[Année 0002] Coupons lui la tête !

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Narrateur
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Lun 14 Mai - 21:21




Malgré la fuite de quelques Androïdes, l'asile continuait sa vie aussi monotone soit-elle. Les défenses avaient été renforcées, ainsi que quelques rebelles matés, afin de pallier à toute nouvelle rébellion. La Reine observait son asile et ces occupants avec un regard acéré - plus personne ne devait partir sans son autorisation. Elle avait œuvré durement pour édifier cet établissement, construire les moindres rouages de son plan. Aucun grain de sable ne devait enrayer la machine.

Dans les couloirs les malades déambulaient, ou demeuraient prostrés dans un recoin bredouillant des mots qui n'avaient du sens que pour eux. La peur suintait des murs, devenait étouffante dès lors qu'on descendait dans le sous-sol. Des choses horribles s'y déroulaient, chapeautées par un homme qui n'avait déjà plus de raison bien avant son arrivée à l'Asile.

Hors de ces murs, les gens continuaient de vivre, ignorant tout de ce qui se passait. Sans quoi l'asile aurait déjà brûlé. Mais des étrangers étaient présents sur les terres roumaines, attirant l'attention des habitants. Ici on n'aimait pas les étrangers, tout comme on évitait de s'approcher d'une sorcière ou d'une fée sous peine d'attirer le mauvais œil.

— Qu'est-ce qu'ils font ici ? souffla une femme, tout bas aux autres commères qui l'entouraient.

Ils venaient renverser une reine - la leur. Et peut-être même lui couper la tête.
---

• Pour les posts, la barrière des lignes est abolie : on privilégie le court, l'action, la discussion. Chacun poste selon ses envies, pas de tour pré-établi.

• L'ouverture reste vague pour que vous ne soyez pas contraints. N'hésitez pas à faire intervenir des PNJs de votre cru, à interagir entre vous.

• Le PNJ agira quand tout le monde aura posté.


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Orphée
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Orphée
Mar 15 Mai - 19:58
Sur la lisière de l'horizon reposait des sapins aigris et géants. Une couronne d'épines qui laissaient entrapercevoir entre deux arbres des éclats rougeâtres. A n'en pas douter, quelques jeunes adolescentes aux cheveux de feux, les dernières grands-mères d'un village abandonné et une grappe d'enfant saucissonné autour d'un tronc abattu avait été jugé, condamné et était en train d'être exécuté pour crime de malveillance, de peur, d'instincts sanguinaires provenant de l'homme.

Au centre de ce paysage tristement réchauffant trônait un édifice imposant et pourtant délabré par endroits. Il était aisé de voir que de grandes choses s'étaient produites en son dedans. Que des personnalités importantes y avaient reposés. Des hommes fortunés sans passion s'étaient adonnés à l'entretien et l'élaboration de ces minutieux détails dans les murs. Quelques grands artistes jardiniers avaient un jour taillés dans les buissons haut de deux mètres parfois des guerriers soufflant dans le cor de la victoire, découpant des princesses d'une beauté troublante.

Maintenant, les murs n'étaient plus que gloires passées. Et les célébrités végétales s'étaient vu mutilées par les jeunes pousses rebelles et démembrées par les malsains d'esprit.

A quelques kilomètres de là se trouvait un homme le regard plongé dedans. Il était imposant mais n'était pas spécialement grand. Un long manteau de nuit recouvrait ces membres et se délassait sur le dessus de ces pieds. Ces mains, tout comme son visage était caché dans les ombres qu'il se créait lui-même.

Un visage de mort patientait. Toute chose avait sa fin. Rien n'était prémédité mais chaque être, chaque événement avait sa fin d'inscrit à sa naissance. La fin était le but. Et la patience résidait dans cet homme au cheveux blancs, aux nuances grises semblables au linceul qui recouvrait ce pays maudit.

-

Orphée attendait. Au milieu d'une route de terre. L'asile étant retiré du village le plus proche, comme un pestiféré que l'on excommuniait, rien ni personne n'interpellait, si ce n'était des éructions à son encontre.

Seul au milieu d'un pays qu'il ne connaissait que de quelques légendes, d'une rumeur forte intrigante sur cet endroit et d'une très certaine localisation d'une Reine, seul, il attendait l'arrivée de quelqu'un, n'importe qui.

Il était la situation initiale. Devait maintenant intervenir l'élément déclencheur qui, comme une bille sur une pente, se dirigerait avec sa joie malsaine vers un château de cartes qui refusait obstinément de tomber sous les caresses du vent et des tremblements incoercibles de la vieille table de bois.

Alors il marcherait telle une armée assiégeant un fort, se glissant sous les charpentes tel un sapeur, brûlant chaque toit de pailles du feu dévoreur de sorcières. Et enfin, il entrerait et ferait grande impression dans la salle royale de la Reine. L'épée sanglante à la main, il attendrait, un sourire en coin, qu'elle daigne lui tendre son cou afin qu'il l’exécutât et que son sang remplisse la lie de ces chaussures.
Orphée
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Une inconnue
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Une inconnue
Mer 16 Mai - 13:34
Mais que me veut-tu jolie rose ? Pourquoi es-tu ainsi posée sur mon coeur, attends-tu qu'il batte comme avant, dans un rythme lent, qui repousse ses vitesses et ses sens de lionceau ? Tu peux rêver je crois, jolie rose, il n'est plus que trépidants sursauts, dans son royaume sucré, il ne vit que pour eux, que pour moi, tu peux t'en aller, jolie rose, si tu crois qu'il t'accordera le bonheur, va-t-en vite, avant de te mourir sur ma poitrine ! Tu n'as rien à faire ici si tu ne veut pas faner avec ma peau, oui, tu vas vieillir, comme moi, comme tout le monde, mais ne t'en fais pas, tu seras toujours jolie, jolie rose. Même ridée comme une vieille figue, tu auras toujours cette allure de princesse, que je t'envie en te disant de partir, oui, ne risque donc pas ta beauté en ces lieux périeux qu'en mon âme.

Je t'ai peut-être cueilli hier, ou quelques heures avant ce nouveau réveil, qui sait. En tout cas, tu es bien là, et je te remercie d'embellir mon matin si fade, ton odeur est une perpétuelle délivrance perpétuelle dont je ne me cache pas, humant l'air comme une insensée. Jolie rose, je crois qu'il faudrait qu'on se lève, nous ne sommes pas venues... enfin, je ne suis pas venue ici pour rien, la Roumanie ne m'est pas inconnu mais la découvrir une nouvelle fois me tente beaucoup, alors pourquoi rester dans cet hôtel miteux ? Je crois aussi que nous avons beaucoup mieux à faire, puisque tu n'écoutes pas mes avertissements, tu viens avec moi.

Je coince délicatement la fleur dans mes cheveux, et prend doucement le pas de la porte, me déshabillant, me rhabillant, une robe fleurie, comme habituellement, je ne suis qu'une enfant après tout, et puis, tout le monde aime les fleurs, moi avec.

Je sors ensuite de ma demeure périodique et marche en sautillant là où me guide mon coeur, il ne me guide nulle part en fait, rien ne me semble intéressant, le temps se pend autour de moi, les rues sont si calmes, entrecoupées de quelques cris d'enfants, mais elles le sont tout de même trop. Je n'aime pas ça, je n'aime pas lorsque le vent ne se bat pas avec le soleil, quand il n'y a personne pour essayer d'attraper les feuilles qui s'envolent, que le monde est planté sur une pause affreuse. Je veux bouger, je veux vivre, savoir que je vis.

Je m'arrête enfin, un peu plus tard, devant un bâtiment, immense, délavé, sans saveur, mais plus vivant que tout le reste, mon corps frémit sous sa présence angoissante mais mon coeur bat plus vite que jamais, excitée à l'idée de découvrir de nouveaux mystères, je le rapproche en faisant tourner les volant de ma robe tout autour de moi. Je n'en vois pas plus, mais comme j'ai envie d'entrer, de pénétrer dans le secret...

