[Année 0002] Event 01 : La foire aux monstres

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Narrateur
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Dim 18 Déc - 15:14



The show must go on


- Mesdames et Messieurs, approchez approchez ! Venez donc voir mes superbes monstres !

La place Rouge est emplie des bruits de la foule. Le propriétaire du cirque sent bien qu'il n'a pas le monopole : les démonstrations de monstres ont lieu dans tous les pays. Dans les cours royales on s'achète des nains à prix d'or qu'on habille comme des enfants et qu'on promène tel un chien de luxe. Posséder un nain à son service c'est comme posséder une poupée vivante. Et puis c'est si gauche et si drôle.

Ventripotent, lissant sa moustache, Ivan Krouglov sent qu'il doit montrer sa dernière carte. Il n'est pas seul sur la place; nombre de forains et saltimbanques sont venus aujourd'hui. Et quoi qu'on dise les montreurs d'ours ont toujours la côte auprès du public - surtout envers les enfants. Ivan se racle la gorge un bon coup - heureusement qu'une bonne fée l'a dotée d'un solide organe.

- Mesdames, Messieurs, avez-vous déjà vu un Androïde ? Ah je vous vois frémir, je vois vos yeux briller. Nous n'avons pas qu'un, mais deux Androïdes, un bien beau couple ! Tout droit venus de Roumanie !

La foule se presse autour de l'estrade. Ivan rit intérieurement, ôte son chapeau qu'il présente au public.

- Une pièce, messieurs, dames. Une pièce et vous pourrez les voir ! Deux pièces et vous pourrez monter les toucher !

C'était peu cher au vu de ce qu'il leur offrait. Les Androïdes on en entendait parler partout, telle une légende urbaine. Mais personne n'en avait véritablement vu. C'était là le meilleur moyen de combler enfin cette lacune. Une pièce après tout, qu'est-ce ? Pour certains un repas, pour d'autres une bagatelle.

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• Pour les posts, la barrière des lignes est abolie : on privilégie le court, l'action, la discussion. Chacun poste selon ses envies, pas de tour pré-établi.

• Vous pouvez interagir entre vous, avec des PNJs comme Ivan ou un quelconque inconnu dans la foule. Lâchez-vous !

• Le PNJ agira quand tout le monde aura posté.

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Orphée
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Orphée
Dim 18 Déc - 22:14
Citation :
A moi donc d'ouvrir le rideau de cette nouvelle scène !

Les Vents avaient portés le noir Orphée dans cet exhibition de monstres faussement mécanisés, d’illusions de troisièmes zones et de vendeurs aux mains grasses et velues. Il ne savait absolument pas ce qu’il faisait là. Il se demandait encore pourquoi il persistait à visiter chaque moindre recoin de cette « fête » jusqu’à ce qu’un crieur comme un autre attire son attention.

- Mesdames, Messieurs, avez-vous déjà vu un Androïde ? Ah je vous vois frémir, je vois vos yeux briller. Nous n'avons pas qu'un, mais deux Androïdes, un bien beau couple ! Tout droit venus de Roumanie !

Un Androïde ? Quelle était donc cette nouvelle farce ? Ces êtres n’étaient pas censés être des produits de grande qualité ? Des œuvres vendues à de riches personnes de cette si grande société ? Qu’est-ce qu’un androïde, sinon deux pouvait faire dans un lieu si misérable et si boueux ? Car, après tout, quand l’on ment, autant mentir vraiment. Deux androïdes… Quelle mauvaise plaisanterie…

- Une pièce, messieurs, dames. Une pièce et vous pourrez les voir ! Deux pièces et vous pourrez monter les toucher !

Une pièce pour avoir « le privilège de voir ce qui n’a jamais été vu » ? Les mains, à l’intérieur de son grand manteau sombre cherchèrent dans une des poches ce qu’il avait comme monnaie sur lui. Ah ! Il avait donc quelques pièces car il les entendait s’entrechoquer entre elles. Il lui faudrait pourtant parasiter une fête, charmer une jeune innocente qui n’est jamais sortie de son palais et la dépouiller de tous ces biens.

Il jeta une pièce sur l’estrade et déclara, son visage caché dans les ombres de sa capuche, le menton plus proche de sa poitrine que du menton de l’homme russe sur l’estrade :

« Tiens, voici ce que tu demandes ! Maintenant, montres-nous donc cette facétie, ce mauvais tour que tu essaies de nous jouer. Montres-nous donc tes talents de mystificateur et de maquilleur ! »

Le ton était lancé. Il ne croyait pas une seule de ces paroles. Il n’essayait pas de se cacher. Bien que son visage et ces mots viennent de l’ombre de ces vêtements sombres.
Orphée
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Adélaïde Taylor
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Adélaïde Taylor
Lun 19 Déc - 1:16
« Des androïdes ? Vous pensez que cela existe réellement, ma Reine ? »

Trois regards réprobateurs se posèrent sur le jeune page qui venait de chuchoter à la Reine, au milieu de la foule. Parmi les murmures divers, le sien n'était pas très remarqué. Mais c'était une habitude, au sein de l'entourage de la Reine, que d'éviter de beaucoup parler. L'adolescent ne regretta pas ses paroles, puisque la Reine elle-même n'avait pas l'air de lui reprocher quoi que ce soit.

La Rose-Rouge d'Angleterre était entourée d'une troupe assez modeste, par rapport à ce à quoi l'on pourrait s'attendre de la part d'une reine. Il y avait bien deux pages, une poignée de soldats à ses couleurs... et d'autres soldats, ça-et-là, installés dans la foule et habillés en civils. Elle portait des vêtements relativement simples, allant même jusqu'à oser le pantalon et la chemise. La Reine muette avait fait dans le pratique, ne montrant pas de manière trop ostentatoire son statut. Les tissus étaient riches, elle était bien trop protégée pour une simple passante. Pour le reste, elle savait la foule trop dense pour qu'une robe soit conseillée, les voleurs trop présents pour porter de beaux bijoux. Ses soldats n'étaient pas tranquilles, peu habitués à ce genre de bain de foule.

Adélaïde se tourna vers son page. Elle avoua sa perplexité par un haussement d'épaules. Si les Androïdes existaient ? Elle ne savait pas. Mais elle était ici pour en apprendre davantage sur les modes et les nouveautés présentes en Europe. Et elle allait s'informer au mieux. La Reine donna assez d'argent pour pouvoir voir les Androïdes en présence de ses pages et des soldats qui portaient officiellement ses couleurs. Elle chargea le bavard de donner l'argent.

Son regard se posa un peu plus loin. Il y avait un homme aussi suspicieux – si ce n'était davantage – qu'elle-même. Elle approuva ses paroles par un léger sourire.
Adélaïde Taylor
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Gretel Fogel
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Gretel Fogel
Lun 19 Déc - 11:01
Sans perdre de vue l'homme à la canne à bec de canard, Gretel plongea dans la foule. Elle avait donné rendez-vous à son frère à l'autre bout de la foire. Il serait plus facile ainsi de passer inaperçu et, qui sait, de doubler la recette.
L'homme s'approcha du stand; en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "androïde", ce dernier fut allégé de sa bourse.
D'un geste sec, la lanière de son sac avait été tranché. Le temps qu'il s'en aperçoive, la jeune femme serait déjà loin.
Le poignard coupait, sectionnait; sans répit, sans vergogne. Après tout, pourquoi aurait-elle eu une certaine culpabilité à soulager de pauvres hères, qui n'éprouvaient aucun remords à se délasser du spectacle de contemporains en cage? La foire n'était qu'un zoo, un grand cirque où chacun faisait son cinéma, exhibant ainsi ses atouts contre contribution pécuniaire.

N'était-ce point là un crime de subvenir aux besoins de tortionnaires? Lesquels semblaient être les plus abjects? Les "voyeurs", les forains ou les androïdes? A chacun ses complices, à chacun ses méfaits.


Gretel Fogel, aussi, était une admiratrice de bêtes de foire en tout genre; cette émerveillement était repu par le théâtre infâme de la vie quotidienne...bien qu'il ne l'étonna plus depuis longtemps.
Un homme cria au loin "Au vol." Ses paroles rapportées par le vent lui rappelèrent que c'était le moment de prendre la poudre d'escampette avant que les individus l'entourant ne songe à leurs poches.
La chasse avait été rondement menée pour sa part: plusieurs portefeuilles, monnaies russes, allemandes, anglaises, françaises...tout le menu fretin mais également la haute, réunis en ce lieu ainsi que la petite bourgeoisie environnante. Quoi de plus formidable? Ainsi donc, quel que soit la recette de son frère, ils pourraient se permettre de vivre commodément pendant quelques temps dans le pays de leur choix sous une déclinaison de fausses identités.


