Mars 7. Au royaume de l'inconnu

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Ronce de France
La belle au bois dormant
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✦ Double-compte : Sigmund Rammsteiner, Hildegarde Müller, Shísān Wǔ, Orendi

Jeu 31 Aoû - 14:15
La Suisse demeurait un de ces royaumes qui ne faisait guère parler d'eux, préférant demeurer refermé sur lui-même le temps de fourbir ses défenses pour affronter le monde extérieur. On en parlait comme d'une terre étrangère, on menait des suppositions à défaut de connaître véritablement ce qui se déroulait en son sein. Depuis l'invitation du roi Suisse au couple royal français, les suppositions explosaient et les attentes montaient en flèche. Nombre de membres de la cour tentaient quelques largesses auprès des dirigeants, profitant de la moindre entrevue au détour d'un couloir de Versailles pour entrer dans les bonnes grâces, espérer être du nombre de la délégation. Espoir mouché lorsque fut déclaré, publiquement, que la dite-délégation ne serait formée que d'une garde minimaliste et d'une poignée de domestiques. Point de nobles ou même de bourgeois dans les entrailles du navire royal.

Rendez-vous était pris pour le 15 mars, néanmoins les préparations remontaient à bien plus loin. On ne préparait pas une visite royale au débottée. Les accompagnateurs, gardes comme domestiques, devaient être choisis, triés sur le volet – on n'allait pas s'encombrer d'un individu à la conduite pouvant se montrer désastreuse, générer un incident diplomatique. Sans compter le cadeau que l'on offrait pour remercier l'hôte de son invitation et de son accueil. Du chocolat ? Bien entendu que non. Cela reviendrait à offrir une robe de bal au Luxembourg-Bergie – un affront ! Alors quoi ?

« Vodka ? » avait proposé le roi en piochant un des chocolats offerts par le roi Suisse, liqueur dont il avait été instigateur de l'idée.
« Venant d'une dame, de l'alcool ne serait guère... » Ronce cherchait ses mots. « … apprécié ? »
« Mmmh. Tu lui as offert des macarons, non ? Et il a aimé. Tu as qu'à lui en offrir d'autres. Ça lui donnera peut-être d'autres idées de chocolat. »

Ronce hocha la tête, réfléchissant. La reine finit par commander auprès des plus grands pâtissiers du pays – de quoi relancer l'activité de commerces déjà hautement demandés. Le jour du départ, dès que tout fut ordonné, le navire partit de l'aérodrome parisien pour se rendre en Suisse. Les présents avaient été dûment empaquetés et protégés au sein des soutes du navire tandis que, au sein du salon, Ronce prodiguait les ultimes conseils à son époux.

« Restez poli, attendez que le roi se serve pour vous servir à votre tour, pas d'insulte... »
« Ronce... » Kay avait pris la main de la reine entre les siennes. « Tout va bien se passer. Je sais me tenir. » Froncement de sourcils. « Juste... C'est quoi déjà la différence entre la fourchette à poisson et la fourchette à gâteau ? »

Le voyage jusqu'à Locarno fut utilisé à profit pour mener un rappel global des quelques règles de courtoisie et de bienséance au roi, dont le maniement aussi complexe que celui des multiples couverts ornant une table royale. Alors que le navire se posait à l'aérodrome, Ronce finit par conseiller à son époux de la copier s'ils se trouvaient à table afin d'éviter tout incident. Certaines royautés pouvaient se montrer clémentes et compréhensives, d'autres bien moins, et ne connaissant rien du roi Suisse si ce n'étaient ses missives, Ronce préférait jouer la prudence.

Un valet descendit du pont jusqu'aux pavés de la ville annonçant, d'une voix forte, l'arrivée du couple royal français. Au bras de Kay, Ronce rejoignit l'homme, un garde ouvrant la marche, un autre la fermant. Le couple s'inclina à l'attention de Sigfried Winkelried pour le saluer comme il se doit.

« Votre Majesté... » commença Kay, cherchant ses mots. « Merci de nous avoir invités et de nous accueillir. Les chocolats étaient délicieux ! Je vous ai ramené de la vodka du pays comme promis. Vous m'en direz des nouvelles. »
« Et nous vous avons apporté quelques spécialités pâtissières du royaume de France, puisque vous avez apprécié nos macarons. » continua Ronce. « Nous serons bien heureux d'avoir votre avis sur la question. »

Une domestique se décala du couple royal qu'elle suivait depuis le début. Elle tendit à l'intention de Sigfried, ou l'un de ses propres domestiques, une pile de boites blanches ornée d'un ruban incarnat. Chacun de ces coffrets renfermait une spécialité – macarons se déclinant en plusieurs parfums, cannelés, biscuits roses de Reims et puits d'amour aux saveurs de confiture variées.