Un homme est présent, peu loin de moi, il me fait penser à un fantôme, ceux qui reviennent de l'haut delà, pour faire je ne sais quoi. Je m'approche doucement, le plus discrètement possible, et je ne dis plus mot, patientant, qui sait là encore, peut-être le ciel m'apportera-t-il quelque réponse que veuille. Ou peut-être bien lui, juste à côté.
Une inconnue
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Hansel Fogel
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Hansel Fogel
Mer 23 Mai - 23:54
Deux ombres se tenaient la main, longeant le canal sale, recouvert par divers déchets flottants. Des branches, des outils, de l'acier, beaucoup d'acier flottillaient de ci de là, se coinçant entre les différents éléments ornant la berge. Retenant une crasse homogène de par leurs racines, une rangée de sapins décharnés offraient un bien piètre paysage. Nous étions loin de la préciosité et de la finesse de la France. Cette misère comparable à celle de l'Allemagne semblait pourtant si différente. Malsaine. L'endroit aux accents de l'Est si typiques et empreints de jovialité ne laissaient qu'une trace d'amertume nauséabonde.
Hansel contempla les diverses usines qui se dressaient au loin, aussi nombreuses que les églises, reconnaissables à leurs formes conventionnées et à leurs grandes cheminées.

Hansel resserra sa poigne sur le col de son manteau. Il faisait frisquet ce matin et la pluie fine qui se déversait par alternance n'arrangeait rien au micro-climat qui pesait dans la région.
L'homme marmonna pour lui-même.
"- Si Dieu existe, alors ces trucs là, au loin, c'est l'Enfer..."
Sa soeur l'entendit mais se tut. Rien ne lui venait, les mots étaient absents face à ce paysage dévasté. Quelques éclats de la grandeur passé du pays subsistait cependant de par la richesse des anciens édifices, écrasés par l'immensité d'un autre style, noir et crasseux, brillant de nouveauté et de surprises.

Pendant une demi-heure, ils suivirent à pied le chemin qui se dessinait au fil de leurs pas. Ils ne faisaient que suivre la trace du musicien; il ne les avait quittés que trop tôt, au goût de Gretel.
L'usine? Hansel ne la connaissait que trop bien. On lui avait appris le travail à la chaîne quand ils manquaient d'argent pour subvenir à leurs besoins. C'était froid, terne et répétitif. C'était silencieux, parfois ça hurlait; les accidents survenaient souvent. Mais là, c'était autre chose, une façade. Il le pressentait. Où était donc les ouvriers? Ils n'avaient croisés qu'un habitant, quelle activité pour un pays de cette envergure. Quelque chose de bizarre se tramait, ils en étaient sûrs..."c'était" trop calme et cela ne pouvait qu'expliquer la présence d'Orphée en ces lieux.

Quittant les lieux désaffectés, ils reprirent leur route jusqu'au village suivant, celui de la seconde sorte d'usine, bien décidés à découvrir les secrets que les environs recelaient. Et pourquoi pas, mettre la main sur Orphée?
Hansel Fogel
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Jeu 24 Mai - 18:55
    Citation :
    Comme on a pas d'autres participants pour le moment, j'interviens avec le personnage d'Alice. J'espère que ça vous conviendra.

    Aussi sombre, glauque et infect que soit l'asile, c'était ce qui se rapprochait le plus d'une "maison" pour Alice. Pauvre Alice à la mémoire trouée, aux souvenirs enfuis de par le monde sur les ailes des chauves-souris. Après l'incident de la foire en Russie et autres mésaventures, l'Androïde était revenue au pays. Elle voulait revoir le Chapelier, lui dire qu'elle avait réussi, qu'elle avait sauvé deux de ses semblables. D'ailleurs elles étaient parties avant elle, via les trains. Elles avaient du raconter l'histoire de leur libération et c'est une récompense qui attendait Alice.

    Mais quelque chose n'allait pas. Il y avait un grain dans les rouages, grippant toute la machine si bien rodée. Alice les avait vu, ces étrangers. Tout le monde les avait vu. Un Roumain sent quand un étranger est dans les environs, et il tâche de l'éviter au mieux, ne lui lançant pas même un regard. Car l'étranger porte le mauvais œil, et la malchance.

    Celle aux cheveux blonds l'intriguait plus particulièrement. Toute seule, tournoyant dans ses robes, elle était légère, gracile. Et sentait dangereusement la magie.

    L'image fugace d'une femme mûre traversa l'esprit d'Alice tel un mirage. Souvenir d'une vie d'avant, oubliée, détruite.

    Alice s'était approchée de Lara, Lara et ses boucles d'or, et son parfum écœurant. Car rien n’écœure plus un Roumain que l'odeur de la magie. Sans se présenter, faisant face à elle sans se soucier des autres étrangers dans les environs, Alice lui jeta ces mots au visage :

    — Tu pues la magie. C'est... écœurant. (Alice avait plissé le nez, en se penchant vers Lara, cherchant la source d'une telle puanteur) Tu veux mourir jeune ? Même la plus idiote des fées sait qu'elle doit éviter de passer par ici.

    Alice écarquilla les yeux - elle avait trouvé la source. D'une main rapide, sa main d'acier, elle attrapa le trousseau caché dans une des poches de Lara. Le passe-partout pendait de ses doigts, scintillant de magie, véritable lampe dans cette grisaille roumaine.

    — Mieux vaut t'en débarrasser.

    Les doigts d'acier se refermèrent sur l'objet, cherchant à le briser.
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Jeu 24 Mai - 20:34
Orphée avait tourné la tête quand il avait entendu une femme parler à une autre étrangère. Seule et uniquement sa tête avait tourné grâce aux muscles de son cou. Du point de vue des deux filles, son visage, traits caractéristique du crâne humain plongé dans les ténèbres de sa fine et grand capuche noire, devait être effrayant. L'atmosphère que déversait l'asile était un supplément au charisme naturelle de l'envoûteur.

Ces mains étaient cachés derrière son long manteau noir à l'image de la bure des moines. Les quelques paroles de la femelle anti-fée étaient le levier qui actionna les rouages de l'habitude. Sa main se rapprocha de sa longue et froide flûte traversière mais personne ne put voir cette action. Il aurait fallu connaître Orphée comme un compagnon de voyage avec qui l'on a voyagé des mois et des mois. Et cela, personne n'en avait eu l'opportunité, l'expérience.

Déjà ces yeux observaient les évènements nouveaux. Une jeune femme blonde, une rose dans les cheveux. Sa position n'était pas très loin de la sienne. Si proche qu'il le ressentait dans une zone qui commençait à lui être intime. Une zone dans laquelle il était obligé de se sentir attaqué. Mentalement essentiellement. Ces yeux gris bleutés regardèrent le sol. Il put voir dans la terre humide des empreintes de pas qui s'étaient rapprochés de plus en plus. Elle avait donc essayé de s'approcher de lui. Il n'avait rien entendu, il devait s'être plongé dans un état proche du sommeil pour sa personne. Un état dans lequel il se sentait statue de pierre sur lequel le Temps glisse sur lui mais ne l'atteint pas. Il devenait insensible au monde qui l'entourait, il s'en désintéressait totalement et cela devenait dangereux pour sa vie.

*Je n'ai que faire de ma vie... Je n'attends que ce moment où je pourrais de nouveau posé mes lèvres sur ces lèvres froides et mortelles... *

La seconde femme était d'une beauté froide. Toute comprimé dans un corset bleu nuit et de sangles brillantes. Ces longs cheveux accentuaient ces yeux froids et lourds d'un passé tragique. Elle parlait sans détour et faisait fi de son environnement, son entourage.