Quelques heures plus tard, Gretel retrouva son frère à l'endroit indiqué. La population affluait en ce lieu sans grande prétention au premier abord. Il s'agissait d'un stand muni d'une estrade où un petit homme ventru, à l'étroit dans ses vêtements mal taillés, tenait un discours. C'était encore un de ces forains se vantant d'avoir en sa possession deux androïdes.
Fadaises! Il n'existait rien de tel, du moins elle n'en avait jamais vu et ne croyait que ce qu'elle voyait...en comparaison de son frère. Celui-ci écoutait d'un air béat le monstre moustachu, des étoiles plein les yeux, prêt à voir surgir de sous un drap l'un de ses êtres fabuleux qui peuplaient les rumeurs environnantes.


"-Hänschen kl..."

La jeune femme ne put s'empêcher de lui adresser un coup de coude afin qu'il se ressaisisse.
"-Häns! Est-ce que tu m'..."
Une nouvelle fois la jeune femme dut interrompre son débit.

Un homme vêtu sombrement prenait la parole, défiant le forain de ses dires. Comme tous les autres, elle l'écouta précautionneusement avant de reporter son attention sur l'« illusionniste », guettant chacune de ses réactions.
Gretel Fogel
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Vassilissa
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Vassilissa
Mar 20 Déc - 13:11
Voyant difficilement Ivan Krouglov (Peu lui importait, en vérité, de ne pas le voir, elle le retrouvait, comme la plupart des Moscovites, tous les ans et avait donc bien vu sa figure plus d'une fois) du fait qu'elle se trouvait noyée dans une foule malheureusement composée d'individus plus grands, Vassilissa se contenta d'écouter son véhément discours avec une attention presqu'excessive.

Des Androïdes ? Comme la plupart des personnes ici présentes, assurément, elle en avait entendu parler mais n'en avait jamais vu.
A l'idée d'enfin découvrir à quoi ressemblait un Androïde, un éclat d'émerveillement que l'on pourrait qualifier d'enfantin vint animer les prunelles améthyste de la jeune fille.
Elle s'empressa, comme tant d'autres, de donner une pièce. Il aurait certes mieux valu qu'elle la gardât mais inconsciente qu'elle était, elle considérait cette pièce donnée pour qu'on lui montrât un Androïde comme un "bon investissement" - pour reprendre les étranges mots de Baba Yaga.

Elle entendit soudain quelqu'un exprimer son incrédulité et, curieuse plutôt que désapprobatrice, chercha cette personne du regard jusqu'à apercevoir une silhouette sombre. Cette noirceur, cette indicible aura inquiétante la firent trembler de tout son corps et elle s'empressa d'accorder de nouveau tout son intérêt au spectacle.

Libre à certains de ne pas croire à ce qu'Ivan Krouglov s'apprêtait à leur dévoiler, elle, elle "connaissait" cet homme et savait que s'il prétendait avoir des Androïdes à soumettre aux regards avides de bizarreries, il en avait vraiment. Elle le croyait et frissonnait d'impatience.
Vassilissa
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Arseni Tyranov
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Arseni Tyranov
Mar 20 Déc - 19:00
La Foire était de ces évènements dont la renommée s'étendait à travers les plaines enneigées de la Russie. Tous les ans, sans failles, la Place Rouge devenait exhibition de monstruosités, certaines vraies, certaines fausses, toutes fascinantes.

Enfant, Arseni s'était extasié devant les ours et les femmes à barbes. Adulte, il avait compris que les femmes à barbes souffraient d'hypertrichose, que les ours étaient dressés, que les monstres étaient bien souvent des malades. Il n'avait pas cessé pour autant de s'extasier; il avait simplement déplacé l'objet de son admiration des créatures exposées aux imbéciles les observant et les exposant.

Ivan Krouglov était le seul parmi les montreurs que le scientifique respectait. L'homme était aussi honnête que sa profession le permettait, ne trichant que rarement sur ses trouvailles. S'il disait avoir un couple d'Androïdes, ce devait être le cas. Et s'il avait des Androïdes, Arseni se devait de les voir. Ces créatures étaient la quintessence de ce qu'il cherchait à créer. Aucune occasion de les étudier ne devait être manquée.

Fendant la foule, Arseni se rapprocha de la scène, s'arrêtant près d'une jeune femme blonde dotée d'yeux indigo particulièrement intéressant avant de donner deux pièces à Ivan. Après tout, pourquoi observer quand il pouvait toucher, étudier les mécanismes de près, analyser la manière dont chair et métal s'unissaient ?

Que les sceptiques parlent. Ils n'étaient pas Russes. Ils ignoraient tout de la complexité de la Foire aux Monstres. Ils ne connaissaient pas encore la fascination enfantine qui envahissait Moscou sitôt que les forains plantaient leurs tentes.
Arseni Tyranov
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Océana
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Océana
Jeu 22 Déc - 4:53
Le froid n'avait jamais été l'un des éléments préférés d'Océana. En tant qu'Espagnole digne de ce nom, elle ne pouvait que préférer la chaleur vivante du soleil, au froid glacial et dénué de présence des terres Russes.
Et pourtant, c'est au pays des neiges qu'elle avait choisi de passer quelques jours, loin de sa taverne. La raison était toute simple : elle venait rendre visite à une amie du pays, qu'elle n'avait pas vue depuis une période assez longue pour pousser Océana hors de son précieux sanctuaire.
Son amie l'avait avertie par un messager, arrivé à son hôtel durant la matinée, qu'elle ne saurait être disponible avant le début de la nuit. Elle lui avait également conseillé d'aller visiter la foire qui venait de s'installer en ville, insistant sur le fait qui y aurait "quelque chose d'intéressant à y observer".

N'ayant guère d'autres occupations, Océana décida donc de suivre les indications de son amie, et après s'être parée avec soin d'une multiple couche de vêtements, dont une magnifique chapka qu'elle s'était empressée d'acheter dès son arrivée en ville, elle s'aventura à la recherche de ladite foire.
Sa quête ne fut que de courte durée : les passants affluaient de toutes part, et se dirigeaient vers ce qui semblait être la place principale de la ville. Ou peut-être était-ce juste une simple place, après tout.

Après avoir jeté un oeil à quelques étals sans grand intérêt, elle passa un long moment à discuter avec un marchand d'alcool local. Inutile de préciser qu'elle n'était pas repartie les mains vides, ni que sa sobriété s'était légèrement essoufflée.

Alors qu'elle allait s'approcher du stand d'une marchande de bijoux, elle entendit les appels d'un homme, certainement un forain. Il osait affirmer détenir deux "monstres" ? Quel culot. Afin de voir l'homme entretenir un mensonge, elle se fraya un chemin au premier rang, et observa l'homme.

- Mesdames, Messieurs, avez-vous déjà vu un Androïde ? Ah je vous vois frémir, je vois vos yeux briller. Nous n'avons pas qu'un, mais deux Androïdes, un bien beau couple ! Tout droit venus de Roumanie !

Les yeux écarquillés, Océana tenta de déceler la moindre trace de mensonge dans la voix de l'homme, sans succès. Maudite vodka ! Elle se méfiait de cette déclaration, sachant ce qu'elle sous-entendait. Les Androïdes ? Des légendes urbaines, pour la plupart des personnes. Mais en tant que sorcière, elle savait pertinemment que cela était du domaine de l'envisageable. Après tout, si certaines personnes pouvait se métamorphoser, ou rester jeune éternellement, un humain mécanisé n'était pas chose impossible.

Les paroles de son amie prenaient soudain tout leur sens... Intéressant, en effet. C'est pourquoi Océana extirpa non pas deux, mais trois pièces d'or d'une poche intérieur, pour les jeter aux pieds de l'homme.
Et c'est chargée d'appréhension qu'elle attendit que les "choses" apparaissent...
Océana
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Narrateur
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Sam 24 Déc - 22:01




Orphée, Océana, Arseni, Vassilissa

Les pièces pleuvaient sur le bord de l'estrade. Une femme sortit de derrière les lourdes tentures qui ornaient le fond, prit le chapeau d'Ivan d'une de ses mains. Ses bras multiples et se mouvant sans cesse bougeaient autour d'elle comme de longs filaments. Malgré ses plusieurs bras, Arina la femme-araignée possédait une grâce qui fascinait. Ses mains attrapèrent les pièces, les firent tinter dans le fond du chapeau. Elle passa le long de l'estrade recevant les dernières pièces des personnes les plus récalcitrantes. Ivan reprenait son boniment, faisait chauffer la scène.

- Je vois que nous avons des gens curieux. La curiosité est une qualité, elle permet de voir ce que les autres nient. (Il s'avança vers Orphée, cette silhouette noire qui dénotait parmi les couleurs festives) Monsieur sachez que je n'ai jamais trompé personne. Vous n'avez pas payé pour rien.

Arina disparut derrière les tentures. L'on voyait des formes se mouvoir derrière, mais encore rien de concret. Ivan en profita pour déployer un léger escabeau – trois marches – à Arseni et Océana afin qu'ils montent sur scène.

- Je sais récompenser ceux qui croient aux nouveautés et sont généreux par nature. Montez donc Madame et Monsieur afin de profiter au mieux du spectacle.