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Sam 9 Sep - 14:21
La Suisse au mois de Mars semble toujours s'éveiller d'un long sommeil. Alors que la glace craque et que la neige découvre enfin la terre et l'herbe qu'elle a jaunit dans son étau de blanc, le pays frissonne, papillonne, s'éveille. Alors que les cimes sont toujours couvertes de neige, les vallées commencent à renaître, les lacs où voguent encore quelques éclats de glace se remettent à scintiller au soleil. Quelques fleurs, timides encore, pointent le bout leurs corolles délicates.

Toutefois, il ne faut pas croire que l'Hiver endort véritablement le pays. L'on circule, l'on travaille, l'on déblaye les routes avec ardeurs. Les paysans privés des cultures estivales vont travailler ou produisent le menu ouvrage qui donne ensuite les horloges complexes dont le pays est si fier. C'est au coeur de l'Hiver que les travaux royaux avancent le plus.

Cette année est pourtant différente. L'Hiver n'a pas eut le temps de partir que le pays bourdonne déjà. La cour est en effervescence depuis l'annonce de la venue du couple royal français. L'on espère pouvoir tirer parti de cette visite pour ses propres affaires, l'on discute de quelle tenue porter pour être remarqué et cela ne s'arrête pas. La plupart courent après l'honneur de se voir confier une tâche. Locarno devient la ville en vogue du moment.

Au matin du grand jour, tout est prêt. Beaucoup auront été déçus de ne pas avoir la chance de préparer des réceptions et autres frivolités. Mademoiselle Du Lac a été chargée de quelques préparatifs et de l'organisation de certaines soirées. Son état me semble préoccupant. Depuis peu la magie semble faire des siennes et ses pouvoirs s'avèrent particulièrement instables. Les menues tâches que je lui ai confiées lui auront permis d'oublier un peu ces tracas magiques mais je crains que cela n'aille pas en s'arrangeant.

Je me prépare en hâte tout en veillant à ce que ma tenue soit impeccable. Je n'accroche aucune médaille à mon pourpoint. Quand un homme commence à exhiber ses médailles et ses gloires c'est qu'il n'est plus bon à rien. Je me coiffe en dernier de la couronne de Suisse, non sans en avoir avec affection caressé les joyaux.

Ensuite, je fais le tour du château de Locarno, Veilleur, mon chien, sur les talons pour vérifier que tout est absolument parfait. Les cuisines sont débordées depuis la veille au soir. Je passe y motiver les troupes. Je m'entretiens avec mon chef et goûte du bout des lèvres une crème qu'il me présente pour avoir mon avis.

" Elle est parfaite. Les chocolats sont-ils prêts ?"

"Oui votre Majesté. Tenez les voici."


J'observe d'un oeil critique les délicatesses que l'on me présente. L'un des chocolatiers a eut l'idée de donner la forme d'une fleur de lys à ses oeuvres. Excellente initiative de sa part.

" Vous vous êtes surpassés et je vous en félicite. Continuez, tout doit être parfait. Je compte sur vous."

La venue du roi dans leurs cuisine et ses paroles galvanisent un peu plus les chefs et commis qui se remettent au travail avec plus d'ardeur encore.

Je quitte les cuisines et continue mon tour. Les appartements sont prêts et fleuris comme je l'ai souhaité. Tout est apprêté pour recevoir dignement nos invités.

Peu de monde est autorisé à venir à l'aérodrome avec moi. Leurs Altesses m'ayant informées qu'elles ne viendraient pas avec leur cour, je ne tiens pas à les indisposer avec la mienne. Wilhelm bien sûr m'accompagne, Alucard ainsi que quelques membres de la garde royale et c'est tout. Plus sincère que les courtisans, le peuple a décoré la ville de banderoles de papiers colorés et fleurit ses façades, les rues déjà propres semblent briller tant la population a mis du coeur à les rendre impeccables. Ce spectacle me réjouit intérieurement. Malgré l'Hiver, malgré la magie qui se détraque, le peuple est heureux et ses gestes spontanés en sont la preuve.