*Qu'est-ce que cet artefact ? *

Puis une deuxième pensée vint vite remplacée la première :

*Est-ce un moyen d'entrer dans l'Asile ? *

Il releva les yeux afin d'observer le déroulement de la situation lorsqu'il s'aperçut de la présence du frère et surtout, de la sœur Fogel. Leur rencontre s'était finit trop rapidement et il n'avait eut le temps de réagir comme il le voulait. Il se rappelait la tente prenant feu, le regard excité par toutes ces flammes dans l'oeil de la sœur. De son côté, il sentait l'envie monter, monter, devenir irrépressible. Il fallait qu'il souffle dans sa flûte. Il devait jouer sur cette nouvelle scène et mener ces nouveaux figurants dans un jeu dont il ne pourrait plus jamais atteindre cet état d'excellence.

Et le videur était arrivé. Il l'avait attrapé comme on attrape un vulgaire sac de patates. Tout sa créativité malsaine s'était évaporé. Toutes ces envies ainsi que la ligne musicale naissante dans son esprit avait pris la porte de derrière, soufflé par un vent violent et imprévisible.

Depuis, il avait quitté la scène sans un regard en arrière. Il avait oublié Irina, cette femme qui l'avait tant séduit avec ces bras supplémentaires et sa beauté si métallique. Preuve en était encore une fois que la forme d'amour la plus pure et la plus magnifique était de celle qui ne pouvait fonctionner.

Il avait quitté la scène, le parc d'attraction et s'en était allé à bord d'un carrosse vers l'Asile. Un établissement secret dont les rumeurs couraient de plus en plus folles.

*Une Reine se cache, se manipule, se cloitre dans sa demeure.
Une fureur se tapit, se manipule et ne restera longtemps dans mes tripes.
Chère Reine, il est temps de mourir. Je suis juge et bourreau.
Esclave de mes vils pulsions et de mes sentiments. *


Le reste de son corps suivit alors le mouvement de sa tête. Il se présenta aux nouveaux comédiens. Il était le maître d'orchestre. Il avait la baguette que tout le monde suivait des yeux pour vérifier qu'il était dans le bon rythme. Un bâton si magique que celui qui posait les yeux dessus rien qu'une seule fois ne pouvait plus s'en détacher jusqu'à ce que sa prestation soit terminé. Jusqu'à ce que la plus petite parcelle de ces forces l'ait quitté et que le dépérissement devienne le lit dans lequel il s’endorme et ferme les yeux.

Sa main sortit la flûte du dessous de ces vêtements. Le bec vint se ficher dans sa bouche. Ces doigts longs et fins vinrent boucher les trous dans une symphonie lente, grave et funèbre comme le paysage le requérait.

Des notes qui vinrent se ficher dans les cerveaux de ces deux demoiselles. Il ne s'intéressait pas aux Fogel. Il décidait d'ignorer complètement la sœur en particulier. Il était sur qu'elle serait assez lucide pour voir claire dans son jeu. En lui refusant toute marque d'attention, l'humain se sent délaissé et inutile. Il possède seulement deux options pour affronter cette réalité : petit un, se laisser aller à la mélancolie et la solitude ; petit deux, s'énerver, déverser ces sentiments et finir dans la solitude. Il était certain qu'elle se trouvait dans la deuxième catégorie.

Son envoûtement lui permis de prendre dans la main ouverte d'Alice le passe-partout.

Citation :
Et les mots et l'inspiration coulèrent sur les touches de son clavier...
Mais il n'y eut pas un seul regard en arrière pour voir le chemin qui avait été parcouru...
Orphée
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Gretel Fogel
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Gretel Fogel
Dim 27 Mai - 18:09
Curieuse fut la scène qu'ils purent apercevoir de leur lointaine position. Un bâtiment gigantesque et sans attraits, au kilométrage infini, s'étendait sur tout le périmètre, écrasant de sa puissance majestueuse les foetus d'habitations et boutiques alentours. Ce n'était pas une usine mais c'était tout aussi laid d'après Hansel.


"- Celui qui a conçu cet édifice n'avait visiblement aucun goût. Quel manque d'esthétisme. N'empêche, il y a de quoi se faire un max' d'argent ici, avec toute cette ferraille et ce cuivre. On trouverait facilement des acheteurs, ne crois-tu pas?"


Alors que le regard d'Hansel se perdait sur la façade au loin, Gretel dévorait des yeux les petites marionnettes stationnant devant le monstre grisonnant. Elle l'avait trouvé le coquin, et en charmante compagnie de surcroît. Il lui semblait reconnaître le visage de l'une des figurantes mais elle n'aurait pu le confirmer à cette distance.

"- Notre homme est ici, Hanschen, avec possiblement l'une de ses complices. Restons-là et observons."

Les petits personnages commençaient à s'agiter au loin, le lieu perdait de son insidieuse plénitude. Le premier acte se jouait sous les yeux plissés de la jeune allemande, elle savait reconnaître une agression pour en avoir perpétré par dizaines. Pourtant, ici, la violence était mise de côté. Elle s'avança prudemment avec son frère afin d'avoir une meilleure vue des évènements. Analyser la situation avant d'intervenir était primordial, toute erreur peut se retourner contre vous, voire vous être fatale.

Il s'avérait qu'Orphée manipulait et subtilisait des objets à ses victimes grâce à sa flûte enchantée.
La jeune femme lâcha la main de son frère et tout en surveillant du coin de l'oeil les moindres mouvements du malfrat, s'adressa à lui.

"- Il se trame quelque chose de louche et ce fieffé voleur ne m'inspire ni respect ni confiance. Laissons-le faire, nous avons tout le temps d'agir.

... Nous aurons tout le temps de choisir notre camp le moment venu."
Gretel Fogel
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Océana
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Océana
Sam 2 Juin - 13:25
Chaque minute passée à s'enfoncer plus avant dans ce pays froid et morbide renforçait le malaise d'Océana. Si ça ne tenait qu'à elle, elle serait retournée se prélasser sur les plages de sable doré d'Espagne, ou occupée à préparer un énième cocktail pour une énergumène en quête de repos. Mais malheureusement, ses compagnes Sorcières étaient également concernées par les tristes nouvelles qu'elle avait glanées au cours de son séjour en Russie.

La plèbe pouvait dire ce qu'elle souhaitait, que les Sorcières n'étaient que des garces privées de cœur, uniquement intéressées par leurs propres objectifs, et que le commun des mortels ne valait rien à les yeux, la communauté de ces pratiquantes de sorcellerie était unie et soudée. Et l'idée que quelqu'un produisait ces "Androïdes" était franchement inquiétante.

C'est pourquoi Océana, de retour à sa chambre d'hôtel, s'était empressée de rédiger une série de lettres, qu'elle expédia à ses sœurs. Elle entreprit ensuite un voyage malheureusement long et mortellement ennuyeux en direction de la Roumanie, ce pays maudit, et suite à quelques informations arrachées par divers moyens peu recommandables, elle avait réussit à retracer la location du bâtiment qu'elle cherchait.

C'est ainsi qu'elle se trouvait devant l'immonde bâtisse, ravagée par le temps, dont les jardins semblaient issus de l'imagination torturée d'un artiste peu recommandable. Elle ne fut pas surprise de constater que l'aura du bâtiment, bien loin d'être éteinte, brûlait d'un feu noir et répugnant. Elle ne savait pas encore ce qui l'attendait dans la bâtisse, mais ce ne serait certainement pas un comité des plus chaleureux.

Ce qui n'était clairement pas prévu, en revanche, fut la présence des autres individus. Ils semblaient s'adonner à une quelconque activité, qu'Océana ne parvenait pas à identifier. Elle s'approcha de quelque pas, pour mieux les observer, tout en gardant une certaine distance de sécurité.
Océana
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Lun 4 Juin - 10:19
    Spoiler:
     

    Alice n'avait pas eu le temps de comprendre, de réagir que la musique l'enveloppait. Musique envoûtante qui bridait ses sens, la plongeait dans une atmosphère cotonneuse. Elle ne pouvait pas bouger, son coeur même semblait avoir cessé de battre. Elle vit sa main se dé-serrer, le passe-partout passer dans les mains d'un homme. Homme bien curieux avec ce tatouage sur son visage - il ressemblait à un mort revenu parmi les vivants.