Tendant la main à Océana, il l'aida à gravir les marches. Au même instant des cris étouffés retentirent, des femmes eurent des vertiges, d'autres agitèrent promptement leur éventail pour éviter tout évanouissement. Ils étaient apparus sur la scène. Sortant de derrière les tentures, deux femmes se présentèrent. Vêtus comme de belles dames de robes de brocarts, leur corps était monstrueux. L'une d'elles avait le bras amputé jusqu'à l'épaule : à la place de la chair, une gigantesque griffe de métal bougeait lentement – elle était sûrement capable de trancher une tête d'un seul de ses « doigts ». La seconde se déplaçait non sur des jambes mais des griffes, telle une araignée avec ses pattes. Le bruit des griffes sur le bois – cling cling – avait de quoi donner des sueurs froides.

- Les voici donc ! N'ai-je pas dit vrai ?

Plusieurs personnes hochèrent la tête devant tel prodige. Ainsi donc leur existence n'était pas feinte.

***

Gretel

Hansel n'avait pas écouté sa sœur, tirant un sou d'un des portes-monnaies qu'il avait volé, le lançant dans le chapeau que tendait Arina. Le sourire de la femme le fit lui même sourire, accentuant ce côté « grand enfant » qui demeurait en lui malgré son âge. Il se retourna vers sa sœur et devant son regard incendiaire il prit un air penaud de gamin pris en faute.

- Mais Schwester ! On a l'occasion de voir un Androïde, c'est unique !

Puis ce n'était pas comme s'il avait dépensé dans leurs propres deniers gagné suite à un contrat juteux. La foule se pressait contre l'estrade, Hansel se sentit poussé et mené de plus près vers les bords de la scène. Pour ne pas perdre sa sœur l'homme l'agrippa par le bras, la tirant vers lui. Mieux valait rester ensemble que divisé. Les échanges s'intensifiaient, chacun attendait avec impatience l'apparition des Androïdes. Hansel sentait des coudes se planter dans son corps, sa main se glissa contre sa hanche où reposait son arme. On n'était jamais trop prudent.

- Dis, tu crois que quelqu'un nous achèterait un de ces Androïdes à bon prix ?

Pari risqué, mais qui ne tentait rien n'a rien. Un scientifique peu scrupuleux prendrait un Androïde pour mener ses propres recherches, une cour étrangère pour les exposer et briller au sein du monde. Le plus dur demeurait de voler la créature – mieux valait-il attendre la fin de la foire ou provoquer la cohue pour s'échapper avec pendant que tous auraient les yeux tournés ailleurs ? A quelques pas du duo d'Hansel et Gretel reposait encore l'escabeau menant à la scène. Rien ne les empêchait de l'emprunter.

***

Adelaïde

- Tant de monde c'est insupportable !

Aux côtés d'Adelaïde, une demoiselle au visage ravagé par les taches de rousseurs s'éventait avec de forts mouvements. Fort jeune, elle était sans chaperonne pour la seconder – ni mère, ni grand-mère, pas même une gouvernante. Pourtant à la vue des vêtements on reconnaît une fille de bonne famille, à l'accent on sent les origines françaises. La demoiselle fronça son petit nez comme gênée par une odeur néfaste. Elle entendit la réplique du page, fronça les sourcils.

- Qui sait monsieur, mais vous savez les gens aiment inventer de bien sottes choses. Regardez ces bateaux qui volent, n'est-ce pas présomptueux ? Autant faire voler un poisson.

Reconnaissant, malgré les siècles, l'habit que portait l'homme, la rousse eut une moue de dédain. Ce n'était qu'un vulgaire page, nullement une personne de son rang. Elle avisa la femme qu'il escortait – elle portait là une bien étrange tenue. Décidément avec les siècles la mode et la bonne mise se perdaient. Les détracteurs pouvaient dire ce qu'ils voulaient, la France demeurait noble malgré le temps.

Malgré la distance la demoiselle put voir les Androïdes sur scène. Ce spectacle la fit pousser un cri qu'elle étouffa derrière un gant immaculé.

- Grands dieux ! C'est... obscène. Ecoeurant !

La vision la fit se sentir mal, la demoiselle se sentit partir. Blanche sous ses tâches de rousseur, elle tomba à la renverse. [/list]

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• Pour rejoindre les autres sur la scène vous pouvez soit payer (deux pièces) ou tâcher de monter sans vous faire prendre.

• Vous pouvez interagir entre vous, avec des PNJs comme Ivan ou Arina (qui est au fond de la scène) ou même des PNJ que je n'ai pas joués.

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Jack
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Jack
Sam 24 Déc - 23:24
    "- Jack, il faut que tu ailles me refaire une carte de Moscou, la plus récente étant pleine d'erreurs. Tu es le seul à qui je puisse confier cette mission, je compte sur toi."

    Le seul couillon à être assez idiot pour accepter sans se rendre compte du boulot que ça va demander, oui. Ou bien assez cupide pour ne se poser aucune question quant à la somme nettement plus élevée que d'habitude qu'il gagnerait en faisant ce travail. Quoi qu'il en soit, Jack regrettait d'avoir donné une réponse laconique sans réfléchir, un "M'kay boss, j'y go" automatique et naïf.

    Le voyage avait été long, ennuyeux, pour tourner au grand n'importe quoi une fois que le bateau avait atterrit à Moscou. Un des hommes de bord avait fini par mettre la main sur le passage clandestin - on ne doute pas de son identité - qui avait quelques peu "oublié" d'acheter une place, mais sans réussir à l'arrêter. Le transport ne s'était pas encore tout à fait stabilisé que le jeune homme sautait par-dessus la rambarde dans la foule et ne s'enfuie, se mettant à dos toutes les personnes qu'il bouscula et renversa au passage. Les jacassements outrés des vieilles dames à l'air pincé lui donnèrent plus envie de rire que de s'excuser, mais vu l'attitude hostile d'hommes deux fois plus grands et deux fois plus larges que lui, il préféra se concentrer sur sa course.

    C'est fou comme un pays glacial comme la Russie pouvait être animé, d'un coup.

    ***

    "- Mesdames, Messieurs, avez-vous déjà vu un Androïde ? Ah je vous vois frémir, je vois vos yeux briller. Nous n'avons pas qu'un, mais deux Androïdes, un bien beau couple ! Tout droit venus de Roumanie !"

    Comme la plupart des personnes présentes, l'attention de Jack fut attirée par ces paroles.

    "- La Roumanie hein, p'tain de pays. Flippant mais 'savez pas comment."

    À vrai dire, il n'y était resté que quelques heures et espérait que ça ne se reproduise jamais. Que des Androïdes viennent de là-bas ne l'étonnait même pas, mais sa curiosité s'en retrouva toute émoustillée. Il se fraya un chemin à travers la petite foule autour de la scène, exercice rendu un peu plus difficile à cause du tord-boyaux russe que l'on appelait vodka consommé un peu plus tôt qui l'avait presque assommé sur le coup. Heureusement que l'air vif et froid l'aidait à rester debout.

    Il se rapprocha au maximum, observa quelques personnes payer pour aller toucher les créatures et attendit en silence que ces dernières fassent leur apparition.

    "- Bon sang de bordel."

    Ces quelques mots lui échappèrent dès qu'il vit ces femmes aux membres euh...métalliquement effrayants. Oh, ce qu'il avait envie d'aller tâter voir si c'était la vérité vraie. Il se glissa discrètement dans le groupe sur l'estrade, se dissimulant dans leurs ombres et faire comme s'il avait toujours été là. Ce qu'il avait de tout temps très bien fait.
Jack
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Gretel Fogel
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Gretel Fogel
Dim 25 Déc - 5:14
"- Mais Schwester ! On a l'occasion de voir un Androïde, c'est unique !"

L'envie de l'étriper frémissait sous sa peau, combattant avec acharnement l'attachement fraternel. Par chance, la jeune femme sortit de sa transe quand un bougre, titubant, lui écrasa le pied. Gretel lui donna par réflexe, au milieu de la bousculade, un coup mortel dans la nuque; puis se laissa conduire bon gré, mal gré par son frère au plus près du spectacle. Personne ne s'intéresserait à l'homme, un malaise banal parmi la foule de badauds; cette dernière se pressant autour du forain pour mieux débourser ses maigres économies.

Revenant à elle et au fameux stand, elle écouta d'une oreille les "caprices" de son frère, et le suivit au cœur de l'action. Il avait payé. Elle n'avait rien de mieux à faire. Ainsi, sa désillusion aurait-elle lieu sous le regard placide de sa sœur adorée. Pauvre gosse, vraiment, pensa t-elle.

L'apparition la choqua désagréablement. De un, elle avait tort. De deux, elle n'appréciait pas cet effet de surprise qui l'obligeait à revoir ses positions. De trois, de ses êtres émanaient un sentiment d'insécurité malgré leurs attraits colorés et attractifs.

La jeune femme répugnait aussi bien à côtoyer ses êtres fantaisistes qu'à se délecter de leur spectacle. Ce n'était ni peur, ni dégoût, ils ne lui inspiraient pas confiance. Et pourtant, il lui semblait presque éprouver de la sympathie pour leur...espèce. ...Non, leur sort lui importait peu. Ils n'étaient pas ses "semblables" et de l'argent était en jeu.

