourire niais, ses joues qui rougissaient… Mais dès qu’il avait l’occasion de l’oublier, il l’oubliait. Sans aucun remords. D’ailleurs, son attention s’était à nouveau complètement reportée sur l’Hybride. Voilà qu’elle posait des questions qui éveillèrent soudain la curiosité du sorcier… Tiens ? Gryffin ne s’était donc pas rendu compte que ses paroles pouvaient être blessantes ? Howl – grand beau parleur qu’il était – s’étonnait qu’une personne puisse à ce point honnête et… sans scrupule ? Non, ce n’était pas la bonne expression. Il n’y avait apparemment rien de malveillant dans ce que l’Hybride disait. En fait, elle avait l’air plutôt innocente dans sa manière de penser… A ce moment précis, la demoiselle évoquait au magicien une enfant. Une enfant qui ne connaissait rien sur le monde en société. C’est alors qu’elle s’interrogeait sur l’honnêteté des hommes.

- C’est une vaste question que vous posez-là… murmura Howl en esquissant un sourire semi-amusé, semi-attendri.

Il réfléchit un instant, essayant de simplifier ses différentes idées. Etant un expert de la pratique de la malhonnêteté, plusieurs arguments variés fusaient dans son esprit. Il voulait néanmoins essayer de paraître le plus clair possible.

- Vous savez, les humains sont plutôt complexes. Les raisons de ne pas être honnête sont nombreuses. Certains veulent simplement profiter d’une certaine situation, d’autres sont trop réservés pour pouvoir révéler ce qu’ils pensent, et encore d’autres retiennent leur langue pour être dans les règles des bonnes mœurs de notre société… Il est plutôt mal vu de dire à sa grand-mère qu’elle est vieille et qu’elle est en phase de mourir dans les prochaines années à venir par exemple, quand bien même vous aimiez votre grand-mère de tout votre cœur. Cela risque d’amener à des problèmes, des mésententes. En résumé, la plupart des êtres humains taisent leurs véritables pensées pour faciliter leur vie avec les autres… La plupart du temps.

Toutefois, une chose surprit le magicien. Etait-il le premier à expliquer à l’Hybride qu’être trop honnête pouvait nuire à la bonne entente en société ? A vrai dire, dans le monde des hommes, les règles de savoir-vivre semblaient si évidentes qu’il avait l’impression que ces explications étaient inutiles. Apparemment il se trompait. Ou alors, l’Hybride avait vécu coupée du monde pendant longtemps ! S’il émit cette hypothèse avec amusement aux premiers abords, Howl y réfléchit soudain beaucoup plus sérieusement. Déjà, il y avait cette attitude chez Gryffin Sidh à toujours être hésitante et perdue… Sa commande envers Mary, sa manière de parler des humains comme s’ils étaient des êtres totalement étrangers, et enfin ces questions naïves sur l’honnêteté… Après un moment de réflexion, il se risqua à demander :

- Dites-moi, Gryffin… Depuis combien de temps voyagez-vous maintenant ?




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Dim 17 Déc - 13:00
J'écoute attentivement la réponse de Jenkins, les oreilles tendues vers lui, et mes yeux ne le quittant pas. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un d'aussi imprégné de la culture humaine, et qui me fait part de son savoir. Je prends quelques minutes pour m'imprégner de ce qu'il me dit : sans savoir vraiment pourquoi, cela me semble très important pour mieux comprendre les humains et leur... société.

Alors que je suis toujours plongée dans mes pensées, l'homme me demande, hésitant :

- Dites-moi, Gryffin… Depuis combien de temps voyagez-vous maintenant ?

Je m'extrais de mes réflexions précédentes pour me concentrer sur sa question. Le temps est une notion tout à fait humaine que j'ai également beaucoup de mal à appréhender.

- Hm... Je ne sais pas. En fait, je sais que les humains comptent le temps en... jours. Ca, ça va. Un jour, c'est une journée où il fait lumineux et une nuit où il fait noir. Mais il y a aussi les semaines, les mois et... les années, c'est ça ? En fait, je connais ces mots, mais je ne sais pas tellement à quoi ils correspondent. Je ne sais pas vraiment compter. (Je hausse les épaules.) De toute façon, je n'en ai pas besoin. J'imagine que c'est une autre invention des humains pour... vivre... en société ? Comme ne pas dire ce qu'on pense. Mais moi, je voyage. Je n'ai pas besoin de savoir depuis combien de temps.