    — Qu'est-ce... ?

    Sa voix résonnait, enrouée, dans ses oreilles. Alice avait la gorge sèche, le cerveau en marmelade et le corps tremblant. C'était comme si on l'avait immobilisée pendant des heures, empêchant le sang de circuler. La jeune femme déglutit, recula de quelques pas. Cet homme était dangereux.

    — Qu'est-ce qui vous a pris ?

    Il aurait put être fascinant cet homme s'il n'y avait pas eu cette musique. Alice qui croyait que sa nature d'Androïde lui permettrait de mieux se défendre venait de trouver plus fort qu'elle. Et les mots du Chapelier lui revinrent, des mots qui l'avaient blessé : "Tu es incomplète, une erreur, car tu as encore de l'humain en toi, de la sensibilité. Fi, de la sensibilité, à quoi sert d'avoir un coeur ?" Et maintenant elle comprenait mieux. Oui, elle n'était pas la parfaite Androïde qu'était Vasile. Mais elle pouvait encore être utile.

    — Vous sentez la Mort... Tout comme elle. (Alice avait vu Gretel s'approcher, et tendait le doigt vers elle) Que venez-vous faire sur ces terres qui ne sont pas les vôtres ?

    Oh, bien dommage qu'elle ne sache pas lire dans les esprits, Alice. Elle aurait vu alors ce qui se tramait et elle aurait compris toute l'horreur qui se présentait à ses yeux.
Alice Liddell
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Orphée
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Orphée
Mar 5 Juin - 17:02
"A quoi sert cet objet ?"

Orphée n'avait pas jouer sur le silence cette fois-ci pour répondre à son interlocuteur. A peine Alice avait-elle posé sa question qu'il posait la sienne.

Le musicien attendait une réponse de l'androïde. Car celle-ci semblait posséder plus de caractère. Il lui paraissait alors logique de traiter avec cette personne car les émotions et les actes seraient plus forts. Ce qui impliquait une brisure dans la monotonie de sa vie ces derniers temps. Une source de plaisir.

*Je suis toujours à la recherche d'un plaisir. J'ai besoin de ce sentiment pour combler le gouffre dans mon âme causé par un amour impossible... un amour mortuaire. *

Confiant en sa personne, le bras tendu d'Orphée exhibait le passe-partout volé deux fois. Sa main était comme un plateau et aucun de ces doigts ne venaient enserrer l'objet. Un véritable affront à la voleuse qu'était Alice. Il la mettait au défi de lui voler ce qu'il lui avait volé.

Par contre, son regard n'avait toujours pas croisé celle de la faiseuse de feu. Une exultation commençait à naître dans son esprit. L'artiste qu'il était jouait sur deux scènes simultanément : la première qui était centrée sur cet objet et ces deux femmes, la deuxième en une confrontation sourde et indirecte avec Gretel.

"Cette femme ne sent pas la Mort. J'aime à penser que seul moi ait pu goûter ces froides lèvres. Mais, immortelle qu'elle est, ces conquêtes doivent être immortelles..."

Son regard n'avait pas bougé de celui de l'androïde. Il ignorait inconsciemment la première porteuse du passe-partout, le frère d'Hansel et, consciemment, ignorait le rôle et l'avancée de Gretel.
Orphée
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Gretel Fogel
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Gretel Fogel
Jeu 7 Juin - 14:23
Décidément, cet adversaire de taille lui plaisait et rien ne l'empêchait de se divertir avec. On ne joue pas avec la nourriture or cette fois-ci, rien ne l'y empêchait. Orphée n'était pas son gagne-pain, seulement l'être ayant osé la défier. S'il y en avait bien un qui avait survécu au charme mortel de Mlle Fogel, c'était lui. Eh non, pour Gretel, il était hors de question que cela se termine ainsi.

"Au plaisir de vous revoir" avait -elle marmonné au milieu des flammes qui l'animaient, son frère inconscient toujours au sol. Puis la main d'Hansel avait émis un soubresaut et comme par magie, l'âme meurtrie de Gretel s'était calmée, mettant fin aux larmes flamboyantes léchant, de par leur sève, le parquet et les rideaux de la vieille roulotte. Le clou du spectacle s'était achevé mais la jeune femme avait une revanche à mener. Seul un pan de la bâtisse avait échappé au désastre, un cercle parfait, d'une pureté qui défiait les lois de la nature. La police n'avait su expliquer la cause de l'incendie ni cette absence de marquage au sol. On en avait conclu au vol d'un objet lourd, bien que le forain ne déplora aucun larcin hormis l'absence de ses créatures.

Et voilà que le jeune homme énigmatique se trouvait ici, sous ses yeux. Ho que oui, il l'avait mise au défi et qu'elle l'avait traqué, glanant quelques informations à droite et à gauche. Quand on a un faciès comme le sien, il est bien plus difficile de passer incognito. "L'homme à la tête de mort", "la Mort", "l'Ombre", de tels descriptifs ne trompaient pas les Fogel. Il s'agissait bien là de son homme. Celui qu'elle aurait le plaisir de tuer.

Aux yeux de la jeune femme, chaque mort ne faisait que racheter la sienne. Tous étaient coupables de sa condition, de son état. Et même si rien ne pouvait effacer le passé, si une mort ne soulageait guère son esprit, au moins, la Faucheuse était son employeur et la faisait gracieusement vivre; avec son frère pour compagnon. Ce frère qu'Orphée avait tenté de briser pour la détruire, ce qui faisait de lui, l'homme à abattre. Néanmoins, il la captivait et elle aurait presque pû éprouver de la peine de devoir le tuer aussi vite.

Des poches usées de son long manteau aux pans relevés, Gretel en ressortit une énorme boule de coton qu'elle découpa en quatre parts égales et dont elle tendit deux gros morceaux à Hansel.
" - Tiens, mets ça. "
L'homme saisit les deux bouts blancs posés au creux de la mitaine en laine et fixa la première dans son oreille tandis que sa soeur lui tenait un rapide discours.

" - N'oublie pas Hanschen..." La main de la jeune femme vint se poser sur son bras libre. " Tu ne les enlèves sous aucun prétexte tant que je n'ai pas fait le signe convenu. En attendant, tu suis mes instructions et tu restes en retrait. Ne sois pas effrayé par cet homme et n'aie pas peur pour moi. Il n'est que fard à la lumière du jour et son coeur est sombre mais il reste néanmoins humain. Brise son instrument et il n'est plus que vent."
Une lueur de désespoir s'alluma dans les pupilles d'Hansel, la confiance qu'il avait en sa soeur ne suffisait pas à le rassurer sur le déroulement des évènements. Il se souvenait parfaitement de la migraine que l'homme avait produit chez lui et sa...faiblesse. Il lui semblait tout à coup être un poids pour sa soeur, ce qui le blessa.

La jeune femme sentit l'inquiétude de sa moitié et resserra doucement sa poigne sur le bras d'Hansel, le berçant de paroles apaisantes.
"- Tu as vu de quoi j'étais capable à la foire. C'est ainsi que j'ai vaincu la sorcière et c'est ainsi que nous vaincrons encore une fois, ensemble. Promis, rien ne pourra plus jamais nous séparer. " Le silence se fit puis Gretel reprit d'un ton déterminé. "Maintenant, marche dans mes traces, enfonce bien la deuxième boule dans le creux de ton oreille et n'intervient que sur mon ordre."