La modification de ses plans lui fit relever le propos précédemment tenu par Häns.
La surprise passée, elle se retourna vers lui tout sourire, il semblait conquis.
D'une voix mielleuse néanmoins calculatrice, elle lui chuchota au creux de l'oreille, choisissant avec soin le moindre mot:

"-Et combien penses-tu qu'un androïde payerait pour voir son maître esclavagiste mort? Après tout, l' "effrayante" petite fortune de son "horreur" lui revient de droit, sa liberté aussi."

Häns resta coi, fixant sa sœur d'un air d'ahuri profond...comme le jour où elle avait été obligée de réduire la vieille au silence et de la brûler vive. Depuis, elle évitait de se servir de son pouvoir. A l'apparition d'un blondinet à ses côtés, la jeune femme s'écarta légèrement et reprit, une fois sûre qu'il n'épiait pas leur conversation:
"- Hänschen, tu te souviens de la maison, de la... On pourrait les délivrer, moyennant finances."

Dépeinte en héroïne, sauveuse d'androïdes martyrs, le jeune homme ne pouvait qu'approuver et louanger sa grande sœur. Son imagination fertile d'ado-prépubère vagabondait déjà. Les gentils brigands, voilà ce qu'ils étaient, comme dans les contes que Gretel lui lisait, petit. Il serait le chevalier, il la protègerait, délivrerait une androïde, tuerait le méchant et gagnerait de l'or. Et ils vivraient heureux, ensemble, jusqu'à la fin des temps.
Le tableau se dessinait dans son esprit, propagé à une vitesse éclair. Enthousiasmé, il glissa subrepticement un baiser sur la joue de sa moitié, une manière de lui montrer qu'il la suivrait, toujours.

Pendant ce temps-là, un autre schéma germait d'une matière grise aux tendances "misanthro-sociopathe." Là voilà, l'idée!
Son frère venait de contribuer à la réussite de leur projet. La brèche était largement ouverte. Il serait la porte d'accès aux androïdes. Sa curiosité, d'allure inoffensive, s'était révélée une fois de plus utile.
Pas besoin de l'informer, elle le connaissait suffisamment. Il finirait par s'approcher de ces étrangetés, les toucherait, leur parlerait et les rouages entreraient dans l'axe, déclenchant le mécanisme en leur faveur.
Gretel Fogel
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Vassilissa
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Vassilissa
Sam 7 Jan - 3:27
« Oh mon Dieu..., murmura Vassilissa, toute tremblotante. »

Cette laideur, même dans ses plus effroyables cauchemars, même dans ses rêves d’hideur les plus fous, elle ne l’aurait imaginée. Plus que de laideur, il s’agissait d’horreur, de monstruosité. On avait démembré des êtres pour une raison qu’elle n’entendait pas. Qu’obtenait-on à enlever des membres de chair pour les remplacer par des membres de fer ?

Et pourtant, bien que terrifiée, elle effectua quelques pas en avant, se rapprochant de cette estrade sur laquelle elle ne monterait cependant pas. Elle n’avait pas payé pour cela et craignait bien trop ces... choses pour s’en approcher, aussi curieuse qu’elle fût.
D’ailleurs, elle observait avec un abasourdissement mêlé d’admiration ces deux personnes qui avaient eu le courage, l’audace d’aller contempler les bêtes de foire d’aussi près que le propriétaire du cirque le leur proposait, de les palper avec la curiosité de celui qui voyait ces femmes comme des miracles, et non pas comme ces erreurs que l’on devrait dissimuler à tout œil plutôt que de les exhiber.

La crainte corrompait la nature de la Russe, elle la rendait mauvaise et cruelle, sans aucune pitié pour celles qui supportaient incessamment des regards écœurés, semblables au sien, de la même manière qu’elle supportait incessamment les œillades concupiscentes.

Malgré tout, au lieu de tourner les talons comme on supposerait qu’elle le ferait, elle demeurait devant la scène et continuait à scruter les deux Androïdes, ses membres encore secoués de tremblements, avec une fascination épouvantée.
Vassilissa
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Orphée
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Orphée
Dim 8 Jan - 17:15
Ainsi donc, il n'avait pas que des êtres mi chairs et mi machines à exhiber. Il avait également des créatures de légendes, des chimères qui n'étaient pas censés exister. Et il devait s'avouer que son attention était entièrement portée sur la femme-araignée. Elle avait un charme qui ne l'avait pas laissé de glace alors que ces femmes bien habillés aux membres métalliques ne lui avaient causés que mépris et soupirs.

*Ce ne sont que des expériences, de pauvres créatures qui ne doivent même plus avoir assez de matières grises pour agir comme bon leur semble... Des bêtes de foire, l'atout suprême pour ce beau parleur pour récolter quelques pieçailles pour sa gnôle personnelle à coup sur !*

Il prit la direction des quelques marches à monter. Il n'avait pas payé les droits entiers pour avoir la « chance » de toucher ces êtres nouveaux, ces monstres nouveaux.

Il n'avait pas payé les deux pièces et ne les payerait pas. Car ce n'était pas ce qu'il souhaitait. Ces androïdes l'ennuyaient et ne l'amusaient pas une seule seconde. Il n'y voyait aucun intérêt pour lui maintenant ou pour un temps futur.

« Ne te dérange pas pour moi harangueur de foules. Continues à exhiber tes bêtes de foires. Essayes de conserver aussi longtemps que tu le peux l'emprise que tu as sur ces pauvres gens que tu dépouilles de leur moindre sou. Ce que tu nous présentes sont des choses sans nom, des choses qui ne devraient pas exister. Ce ne sont même plus des hommes. Tu les as dépouillés de leur humanité... »

Il prenait la direction de l'entrée où était sortie la femme-araignée. Il irait la voir, quoi qu'il lui en coûta. Peu importait la façon, il n'avait rien d'autre d'intéressant de prévu pour le moment. Ce serait son aventure du moment. Surement encore quelques péripéties plus palpitantes à imaginer qu'à vivre. Mais bon, cela, il le connaissait fort bien ce sentiment...

Il ajouta ensuite presque à voix basse :

« En même temps, peut-être que tu as amélioré la vie de ces deux femmes qui ne faisaient qu'organiser soirées mondaines et discussions sans aucun intérêt à des hommes qui ne voulaient voir que l'intérieur de leurs cuisses roses... »
Orphée
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Océana
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Océana
Lun 16 Jan - 16:40
Un bourdonnement incessant était tout ce qu'Océana percevait des paroles de la foule, massée en bas de l'estrade où la sorcière avait été conduite. Des choses horribles, elle en avait vues, mais ça ? C'était un tout nouveau genre d'aberrations qui s'ouvrait à elle. Le spectacle de ces personnes, ces êtres humains, privés de leur intégrité pour devenir ces monstruosités métalliques, la fascinait. Elle se sentait nauséeuse, révoltée, ressentait même un élan de pitié pour ces malheureux, mais cette vision s'était emparée de son être.

Comment quelqu'un avait-il pu faire une telle chose ? Qui était responsable de cette transformation ? Et surtout, pourquoi? Quel était l'intérêt à effectuer ce genre d'actions ? Les prothèses mécaniques étaient de plus en plus courantes, mais ces griffes gigantesques ?

Son trouble de plus en plus grand, Océana parvint à détacher son regard des appendices de fer, pour étudier d'un coup d'oeil rapide les parties encore organiques des créatures. Son humeur chuta encore d'un cran en constatant qu'il n'y avait plus la moindre trace d'humanité, de vie, en eux. Elles fixaient un point devant eux, le regard vide, dénué de tout sentiment.

En tant que sorcière, elle n'était pas la personne la plus sainte qui soit; son petit trafic, sagement installé en Espagne, ne jouait pas non plus en sa faveur dans la balance karmique. Mais jamais, ô grand jamais, elle n'avait toléré qu'on joue de la sorte avec une vie humaine.

Elle jeta un regard froid et meurtrier à l'idiot qui présentait ces pauvres filles comme bêtes de foire, et d'une voix dure, lui demanda :

"- Où t'es-tu procuré ces deux-là ?"

Il serait bien avisé de répondre, Océana ne se sentait pas d'humeur patiente.
Océana
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Narrateur
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Dim 22 Jan - 19:14




Tout le monde

La peur se lisait dans les yeux du public, la panique gagnait les personnes les plus sensibles. Plusieurs s'étaient évanouies et leurs compagnons tâchaient de la ranimer ou les éloignaient de l'odieux spectacle. Ceux qui avaient remis en question la véracité des propos d'Ivan accouraient pour mieux voir, d'autres jetaient des pièces afin de gravir l'estrade. Au sein de ceux qui payaient, beaucoup rejoignaient le groupe sans délier leurs bourses - à l'instar de Jack et d'Orphée. Personne ne remarqua quoi que ce soit, tant l'attroupement était important. Trop important même. Ivan devait battre des coudes pour garder sa place et un périmètre "de sécurité" autour de ses créatures.

- Allons allons, chacun votre tour. A trop vous agiter vous allez les effrayer.

