D'épines en floraisons [Janvier 07]

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Louie
Le chef des voleurs
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Lun 20 Nov - 20:07


D'épines en floraisons

Avec Ivaldo




Au départ ils étaient deux – nous ne parlerons pas du troisième, il n’y a aucune importance à rapporter les déceptions non nécessaires. Au départ donc, ils étaient deux. Deux âmes que l’on pouvait prétendre à considérer comme des enfants mais le visage sans yeux qui voyait pourtant tout s’était penché sur eux et la sorcière, la grande sorcière, la Muerte, avait illuminé son visage d’un sourire sincère, elle leur avait touché le front, d’une main douce et particulière et elle avait soufflé à leur visage, d’une haleine d’alcool, d’encens et de sang :

« Tu étais Blaise. Tu fus Alcazar. Partez. Partez et trouvez d’autres noms car les noms ne sont que des mots, et les mots changent. Seul le cœur compte. Ce que vous faites de vos âmes, la manière dont vous les modelez. La manière dont ils vous modèleront. Vous vivrez et cela sera mal. Cela sera douloureux et transgenre. Mais je vous promets l’Essence. L’Essence de toute Puissance. L’Essence vénérable et immortelle. Trouvez le sphynx. »

Au départ ils étaient deux – le plus petit et le déjà trop grand. Au départ, ils étaient frères et ils avaient obéi au crâne, à la danseuse, à celle qui dispensait l’Essence pour rendre au monde ses fils. A celle qui n’était qu’un pendant de vie, à celle qui causait la petite mort. Ils avaient obéi à la bouche aux dents écartées et ils avaient embrassé son cœur et ses seins. Au départ, ils étaient deux et ils ne s’étaient pas enfui, même s’ils avaient peur – le monde fait parfois cet effet là.

« Trouvez le Sphynx. Le changeant, l’incertain, l’informe. Celui recomposé. Celui qui brûle et palpite celui qui tord et fait pleurer. Trouvez le Sphynx, l’Amalgame. Vous le sentirez tordre vos entrailles comme des vers s’enlisant dans des nœuds. Il vous dictera et vous conduira comme les fils d’une marionnette et vous fera faire des choses absurdes. Il vous donnera toujours les mauvaises réponses à ses devinettes pourtant elles seront les plus purs. Il ne sera jamais à quoi vous allez vous attendre. Il ne sera jamais là où vous allez l’attendre. »

Au départ ils étaient deux – mais il y en avait eu tant et tant avant eux, des frères perdus, tout comme eux. Des frères qui l’avaient déçu, tous à chaque fois au point que maintenant on ne les comptait pas. Des garçons devenus des hommes – des dirigeants des princes des voleurs. Des tueurs des misérables des mendiants et des chasseurs. On leur avait tous demandé de répondre à cette quête et tous s’étaient perdu en route, s’étaient trompés, s’étaient laissé bercer par les voix d’autres sirènes. Tous avaient répondu à la demande mais peu avaient réussi à la comprendre.

« Vous serez mes fiertés. Vous serez grandiose et vous ne reviendrez pas, pas tant que je le demande. Obéissez lui. Obéissez au Sphynx. Perdez vous, noyez vous en lui. »


Blaise était devenu Pablo.
Alcazar s’était fait roi.

« Vous serez brisé et broyés à votre tour vous prendrez son visage. Alors vous pourrez renaître et à cet instant vous deviendrez nos fils. »

Pablo avait trouvé son Sphynx aux yeux changeants.
Le Roi était mort dans la neige.




Maintenant, reprenons l’histoire.

Il avait quitté la Chine et sa neige, le cœur chaud et plumeux de Tenkô, le visage de marbre de l’empereur et était reparti ainsi sur ses routes hasardeuses, lancé par la main invisible du navire des Renégats. Il avait ri et bouffé avait foutu le feu bien sûr et avait baisé. Il s’était rempli la panse comme jamais en s’efforçant d’oublier la mission pour se perdre dans des quêtes absurdes toujours bien menées. Qu’elles soient d’échec ou de réussite, il s’était fait payer.

Puis l’Amérique l’avait repris et biberonné et des sorcières s’étaient liées ensemble pour le trouver. Elles venaient d’une ville lointaine et fermée, elles portaient chacune une capuche épaisse et noire. Comme un chœur, elles avaient exposé leur demande – ma foi, fort simple.

Ramener d’un Eden, une simple graine. Elles l’avaient payé – et peut-être aurait-il dû se méfier à ce moment là.

Mais Louie n’était pas devenu Sphynx. Louie n’était qu’un androïde à la canine d’or et aux cheveux emmêlés. Il était désormais tout seul. Il était l’un des pas ébréché de cet univers. Il avait pris l’argent et avait salué ses dames en regrettant presque de ne pas avoir maté plus que de raison.

Il s’était faufilé – avec sa taille, c’était le seul mot qui convenait – hors de cette auberge et avait laissé les étoiles et l’instinct – ainsi que l’adresse griffonnait sur un morceau de papier – faire office de phare.

C’était un crépuscule ou une aube, avec sa lumière rose et changeante, qui avait sublimé le dome formé les plantes, à son arrivée. Comme une voûte informe, l’amas abattu d’un immense arbre. C’était une serre, aux racines tangibles et étroitement serrées. Et la main bourrue, Louie avait posé ses doigts sur elles, caressant leur épiderme épais, cette écorce matérielle, aux pulsations assourdies. C’était vivant mais c’était presque endormi. Une sécurité enfant sur un monde bien plus intéressant que tout ce qu’il avait déjà vu et témoigné.

Il avait sorti le couteau – au départ pour dépecer. Mais pris d’un respect latent, lui qui aimait pourtant tant détruire, tant foutre le feu, l’avait rangé. Et patiemment – une mère devant les lacets emmêlés de son poupon – s’était pris à faire et défaire, tresser et repousser, se traçant un chemin dans toute sa verdure.

Ce n’était pas tant pour l’argent ou pour ce qu’elles allaient en faire, de la graine. Ce n’était pas pour l’honneur ou la réussite ou la fierté.

C’était sa seule manière de vivre, répondre aux demandes.

Répondre aux questions.

En être une lui-même.