Je marque une pause. Visiblement, mon interlocuteur est quelque peu déconcerté par ce que je lui explique. Je réfléchis à nouveau, cherchant comment mieux expliquer à Jenkins d'où je viens.

- En fait, je n'ai pas été enfant. Je n'ai pas de parents. Les humains, eux, sont d'abord petits, avec des grands – des adultes – qui s'occupent d'eux, puis ils grandissent, et ils deviennent... adultes aussi, c'est ça ? Et après ils deviennent plus petits et tout ridés. Je ne comprends pas bien comment ça marche, mais je crois que c'est comme ça. Et bien, pas moi. Je suis... né grande.

Jenkins semble encore plus perdu. Je soupire. Peut-être que lui raconter clairement mes origines sera le plus simple.

- En fait, avant d'être une hybride, j'étais un Cat Sidhe. Je vivais dans la lande, de l'autre côté de la mer. J'étais une sorte de... de chat noir, magique, qui vit la nuit et qui protège le petit peuple et la magie de la lande.

Je lui raconte alors les attaques des hommes sur ma terre, ma volonté de la défendre, et mon voeu à la lande de me donner le pouvoir de la sauver.

- C'est comme ça que je suis devenue presque humaine. J'ai alors pu quitter la lande pour aller tuer les humains dans leur ville. Ensuite, je savais que je n'appartenais plus à cette terre. J'ai décidé de partir explorer le monde pour découvrir d'autres lieux magiques, et j'essaye aussi de mieux comprendre le monde des humains. Mais je n'y appartiens pas vraiment non plus.

Soudain, je me sens triste. Je ressens rarement ce sentiment. Il est désagréable. C'est comme... Une petite pointe qui tire à l'intérieur du ventre, et dans la gorge. Ca me donne envie d'être chez moi. De me rouler en boule dans la nuit au creux d'un arbre. D'être toute seule. Non, d'être avec mon petit peuple. Ou avec... des gens ?
La lande me manque. Elle était chez moi. Le monde des humains, lui, ne l'est pas.




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Howl
Hurle le magicien
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Dim 24 Déc - 10:33
How l’écouta attentivement, ses yeux s’arrondissant de plus en plus au fil du discours de l’Hybride. Le sorcier allait de surprises en surprises. A vrai dire, il s’attendait à ce que Gryffin Sidh soit spéciale, mais pas dans ce genre de… spécificités. Ainsi, la demoiselle avait été transformée en Hybride par… les landes ? Il ne savait pas que c’était une chose possible, qu’un lieu puisse répondre aux prières. C’était surprenant, très surprenant… Il devrait sans doute se renseigner à ce sujet, cette histoire l’intriguait… Toutefois, maintenant il comprenait mieux le comportement de Gryffin. L’Hybride n’avait donc pas eu d’enfance… Il était donc normal qu’elle agisse si innocemment. Personne ne lui avait encore enseigné les règles de ce monde. Elle ne savait même pas ce qu’était le temps !

Howl aurait presque eu pitié de cette pauvre demoiselle abandonnée par ses terres natales et errant à la recherche d’un nouveau but. Néanmoins, deux raisons l’empêchèrent d’éprouver de la compassion. La première – la plus simple sans doute – était qu’il était trop égoïste pour prendre en pitié si facilement les autres. Si dire qu’il n’avait aucune d’empathie était peut-être un peu exagéré, il était certain en revanche qu’il était empli d’égocentrisme. Les petits tracas ou les plaisirs des autres lui ont toujours peu importé – la plupart du temps –, du moment que lui se trouvait satisfait. Mais la deuxième raison était les paroles mêmes de la jeune fille. Ainsi, elle avait réellement tué des gens… Et elle l’avait dit avec un tel naturel que c’en était presque effrayant. Mais en même temps, Gryffin était emprunte d’une totale innocence. Elle n’avait apparemment pas les mêmes mœurs que le reste de l’humanité, et à ses yeux, ce qu’elle avait fait était justifié. Le sorcier se doutait un peu qu’en réalité elle ne mesurait pas la gravité de ses actes.
Un peu nerveux, il se pencha vers elle en murmurant, vérifiant aux alentours que personne les avait entendus :