Les Androïdes ouvraient des yeux n'ayant plus de pupille - dans le globe de l'un avait éclot un rouage, sur l'autre le coeur avait été remplacé par une horloge aux aiguilles tranchantes. Quelques mouvements désordonnés de leur part fit reculer les moins téméraires - certains descendirent, préférant ne pas trop s'approcher.

- Où t'es-tu procuré ces deux-là ?

Le ton est venimeux, acéré. La paupière d'Ivan tiqua mais l'homme garda son sourire de bonimenteur, hocha la tête devant Océana.

- De Roumanie comme je vous ai dis. Je les ai trouvé, errantes sur les chemins, le corps supplicié par les coups de leur propre peuple. Vous savez combien les Roumains haïssent fées et sorcières.

Les yeux d'Ivan fixaient Océana - sentait-il l'aura de cette femme aux pouvoirs bien particuliers ? Pendant quelques secondes son visage était sérieux, son regard inquisiteur. Puis le masque du joyeux luron reprit sa place et Ivan se lança dans la description de ses créatures.

- SORCELLERIE !

Le cri trancha la foule, la divisa en deux groupes, laissant le passage à un homme d'Eglise. Il brandit un poing rageur vers l'estrade.

- Ne voyez-vous pas que cet homme veut amener le diable par chez nous ? La Roumanie a toujours été un vivier d'enchantements et de maléfices. Vous voulez donc que notre pays subisse la même chose ?

L'homme avait le regard exalté comme s'il avait la fièvre. Cherchant quelqu'un sur qui s'appuyer, quelqu'un allant dans son sens, il agrippa le bras de Vassilissa, secoua la jeune femme pour avoir son attention et approbation.

- Aimeriez-vous vivre dans un tel pays ? Un pays empli de ces créatures, prêtes à vous tuer comme de vulgaires bêtes ?

A secouer ainsi la demoiselle, une poupée tomba des poches de Vassilissa. Sur l'estrade Ivan faisait signe à un colosse, sûrement un Hercule de sa foire, de s'occuper du mal-venu. A croire qu'il ne pouvait pas travailler sans être dérangé.

***

Orphée

Derrière l'estrade et les tentures se dressait un équivalent de tente, les coulisses où les "monstres" d'Ivan se préparaient en attendant leur tour de se présenter sur scène. La plupart n'était nullement présent - les Androïdes étaient le clou de la journée. Ils étaient partis à l'écart de la ville, dans leurs frêles roulottes à attendre loin des regards du monde. Ne demeurait qu'Arina, gérante des gains et l'Hercule qui s'était rendu sur scène en entendant la cohue. Sans même voir l'intrus.

Arina en sentit la présence. Un souffle, un frôlement la firent se lever, sortir une dague de sous sa robe. Ses multiples bras blancs se dressaient autour d'elle. Elle cligna des yeux, dévisagea l'impromptu.

- Vous ratez le spectacle monsieur. Ici il n'y a rien à voir.

Dieu ces yeux. Arina en frémissait inconsciemment. Habituellement c'était elle l'araignée mais devant l'homme elle avait l'impression d'être la mouche prise dans la toile.

---

• La cohue est telle que n'importe qui peut être montée sur l'estrade sans se faire prendre. Rejoindrez-vous l'homme d'Eglise quitte à vous retrouver face à l'Hercule, ou chercherez-vous à approcher les Androïdes ? Voire à infiltrer les coulisses comme Orphée.

• Vous pouvez interagir entre vous, avec des PNJs comme Ivan, Arina, l'homme d'Eglise ou même des PNJ que je n'ai pas joués.

• Le PNJ agira quand tout le monde aura posté.

• Pour toute question, c'est dans ce post.


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Orphée
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Orphée
Lun 23 Jan - 18:36
La femme-araignée se trouvait maintenant en face d'elle. Il la voyait et surtout, la contemplait. Malgré sa difformité, c'était une femme extrêmement belle. Orphée alla même jusqu'à penser qu'une aventure avec cette femme pourrait durer beaucoup plus longtemps que la plus longue qu'il avait connu.

Entre monstres ils pourraient se comprendre.

La grande capuche touchée sur sa tête, les traits masqués dans les ombres, Orphée n'avait pas encore décidé de se dévoiler. Il jouerait d'abord avec les illusions de son être avant de commencer à jouer avec les illusions qu'il soufflerait dans son sabre musical.

« Mes excuses beauté, mais je ne pense pas que le spectacle le plus intéressant se trouve au-dehors de cette tente. Je suis même convaincu avoir découvert le vrai spectacle. »

Il avança alors d'un pas vers Arina. A cet instant encore, il ne formait qu'une ombre car ces deux mains se trouvait toujours à l'intérieur de son grand manteau noir qui lui descendait jusque sur ces pieds.

Lors de ce pas, Orphée venait d'essayer une technique qu'il avait commencé à expérimenter sur les chemins froids et secs de ce triste pays. Il s'était entraîné à se mouvoir comme un fantôme, comme une bête qui, au lieu de marcher, glisse sur la surface...

« Une chance pour le simple visiteur que je suis... »

Il fit encore un pas. Et a chaque qu'il franchissait, cette frêle silhouette qu'il était semblait devenir de plus en plus grande dans cette minuscule tente. Il semblait devenir de plus en plus oppressant comme si l'air rare qui circulait était absorbé par son être et son sombre vêtement.

Une main blanchâtre sortit au niveau de son ventre, comme une main d'une autre personne, d'un enfant qui avait été avalé par un ogre et qui essayait de sortir par l'immense nombril de cette grande et difforme bête des contes et des légendes.

Cet appendice longiligne fit glisser un peu sur l'arrière de son crâne cette grande capuche qui avait jusqu'à maintenant mangé une grande partie de son visage. Il ne la fit pas glisser entièrement mais suffisamment pour que les traits de son visage soit éclairé par la lampe à huile qui tremblait et substituait difficilement.

« Maintenant dis-moi, ce corps incroyable est-il pourvu d'un nom ? »
Orphée
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Hansel Fogel
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Hansel Fogel
Dim 12 Fév - 23:35
La fascination qu'exerçait les créatures du forain ambulant se faisait si pressante qu'Hansel finit par y céder. Elles étaient là, si près de lui, il n'avait qu'à tendre la main pour toucher la première d'entre elles. Magnifique, l'androïde semblait rayonner sous le feu des projecteurs. Etait-ce le jeu de lumières parcourant les âmes articulées d'acier où autrefois courait sa chair ou était-ce simplement l'assemblage de toute cette viande désirable et pourtant si métallique? La femme ne semblait guère humaine, en effet, elle ne l'était pas.

Le deuxième « spécimen » rappelait vaguement à Hansel une de ces déesses mythologiques que lui contait souvent sa soeur adorée pour l'endormir. Oui, la douce Arachné d'Ovide pendue au plafond de sa chambre le protégeait, emprisonnant ainsi mauvais rêves et spectres dans ses filets, remettant ainsi sa conscience enfantine entre les mains d'Orphée.
En un éclair, la dame de ses pensées disparut sous la tenture, l'abandonnant au bourdonnement du peuple et aux harangues des mécontents. Il voulut tendre ses doigts vers la jeune femme encore présente mais un mouvement de la masse le fit tomber. Tout en se raccrochant aux doigts de sa soeur, ses yeux suivirent la démarche spectaculaire de la chose; elle s'éloignait.

Un homme d'Eglise, vraisemblablement un prêtre, venait de faire son apparition au milieu de la foule et semait la discorde dans les coeurs. Le diable, disait-il, était parmi eux, ce n'était que créatures du démon, germes abjectes apportées d'un pays maléfique: la Roumanie.
La femme ayant quitté la scène, Hans porta un regard interrogateur à sa soeur. Gretel écoutait avec circonspection le sermon, sourire aux lèvres.
Les mots tranchaient l'acier, battaient l'air, remuaient la foule qui se scindait progressivement en deux, rongée par la peur et les artifices. Les plus crédules et profiteurs soutenaient Ivan, espérant approcher les créatures sans le moindre paiement. Les peureux et dévôts quant à eux se faisaient les avocats du « Diable ». Amener la vermine de Roumanie, quelle idée ! Le malheur s'abattrait ici, en Russie, comme si la contagion eut été possible.

L'homme se sentit dépassé par les évènements.
Gretchen ne disait rien, la véhémence du religieux l'effrayait et la femme-araignée lui manquait. Cette dernière aussi devait sentir ce sentiment d'insécurité, loin des siens, face aux cris exacerbés de la populace. Il décida donc de la rejoindre discrètement mais le bras de sa soeur l'arrêta.

« - Pas sans moi Hans. La chance nous sourit; tu vois cet homme, discret comme un chat et futé comme un renard? Nous allons le suivre. Il nous amènera aux androïdes. », lui chuchota-t-elle.

Hans fut pris au dépourvu, entre le sentiment d'avoir déçu sa soeur et de ne lui être bon à rien. Il n'avait pas repéré l'hypothétique homme dont sa « jumelle » parlait. Néanmoins, il se laissa guider par cette dernière jusque sous la large et lourde tenture.