La ponctualité est la politesse des rois. Le couple français n'échappe pas à cette règle. J'observe le navire volant se poser en douceur. Les employés de l'aérodrome aident à l'amarrage du bateau et à descendre la passerelle. Un valet vient annoncer ses maîtres juste avant que les deux souverains ne descendent accompagnés de leur suite.

C'est le roi de France qui prend en premier la parole pour me remercier de l'invitation et me faire le compliment des chocolats. J'esquisse un sourire bienveillant en entendant ses mots et viens lui tendre la main pour échanger une poignée de main avec lui.

" C'est un immense plaisir de recevoir vos Altesses royales dans notre pays. J'espère que vous avez fait bon voyage ? Je vous remercie pour la vodka, je tiens à ce que nous y goûtions ensembles. Quant aux chocolats, je suis ravi d'entendre qu'ils vous plaisent. Nos chocolatiers débordent d'enthousiasme depuis qu'ils ont reçut vos suggestions."

Je m'incline ensuite devant la reine avec un profond respect et attend qu'elle m'offre sa main pour y déposer un baise-main. Je sais d'expérience qu'en France ce salut ne doit pas être pratiqué dans la rue, seulement lors de réceptions et dans un lieu fermé. Cependant, il n'y pas ici de public et je ne suis pas certain que l'aérodrome, protégé comme il l'est puisse être considéré comme "rue". Afin de ne pas commettre d'impair, je laisse à la reine Ronce le choix de m'offrir sa main ou non.


" C'est un honneur pour moi de vous accueillir parmi nous Votre Majesté."


Wilhelm se charge de réceptionner les boîtes blanches avec d'infinies précautions. Je souris à l'explication qui accompagne ces délicatesses et m'incline légèrement pour remercier mes invités.

" Je vous remercie infiniment pour cette délicate attention. Je me ferai un plaisir de vous donner cet avis le plus rapidement possible."

Je suis tenté de les faire servir lors d'une collation entre le couple royal et moi mais je crains que ce soit peu approprié. Enfin... Je pense que leurs Altesses Royales ne m'en voudront pas si je fais honneur à leurs délicatesses en les partageant avec eux. Attendons un peu et voyons comment tout se passe, si l'occasion se présente, nous aviserons à ce moment là.

Je reprends la parole avec tout mon respect et ma politesse.

" Permettez moi encore une fois de vous souhaiter la bienvenue, vos Altesses Royales. J'espère que le voyage n'aura pas été trop éprouvant, j'ai fait préparer une collation pour votre arrivée afin que nous puissions discuter confortablement avant d'aller assister aux premiers pas d'Eisenkern. "

D'une main, paume ouverte, je désigne le vaste landau frappé des armoiries de Suisse auquel quatre de mes meilleurs chevaux sont attelés, le harnais brillant et élégamment décoré, la robe lustrée avec soin. Un page en livrée tient la porte de l'attelage ouverte. En retrait d'autres voitures attendent sagement, prêtes à transporter la suite et les bagages de leurs Altesse Royales.

" J'ai pris la liberté de profiter que le temps soit clément pour vous offrir une vue plus dégagée et agréable sur le lac Majeur et les paysages de Locarno le temps que nous arrivions au château. Toutefois, si le temps n'est pas à votre goût, une voiture plus couverte avec un équipage nous attendent."

Je laisse le choix encore une fois à leurs Altesses Royales. Je sais la reine curieuse de découvrir notre pays mais j'ignore si la fraîcheur de Mars lui sied. Ne voulant pas commettre d'impair et par politesse, je préfère leur laisser le choix de l'équipage. J'acquiesce lorsque la réponse me vient.


" Si vos Altesses Royales, veulent bien me suivre."


Je les laisse prendre place les premiers puis m'installe à mon tour, face au couple royal. Les sièges molletonnés sont confortables et une petite touche de magie rend l'espace sous la capote de toile agréablement chaud et douillet. L'attelage se met en marche une fois que nous sommes installés.

Si nous étions seuls à l'aérodrome, nous ne le sommes plus en traversant la ville. Ouvrant respectueusement un passage, la foule se presse sur le bas côté, observant avec des yeux étonnés ou émerveillés l'attelage et ses passagers. Comment leur en vouloir ? Aucun dans cette petite ville nichée sur les bords d'un lac n'aurait imaginé un jour recevoir non seulement son suzerain mais les souverains d'une pays étranger. Les fleurs encore rares ont été remplacées par des bouquets de papiers multicolore.