Et ne pas savoir que la Muerte, ricanante, continuait quelque part d’observer son avancée et se félicitait de voir son fils prendre enfin le bon chemin.

Lorsqu’il atteignit les marches, qu’il sut enfin que l’amas n’était que la partie ensevelie d’une vieille demeure, qu’il posa un regard plein de recul sur cet espèce de manoir qu’il sentit la chaine se ferrer autour de son cou. Une espèce de piqure latente, le rappel d’un piège – son instinct ne l’avait jamais trahi.

Mais lui s’était amusé à le faire oh, bien trop souvent. Alors plein d’orgueil et de surprise, il avait touché le bois, non pas d’une liane, mais d’une vieille porte vermoulue.

Et arrogant, souriant et étrangement pudique, avait serré le poing. Et s’était mis à frapper.

Deux fois.

(Au départ ils étaient deux)
(Blaise était devenu Pablo)
(Pablo était devenu sphynx)

(Et Alcazar était en bonne voie)










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Ivaldo L. Songbird
Le Lys Tigré
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Mar 21 Nov - 20:42
Already choking on my pride
so there's no use crying about it


Il y a dans l’amour des questions insolubles qui taraudent et déchirent, qu’on ne saurait délier autrement que dans le ciel, à en remuer les étoiles.

Cataclysme invisible en cet été mourant. Il y a de cela des années – mais depuis combien de sommeils ? – qu’un visiteur ne sait aventurer en ses terres inhospitalières. Et lui, petite none des plantes, sainteté végétale, de frémir de crainte et d’incompréhension mêlées. Cette Fois c’est différent et d’un regard, couve le cocon, la graine en son sein et tous ses espoirs cristallisés. Il est important dès lors, de verrouiller le salon. Le temps de savoir si en bas, c’est de l’art ou du cochon, puisque cela grille en ses racines d’une agressivité étouffée. Drôle de savoir-vivre qui remonte jusqu’à son échine en prolongement de son corps. Picotements répulsifs et terribles qui font se hérisser ses cheveux sur son crâne, serpentant avec les racines et les fleurs. Il bourgeonne encore mais ne tardera pas à crever comme chaque hiver naissant. Cycle naturel, et qui est-il pour s’y opposer. Seulement, c’est bien en connaissance de cause qu’il fait en premier lieu le ménage. Et cela passe par éloigner les visiteurs, les inopportuns, voleurs et imprudents. Et manger. Se nourrir avant le grand sommeil.

Reste là ma chérie, papa revient.

Et aux racines qui font de terribles cadenas aux portes d’entrée de s’ouvrir patiemment. Se délasser comme le corsage d’une dame sous les pattes abruptes et lui laisser l’entrée libre. Le plein passage en ce hall poussiéreux qui a connu ses jours de grâce. Cela est bien gris désormais et éructe d’une crasse par couches épaisses qui recouvrent jusqu’aux tableaux de maîtres accrochés de chaque côté des escaliers. Pas de lumière ici tant les branches s’acoquinent aux carreaux. Seul le plafond qui ondule et, sous les semelles, quelques racines plaisantines de faire choir les étrangers. Pas de bougie non plus, le feu est trop dangereux, seigneur destructeur d’un Eden végétal. Autrement, le silence, à peine ponctué de sifflement. De grincement. La maison vit et s’exprime, se tortille dans l’obscurité. On se croirait pour un peu dans l’estomac d’un titan.

Par la fenêtre de l’étage, il l’a aperçu, silhouette discrète de phasme observateur. Il a contemplé sa tignasse hirsute, ses airs d’ursidé évadé et s’est dit, à tout hasard de songe que celui-ci, oh celui-ci ressemble bien à un brigand. Et a su dès lors ce qu’il devait faire. Pour protéger sa tranquillité, son univers et la graine, la si précieuse.

Mieux vaut ne pas prendre de risque avec les voleurs.

Bien que leur incroyable capacité à le retrouver l’étonnera toujours. La fin justifie les moyens. Et les fauves sont perpétuellement affamés.

En ombre coutumière des lieux, c’est de couloirs en pièces qu’il se faufile. Le manoir est si grand que l’intrus aurait tôt fait d’abandonner les recherches après quatre heures à retourner chaque pièce. Il traque le fauve, tourne en rond. Sait par quelle ouverture, quel chemin il faut regarder. Epier l’Inconnu, le néfaste. Et au geste de trop, lui qui est poliment entré en frappant par deux coups, comme un retour au pays, le voyant empêtré. Les plus robustes racines se soulèvent, serpents avides et terribles. Et en pleins et déliés, s’acharnent au poignet de l’inconnu. Bien vide, elles enlacent. Chevilles, ventre et gorge. Font plier, mettent à genoux, comme pour l’incliner face au maître des lieux. En ces terres n’est pas Roi qui veut. Moqueuse, l’une des filles, plus discrètes, le courbe d’une claque sur la nuque. Sans appel.

Et lui apparaît comme impérial au balcon de l’étage, la mine soyeuse de cheveux épars. Et tonne d’une voix qu’il aurait certainement voulue plus assurée.

- Voilà donc un être bien orgueilleux de croire qu’il peut se permettre d’entrer chez moi… - Il parle fort pourtant, mais ainsi courbé et frémissant, n’évoque qu’un drôle d’agneau pitoyable, loin du prince qu’il voudrait être, de l’héritier convenable de la famille. – J’ose espérer que vous comptez m’expliciter la raison de votre venue… Ou au moins me dire par quel membre je dois commencer dans le cas contraire…

Et pour appuyer son semblant de menace, tiraille d’une racine, d’un regard, sur le bras entravé de l’étranger. Il ne recule devant rien pour se faire comprendre et, même dans sa maigreur à peine soulignée des formes restantes du printemps, s’entrechoque en os et sévérité. Ca siffle entre son semblant de dents du bonheur.

Survivre. Manger. Et oublier l’hiver prochain.