Ainsi, il put s'apercevoir qu'une nouvelle fois, elle obtenait raison. Son Arachné était là, en pleine discussion avec une silhouette noire. Mais le dialogue fut de courte durée, interrompu par leur présence. Sa chair frissonna; en un geste il se colla à sa soeur...
Hansel Fogel
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Narrateur
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Lun 13 Fév - 14:00



The show must go on

Il n'y avait que les incrédules pour n'avoir jamais connu la peur. Celle-ci jonglait avec les entrailles de la femme-araignée à l'image des bras de la femme lors de son spectacle, où elle devait lancer, rattraper de multiples balles de couleur. La voix d'Orphée la charmait comme une mélodie grinçante, un chant ancestral. Les mots ne cachaient pas l'envie de charmer la femme pour l'attraper telle une proie, l'enfermer dans une geôle et la faire voyager sur les routes, l'exhiber à des amis en manque de spectaculaire. Non il y avait de la véritable fascination, comme celles qu'éprouvent les fils de famille à la vue d'une belle femme à un bal de charité. Jamais encore on ne lui avait parlé ainsi. Comme à une vraie femme.

— Arina. C'est le nom qu'on me donne, que je porte. Je n'en ai point d'autre.

Elle demeurait tout de même méfiante Arina, gardant sa main sur le manche de la dague. Néanmoins elle avait abaissé la lame qui reposait au bout de ses doigts, frôlait sa cuisse. Elle connaissait la fascination qu'éprouve l'insecte devant la flamme d'une bougie - l'envie de toucher en sachant tout de même que c'était dangereux.

— Et le vôtre ? En portez-vous un avec lequel je puisse vous nommer ?

La réponse n'eut point le temps d'être donnée, que les tentures laissèrent entrer de nouveaux invités. Arina perçut, pour un temps, les clameurs du dehors, de la foule qui se conduisait en troupeau démonté. Elle songea un instant à Igor, espéra qu'il n'avait rien avant de porter son attention sur les nouveaux venus. Deux êtres pouvant presque passer pour des jumeaux, des têtes blondes dont l'un respirait l'innocence, l'autre sentait le sang.

— Perdus ? Je suppose que non, que me voulez-vous ? (Arina eut un petit rire, cherchant à chasser le malaise qui semblait prendre place partout) Un spectacle personnel ?

Elle disait cela sans se rendre compte du double-sens possible. Ses yeux se posèrent sur Hansel qui semblait chercher à se fondre derrière sa soeur. Son attitude, le bref regard d'admiration posé sur elle, le faisait passer pour un jeune garçon. Tant d’admirateurs, c'était à croire qu'ici les gens avaient bon goût - ou plutôt des goûts curieux en matière de femmes.



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Orphée
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Orphée
Mar 21 Fév - 11:43
Spoiler:
 

Une sorte de courant passait entre la femme à quatre bras, Arina, et le charmeur qu'était Orphée. Et cela, sans qu'il n'ait à utiliser sa flûte. Etait-il possible qu'il ait été conquis par une femme ? Cela ne lui arrivait pourtant jamais. A chaque fois qu'il faisait mine de tomber sous le charme d'une lady, c'était toujours avec un but sous-jacent. Toujours pour récupérer quelques richesses.

*Peut-être que je suis intéressé à cette femme parce qu'elle n'est pas tant une femme qu'une sorte de monstre. Tous ces bras... *

Finalement seuls les monstres l'intéressaient vraiment. Il possédait une personnalité, une histoire. Ils n'étaient pas ternes comme toutes ces bourgeoises et gentilshommes. D'ailleurs, il sut un peu plus qu'Arina l'intéressait lorsqu'il ressentit un frisson parcourir son corps. Un délicieux frisson de plaisir malsain. Car cela était venu du fait que la femme à quatre bras avait frotté son arme de mort sur sa cuisse. Ce geste avait excité l'imagination et le corps du noir charmeur.

Puis, alors qu'il allait révéler son nom, essayer d'en découvrir plus sur cette femme qui semblait tout autant intéresser par lui que lui par elle, des étrangers entrèrent dans la tente. Il se retourna alors d'un seul coup. Sa grande capuche n'était plus sur sa tête. Donc les arrivants purent voir son faciès. Le crâne qui était plus gravé que tatoué à son visage. Car ces derniers temps, avec la pointe acéré d'un couteau, il avait commencé à tracer des sillons de cicatrices, à suivre les lignes de ce qui n'était d'abord qu'un simple maquillage permanent.

Ces yeux étaient noirs. Il était furieux que quelqu'un viennent l'interrompre dans ces affaires. Mais aucun son ne sortait de ces fines lèvres blêmes. Il foudroyait du regard et déjà sa main était sur son sabre de sons. Déjà il le tenait fermement, les jointures sous pression.

*Que lui voul... *

Il n'eut le temps que de penser à ce qu'il allait leur dire. En fait, il n'eut même pas le temps d'y penser entièrement qu'Arina aux quatre bras parlait de nouveau. Il aima d'abord le ton sarcastique qu'elle utilisa. C'était un trait de caractère intéressant, cela signifiait qu'elle avait du caractère. Alors, un petit sourire malsain orna son sombre visage. Qui se transforma vite en quelque chose qui le défigura. L'extrémité de ces lèvres, au lieu de tendre vers oreilles, tendit au sens opposé. Il n'aimait pas beaucoup le sens que pouvait avoir sa question. Il n'aimait pas plus le fait que cela sous-tendait : il était jaloux. Il s'attachait à quelqu'un et devenait son sombre protecteur.

« Que lui voulez-vous ? Le spectacle de ces femmes ferraillées au dehors ne suffit pas à assouvir vos sombres pulsions. Vous n'arrivez plus à vous exciter l'un l'autre. »

Acerbe était ces attaques. Orphée n'avait pas encore deviné que les deux étrangers étaient frères et sœurs. Il n'en était pas sur mais avait très bien compris qu'ils étaient plus que de simples connaissances l'un pour l'autre.

« Sortez de cette tente. Ceci est mon premier et dernier avertissement. »

A ces mots, sa flûte était entièrement sorti, il la tenait d'une telle manière que ces menaces ne devenaient pas ridicules. Pas même avec une flûte en main. S'ils parvenaient à trouver la situation « amusante », cela voulait tout simplement dire qu'ils n'étaient pas sains d'esprit. En ce cas, peut-être, ferait-il plus d'une bonne rencontre en ce jour froid et terne. Peut-être...

Ces jambes, en se positionnant dans une position stable à toute attaque, verbale ou physique, il se rapprocha sournoisement d'Arina. En fait de position de combat, il se tenait droit, les jambes écartés sur la même ligne. Le bras qui tenait la flûte dans sa main comme un sabre le long de son corps. L'autre, tout aussi collé à son corps, mais avec le poing fermé.

Sa tête tourna légèrement d'un côté et vers l'arrière et dit d'une façon à ce que seule Arina entende :

« Orphée est mon nom. »
Orphée
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Océana
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Océana
Ven 24 Fév - 15:22
Citation :
Surgissant des morts, l'incroyable Océana revient sur le forum ! Ronron, tu pourras me fouetter pour me punir <3

Il est des jours où l'on se demande si l'Univers ne tente pas de faire passer un message. Parfois, les étendues cosmiques semblent vouloir vous faire comprendre que peu importe à quel point vous vous acharnez, votre tentative est vouée à l'échec. D'autres fois, le Cosmos semble plus enclin à la gentillesse, et s'efforce de vous placer sous le nez le composant clé vers l'accès au bonheur.

Mais le plus souvent, les étoiles ne sont que des blagueuses à l'humour noir et décalé, se riant de situations pour le moins déplaisantes aux yeux des victimes de cet humour. C'est ainsi qu'Océana voyait la scène qui se déroulait : ironique.

Car voyez-vous, lorsqu'un homme de foi s'avance en criant que bafouer la vie et l'ordre naturel des choses, en créant des hybrides dénués d'âme sous la forme de ces "Androïdes", relève de la Sorcellerie, est déjà blasphématoire. Mais le faire sous les yeux même d'une sorcière est tragiquement comique.

Bien entendu, Océana n'avait pas l'intention de détromper l'homme d'Eglise sur sa nature, peu désireuse de se voir ranger dans le même panier que les Androïdes, c'est à dire dans la liste des cibles à placer au bûcher, d'après la lueur fanatique brillant des les yeux du zélote. Non seulement cela serait horriblement vexant, mais marquerait probablement la fin d'une vie qu'elle n'avait pas encore fini d'apprécier.

Fort heureusement, Ivan avait décidé d'envoyer son Goliath calmer les ardeurs de l'individu. Maintenant, il ne restait plus à Océana qu'à trouver un moyen d'engager une discussion privée avec le propriétaire des Androïdes... Faisant confiance à son instinct, elle choisit donc une approche subtile et délicate :

"- J'aimerais beaucoup avoir quelques minutes en tête-à-tête avec vous, pour... discuter."

Subtile et délicate, donc. Mais afin de mettre toutes les chances de son côté, elle passa la main dans une poche intérieure, et laissa entrevoir à l'homme une bourse rebondie.