Après avoir vérifié qu'ils ne pouvaient plus communiquer que par des gestes fluides, leurs corps se mirent en mouvement et partirent prudemment à la rencontre du danger, prêt à riposter à la moindre offensive.
Gretel Fogel
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Un inconnu
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Un inconnu
Ven 15 Juin - 15:55
Houa ! Quel pied, rarement Jilis avait atteint un tel niveau d'Euphorie, les champignons hallucinogène avaient bien fait leurs effets et l'avaient transportés dans un monde ou tout n'est que folie, mais a présent, la tempête de fleur s'étant calmée et les arbres qui chantent s'étant tût, il lui fallait savoir où il était. Jilis regarda autour de lui, il était dans une forêt, que faisait t'il diable dans une forêt ? L'air était frais, et les poils sur les avants bras nu de l'homme se dressèrent, drôles d'histoire tout de même... il avait ingurgité les champignons environs 5 heurs auparavant dans un restaurant de piètre qualité, il avait demandé au chef de les lui cuisiné en omelette, celui ci avait accepté en ronchonnant et les effets du produit avaient commencé a peu près 1 heure après le repas, pendant ce laps de temps il avait fait une ballade digestive dans le village, il ne saurait pas dire dans quel direction se trouvait le hameaux, il ne se souvenait plus de rien, du moins de rien de concret.

Tout d'un coup il se rendit compte qu'il était assis, adossé a un abre, il se releva, se dépoussiéra et décidât de marcher tout droit sans tourner, il finirait bien par trouver la fin de cette forêt, ou quelques traces de vie humaine, ainsi à peine un quart d'heure plus tard il montait une colline, laissant le bois derrière lui, une fois en haut il scruta l'horizon et fut déçu de ce qu'il vu, a par un vieu et gros bâtiment gris, il ne n'y avait pas la moindre trace d'agglomérations. Il sortit sa pipe de sa besace, la bourra d'herbe et tira quelques longues bouffées avant de déclaré pour lui même

Quel foutus pays !

Il fit un premier pas, puis un deuxième, puis un troisième et ainsi de suite en direction de ce gros bâtiments, espérant trouver la bas quelques personnes civilisées a qui il pourrait demander de l'aide.
Un inconnu
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Jeu 21 Juin - 0:11
Il ne saurait dire ce qui l'avait poussé à sortir de son bien-aimé sous-sol, une impression, peut-être, une intuition, sûrement... Mais le voici, vêtu de son grand manteau gris-bleu, qui arpentait les couloirs, accordant à peine un regard ennuyé aux individus qu'il croisait. Des malades, pour certains, pour d'autres, des Androïdes. Tous évitaient soigneusement d'attirer son attention et conservaient une distance respectable avec Vasile. Sa réputation dans l'asile n'était plus à faire et tous se savaient sur la sellette. Du moins, tous ceux qui avaient encore suffisamment de lucidité pour s'en rendre compte, voir tenter de s'y soustraire. Les cobayes volontaires, ou au moins obéissants, étaient devenus une denrée rare et beaucoup de ses belles expériences avaient tentés de se sauver.

... Un tel gâchis de si belles créations...

Rangeant dans un coin de son esprit toutes ces sombres pensées, Vasile longeait maintenant un corridor du premier étage et lorgnait les fenêtres qui offraient une vue plongeante de la cour et d'au-delà. Il discernait un petit nombre de personnes attroupées devant l'entrée. Curieux, il se posta devant la fenêtre centrale, ignora les grognements d'un malade qui passait derrière lui et observait le petit groupe qui s'activaient en contrebas.

Bien sûr, c'est sans peine qu'il reconnût Alice. Elle était donc enfin revenue de la mission qui lui avait été confiée... Toute imparfaite qu'elle était, Vasile n'oubliait pas qu'elle pouvait avoir une certaine utilité quand il s'agissait des affaires de l'asile.

Elle était entourée de quelques autres protagonistes à l'aspect remarquable, un homme à tête de mort, flûtiste de surcroit, d'un duo de blondinets et d'une jeune demoiselle, blonde elle aussi. D'autres se tenaient plus en périphérie du petit groupe.

Des étrangers. Ceci associé aux rumeurs qui couraient dans l'asile sur des potentielles fuites quant à leurs activités... Pis ! Sur un danger qui pesait sur la Reine, voilà de quoi éveiller l'intérêt du plus chevronné des chercheurs. Hé, plus de Reine, plus d'asile. Plus d'asile, plus de cobayes pour Vasile. C'était suffisant pour le faire sortir de son trou.

Enfin, le Chapelier n'était pas inquiet. En cas de besoin, Alice, si décevante qu'elle pouvait être, supplantait n'importe lequel de ces déchets.

Et quelle ne fut pas sa surprise de voir sa chère création faire un pas timide vers Sieur tête-de-mort et lui tendre un objet brillant qu'il ne reconnaissait pas. Il fronça les sourcils, il n'aimait pas ça. En des temps troublés, mieux valait éviter les étrangers et les ennuis qu'ils trimballaient avec eux. Il tritura le bord élimé de son chapeau, l'enfonçant un peu plus sur ses cheveux ébourifés. La jeunette tournait maintenant sur elle même, comme si elle s'était perdue.

Décevante, vraiment.

Vasile se tourna légèrement pour capter le regard d'un des employés, androïdes également, qui faisait partie de ceux qui étaient restés bien gentiment au bercail. Une autre de ses dociles créations, un esprit bien trop simple pour seulement songer à se rebeller. Sorin. Une belle fabrication, ce Sorin, avec sa feuille de cuir et d'acier sur la partie gauche de son crâne et sa jambe mécanique...

" Sorin... Préviens les autres, qu'ils se tiennent prêts : il se peut qu'on ait de la visite. Pas sûr que la Reine les apprécie ceux-là. "

Tandis que Sorin s'éclipsait dans un craquement métallique, Vasile dépêcha un autre employé aux mains cuivrées de prévenir la Reine Rouge. Son devoir accompli, il reporta son attention sur la cour, où une partie du groupe entamait un bien dangereux manège...
Vasile Duca
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Océana
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Océana
Sam 23 Juin - 21:36
Les sens en alerte, Océana observait l'échange ayant lieu entre les différentes personnes réunies non loin de l'asile. Ils dégageaient tous un curieux air familier, qu'elle mit un certain temps à identifier.

Elle reconnut les personnes réunies à la foire, en Russie, les deux blonds et cet homme au visage si lugubre. Ce dernier maniait visiblement une flute enchantée, capable d'envouter ses victimes... La sorcière prit note de ce détail, au cas où les évènements venaient à s'envenimer. Par mesure de précaution, elle prépara mentalement une série de sortilèges, prête à se protéger des envoutements sonores de la flute, ou à les dévier, en cas de nécessité.

Elle décida de les considérer comme peu intéressants, du moins pour le moment, et reporta son attention sur le bâtiment. Elle vérifia s'il était possible de voir quelque chose à travers les fenêtres, mais elles étaient trop abimées ou sales pour offrir un quelconque indice.
La Sorcière s'approcha lentement de l'asile, jetant des regards nerveux, guettant le moindre mouvement, extérieur comme intérieur.

Lorsqu'elle fut rassurée, elle laissa sa magie s'étendre, lui permettant d'entendre dans un rayon et avec une acuité bien plus importants qu'auparavant. Après avoir sondé une grande partie du bâtiment, sans succès, elle faillit abandonner ses fouilles, mais un bruit qu'elle avait d'abord attribué à un volet claquant attira de nouveau son attention. Elle se concentra d'avantage, mais n'entendit que les derniers mots d'une phrase : "... apprécier ceux-là".

Elle fronça les sourcils, et chercha des yeux la source de la voix. C'est alors qu'elle aperçut une ombre, penchée sur la vitre... Une ombre qui semblait diriger son regard vers le groupe rassemblé en contre-bas.