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Louie
Le chef des voleurs
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Lun 27 Nov - 22:34


D'épines en floraisons

Avec Ivaldo



Les portes s’ouvrent, sur un grincement piteux de moulures déjà rongées, offrant un passage étroit et incertain sur une entrée pourtant vaste quoique détériorée. Sur l'instant, Louie peine à reconnaître un manoir et n’y retrouve finalement la forme qu’aux restes d’une civilisation presque effacée, lambris taillés, lustres pendants et fourmillant de végétation, tableaux de maîtres délaissés sur des murs sans couleurs.

Il y aurait de quoi ramasser une vaisselle plaisante pour les antiquaires à ce train-là mais malgré le sifflement appréciateur qui franchit ses lèvres, c’est rapidement qu’il délaisse son intérêt pour poursuivre sa quête au nom de la bourse pleine qui occupe encore sa poche.

Et il faut bien avouer que tout cela le rend curieux. L’endroit l’intrigue mais pas autant que le cheminement des plantes sur son passage – car, du diable s’il est bigleux, elles le suivent bel et bien. Dépendent-elles de l’être qui occupe ces lieux en vagabond princier ou otage involontaire ? Louie n’en sait rien mais le regard qu’il sent peser sur sa nuque lui arrache bien plus d’un frisson.

Le noir engloutit presque sa silhouette au fur et à mesure de son avancée mais dédaignant la flamme de son briquet – trop de bois et trop de verdure, même si le pyromane en lui s'excite d’avance d’y poloniser un type bien particulier de fleurs rouges et revêches – c’est à son regard qu’il se fie, le vert de ses pupilles brillant presque dans le noir.

Cela craque sous ses semelles – du verre. Allons bon où est la graine dans ce dédale ?

Perd-il patience ?
Justement, non.

Il est comme ça, l'Androïde, le Roi déchu. Il aime les challenges, il aime les réponses. Il aime les voix cinglantes et les présentations impromptues. Surtout quand ce sont les plantes justement qui viennent le mettre à genoux devant un balcon en forme d'autel impérial.

S’il n’était pas tant attaché, Louie en aurait même applaudit. Et glousse de plaisir à la claque qu’on lui file sur la nuque. La tête relevée, bien évidemment soumis, il offre à la créature qui se montre enfin son plus charmant sourire.

C’est lui qui s’est laissé attraper, qu’on se le dise.

« Dites, y’a de la place chez vous ! Mais alors pour le bordel je vous conseille d’engager une spécialiste. Ça se rangera pas tout seul. » Il rit, de son exclamation brutale et virile. Et sous la voûte cela résonne comme des aboiements.

« Techniquement, on m’a laissé entrer. Je n’ai fait que frapper, vous n’aviez pas à ouvrir. »
Il s’agite un peu, teste le cordage des lianes et plisse un peu des yeux. « Avec cette lumière je vous vois mal. C’est dommage. Je suis sûr que y’a de quoi mater. »

La crinière déjà attire son œil. Ça a l’air fin et caractériel. Tout ce qu’il aime et bien plus encore.

« J’ai la cheville un peu fragile – la droite. Si ça vous ennuie pas de commencer par l’autre ça m’arrangerait. Pour grimper jusqu’ici j’ai morflé. Mais je regrette pas du tuyau. On m’avait dit que y avait des meubles de famille à revendre. La démarche est pas très légale mais on m’avait promis que c’était inhabité. Ceci dit… » Susurre le menteur. « Pour cette difficulté là je suis pas mécontent. Vous êtes doué pour les attaches. Vous faites ça souvent ? »

Un moyen de tester les capacités de son interlocuteur, son pouvoir éventuel et l’individualité de ses plantes. Un bon début.










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Ivaldo L. Songbird
Le Lys Tigré
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Sam 2 Déc - 21:53
And there's an old man sitting on the throne
saying that I probably shouldn't be so mean


Ainsi mis à genoux, tête basse et air corniaud, il est comme un géant effondré. Une statue écroulée sous son propre poids. Mais dans sa déchéance, fanfaronne encore. S’offre le luxe indicible de rire. Un fracas tonitruant qui fait s’éveiller même les plus maussades des fleurs. Et reculer leur père, désarçonné qu’il est par l’amusement hiératique du colosse. C’est qu’il est fort lourd, même ainsi parqué à une soumission toute fantoche et forcée. L’empereur végétal fronce nez et sourcil, incertain quant à la démarche à suivre. La plupart s’évertuent à fuir dès la première racine trop aventureuse. Celui-ci en revanche, est bien enclin à rester, même une fois ses membres dispersés aux quatre vents. Il se permet même de moquer, de s’emballer sur la pente hasardeuse de l’ironie et Ivaldo hausse cette fois jusqu’au dernier de ses traits. Quel énergumène lui a-t-on encore envoyé…

- Je ne tiens pas à ce que ma maison soit réduite en cendres. – Siffle-t-il du bout de la langue, avisant l’odeur lointaine du soufre, un rien d’essence, de résidus enflammés au corps de l’étranger. – Et il se trouve qu’on m’a enseigné le concept de politesse.

Mais ainsi en contrejour, il n’est qu’une ombre un peu menaçante qui règne sur le vide du hall. Et ses cheveux de se tordre, se déliter tranquillement çà et là au rythme tranquille des autres racines. Il ne tient d’ailleurs pas à davantage se montrer et attend la suite du discours, des moqueries irrespectueuses. Alors, comme un aboiement, tonne pour finir.

- Silence. – L’idée d’être moqué dans sa propre demeure le dérange et à raison. Il n’a que déjà trop subit de ce temps où la demeure fastueuse était encore occupée. – Des meubles… ? – Qu’est-ce donc encore que ces simagrées… ? D’une main prudente sur la rambarde, il entame sa descente, allant lentement d’une marche à l’autre sans la moindre aisance. Ce sont ses chevilles qui tremblent cette fois, jusqu’aux dernières marches où il se montre à peine davantage. – Mais pour quoi faire… ?

Il n’y a plus des meubles que de vagues masses enchevêtrées de branchages. Des vestiges, des restes d’art en bois de noyer. Plus rien à récupérer, plus rien à saisir. S’il veut toutefois des lampes, des chandeliers et des babioles, il peut bien les lui donner, finalement, pourvu qu’il parte au plus vite. Mais à mesure que la créature se dévoile, avance jusqu’au prisonnier, l’œil hagard et sur l’instant d’une naïveté à crever. Puis, comme animé d’une brusque réalisation, lumière presque divine sur son corps qui ne veut rien dire, en angles et courbes inverses, se durcit à nouveau jusqu’à regard.