"J'insiste."

Elle avait compris que l'homme aimait l'or, chose compréhensible. Mais après le ton vindicatif qu'elle avait utilisé un peu plus tôt, elle craignait qu'il rejette sa demande.

Citation :
Je suis rouillé :'(
Océana
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Gretel Fogel
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Gretel Fogel
Sam 25 Fév - 14:31
La jeune femme avait soulevé d'une main la tenture cramoisie et, sans un bruit, les deux comparses s'étaient rapidement glissés à l'intérieur. Ne cherchant à se cacher des deux individus en pleine discussion, leur entrée avait été remarquée, au grand plaisir de Gretel. La partie allait se jouer.

Quelques mètres les séparaient d'Orphée et de la délicieuse femme-araignée qui charmait tant Hansel. Néanmoins les expressions qui parcouraient leurs visages étaient aisément déchiffrables.
...Soit, ils n'étaient pas les bienvenus mais ils ne demandaient pas à l'être, ils étaient là pour "affaire".

La fratrie s'avança.
L'homme, dont la main serrait un objet assez banal au premier abord, semblait fort mécontent de leur irruption, cela l'intrigua fortement mais elle ne s'y attarda guère, préférant étudier son visage.
*Intéressant*, pensa Gretel en examinant les traits du jeune homme, *Fort intéressant. Une réelle oeuvre d'art. Qui es-tu étranger... quelqu'un de dangereux à n'en point douter. *

Contrairement à elle, la fascination d'Hans s'arrêtait à l'androïde, de laquelle il n'osait détacher son regard; ce qui expliqua sans doute la réaction des deux extravagants à leur égard. Un flot de paroles grinçantes trancha l'air qui les séparait, ce qui valut à Gretel de bénir le ciel. Sans le vouloir, ce couple étrange s'était mis à nu grâce à la stupidité de son frère.

Si la réaction de l'androïde semblait parfaitement compréhensible, il n'en était de même pour le "visage peint".
Blessée était l'araignée, esclave des apparences. Elle attirait la curiosité malsaine, on se "repaissait" de son exhibition ambulante avant de la percevoir comme une simple femme.
Mais lui? Une pointe de jalousie colérique agrémentait le ton de sa voix, mélodique par ailleurs. De plus, celle-ci semblait particulièrement se tourner vers Hans qu'il dévisageait de ses yeux noirs.
*Bien, bien*, fit-elle,* un jaloux.* La jeune mercenaire sourit, apparemment, elle avait plus d'une corde à son arc...et des bougies, à proximité.

Elle soupira pour elle-même. *Faudra t-il que je foute le feu à cette bicoque délabrée et mal éclairée afin de pouvoir m'entretenir pleinement avec cette jeune femme... Un meurtre non-rémunéré en plein jour. Non, en plein brasier. * Ses propos la firent sourire, d'un éclat pervers.

De plus en plus menaçant se montrait le "musicien". Son agressivité à leur égard lui déplaisait, fortement même. Et son intérêt pour cette "chose" également. Hors de question qu'il fasse capoter leurs projets.

Hans fut le seul à prendre la parole face aux piètres accusations du "masqué". Bafouillant, il rétorqua, tentant de se justifier auprès de la "dame":
"-Non, nnnnon, p...pas du tout, c'est ma soeur! On est là p...pour vous délivrer."

Quelle intervention pitoyable. Gretel eut du mal à croire qu'il s'agissait de son frère, quelle faiblesse. (Cela lui aurait fendu le coeur...si elle en avait eu un.) Etait-elle le monstre l'ayant réduit à ce stade "larvesque" de maturité? L'image de son frère tétanisé dans la maison lui revint. Une chaleur douce et langoureuse envahit ses extrémités; l'afflux d'énergie qui l'habitait se réveillait. L'assassin décida d'en tirer profit, la situation ne tarderait pas à dégénérer.

Elle fit taire son frère qui continuait à balbutier et s'adressa au charmeur d'une voix claire et moqueuse.

"- Ne m'oblige pas à brûler ton joujou mon mignon. On ne me menace pas." La lumière vacilla.
"- Sois gentil, range ça et va jouer ailleurs pendant que je m'entretiens avec la dame."

Spoiler:
 
Gretel Fogel
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Narrateur
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Sam 3 Mar - 13:52



Chez Arina

Arina ne comprenait plus - perdue qu'elle était dans ces changements, ces arrivées impromptus. Elle sentait la violence suinter des pores de la femme et d'Orphée - quel curieux nom au demeurant - et elle en craignait les effets. Se plaçant entre les deux belligérants, la femme tendit ses bras multiples pour stopper toute avancée.

— Je ne veux pas que le sang coule ici. Dites donc chacun ce que vous désirez et si je le puis, je vous le donnerais.

Arina se rappela des paroles lâchées par le jeune homme. Elle darda ses prunelles noires sur Hansel.

— Me libérer ? Ai-je l'air prisonnière ? Est-ce que je porte de lourdes chaines ?

Comme pour montrer qu'elle était libre de mouvement, la femme leva ses bras, fit tourner ses délicats poignets.

— Je suis bien traité, Ivan est... un homme bon. D'autres m'auraient enfermés dans une geôle, voire pire.

Nul besoin de dire tout haut les horreurs qui se cachaient dans l'ombre.

Chez Ivan

La foule avait fini par être repoussée. Ivan avait replié l'échelle, s'était apprêté à rejoindre les coulisses quand Océana le stoppa. Polie il la salua, vit la bourse pleine qu'elle cachait sous ses vêtements. Se grattant le menton, pensif, Ivan fit signe à son Hercule de les accompagner - on ne savait jamais. Le petit groupe se dirigea non dans les coulisses, mais derrière, contournant la tente d'un rouge sombre. Posant un coussin rapiécé sur une caisse, Ivan fit signe à Océana de prendre place, lui-même juchant sa silhouette ronde sur une caisse qui lui faisait face.

— Mademoiselle, je vous écoute. Vous semblez avoir des choses importantes à me dire ?

Derrière Ivan l'Hercule croisait les bras, observant les alentours. Sans savoir que sous la tente se jouait une scène d'une toute autre envergure.


Citation :
Je suis rouillée moi aussi. xD J'ai tâché de pas ramener tout le monde dans le même lieu pour vous laisser encore de la liberté (et pas foirer les plans de Gretel et Orphée xD)


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Orphée
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Orphée
Dim 4 Mar - 17:39
Dans l'espace exigu qu'était la tente d'Arina des évènements à grandes conséquences prenaient lentement forme sans que tous les protagonistes de cette histoire ne se rend compte des finalités. C'était tout d'abord le cas d'Orphée, lui qui ne comprenait plus rien à rien, que cela soit sujet à ces sentiments ou aux dires des deux intrus. Tout ce qu'il souhaitait à cet instant, était de laisser tomber le masque et dévoiler à ce public privilégié l'ampleur de son don.

Lorsqu'il s'adressa à Gretel, il semblait que les iris grises du noir charmeur flamboyait :

« Ne sois pas stupide avec moi femme ! Je sens que tu vaux plus que ce que tu ne nous dis. Tu ne peux pas être aveugle à ce point, ce n'est pas possible. »

Il apporta sa flûte à un centimètre de ces fines lèvres et reprit la parole :

« Je vais t'enseigner une leçon aujourd'hui. Je vais t'apprendre à te méfier en qui tu crois, à ne pas accorder ta confiance fut-il même ton frère ou ton cousin. »

Le bec pénétra dans la bouche du charmeur. Les muscles à l'intérieur de son corps se contractèrent et le souffle commença à chercher le bout du tunnel de l'instrument. Pendant ce temps, les doigts du musicien traînaient leurs pattes comme ceux d'une araignée magnifique qui travaillait à momifier une mouche qui venait de s'être engluer dans sa toile.

Alors que les notes s'élevaient dans les airs, le regard d'Orphée ne quitta pas celui de la femme qui l'avait menacé avec autant de bravoure ou de stupidité. Il tenait à ce qu'il voit les changements sur son visage lorsqu'elle se rendrait compte de ce qui lui arriverait. Il était dans la nature d'Orphée de se repaître de la douleur afin de satisfaire son bonheur.

La musique était morne, avec des attaques vrillantes qui agressaient les cellules grises de l'homme qui avait tenté de jouer au héros, au chevalier qui arrive et qui déclare à la princesse qu'il est là pour la sauver du vil sorcier au-dehors. Ces attaques, ces sons aigus étaient comme des parasites suceurs de sentiments et de pensées, qui remplaçaient ces derniers par ceux qu'Orphée ordonnait. Et ce qu'il commandait était simple :

« Attaque...ta...sœur... Attaque...ta...sœur... Attaque... »
Orphée
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Gretel Fogel
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Gretel Fogel
Sam 24 Mar - 19:34


HANSEL
Hansel ne sut que répondre et regarda bêtement la femme-araignée. Elle s'était adressée à lui et voilà qu'il passait pour un crétin fini. Que désirait-il? La libérer. Il lui avait pourtant bien semblé que la dame était en fâcheuse posture. Et que dire de l'homme peu recommandable à ses côtés; il l'effrayait. Enfin, ça c'était avant qu'Orphée ne s'en prenne verbalement à sa soeur adorée. Le frérot voulut riposter mais quelque chose le tétanisa. Sa tête bourdonnait et il crut à une crise d'épilepsie quand son corps se mit à esquisser des mouvements de pantin désarticulé. Dévisageant l'inconnu, il s'aperçut que ce dernier jouait, de son instrument, une flûte.
Sa vision se brouilla, on frappait à la porte. Un son strident pareil aux chants des serpents lui ordonnait d'ouvrir. Peureux, Hans s'appuyait de tout son poids sur la porte, pleurant, hurlant.
Il s'effondra.