- Vous… vous ne devriez pas dire si aisément que vous avez assassiné des hommes, Gryffin, fussent-ils des criminels… Vous pourriez être emprisonnée, voire pire ! Ici, seule la loi peut permettre de tuer les gens. Les autres ne peuvent établir leur propre justice. Si jamais on vous pose des questions à ce sujet, n’hésitez pas à mentir. C’est dans ce genre de situation que l’on peut utiliser la malhonnêteté !

Il recula ensuite, et croisa les bras tout en réfléchissant à tout ce que l’Hybride venait de dire. Allons bon, l’élue de son cœur était vraiment une personne étrange. Et maintenant, il ne savait plus si ça lui plaisait ou non. Il poussa un soupir et l’observa longuement, détaillant ses oreilles, ses cheveux, et ses yeux bleu vif. Et dire qu’elle était si adorable, il avait tellement de mal à croire que cette créature puisse être dangereuse ! Le sorcier décida alors de changer de sujet :

- En tout cas, votre histoire est vraiment intéressante. Vous êtes une des personnes les plus différentes de tous ceux que j’ai pu rencontrer, sans doute… Oh, et c’est un compliment. Et je ne savais absolument pas qu’un endroit pouvait exaucer des vœux ! C’est très intriguant…

C’est à ce moment là que choisit Mary pour leur apporter leur commande. Howl se tut, la laissant poliment déposée l’assiette de l’Hybride et les verres devant eux. La jeune fille jeta ensuite un œil au sorcier, l’air un peu inquiète.

- Vous êtes sûr que vous ne voulez rien manger, monsieur Jenkins ?
- Non, Mary… Vous voyez bien que ce n’est pas vraiment dans mon humeur, soupira-t-il en désignant ses habits noirs.
- Oh ! fit-elle en comprenant soudain. Pardonnez-moi, je ne savais pas… Je me doutais pourtant que quelque chose n’allait pas chez vous, aujourd’hui. Mes condoléances…

Le magicien lui fit un sourire un peu forcé en secouant la main pour lui faire signe que ce n’était pas grave avant qu’elle s’en aille. Comment cette fille avait-elle remarqué qu’il n’était pas au meilleur de sa forme ? Cela ne lui plaisait pas. Il avait l’impression qu’elle s’inquiétait beaucoup trop pour lui, or ce qu’il ressentait ne la concernait en rien. Aussitôt qu’elle disparut, le sorcier se tourna vers l’Hybride, oubliant cet incident et en prenant une gorgée de son verre.

- Vous vous intéressez à la magie, Gryffin ?




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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Dim 24 Déc - 14:36
Jenkins devient bizarre lorsque je lui parle des hommes que j'ai tués. Il jette de petits regards frénétiques autour de nous, comme s'il redoutait que nous soyons épiés, et me parle à voix basse. Il dit que je pourrais être emprisonnée pour avoir tué. Emprisonnée... Ce mot ne m'est pas très familier, mais je sais qu'il veut dire être enfermée par d'autres gens, contre sa volonté. Un frisson me parcourt l'échine. Quelle horrible chose ce doit être... Qu'importent les raisons, la loi et la justice évoquées par l'humain, je dois suivre son conseil et éviter de parler à n'importe qui de mon passé, au risque d'être...
Je secoue la tête. Je préfère ne pas y penser.

La jeune fille de tout à l'heure revient, et me donne un réceptacle contenant un morceau de pain et un de viande, ainsi que deux ustensiles pointus et un verre empli d'eau. Je regarde les outils d'un oeil critique. Si je ne me trompe pas, ce sont des couverts. Celui-ci doit être une fourchette... Et celui-ci, un couteau. Les hommes les utilisent pour manger. Encore une bizarrerie humaine.