- Je n’aime pas qu’on se moque de moi. – Assumant qu’il ment comme il respire, c’est par la cheville droite qu’il le soulève cette fois, grande masse perchée au-dessus de sa tête tandis que lui lève la dague qui lui sert de nez vers le porcin pendu. Et fait claquer sa langue. – Vous me prenez pour une imbécile ? Je vis seul depuis des années et personne ne connaît cet endroit, ou a eu vent de mon existence. Vous n’avez sincèrement pas de meilleure excuse… ?

C’est plus féroce dans le délié, lorsqu’il enjoint ses fidèles à s’enrouler, serpents sur la gorge de l’autre, et serrer, bien assez pour évoquer la panique, suffisamment pour lui laisser l’occasion de respirer. De s’exprimer. C’est une menace plus qu’une mise à mort. Un avertissement de taille. Une odeur rance de fleurs pourries et inconnues qui monte aux narines et enivres comme un mauvais alcool. Qui font naître la faim, la gêne et font suffoquer.

- Vous allez me dire ce que vous venez réellement faire ici, et par la même occasion qui vous êtes. Je ne souffrirais cette fois d’aucun mensonge.

Puisqu’on lui a enseigné la politesse. Un temps lointain où le monde était monde et ne se limitait pas aux murs sinistres d’un manoir renversé au milieu d’une jungle vivante. Et tout à son aise puisqu’en position dominante – et c’est si rare – c’est presque en trône qu’elles s’enroulent et s’enlacent autour de lui, et serpentent sur l’autre, pour tenter de comprendre, discerner le trouble de ce corps qui ne lui évoque rien de connu.



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Louie
Le chef des voleurs
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Lun 11 Déc - 21:23


D'épines en floraisons

Avec Ivaldo



Puis soudain, comme ça, il cesse de rire. Observe en silence patient mais non contrit le profil racé de celui qui dispose et ordonne, sans tonner, dans cette serre végétale qui lui sert de royaume. La silhouette se dessine enfin plus clairement dans le clair-obscur et ce qu’il peut compléter, en dessin mental attentif, a tout pour lui prendre les tripes – si ces dernières n’étaient pas seulement fait de tissu et de métal mais bien d’organique. Il y a l’inquiétude, d’abord, et la curiosité surtout. Et toutes les plantes, comme des têtes juvéniles, s’entreregardent avant d’obéir. On le soulève, on l’enlace et on l’étouffe mais son cœur a déjà suivi son corps à l’envers. Il reste donc muet tandis que le roi – mais est-ce bien un roi, les plantes ont-elles un genre, dans ce domaine – prend place sur un thrône qui se meut.

Non, il n’y a pas de meubles ici et peut-être que l’excuse, aussi stupide que facilement identifiable, fut alors volontaire. Mais plutôt que de braver l’être, et sa colère qui pourrait bien cette fois venir à bout de sa carcasse de plus de deux mètres, Louie se laisse étendre dans les airs, les pans de son manteau retombant comme les ailes d’un oiseau capturé.

Un pistolet en tombe, quelques couteaux aussi, des lames de rasoir, et deux bâtonnets d’une dynamite aussi efficace que chère. Fabrication artisanale à l’odeur de poudre presque aussi suffocante que ces relents de pourriture qu’on lui inflige d’inspirer. Les plantes viennent alors faire tourner les bâtons comme des branches qu’un animal pourrait aimer mordiller. Elles sentent l’odeur et se rétractent, vives comme des serpents. Apportent au roi, par coups de feuilles prudents, cette artillerie qui distille les intentions volontaires de ce criminel.

Louie a alors bon dos de soupirer, comme si le jeu truqué le décevait un rien.
En lui, c’est la tourmente. Mais pas le temps de s’appesantir sur ces émotions imbéciles, comme un feu de forêt. Ça c’est bon pour les autres. Des jolis minois, il en a déjà rencontré.

« Mon nom est Louie. » Que cela tonne comme le tonnerre.

Mais je fus autrefois Alcazar. Je vivais dans un temple avec mes frères. Nous étions nombreux, ils sont tous partis. Ils ont emprunté des routes jusqu’à devenir Sphinx. Moi je n’étais que l’un parmi eux. Je n’étais en rien plus exceptionnel, ni même mieux façonné. J’étais un fils à 32 pères. Et ma mère était une sorcière – peut-être que si elle était là, elle se marrerait.

Elle doit être encore trop occupée à baiser avec la mort pour crever.

« On m’a envoyé ici. J’en sais pas plus. On m’a dit d’venir et de vous voler quelque chose de précieux. Ca avait l’air de leur importer. »

Sa cheville droite craque et le soupir de soulagement qu’il émet alors est bien sincère. Lentement, contractant ses abdos, il commence à se balancer. Ricanant faiblement de sa poussée, d’avant en arrière, cochon suspendu, gamin éperdu.

Louie ne prend jamais rien au sérieux trop longtemps, hélas.

« Fais moi descendre et je te raconte la suite. Je te dirais combien elles étaient. »


Elles. Des femmes. Dans un monde aussi sévère, cette féminité qui œuvre et commande pourrait en dérouter plus d’un. Mais lui ne tique pas, ni sur la faiblesse d’avoir obéi à ces dernières pour une mission suicidaire qui pourrait bien lui coûter la vie. Ni sur le fait de respecter chaque volonté des donzelles de ce monde comme si, d’une certaine manière, elles possédaient toutes en leur matrice l’œil exorbité de celle qui attend qu’il s’accomplisse.