GRETEL

Voyant son frère à terre, pris de convulsions, Gretel ne céda pas à la panique, seulement à la haine. Elle comprit. Etait-il possible que l'horreur soit peinte sur le faciès de l'homme? Si rien ne laissait suggérer cela, ses lèvres en tout cas, ne le démentaient pas. Si l'un d'entre eux se devait de sourire, c'était bien elle. Gretel ne savait pas exactement le rôle d'Orphée ni le pouvoir qu'il tentait d'exercer sur son frère mais ce dont elle était sûre, c'est qu'elle lui ferait bouffer sa flûte à sa manière.

*Personne n'a le droit de s'en prendre à Hansel, personne.*

Hans était le seul à pouvoir la calmer, *Hanschen...*, mais il n'était plus là.
L'image de la vieille femme lui revient et le verrou qui maintenait enfermé la bête sauta. Ses paumes moites devinrent brûlantes et son esprit s'emporta dans une transe flamboyante. Un regard mordoré embrasa la pièce et s'en prit d'abord aux lourdes tentures cramoisies tandis qu'une étouffante chaleur emplissait l'atmosphère. Des êtres de feu jaillissaient des bougies disposées aux quatre coins de la pièce, dévorant avec avidité les lattes pourries du plancher.

Gretel se positionna devant son frère, faisant barrage avec son corps, et, d'un geste circulaire de la main, éleva un mur de flammes autour des deux tourtereaux.
Dans un geste théâtral, la blonde leva les bras au ciel et ricana.

« - Bienvenue au cirque mes amis, que le vrai spectacle commence! Quelle ambiance glaciale, brrr...j'en ai des frissons, je me suis permise de réchauffer la température. On devrait toujours accueillir chaleureusement son public, n'êtes-vous pas d'accord, Arina? »


Spoiler:
 
Gretel Fogel
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Océana
Invité
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Océana
Sam 7 Avr - 2:19
Un simple coussin, posé sur une chaise. Voilà qui était bien loin du confort auquel la Sorcière était habituée. Mais faire la fine bouche n'entrant pas réellement dans ses options, Océana pousse un bref soupir, un tantinet trop théâtral pour paraître crédible. Elle poussa le vice jusqu'à sortir un mouchoir de soie, de toute évidence de très bonne qualité, et le déposa sur le coussin.

Elle s'assit sur le carré de tissu, croisant les jambes à la manière de ces lady anglaises qu'elle avait parfois croisées, au détour d'un voyage. Elle posa les mais sur ses genoux, et se composa une expression parfaitement innocente, dénuée de toute mauvaise intention. Cette ébauche de sourire, poli et respectueux, avait été travaillé pendant des années, et Océana savait pertinnemment qu'il pouvait être terriblement efficace pour saper toute méfiance venant d'un homme.

— Mademoiselle, je vous écoute. Vous semblez avoir des choses importantes à me dire ?

Elle observa l'homme, le jaugeant du regard. Son Hercule n'était pas loin, mais elle ne sentait aucune aptitude particulière pour la sorcellerie, provenant de ces deux-là. Aussi, elle détourna le regard, de sorte qu'aucun des deux hommes ne pouvait la voir murmurer de sombres mots de pouvoirs. Lorsqu'elle reporta son attention sur eux, elle prit la parole, mais d'une voix subtilement différente.

- Voyez vous, vos trouvailles m'intéressent au plus haut point. Et comme je sens que vous n'êtes pas homme à tourner autour du pot, je vais vous respecter et aller moi aussi droit au but. Vous l'avez compris, je suis une femme riche, et j'aimerais tant en savoir plus sur vos... protégés. Alors, prenez cet or, et vous recevrez quatre fois ce montant, si vous me dites tout ce que vous savez sur le sujet."

Sa simple voix était la source de son pouvoir. C'était le Chant des Sirènes, la Mélodieuse Magie des Profondeurs.

Si son timbre était resté le même pendant ses paroles, chaque mot résonnait dans l'esprit des deux hommes, en un écho charmeur et redoutable. Océana le sentait : ils étaient envoûtés, et ils sentaient de douces promesses, cachées entre chaque phrase.

Alors, Océana sourit. Non pas pour les inciter à accepter son offre, mais parce qu'elle savourait d'avance leur réaction : idiots qu'ils étaient, ils allaient se jeter dans ses bras, sans se douter qu'elle venait de les attirer dans ses filets.


Spoiler:
 
Océana
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Narrateur
Conteur d'histoires
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Jeu 12 Avr - 0:27



Le grand final

L'argent séduit les hommes, oh même les plus honnêtes. Ivan tâta la bourse que lui avait donné Océana plus tôt, la multiplia par quatre, monta de fous projets dans son esprit. Il était pris, englué dans la toile des mots et des folles promesses. Faisant frémir sa moustache tel un chat qui vient d'apercevoir une souris bien grasse, Ivan se dandina sur son séant – aussi rond que le reste de sa personne.

— Je suppose que vous parlez de mes deux Androïdes, mes petites merveilles. Comme je l'ai dit, je les ai trouvées aux abords de la Roumanie, terrassées par les coups et la faim, les pauvrettes.

Petite larme (factice?) qui glissa sur la joue d'Ivan, qu'il essuya de l'index.

— Je ne sais guère que ce qu'elles ont bien voulu dire. Traumatisme, vous comprenez... Il y aurait eu une dizaine comme elles, enfermés dans les sous-sols d'un asile. Vous rendez-vous compte ? Mener des expériences sur des gens trop faibles d'esprit pour les repousser, trop éloignés de la société pour que celle-ci s'en inquiète. J'ai fait bonne œuvre que de les recueillir.

Ivan déglutit, tourna un pan de sa moustache entre ses doigts. Et osa formuler une requête.

— Si vous le souhaitez, vous pouvez faire un bout de chemin avec nous. Et causer aux filles.

C'est alors que la tente brûla. Le feu s'éleva, puissant, rongeant les tentures pourpres. Ivan poussa un couinement et se leva d'un bond. L'Hercule courait déjà aux abords de l'édifice, poussant les débris calcinés, faisant fi de ce qui pouvait bien lui tomber sur la tête, de se brûler lui-même.

A l'intérieur le chaos. Arina criait, affolée, tournant la tête de tous côtés pour trouver une sortie au sein de la fumée âcre, étouffante. La poigne de l'Hercule sur son fin poignet la ramena à la réalité. En moins de deux elle se retrouva, clignant des yeux dehors, loin de l'incendie. S'enserrant de ses bras, elle se laissa tomber à genoux, sanglotante. L'Hercule revint avec Orphée sous son bras, semblant tenir l'homme malgré lui qu'il reposa à côté d'Arina. Déjà les badauds s'empressaient autour de la tente qui continuait à se consumer – certains essayaient d'étancher l'incendie mais, faute de combustible, ce dernier se mourrait lui-même.

— Et bien Arina, que s'est-il passé ? (Sautant du coq à l'âne, Ivan posa ses yeux sur Orphée) Monsieur, j'ose espérer que vous n'êtes en rien responsable de ce désastre.
— Les Androïdes m'sieur !
(La voix de l'Hercule était une voix grave, prompte aux coups de tonnerres et aux coups du destin) Elles... elle s'échappent !

Les robes de brocat brillaient dans la foule des badauds qui reculaient, épouvantés, évitant une main difforme, un métal tranchant. Ivan hurla, tempêta – l'Hercule et d'autres membres de sa foire cherchèrent à rattraper les deux femmes. Qui se révélèrent être trois. Deux Androïdes menées par une troisième, inconnue – cheveux noirs, bras d'acier tout comme la jambe et qui courait, tac tac, si vite en tenant les autres femmes par la main. Qui leur cria dessus pour qu'elles montent dans une calèche de fortune, de celles utilisées par les forains et marchands. Clac, firent les rênes et le cheval s'emballa emportant les Androïdes et leur meneuse inconnue, ne laissant que la stupeur.

— Enfer ! laissa tomber Ivan, voyant là ses projets partir comme fumée au vent.

Et avec tout cela où se trouvaient les Fogel ?


Citation :
Le final de l'event (enfin diront certains xD) Je vous laisse conclure de votre côté, deviser entre protagonistes et qui sait, vous retrouver dans vos prochaines escapades. J'espère que vous aurez passé un bon moment. =)


© Avatar par Nougat. Compte PNJ, merci de ne pas envoyer de MP.
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