C'est alors qu'un cri fuse, reprit par des centaines de voix.

" Vive le roi !"

" Vive le roi et la reine de France !"


Quelques fleurs de papiers fusent et sont lancées dans le ciel. Je n'ai rien demandé, c'est un geste spontané des habitants de Locarno. Je lève une main pour saluer la foule et la remercier. Le sourire qui flotte sur mes lèvres est presque tendre. Je reviens ensuite à mes illustres invités, m'excusant presque pour cette initiative incontrôlée du peuple suisse.

L'attelage continue sa route sans heurt. Je n'ai pas choisi le trajet le plus court pour rejoindre le château de Locarno mais celui qui offrira à mes invités le paysage le plus plaisant.


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Ronce de France
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Sam 16 Sep - 23:46
Le couple royal ne connaissait le visage du roi de Suisse que via ce que les journaux en avaient donné l'image – photographies prises lors de l'inauguration de Eisenkern. Mais c'était tout autre chose de faire face à la personne en chair et en os, de voir son corps se mouvoir, d'entendre sa voix. La reine se sentit presque soulagée d'entendre la langue française hors de son pays – les contrées usant de cette langue étaient si rares et cela rendait la compréhension si aisée ! Après que le roi eut serré la main de son vis à vis française, Ronce tendit la sienne soigneusement gantée. Nul risque n'avait été pris concernant son don. Il aurait été dangereux d’occasionner un vieillissement prématuré du roi Winkelried qui plus est en pleine débauche magique – le roi aurait pu vieillir d'un an comme de dix, voire bien plus ! Ronce garda, néanmoins, un œil sur sa main, à l’affût du moindre couac. Ses épaules se relâchèrent lorsque le roi en eut fini avec le geste protocolaire.

« Le voyage a été très agréable, nous vous en remercions. » répondit Ronce.
« En même temps c'est juste à côté. » se permit d'ajouter Kay, pragmatique. « Et la météo n'avait pas annoncé de vols de sorcières aujourd'hui. »

Le sourire de Ronce creusa un pli au coin des lèvres, son regard se posant sur le roi suisse craignant que l'humour ne soit pas à son goût. L'homme semblait conciliant, presque tendre dans sa façon de parler, et extrêmement prévenant. Néanmoins la reine avait bien assez d'expérience dans le domaine de la diplomatie pour savoir que la nature la plus douce pouvait se révéler revêche si on touchait à certains sujets sensibles. Lorsque la collation fut mentionnée, Kay fut le premier à bondir dessus.

« Ça c'est parfait, votre Majesté. Nous pourrions goûter la vodka que j'ai rapporté à ce moment-là. Si ce n'est pas trop tôt pour vous. En Russie on en consomme à toute heure, mais je sais que ce n'est pas le cas partout. »

Une œillade à son épouse lui arracha un sourire lorsque Ronce inclina la tête, brièvement, lui faisant comprendre qu'il avait le droit à la boisson. Aujourd'hui était un jour exceptionnel. D'une même voix le couple royal assura que le landau ne posait nul problème dans la choix de l'équipage. Ronce se permit même de remarquer, lorsqu'ils furent assis, que la température sous la toile était particulièrement agréable.

« Est-ce dû à un ensorcellement ou à une nouvelle technologie ?  Un tel concept permettrait de se passer de fourrures, fort coûteuses et, ma foi, requérant des animaux qui n'ont, hélas, pas demandé ce sort. »

L'attelage s'ébranla les menant au sein de Locarno. Les célébrations menées par les habitants surprirent le couple royal, firent éclore un sourire ravi sur le faciès de Ronce. La reine se permit de se pencher à demi par la fenêtre, saluant les badauds qui se massaient sur le bord de la route. Néanmoins la souveraine rentra promptement sous la toile sentant son époux tendu à ses côtés. On ne savait quel mercenaire pouvait se cacher là et profiter de l'opportunité pour commettre un meurtre.

« Votre peuple est accueillant. » souligna Ronce, sincèrement touchée.



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Mer 20 Sep - 22:14
La plaisanterie du roi de France me tire un sourire. J'apprécie cette spontanéité qui se manifeste de nouveau lorsqu'il est question de la collation et d'entamer la vodka qu'il a apporté avec lui. J'approuve d'un signe de tête sa proposition tout en répondant :

- Ce serait avec plaisir, j'ai hâte de pouvoir y goûter.