« Et toi chéri, c’est quoi ton petit nom ? »









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Ivaldo L. Songbird
Le Lys Tigré
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Sam 16 Déc - 14:46
The house was awake, the shadows and monsters
The hallways, they echoed and groaned


De végétal c’est en chat qu’il se mue, félidé courroucé au museau froncé de toute une répulsion composée. Ça pour sûr, l’étranger est équipé. Un rien de trop, pour un simple receleur de meubles anciens. Et sa silhouette massive, la barbe et les frusques ne sont que traîtresses à sa carrure de brigand. Elles serpent et grouillent, mort facile, insectes décomposés se tortillant à la hâte. Du bout de ses racines jusqu’aux lunes crevées de son regard éborgné, il est magnifiquement répugnant, lui aussi. Et se confond en caresses un rien hasardeuses, pris à une découverte timide de ce qu’il ne connaît pas. Dans la poitrine et dans le ventre, c’est fait de dong et de bang, corps étranger qui lui arrache un sursaut, un frisson terrible tout le long de l’échine. Elles respirent, tiraillent et lui subit. Ressent, comprend. De la poudre, du feu en bâton, plus menaçant que toutes les armes du monde. Vilaine odeur de mort qu’il diffuse avec lui dans la poussière de ses dépouilles.

- … Vous êtes venu me faire bruler… - Il chuinte, chuchote plus qu’il ne parle, l’œil vif et frémissant, perdu dans un vide de craintes accablées. Elles s’entremêlent dans son ventre comme des branches gorgées de vie, des bourgeons en floraison estivale. Il ne sait que faire pourtant et cela cogne, pousse la pinata humaine, suspendue entre plafond et sol. S’il le cognait, assez fort, pour lui faire passer l’envie de son balancier. S’il le frappait, le tordait et le déchirait, s’en échapperait-elle une cohorte de friandise… ? Le meurtre passe un instant, viscéral et instinctif, dénué de cruauté dans sa prunelle laiteuse. Mais elles cognent oui, et dévoilent tout le manque d’humanité résidant en cet être. Et d’une grimace cette fois, une hideuse torsion de visage déformée d’angoisse. - ... Qu’est-ce que vous êtes… ? Vous n’êtes pas humain… Vous n’êtes pas vivant…

Son nom est Louie. Infamie.

L’information traverse, peine à rester. La chose a un nom. Cela ne le rassure aucunement. Et les filles se faufilent encore. Tâtent les bras, les cuisses, la gueule de corniaud qu’il lui affiche, rieur et heureux de son être. Peau, muscles et veines s’enchevêtrent là-dessous, sous les commissures étirées à l’agonie. C’est un demi-homme. Une ébauche de vie. Et cela, le roi végétal peine à le saisir, à l’appréhender. C’est un rien de panique, dans le tremblement fébrile de son souffle. Pour un peu, on le croirait au bord des larmes. Ce grand Rien. Ce grand Vide. Ce grand Louie remet à fracas ce qu’il croyait depuis longtemps établi et ne demeure qu’une idée fixe, au cœur de son pauvre crâne. L’Importante. La Graine. La Fille. Chose précieuse, a-t-il dit.

Et c’est tout en douceur qu’il le descend. L’amène à sa hauteur. Le retourne, vrac de boucles anarchiques, de barbe à peine taillé. Et tout à l’endroit désormais, les bras fermement retenus – il ne brûlera rien – c’est aux yeux vert nature qu’il se confronte. Vert cœur de vie. Les siens sont mielleux, presque caressants. Une drôle de tendresse assombrie de rage lointaine.

- Il y a quelque chose de précieux ici. Posez vos sales pattes sur Elle, et je vous promets que je prendrais mon temps. Que je vous garderais en vie le temps de vous démembrer. Que vous le serez encore, lorsque je vous digèrerais… - Un sourire fielleux. Couperet de glace à son visage figé. Et d’une main tendre, petite claque humiliante à sa joue piquante. Bon corniaud.Je suis Ivaldo Songbird. Et vous êtes manifestement très mal tombé Louie

Et gueule d’amour, gueule béante, s’ouvre de toute son inhumanité. Rangés de crocs, mâchoire craquelée, anormalement grande, vorace, terrible. Et il faut bien le dire, et y croire, ce soir. C’est ici que s’arrête le chemin du Roi. A défaut d’être Sphinx. Et voit se refermer à sa mine, à son Vide, les dents affamées de la plante carnivore.


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Louie
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Dim 17 Déc - 20:12


D'épines en floraisons

Avec Ivaldo



Ca le tâte, ça le palpe – ça lui donne envie bien sûr. De se lover au sein de ses plantes pour en sentir la force autant que la caresse. Louie observe cet étrange manège et comprend enfin, aux frémissements des feuilles, aux réactions tangibles de chacune des tiges, que plus que la voix, plus que ses mots, plus que ses gestes et plus que son visage, si la créature a une âme, c’est bien cachée là au sein de ses plantes que cette dernière palpite. Alors il se laisse toucher – puisque c’est l’autre plus qu’autre chose qui le touche et la langue à peine coincée contre sa canine en or, en frémit d’avance. Ca pourrait s’avérer être fichtrement intéressant tout de même. Cette gueule passablement sexy, ces longs tifs entre ses mains, et ses plantes agissant comme un millier de paire de bras autour de leurs corps réunis.

Hélas, le dénommé Ivaldo, Ivy, ne semble pas s’intéresser plus que cela à la chose. Et l’ayant remis à l’endroit, avec une facilité déconcertante, ouvre grande sa petite gueule crochue pour mieux essayer de lui rouler une pelle, la plus mortelle de sa misérable existence. Ah ça, il en a connu des choses, à bourlinguer dans le monde. Des putains assises sur des trônes à celles affalées dans les couffins soyeux d’une maison close. Des êtres de magie, comme des créatures d’imaginaires sorties tout droit de l’esprit d’un Dieu tordu. Des scientifiques avides, des explosions sensass, et toujours, partout, la mort la destruction l’égoïsme et les merveilles.

Mais ça, CA ! Cette triple rangée de crocs capable de le dissoudre pour mieux le bouffer, c’était assez surprenant. Seulement, ce n’était pas encore le moment de sa mort et se penchant pour claquer de ses lèvres sur celles, fines et presque retroussées, de la menace, ce fut avec un rien d’effort qu’il lui frappa la gueule de son crâne. Le choc, assez foudroyant pour assommer un cheval, lui permit de gagner quelques précieuses secondes.