L'effet de surprise ne serait pas avec eux, songea Océana avec inquiétude.
Océana
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Un inconnu
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Un inconnu
Sam 23 Juin - 23:34
Jilis en avait plein les pattes, du haut de la colline l'étrange bâtiment lui avait parus si proche, et pourtant cela faisait bien une heure qu'il marchait, il en était à sa troisième pipe quand il put enfin toucher les pierres froides de l'édifice, encore fallait t-il trouver l'entrée, ainsi il commençât à contourner le bâtiment quand...

Mais ? Qu'est-ce que ? Cette musique étrange, je... How !

Il se laissa aller, cette musique au notes grave rentrait en lui et n'en ressortait plus, il ne pouvait plus penser ni parler, le plaisir qu'il ressentait était indescriptible, on aurait pu le comparer a quelques centaines de lames froides infiniment fines et aiguisées, qui transperçaient son corps de toute part, il n'y avait pas de mot pour décrire cette nouvelle sensation.

De la ou il était personne ne pouvait le voir, et il n'avait vue personne, il ne lui aurait pourtant fallu que quelques pas, pour continuer a longer le mur, tourner à son extrémité et ainsi voir qui était l'auteur de cette merveille, mais Jilis n'en fit rien, il prenait son pied !

Puis, la musique se stoppa net, Jilis tombas raide et resta quelques secondes par terre, quand il se releva, il ne lui restait plus rien de ce merveilleux moment, si ce n'est qu'un de ces plus doux souvenir. Il lui fallait à tout prix savoir qui ou quoi était à l'origine de cette nouvelle drogue, il ramassa sa pipe et se mit à marcher d'un pas précipité; il tourna à l'angle, un petit groupe de gens étaient occupés à tailler le bout de gras, ne ce souciant ni de qu'ils étaient ni de ce qu'ils faisaient ici Jilis posa cette question :

"Qui a fait sa !?
"
Un inconnu
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Orphée
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Orphée
Mar 26 Juin - 18:56
Il se languissait de la situation. Celle-ci semblait s'être envoûté dans des sables mouvants. Il y avait toujours plus de personnes qui venait voir les gens gesticulant. Ils approchaient d'un peu de trop près et plongeaient au-dedans également.

C'était ennuyeux.

*Il me faut faire avancer les choses. Je ne supporte plus cette attente alors que tant d'aventures passionnantes m'attendent dans ce gris édifice ! *

Sa tête se tourna vers l'Asile et, pendant un bref instant, il eut l'impression de voir un visage à une fenêtre. Il retourna alors la tête et ne vit rien.

*Surement mon imagination qui se complaît à créer un monde derrière ce bâtiment poussiéreux et ivre d'une légende inexistante... *

L'artefact toujours dans sa fonction, sa fonction toujours inconnue, il le rangea au-dedans de son long manteau sombre.

Derrière sa personne et celle de ces deux demoiselles, la faiseuse de feu se mettait en mouvement.

*Ce n'est pas bon. Elle doit avoir une idée derrière la tête. *

Orphée fronça un sourcil lorsqu'il vit que le frère de la faiseuse de feu parlait et que elle ne répondait pas. Avait-il encore imaginé des faits ? Il ne le croyait pas. Il ne pouvait se résoudre à croire que son esprit était tombé dans un abime si profond qu'il se mettait à rêver d'un monde qui n'existait pas. Il n'imaginait rien. Ce qui signifiait qu'il y avait bien eu quelqu'un à la fenêtre de l'Asile...

*Comment puis-je analyser tous ces faits ? D'un côté, la faiseuse de feu fermée aux dires de son frère. De ce que j'ai pu observé à la Foire, elle n'est pas du genre à l'ignorer. Pas du tout. D'un autre côté, de l'activité dans l'enceinte de l'Asile. A quoi dois-je m'attendre ? *

Des réponses se profilaient. Il se retourna une nouvelle fois vers l'Asile et en conclut que cela ne pouvait être que des problèmes. De quelle nature ? Il n'en savait rien et s'en fichait pour le moment. A détenir toutes les clés d'un spectacle, il n'y a plus de plaisir à le regarder. Il faut garder une part de mystère. Ce qu'il savait, c'était qu'il y avait du monde autour de sa personne. Il y avait beaucoup de monde.

Sa tête pivota encore à l'annonce d'une nouvelle voix. Elle provenait d'un coin de l'Asile.

*Qui es-tu étranger ? Comment peux-tu te présenter à nous depuis cette localisation ? Tu n'es pas passé devant nous. Ce qui veut dire que tu viens des forêts qui entourent l'Asile. Je les suppose grandes et hostiles à la vie humaine. Ce qui me laisse entendre que tu n'as pas tout ton esprit. Es-tu fou ? Je le pense. Peut-être es-tu même pensionnaire de l'Asile ! Dans chacun de ces deux cas, tu m'es plus qu'utile. *

« Je ne sais pas de quoi tu parles. » commença-t-il à s'adresser par ces mots à Isil.

« Mais je suis sur que la solution se trouve en ces lieux. M'y accompagneras-tu ? »

Il allait faire avancer la situation. Il allait pénétrer maintenant dans l'Asile. Mais auparavant, il avait encore une petite chose à régler.

*Une petite chose qui pourrait me sauver la vie mais, malheureusement, pas forcément les vôtres ! *

Un petit sourire glacial déforma les traits peints de la mort de son visage.

« Je ne sais pas pour vous mesdemoiselles, »

Il ne s'adressait pas seulement qu'à la détentrice de l'artefact et à la voleuse, mais également à celles qui n'avaient pas encore rejoints sa proche présence.

« mais j'ai quelques affaires à régler dans cette triste demeure. Je ne connais pas vos motivations. Peut-être tout simplement pas encore, mais j'apprécierais grandement que vous m'accompagniez. Vos présences seraient autant de soleil radieux à ces murs que j'imagine déjà gris et ces pensionnaires si déprimés par la vie. »

Comment faisait-il cela ? Il avait un visage si glacial, des vêtements si sombres et il parvenait tout de même à être charmant et élégant. Son charme ne provenait pas seulement de sa flûte, elle provenait de sa personne elle-même.

Il était étonnamment dangereux car jouait avec des masques. Derrière un masque de gentleman se cachait un masque totalement lisse et blanc...

Spoiler:
 
Orphée
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Alice Liddell
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Alice Liddell
Mar 26 Juin - 23:42
Citation :
Et pour ma part je m'excuse de mon retard. /assez occupée ces derniers temps/ D'ailleurs pendant mon absence, continuez à jouer sans moi, ce n'est pas un souci. x)

    La magie n'émanait pas seulement de l'homme au faciès de mort, mais aussi d'une femme qui était éloignée du groupe. Néanmoins les propos du joueur de flûte empêchèrent Alice de se concentrer, l'obligeant à délaisser l'inconnue pour mieux percevoir les propos tenus. Ainsi donc il cherchait quelqu'un pour l'accompagner ? Alice aurait souri - mais elle l'avait oublié, en même temps que son passé et que sa raison. L'homme l'intriguait, il semblait si... étrange. Différent, et dangereux.

    Si je l'amène à Père, peut-être réussira-t-il où il a échoué avec moi. Peut-être sera-t-il si content qu'il me remerciera.

    Pauvre Alice prenant le Chapelier pour son créateur, pensant que sous ce chapeau il y avait un peu d'amour pour sa modeste personne. Alice pencha la tête sur le côté, tâchant de tisser le filet dans lequel elle piégerait l'inconnu.

    — J'vous accompagnerais avec plaisir. J'ai moi-même à faire à l'intérieur... (Se souvenant de ce qu'elle avait vu durant son voyage, de la conduite des belles dames, Alice tenta une révérence, pliant genou et tenant les pans de sa jupe entre ses doigts) Appelez-moi Alice.