J'ignore la conversation des deux humains – que je ne comprends de toute façon pas : Mes condoléances ? Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ? – pour me concentrer sur mon repas tout juste arrivé.
J'attrape le pain et croque dedans. La croûte est un peu molle, la mie compacte, et il est à peine tiède. Je grimace. Il est bien moins bon que ceux que j'ai l'habitude de manger, achetés à l'aube dans une boulangerie, chauds, croustillants et moelleux. Il est beaucoup plus difficile à mâcher, en plus de cela... Je fais de grands mouvements de mâchoire pour réussir à en réduire le volume, avant de l'avaler.
Je saisis ensuite le morceau de viande. Celle-ci non plus n'est pas du tout comme j'en ai l'habitude. Elle est plus foncée, plus mate, et d'odeur et de consistance très différentes. D'habitude, la viande que j'achète aux humains est froide, mais celle-ci est chaude. Plus chaude même que celle d'une proie que je viens d'abattre. Quelle étrangeté... Après un instant d'hésitation, je me décide à mordre dedans. Mes crocs s'y enfoncent avec une étonnante facilité. Comme ce morceau est tendre ! On ne peut plus étonnant. Le goût est également différent de mon habitude. Je reprends goûlement quelques morceaux. C'est plutôt bon !
Alors que je repose la viande, qui a diminué de moitié, pour boire une gorgée d'eau, Jenkins m'adresse à nouveau la parole.

- Vous vous intéressez à la magie, Gryffin ?

Je m'essuie la bouche d'un revers de manche.

- Oui ! Je rêve de découvrir tous les lieux et toutes les créatures magiques. C'est pour cela que je voyage. Vous connaissez de la magie ? Vous pourriez m'en parler ? M'en montrer ?

J'affiche un grand sourire, très enthousiaste. Si cet homme connaît de la magie, le rencontrer n'aura pas été chose inutile !



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Howl
Hurle le magicien
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Sam 30 Déc - 3:03
Howl écarquilla les yeux de stupéfaction lorsqu’il tourna la tête vers l’Hybride. Plusieurs éléments inattendus venaient de lui sauter à la figure, et il ne savait exactement comment réagir. D’abord, il y avait ce sourire. Ce sourire si enthousiasme et brillant d’excitation. C’était sans doute la première fois que Gryffin lui souriait ainsi, et le sorcier se sentit soudain reprendre espoir. Peut-être parviendrait-il à remonter dans son estime en lui parlant de sorcellerie ? Toutefois, sa mine devint plus perplexe lorsqu’il remarqua… La viande de la demoiselle déjà à moitié dévorée. Le sorcier se demandait comment elle avait réussi à faire disparaître tout ce morceau aussi vite ! Il avait à peine tourné la tête qu’il n’y avait presque plus rien dans son assiette ! Mais un autre détail troublant le titillait davantage : l’Hybride n’avait apparemment pas touché à ses couverts. Elle s’essuyait d’ailleurs avec un revers de la main, geste sans aucune élégance et propreté. Howl ne put s’empêcher de se sentir très légèrement dégoûté. En plus de ne pas connaître les règles de la société humaine, Gryffin ne semblait pas savoir comment manger normalement non plus… A vrai dire, elle ressemblait davantage à une petite sauvageonne. Mais après réflexion, le magicien songea que c’était là chose naturelle… sans doute ? Mais il n’empêchait que tout cela le mettait légèrement mal à l’aise. Il sortit alors un mouchoir d’un blanc éclatant de sa veste noir et le tendit à la jeune fille, souriant avec un air embarrassé :

- Avant toute chose, essuyez-vous les mains avec ceci, Gryffin… Il faut que vous sachiez… Dans la société humaine, les gens préfèrent ne pas se salir les mains lorsqu’ils se nourrissent… Et il est assez impoli de manger avec les doigts. C’est pour cela que l’on se sert de couverts…

Le sorcier l’observait pendant qu’elle essuyait ses doigts. Il était dommage qu’une demoiselle au si adorable minois soit dépourvue de savoir-vivre. Mais Howl songeait que ce serait sans doute quelque chose qui pourrait s’arranger avec de l’apprentissage. Après tout, elle ressemblait réellement à une enfant, or les enfants sont flexibles, parait-il… Toutefois, le magicien se demandait qui pourrait bien se charger de son éducation…

- Concernant la magie, on peut dire que je suis un expert du domaine… Je suis sorcier après tout, soupira-t-il après un moment avec un air faussement détaché.