Et bandant les muscles, saissisant les tiges qui le ficelaient, d’enfoncer ses ongles courts dans la verdure au risque de les arracher. Ce qu’il attendait, et ce qui se produisit, fut le réflexe de survie. Ivaldo Songbird tenait à ses plantes autant qu’il y était lié. Et celles-ci se défirent aussitôt pour ne pas être cueillies. Libérant alors la masse énorme du terroriste.

« STOP ! » Gueula aussitôt ce dernier en ramassant rapidement de ses poches, briquet, et cigare. « Sage ! On bouffe pas ! Quelle idée de traiter comme ça vos invités ! Je frappe à la porte, on m’ouvre et je sers de buffet ! Non, Ivy. Non ça ne marche pas comme ça ! Déjà pour commencer c’est pas vous particulièrement que je venais cramer. Moi, on m’a confié une mission. On me paye, je fais mon job. Et de toute façon, je suis pas comestible. »

Le feu surgit, dans un craquement de pierre et la flamme s’éleva, faisant fuir les rares entêtées. Jetant des étincelles presque charnelles au fond des pupilles vertes du renégat.

« Soit on se bat – et je peux me battre – soit on trouve un compromis. J’ai pas tellement envie de te péter une dent, t’as une sacrée jolie gueule. Alors on va s’asseoir et on va trouer une solution pour calmer les trois connasses qui sont venues me trouver dans mon bouiboui. Regarde… »

Prudemment, ses mains vinrent défaire et espacer les pans de sa chemise. Dévoilant ainsi le torse factice de métal.

« Tu es capable de ronger ça toi ? Nan hein ? Je suis un androïde. C’est comme ça qu’ils appellent les trucs dans mon genre. Alors à part ma tête barbue qui risque de te piquer la langue, tu vas rien aimer grignoter là-dedans. A part peut-être… » Son sourire fit trois fois le tour de sa tête. « Mais ça on en reparle plus tard. »










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Ivaldo L. Songbird
Le Lys Tigré
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Jeu 21 Déc - 12:31
I've been the last one standing
When all the giants fell


S’en est presque charnel, entre crocs et viscères ainsi exposés, cette langue, cette gueule béante qu’il lui offre . Pour l’anéantir. Et le dévorer, ce crâne qui a vu tous les pays et les mondes. Espérer lui voler ses visions, ses senteurs et ses vices, vivre par procuration, à force d’appétit. Mais c’est d’un baiser plus que d’un cri qu’il lui répond, le décontenance, ô trois fois rien. Un tiers de seconde, peut-être, mais celui de trop, dans lequel il accuse le coup. Une gueule pour se confronter à la sienne, assommante, à le jeter de biais, en vrac d’un crissement terrible, qui n’a rien d’humain, si l’étranger en doutait encore. Un cri strident lorsqu’il se jette plus loin, et tout prédateur qu’il est, rampe à même le sol. Cavale dans l’ombre, hissé sur quatre pattes phasméennes. C’est une étincelle furieuse, qui ne s’arrêtera pas. Pas face à la menace qui sous son regard vacille, s’allume, danse à bout de briquet. Mauvaise stratégie.

Et la ferraille ne saurait le ralentir, lorsqu’il est ainsi pris d’une telle frénésie destructrice. Alors, du plein fouet, c’est un torse de métal qu’il le percute. Les mots l’effleurent sans le heurter. Ivy. Ivy, trois connasses, androïde. Se mélangent dans son reste d’esprit, farandole hasardeuse dénuée de contexte, pour lui qui ne veut rien comprendre. Et encaisse un coup, puis le second. Mord et fouette, l’entaille çà et là, dans la chair et les muscles. Taille vif, avec hargne et une précision toute relative, dans les bras et sur les joues. Un instant, il est sur son dos, l’autre, l’attaque aux jambes pour le faire choir. Ils roulent ensembles et leur communion terrible, elle aussi, est presque charnelle. Charnelle de morsures et de sang entremêlés, pour leurs membres qui dans cet étrange ballet fétide font comme une danse. Ils grognent et s’entrechoquent et c’est comme voir des chats furieux s’affronter, métal et nature entrelacés.

Pour quelques minutes de plus, dernière roulade, dernière esclandre, et en remous de boucles et de plantes, se tend sur son ventre, fermement assit là, la main tendue à l’extrême pour saisir le briquet qu’il maintient hors de portée. Souffles entremêlés, fin de course, et d’un regard laiteux, puisqu’il ne peut atteindre la menace, s’effondre vers l’avant, crocs ouverts sur les muscles à disposition. Vient y planter les dents, sans pour autant le relâcher de sa main tendue. La faim appelle au vice et à l’imprudence, quand les secondes se délient en langues impatientes, le temps d’une éternité qu’il passe à le goûter, le mâcher, attaquer ce qu’il peut bien rester de chair sur ce corps modifié. Jusqu’à ce que le cœur retrouve un rythme, un tempo pour appréciable, et qu’il gronde, figure humaine retrouvée.

- Ne m’appelez pas Ivy. – Car le surnom tant exécré sonne dans cette bouche rieuse comme une ultime insulte à sa tranquillité. Ivy était l’apanage de maman, de Meredith. De tous ceux qui, à un moment de sa vie, l’on voulut bien sage, bien soumis. Plutôt mourir que de baisser à nouveau les yeux. - … Relâchez ça…

La flamme, le briquet qu’il garde nouer dans son poing. Sa langue siffle, un peu trop longue, qu’il remballe aussitôt, pour faire taire la faim. Et jusqu’au bout des plantes, n’ose pas bouger, ni agir, drôle de monument ainsi enchevêtré à gêneur. Il n’a qu’un geste à relâcher, et son univers part en cendres. Alors, entre ses dents, il siffle, avertissement, reddition.

- Lâchez ce briquet… Je n’ai rien à vous donner ici… Vous vous êtes déplacé pour rien.

Foutu pour foutu, ne reste plus qu’à mentir. Et l’espérer aussi crédule qu’il n’est colossal.