    Faisant mine de jouer la demoiselle serviable et docile, Alice prit les devants, laissant Orphée la suivre. Ainsi que les autres étrangers dont elle sentait la présence, quoi qu'il fasse pour se cacher à ses yeux. Cela ne ferait rien d'autre que plus de cobayes à Vasile, et ainsi plus de chance d'avoir une récompense, un sourire. Alice n'était après tout qu'une enfant en quête d'affection.

    Alice poussa la lourde porte qui fermait l'asile, laissant les grincements emplir la rue, faire frémir les fous qui étaient prostrés dans les couloirs ou les chambres. Un couloir nu, vide, d'un gris morne les accueillit. Unique tâche de couleur dans cette désolation, le Chapelier dans ses parures.

    — Père !

    Cri du coeur, cri humain, cri d'amour. Alice se lança vers Vasile, stoppa net à la vue de son regard. Elle redevint la gamine qu'on avait mené à l'asile, toute renfermée et tremblotante.

    — J'ai amené des invités. (Tout bas, elle glissa à l'oreille de Vasile) L'homme au tatouage ferait un bon Androïde.

    Déjà la porte s'était refermée derrière les arrivants, poussée par un des cobayes, dont l'oeil gauche n'était plus qu'une lampe éteinte, s'allumant brièvement. Ils avaient voulu y être, ils y étaient. Les voici prisonniers de l'Asile.

    Dans l'ombre d'une salle, assis sur un siège aux allures du trône, une Reine jubilait. A défaut d'avoir droit à son jubilé.
Alice Liddell
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Mer 27 Juin - 20:43
Du haut de sa fenêtre, Vasile avait eu tout le loisir de voir le groupe se mouvoir vers l'entrée de l'asile, mené par cette chère Alice. Il opéra un demi-tour et descendit promptement les escaliers. Rameutant au passage une poignée d'Androïdes dignes de confiance, il se posta dans le couloir gris de l'entrée afin d'accueillir au mieux ses "invités".

Distraitement, il glissa une main gantée sous une de ses manches et passa un doigt sur la courbe cuivrée de son avant bras. Ce qu'il y avait sous son épais manteau, bien peu le savait. Il n'y avait plus une once de chair, disait-on, seulement des rouages. " Lui, un coeur ? Rien de tel : un paquet de fils enchevêtré dans des pièces de ferailles, si vous voulez mon avis. " ... Rien que des mythes colportés par des idiots, des impressionnables qui lui arrangeait bien la vie malgré tout.

Son corps, Vasile l'avait bel et bien gardé intact. Quel autre choix avait-il ? Seul génie dans les environs, ne se faisant confiance qu'à lui seul, il n'avait fait que l'arranger, tout au plus, de pièces de ferailles, de cuivre et d'acier qui recouvraient ses membres et une partie de son torse. Un simple soutient mécanique pour un corps humain parfois défaillant. Du travail soigné, cela dit, qui donnait même l'illusion qu'il était, lui aussi, un Androïde. Illusion qu'il se gardait bien de briser : que la vie était simple lorsque l'on inspirait la peur.

Il réajusta son manteau et, d'un signe de tête, ordonna à deux de ses créations de se poster de part et d'autres de l'entrée tandis que trois autres restaient, silencieuses, dans l'obscurité près de Vasile. Seul le bruit de craquements et de cliquetis demeura pendant un temps, jusqu'au grincement qui annonça l'arrivée des nouveaux venus.

En tête de file venait Alice. En le voyant, son visage s'illumina de ce sentiment de devoir accompli, de celui d'être une bonne fille qui méritait des félicitations. Vasile détourna bien vite ses yeux clairs pour les poser sur ses compagnons. Tous de solides jeunes gens, de bons cobayes potentiels. Mais quelque chose le dérangeait. En bon Roumain, il n'aimait pas les étrangers et avait un certain flair pour détecter la magie. Prudence, donc, tant que l'on était sûr de rien.

" .... L'homme au tatouage ferait un bon Androïde. "

Si cela avait été possible, Vasile aurait sursauté. Au lieu de ça, il reporta son attention sur Alice, désireuse qu'elle était de se faire bien voir par celui qu'elle prenait pour son bienfaiteur. Il hocha la tête puis, négligemment, saisi l'épaule de la jeune fille et la déporta légèrement sur sa droite. Point de familiarité avec la plèbe des cobayes, tel était son credo. Sans mot dire il observa les nouveaux venus un à un. Écartant subitement les bras - il se donnait ainsi l'air du comédien tout juste entré en scène - il déclara :

" Bienvenus dans l'asile, visiteurs. Veuillez excuser la Reine, d'autres affaires la retiennent dans les hautes sphères. L'honneur me revient donc à moi de vous guider en ces lieux. Que me vaut votre visite, ça, je n'en ai cure. Considérez vous ici chez vous. " Levant un doigt ganté, il crut bon d'ajouter " Attention toutefois : tout le monde est fous ici. Et vous aussi, assurément. "

Sur ces mots, les cinq androïdes qui l'avaient accompagné sortirent de l'ombre et encadrèrent le petit groupe. Magie ou pas, bien sûr qu'ils étaient fous : comment expliquer autrement qu'ils se jettent ainsi dans la gueule du loup ?
Vasile Duca
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Un inconnu
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Un inconnu
Jeu 28 Juin - 16:58
Un asile... c'était la première fois qu'il se trouvait à l’intérieur d'un asile et bizarrement Jilis avait comme une impression de deja vu, il se trouvait à l'arrière du petit groupe et recrachait d'épais rond de fumer en admirant le décor, c'est-à-dire les murs gris de l'eddifice; quand l'hôte des lieus eu fini son petit discours Jilis leva la main pour prendre la parole.

Excusez moi cher monsieur, serait-ce vous l'auteur de cette mélodie que j'eu le plaisir d'entendre avant d'entrer ?

Oui c'était lui, ce ne pouvait être que lui, la tête de mort lui avait assuré que la réponse se trouvait à l'intérieur, donc Jilis se trouvait bel et bien devant l'auteur de la mélodie magique, et il était prêt à parler affaire, prêt à dépenser beaucoup d'argent pour connaitre le secret de cet enchantement, il voulait à tout prix retrouver cette sentations, même les champignons hallucinogène qu'il lui avait valus d'être ici ne l'avait jamais plongé dans un tel état de transe !

Si la réponse est oui, peut être pourrions nous parler en privé à la fin de la visite ? Votre recette m'intéresse et j'ai beaucoup d'argent vous savez...

Il baissa sa main et tira quelques lattes sur sa pipe en attendant une quelconque réponse du gentilhomme.
Un inconnu
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Orphée
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Orphée
Lun 9 Juil - 21:40
En tant que chef d'orchestre, Orphée se sentait un peu dépassé par tous les évènements et les gens qui lui parlaient. Ils ne savaient à qui s'adresser d'abord. Et donc, il ne savait quoi dire.

Il s'installa donc dans un mutisme et observa la mise en scène de ce maître des lieux.

*Je ne suis donc pas seul à utiliser les gens. Il va me falloir me méfier... *

D'un autre côté, il trouvait cette perspective pleine de rebondissements et de plaisirs inattendus. Il n'avait qu'une hâte : découvrir ce qui lui était réservé. Pour cela, il n'y avait pas mille façons de procéder. Il devait faire un pas en avant. Provoquer des réactions.

« Ainsi donc, vous êtes ici pour nous faire visiter les lieux ? Peut-être pourrions-nous commencer ? »

Il se dirigea vers une des Androïdes et lui laissa son long manteau sombre. Il ne se souvenait pas l'avoir enlevé depuis... depuis si longtemps. Il avait l'impression d'être nu et de sentir chaque souffle de respiration de chaque personne qui l'entourait.

Il trouvait cela délicieux !

Orphée était donc maintenant vêtu d'un haut bleu presque noir. Moulant. Sans manches. Son corps était magnifiquement sculpté. On y voyait chaque trait sec de ses abdominaux et de ses pectoraux. Il ne les entretenait que pour agrandir son pouvoir de séduction sur les foules. Il ne pouvait compter seulement sur les sons qu'il sortait de son sabre.