Pour mon plus grand plaisir, la petite touche de magie qui rend le landau plus confortable est appréciée par leurs Majestés.


- C'est un ensorcellement en effet que j'ai récemment fait ajouter à mes attelages. Je partage votre avis sur ce point si bien que j'aimerai pouvoir développer ce concept et le rendre accessible. Hélas je crains que cette idée ne parvienne pas à elle seule à faire passer l'engouement pour les fourrures...


L'attelage continue sa route sans heurts. La reine de France salue les passants qui acclament les souverains auxquels ils ouvrent le passage.


- Dans une si petite ville, bien peu sont ceux qui auraient imaginé un jour croiser leur roi et les souverains de France, votre Majesté. C'est pour eux signe de fête et de temps prospères car la simple annonce de votre venue a suffit à faire fleurir les économies de chacun.


Le landau s'arrête doucement dans la courre du château et un page vient nous tenir la portière. La suite de leurs Majestés est déjà arrivée et prend connaissance de la localisation des appartements de ses maîtres ainsi que des dispositifs mis en place pour leur offrir un agréable séjour. De mon côté, je me fais leur guide pour les mener à travers le château jusqu'au petit salon qui a été apprêté pour la collation. La fenêtre donne sur le lac et le sentier qui le longe, offrant des perspectives de promenades aux badauds. Une table basse a été dressée à notre attention, présentant thés et cafés ainsi que des jus de fruits et la fameuse bouteille de vodka. Des chocolats au café ainsi que d'autres délicatesses sont disposées dans coupes en porcelaine. D'un signe discret, j'ai demandé à ce que les boîtes amenées par leurs Majestés soient ouverte. Si nous partageons la vodka maintenant, je ne vois pas d'inconvénient à ce que nous partagions les merveilles des maîtres pâtissiers français. Bien sûr, des brioches au chocolat, des gâteaux à la rhubarbe et aux pommes comme ils sont appréciés dans la région.

J'invite leurs Majestés à prendre place.

- Demandez ce qui vous fera plaisir, je me suis permis d'ajouter à nos spécialités celles que vous nous avez amenées afin que nous puissions les partager. Notre pâtisserie risque de paraître fort pâle aux côtés de l'art français toutefois, j'espère que vous les trouverez à votre goût.

Le roi de France, une fois installé, demande deux verres qu'on lui présente promptement et qu'il remplit lui même du breuvage national de sa patrie avant de m'en tendre un que j'accepte avec un remerciement. Un serviteur vient servir à la reine un thé délicatement parfumé pendant ce temps. La franchise du souverain français est surprenante mais appréciable. C'est suivant la tradition russe que je trinque avec lui.

L'alcool est aussi fort que dans mes souvenirs cependant je ne peux qu'apprécier sa qualité. En bon Russe, le roi de France est un fin connaisseur.


- Il m'est arrivé que l'on m'en serve, votre Altesse Royale, mais je dois avouer que je n'en ai jamais goûté de meilleure que celle-ci.


J'espère faire plaisir à mon homologue français avec ce compliment. La conversation tourne autour des mets servis à notre table. La reine semble ravie de découvrir nos brioches chocolatées et je profite avec délice des cannelés dont je fais le compliment à leurs Altesses royales. Nous échangeons au sujet de nos pays respectifs sans pour autant nous lancer dans de grands débats politiques. L'heure n'y est pas encore.

Wilhelm se glisse discrètement dans le petit salon et vient me prévenir que notre équipage est prêt. J'acquiesce avant de me lever.


- L'on vient de me faire part du fait que l'équipage devant nous mener à Eisenkern est prêt. Si vos Altesses Royales veulent bien me suivre.


Nous rejoignons la courre du château où nous attend un nouvelle attelage, couvert cette fois ci. Des toiles aux armoiries de Suisse ont été tendues aux fenêtres de la voiture. Je m'en excuse auprès de mes invités alors que nous prenons place.

- Je vous prie de m'excuser cette fantaisie vos Majestés Royales, non pas que la localisation d'Eisenkern soit tenue secrète mais je tenais à vous ménager la surprise en y arrivant, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.

L'attelage se met en marche et quitte le château au grand trot. Le cocher et la garde royale connaissent le chemin par coeur, mes visites là bas étant fréquente. Nous nous éloignons des rives du lac pour nous enfoncer un peu dans les Alpes.
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