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Louie
Le chef des voleurs
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✦ Double-compte : Jan - Ofelia

Dim 7 Jan - 18:48


D'épines en floraisons

Avec Ivaldo



Si les coups ne lui font rien, l’attaque herbale, toute en fouet et en liane, a bien pour mérite de lui arracher des grimaces de douleur quand sa chair se déchire sous les coupures filandreuses que les claquements lui laissent. Louie se crispe, se défend tant bien que mal, face à la nuée qui se fait finalement ruade et bascule aussitôt au sol à en faire trembler la voûte. Aussitôt, Ivy est sur lui. Et ses hanches se cabrent aussitôt en siège confortable pour cet être aux grandes dents, cognant ses épaules plus que sa charmante petite gueule pour le laisser à distance – vainement. De rouler dans la poussière lui arrache pourtant un soupir désespéré – lui qui venait enfin de se laver les tifs nom d’un chien. Et finalement, la main tendue d’Ivaldo vers son briquet, le salut vient par leur soudaine immobilité. Par ce dialogue qui se tisse entre eux.

Louie esquisse un sourire, rien qu’avec les yeux et plus que lui céder, lui offre le briquet, glissant entre ses doigts l’appareil mécanique un rien trop moderne pour sa carrure de brigand. Caressant au passage tant sa main que son poignet.

C’est pourtant avec fermeté qu’il le garde sur lui, roulant une énième fois au sol pour mieux le surplomber. Laissant son manteau endosser les coups des lianes, la main fermement accrochée au sol pour éviter de se faire trainer faiblement dans quelques pénombres. L’autre par contre vient aussitôt effleurer le visage dentu contrit d’une rage exceptionnelle.

« Première leçon, celui qui cède ne perd jamais. » Comme si Louie, le roi de la fleur feue, se baladait dans ses poches avec un seul instrument pour allumer son brasier. Et dans les replis de sa barbe, comme autant de cure-dent prêts à être malmenées, surgissent les pointes rouges d’une dizaine d'allumettes.

« Deuxième leçon, on ne ment pas au roi des menteurs, Ivy. » Souffle-t-il, de son haleine de chair carbonisée et de souffre.

« Tu te débattrais pas autant si tu n’avais rien à cacher. Mais plutôt que de me battre contre toi – parce que tu me plais – disons qu’on peut peut-être négocier. Donne-moi quelque chose à leur filer, je leur dirais que je me suis gouré. Si elles ont l’air surprise, alors je saurais qu’elles m’ont envoyé ici uniquement pour te nourrir ma belle plante carnivore. Mais si tu payes encore plus je peux faire mieux. Je peux retourner mes armes contre elle. Je peux te venger – je peux les tuer. »

Ses épaules se haussent d’un air un rien plus désinvolte.

« Je n’ai pas de patrie, pas de roi, pas de commandant, pas de chef, seulement moi, mes envies, mes lubies. Et toi t’en es une sacrément craquante je dois l’avouer. Alors, intéressé ? Ou on continue de se battre jusqu’à ce que tu sois trop crevé pour bouger… Moi je peux tenir toute la nuit bébé. »

Toute la nuit à danser avec lui et le voir peu à peu s’effondrer pour mieux le ramasser et peut-être – pourquoi pas – à son tour le bouffer.











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Ivaldo L. Songbird
Le Lys Tigré
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Dim 21 Jan - 0:34
If you wanna break these walls down
You're gonna get bruised


L’unique flamme qui l’anime danse dans ses yeux, ondule d’une rage latente qui n’en finit plus de le consumer. Silencieux, il siffle cependant, jusqu’au bout des racines, serpents à sonnette attentifs. Il siffle et constate, l’effroyable incendie qui consume l’homme tout entier, de la barbe jusqu’aux dents. Elle brille d’ailleurs, la précieuse, toute dorée au coin de sa mâchoire. S’il le remarque, c’est bien parce qu’il l’observe. Le contemple, tout attentif cette fois, à ses paroles comme aux ronronnements habiles au fond de ses yeux. Drôle de verdure incendiaire, au fond de ses pupilles. Etendu sur le dos, ses boucles lui font comme une couronne mortuaire incertaine. Et lui qui croit lui donner une leçon, lui enseigner les us et coutumes des bandits et des voleurs. Il lui soufflerait bien à la gueule une fumée dont il a le secret, pour le faire taire et l’étouffer. Mais préfère à la place attendre la fin du laïus, faussement étendu, cloué au sol davantage par son ombre que par son poids. Et celui qui mande monnayage et assassinats, qui croit pouvoir l’enrôler, le caresser dans le sens des branches. Celui qui hurle à sa propre liberté, se retrouve contré.

Comme fracassé par les genoux qu’il vient lier à ses hanches. Il l’enlace, possède ses reins, l’enserre à le faire ployer. Et d’un coup de racine à la tempe, pour mieux le déstabiliser, bascule à nouveau et assoit sa domination. Une main sur sa gorge, l’autre tenant fermement le briquet hors de portée. C’est à peine s’il ne bouge pas, n’ondule pas d’un rien, mue par une faim qu’il s’efforce à faire taire, la reléguant au troisième plan de ses entrailles capricieuses.

- Mais moi aussi… - Il n’y a pas de bébé qui tienne. Et c’est presque si sa langue longiligne n’effleure pas sa pauvre gueule lorsqu’il se redresse, le délaisse, pour ne pas s’engluer à sa peau et son aura. – Je consens à vous croire, pour le moment. Mais ne vous avisez pas de me mentir…

Il serait bien le premier à repartir d’ici bien vivant et entier. Prudemment, le prince végétal recule, prend sa distance nécessaire. Se soustrait à sa présence, pour mieux retrouver son individualité adorée. Le contact est vénéneux. Nul besoin de combat et d’injures pour prouver qu’il est roi en son domaine et que l’autre ferait tout aussi bien de consentir à ployer tant qu’il foule son plancher. D’un revers de poignet, il efface la brume de son regard, reprend contenance et superbe.

- Si vous dîtes vrai, cependant… J’ai une petite idée sur l’identité de vos prétendues sorcières… Ou du moins sur celle de l’une d’entre elles… Vous transmettrez mes amitiés à Meredith. Ou vous pouvez bien aller lui faire votre minable numéro de charme, elle y sera bien plus sensible que moi…

Car qui d’autre que l’héritière pour vouloir le détruire à jamais. Elle est bien la seule en ce pauvre monde malade qui a connaissance de sa graine, sa Fille. Alors quoi, par simple vengeance ? Il lui semblait, pourtant, la connaître un rien plus honnête.