Il émit une pause, surveillant la réaction de l’Hybride. Avait-il réussi à maintenir son intérêt pour lui ? A le grandir peut-être ? Malgré lui, Howl ne put s’empêcher d’agrandir son sourire en voyant qu’il l’intéressait. Il se sentait en quelque sorte victorieux. Enfin il pouvait parler d’un domaine qu’il connaissait parfaitement, et cela tout en captivant son interlocutrice !

- Je peux en quelque sorte manipuler la beauté… Je pourrais vous montrer, si vous le voulez ! Habituellement, je vends mes services plutôt chers, mais pour vous je veux bien faire une exception… Y-a-t-il quelque chose que vous voulez rendre plus joli ?

A vrai dire, au vu de la nature de Gryffin, Howl se demandait si elle allait lui répondre quelque chose…




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Gryffin Sidh
Cat Sidhe
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✦ Libre pour RP ? : Non

Ven 19 Jan - 13:43
Jenkins fait une tête étrange en me regardant à nouveau. Il grimace, et paraît... hm... Je ne sais pas. En tout cas, pas quelque chose de positif. Il me tend un carré de tissu presque éblouissant tant il est blanc, m'incitant à m'essuyer avec. Il m'explique qu'il faut s'essuyer avec ça, et non pas avec ses vêtements, et aussi qu'il faut manger avec les couverts – comme je l'avais deviné.
Après un instant d'hésitation, je prends le mouchoir qu'il me tend et le regarde. Il est d'un blanc éclatant, qui me fait plisser les yeux. Je glisse mes doigts sur le petit liseré coloré qui en fait le tour. Je crois qu'il est plutôt joli.
Je souris, amusée. Après tout, maintenant que je suis ici, avec un humain qui connaît les moeurs de la société, pourquoi ne pas essayer d'en apprendre plus ? Je frotte activement le mouchoir entre mes doigts et sous mes ongles, observant d'un oeil l'homme en face de moi, guettant une réaction de sa part. Il fronce les sourcils. Je fais des allers-retours entre son visage et mes mains, puis je tamponne plus délicatement le mouchoir sur mes doigts. Il a l'air plus satisfait. Un rire s'échappe de ma gorge. C'est amusant de faire semblant d'être un humain !

L'homme reprend la parole. Il dit être un sorcier... Je ne sais pas ce que c'est. Peut-être un peu comme les fées ? En tout cas, il maîtrise la magie, c'est tout ce qui importe ! J'ouvre de grands yeux pétillants, les oreilles dressées dans sa direction, attendant la suite.

- Je peux en quelque sorte manipuler la beauté… Je pourrais vous montrer, si vous le voulez ! Habituellement, je vends mes services plutôt chers, mais pour vous je veux bien faire une exception… Y-a-t-il quelque chose que vous voulez rendre plus joli ?

J'écarquille un peu plus les yeux, d'étonnement cette fois. La beauté... La beauté est un concept que j'ai mis longtemps à saisir, et je crois que je ne l'ai toujours qu'à moitié compris. Y a-t-il quelque chose que je veux rendre plus joli ? Je ne sais pas. N'importe quoi ! Tout ce que je veux, c'est voir ce que sa magie peut faire. Mes yeux tombent sur le mouchoir entre les mains.

- Est-ce que vous pourriez rendre cela plus joli ?

Non. Pas ça. C'est trop petit. Il faut autre chose, quelque chose de plus impressionant, peut-être quelque chose de plus grand ; de plus compliqué ? Je regarde frénétiquement autour de moi, sur moi.

- Ou alors... La table ? Ou... Mes vêtements ! Vous pouvez rendre ma cape plus jolie ? Mes dagues ? Je fronce les sourcils. Non, pas mes dagues, je ne veux pas qu'elles changent. Est-ce que... Une idée me vient en tête. Je regarde le sorcier, les sourcils haut au-dessus de mes yeux. Est-ce que vous pouvez me rendre plus jolie ? Ou vous ? Ou... Ou cette auberge toute entière ?




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