- Je dois cependant décliner votre proposition. Je ne tiens pas à être responsable d’un carnage. Et je n’ai par ailleurs pas de quoi vous payer, comme vous pouvez le constater. – Pas le moindre sou. Nul besoin lorsqu’on se nourrit d’un rien et que l’on ne consomme pas. Rien que des vieilleries. Des antiquités. Des tableaux de femmes, pour la plupart. Le sien ne trône sur aucun mur. – Alors puisqu’il n’y a pas d’accord, vous devriez reprendre votre chemin. Et simplement oublier mon existence, je ne tiens pas à être de nouveau au cœur d’une débâcle comme celle que vous avez emmenée avec vous. Je n’aime pas le désordre et les odeurs de l’extérieur.

Il tient suffisamment à son calme bien-aimé pour ne pas prendre à nouveau le risque de le mettre en péril. Et déjà les lianes et racines reculent, se faufilent dans l’obscurité pour délaisser la proie encore fraiche. Le laisser en paix, un temps d’avance pour lui. Ivaldo, en revanche, doit déjà s’en retourner au chevet de la Précieuse. Dans l’ombre, s’écarte et se détourne, laissant l’autre baigné de solitude. Il ne prend pas garde, le prince aux plantes, de si on le suit ou si l’on s’en va, se sait suffisamment maître de sa demeure pour ne pas avoir à craindre les revanches anarchiques d’un pauvre éclopé de métal. Pieds nus et sans un regard pour le sol abîmé, c’est au salon qu’il avait quitté qu’il vient reprendre place. Et extirpe de sous un meuble la graine. Amoncèlement des racines et de peau végétale qu’il vient caresser quand dans ses yeux, une autre flamme danse, envahit de toute la tendresse du monde. Papa est là, tu n’as plus rien à craindre.



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Louie
Le chef des voleurs
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Dim 21 Jan - 22:36


D'épines en floraisons

Avec Ivaldo



L’envie pousse comme une fleur dans son bas-ventre. Chaque attitude, mouvement, regard et geste de l’autre allume en lui un incendie plus effroyable que tout ce que son feu pourrait bien causer. C’est une limite qu’ils s’apprêtent ainsi à franchir, quand la disponibilité d’Ivaldo se laisse presque saisir. Mais déjà la créature recule, lui avec son reste d’être, de feuillage et de plantes, après une caresse qui est presque à le lécher. C’est saisi, séduit et armé que Louie s’apprête à bondir, répondre à ces roulades pour laisser ses hanches lui en inculquer d’autres. Hélas, tout se termine aussi vite que ses promesses allaient se distiller en réponse au monologue de l’autre. Le prénom de la femme tombe comme une gifle puis les lianes le saisissent, sans grand effort, pour mieux le ramener au seuil.

Les portes se referment, il n’a pas le temps d’y frapper de la paume. De lui dire que les paiements se règlent parfois en plusieurs fois. Qu’ils peuvent trouver un arrangement plus appréciable encore que ces pathétiques sous-entendus graveleux. Et qu’il voudrait bien, si Ivaldo veut bien, pencher son visage contre son cou et aspirer tout son suc, le malaxer comme une pâte, le saisir et l’enfourcher, se laisser malmener, mordre et danser, et se tordre et brûler et tout faire pour goûter chaque ersatz de son être complexe.

Mais Ivaldo ne veut pas. Ivaldo accède à sa tranquillité par la force paisible de son entière domination et lui se retrouve ainsi un peu con, un briquet en moins à sa collection. Sans but sans profit sans réussite. Juste bon à faire demi-tour et retourner auprès des sorcières. Les informer péniblement que non, il n’a pas réussi à leur ramener ce qu’elle voulait. Et obtenir dans leurs regards comme une raillerie secrète de bonne femme.

Evidemment, qu’elles avaient d’autres plans. Surtout Meredith, la plus belle et la plus fière. La plus secrète aussi. Le genre de bestiole vénéneuse qu’il ne faudrait pas s’amuser à niquer – d’une certaine manière, elle lui rappelle maman.

Alors Alcazar découvre l’épine. Elle n’est pas physique, elle n’est pas mentale. Elle est plantée comme une écharde, pourfendant l’épaisseur de sa machinerie de métal, de soufflerie d’organes en peau, de toute cette complexité mortuaire, d’androïde en zombie. Elle pique et chauffe et explose à chaque battement de cœur – ça fait comme une sirène.

Et il en devient malade.

Il le revoie dans toutes les lignes d’ombre qu’il peut croiser. Dans toutes les missions difficiles qui pourraient le décapiter. Puis quelque part en Serbie, entrant dans une boutique pour régler une dette, ce fut en fracassant le propriétaire contre l’armoire, qu’il la remarqua.

« C’est quoi ça ? » « Je vais payer frappez plus je vais payer ! » « Nan pas ça, crétin, ça là, dans la vitrine ! » « Hein ? » Un regard effaré. Le type cille. Puis bredouille. « La gelée ? » « Oui la gelée. » « Heu, ça s’illumine quand on marche, c’est mieux que les bougies et » « Ah bah c’est bien ça ! » « Ah bon ?? » « Mais oui ! » Louie rit. « Ah ?! » Et l’autre rit aussi.

Puis le poing du mercenaire s’écrase contre sa gueule.

« Je prends ça mais oublie pas de payer Denis. »





La maison est toujours là, sous son dôme de feuillage et alors qu’il avance, Louie devine les mouvements des lianes extérieures, savantes barrières qui semblent s’entreregarder, du bout des pistils, se demandant sans doute ce que ce crétin fout encore à insister auprès du maître. Mais tant pis, l’entêtement fait partie d’Alcazar comme son penchant pour la dynamite et grimpant le seuil en gratouillant au passage la tête réservée d’une fleur trop curieuse, chat ronronnant sous ses doigts épais, il frappe, trois fois et ulule.

« Ivy ! » Que ça beugle, à en faire frissonner la forêt et le bayou. « Ivy laisse moi entrer j’ai un cadeau ! »

Ivy laisse moi entrer c’est Alcazar.
J’ai une épine à te rendre.








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