« Merci beaucoup ma chère ! » ajouta-il à l'Androïde.

Il se retourna ensuite vers le fumeur.

« Vous devriez prendre vos aises. Nous discuterons de ce qu'il vous plaira lorsque notre hôte aura terminer de nous accueillir comme les règles le doivent, n'est-ce pas ? » dit-il en se dirigeant vers Vasil.

« J'aimerais beaucoup commencer le tour des installations et que vous me révéliez le secret de cet institut. Je suppose que tout institut médical de ce nom possède une caractéristique qui la disitngue de ces conrères. Une qualité qui la hisse vers le haut et la rend unique. N'ai-je point raison ? » enchaîna-t-il en se retournant vers la demoiselle qui possédait alors le passe-partout. Il lui fit un clin d'oeil et un sourire fort accueillant.

Orphée
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Mer 11 Juil - 20:12
Surpris, Vasile observait le drogué sans mot dire. Une mélodie ? Il n'avait rien entendu de tel dans l'Asile et quand bien même, il n'était pas un grand adepte de la musique. Il n'était pas de ceux qui perdent leur temps avec de telles bagatelles !

Il délaissa l'homme. Il ne se faisait aucun mystère de l''origine de sa folie. L'odeur de fumée était encore persistante autours de lui, aussi Vasile ne prit même pas la peine de lui répondre. Peut-être ferait-il un bon cobaye de seconde main, bien docile, pourvu qu'il ait sa dose. Il reporta son attention sur l'homme sombre à la tête de mort qui traitait un de ses Androïdes à la manière d'un porte manteau.

Il fallait l'avouer, celui-ci ne manquait pas de courage.

Vasile détaillait sans vergogne son "invité". Assurément, il était bien bâti, et de belle allure, qui plus est. Le Chapelier envisageait déjà mille façons de parfaire le physique un brin trop humain du beau parleur. S'humectant les lèvres, le regard pensif, il dû résister à la tentation d'empoigner le bras de l'homme et de commencer un examen pré-opératoire, là, maintenant... Mais la porte restait proche, trop proche. Il s'en serait voulu de faire fuir un si beau spécimen.

Patience Vasile, patience...

Un sourire neutre étira ses fines lèvres, contrastant avec son regard fixe. Pas question de les mener près de la Reine tant qu'il n'en savait pas plus sur leurs capacités et leurs intentions. Il glissa un regard en coin à Alice : elle, elle allait pouvoir lui en dire plus. En attendant, pourquoi ne pas les mener en "visite" du côté des cellules ? Le tatoué voulait découvrir l'asile, Vasile allait s'en faire un plaisir.

Toujours silencieux, le Chapelier fit demi tour - son manteau virevolta autours de lui - et s'engouffra plus loin dans le couloir. Les Androïdes se chargeraient de faire avancer ses hôtes, de cela il ne s'en inquiétait pas. Arrivé à un carrefour, il prit le chemin de droite, à l'opposé de la Reine et en direction des quartiers des patients.

" Vous voici dans le principal secteur d'activité de l'asile... Celui des malades, des fous, des dérangés,... " Il tapota sa tempe d'un air entendu tandis qu'un homme hurlait dans une des nombreuses cellules alignées.

Deux autres malades s'éloignèrent prestement à l'approche du groupe et, surtout, du Chapelier, effrayés. Fous, mais pas stupides. Vasile avisa une cellule vide, sombre et froide. Dans un coin trônait une simple couchette et un baquet.

" Et voilà nos cellules. Comme vous le voyez, nous sommes un asile tout ce qu'il y a de plus modeste... L'argent se fait si rare... " Il secoua la tête, l'air ennuyé de présenter l'asile sous un si mauvais jour.

" Je vous mènerais ensuite dans les quartiers des employés. Nous pourrons nous y installer et discuter de ce qui vous amène. Mais pour l'instant la suite de la visite, c'est par ici. "

De nouveau, il se détourna et poursuivit sa marche dans le dédale des couloirs, les perdant un peu plus dans les tréfonds de l'Asile.

Bien sûr, les cellules n'étaient pas ce que voulait voir l'homme à la tête de mort, Vasile l'avait bien comprit. Mais que savaient-ils, tous, des Androïdes ? Quelles avaient-été l'ampleur des fuites ? Là demeurait le mystère qu'il comptait bien élucider.
Vasile Duca
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Orphée
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Orphée
Lun 23 Juil - 15:34
Les réactions des fous en disaient long sur l'historique de ce lieu et la véritable personnalité de leur guide. Orphée ne pouvait ne pas voir cette étincelle dans leurs yeux : celle de la peur. Une émotion si aisée à faire naître dans leur cœur des hommes. Une émotion si fade qui avait lassé le charmeur depuis longtemps. Bien que la mélancolie de temps à autre autre empoigne son cœur et lui demande de faire luire cet éclat dans les yeux de quelques unes de ces victimes.

Vasile entraînait le petit groupuscule à travers son domaine. Certains des membres s'étaient semble-t-il perdus. Orphée, lui, ne s'était pas laissé aller et avait noté le chemin du retour. Pour cela, il lui avait suffi de prendre quelques repères : la marque d'une griffure bien marquée dans la pierre, la chambre colorée de tâches rougeâtre, etc.

« Excusez-moi cher guide mais il me semble que cette direction soit plus intéressante. »

Sans attendre plus de réponses de la part de Vasile, Orphée se dirigea vers l'endroit où séjournait la Reine. Il ne le savait pas encore mais avait fort bien compris au jeu de Vasile que quelque chose s'y cachait.

*Je découvrirais le secret de ce lieu. Je le mettrais à nu autant que je te mettrais à nu. *

Cette machiavélique pensée et les plaisirs qui se languissaient autour de celle-ci enflammait l'âme et l'imagination morbide et rusée du flûtiste. Il entendait déjà les chants que ses doigts boucheraient sur son instrument. Il voyait déjà les fils qui reliaient ces doigts à tous ces pantins et fumeur.

« Le quartier des employés ne m'intéresse guère. Puis, je suis tout à fait capable de parler en même temps que je marche. »

A ce moment, Vasile devait toujours être dans le dos d'Orphée et donc, le rapport de supériorité était toujours dominé par Orphée lui-me^me. Il savait que bientôt, cela ne durerait plus lorsqu'il se remettrait d'abord à marcher à son rythme puis le dépasserait. Probablement pour l'arrêter.

« Peut-être est-ce à moi de commencer par parler de mes motivations. Je semble être le plus friand de découvrir ce lieu et ce qui l'habite. »

Il tourna la t^te à gauche. Puis à droite. Il regarda chacun des visages qui l'entouraient. Que cela soit des visiteurs occasionnels, comme cet homme épris de ces drogues. Ou des visiteurs permanents, comme ces femmes à moitié nue qui se griffaient la peau blanche. Si blanche. Et si rouge...

*Allumons un peu le feu aux poudres et voyons comment les réactions se dévoileront ! *

Il se sentait immortel. Sur de lui et en parfaite confiance. Rien ne pouvait le toucher ni l'atteindre. Il était armé et personne ne le voyait. Peut-être seulement la faiseuse de feu. Mais il ne croyait pas que celle-ci puisse devenir un obstacle immédiat à son chemin.

« Je suis ici pour assassiner une Reine. Non pour des raisons de politique ou de vengeance. Non. Seulement parce que je m'ennuie et que cela promet d'être un challenge intéressant à relever. »

Il haussa les épaules, les yeux fermés. Comme si cela était une chose banale. Un acte parfaitement normal. Par ces actions même, il témoignait de sa grande puissance et confiance en lui. Puissance n'était peut-être pas le bon terme. Mais il était clair que seul un homme avec des capacités pouvaient se targuer de tels paroles.
Orphée
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Lun 13 Aoû - 22:21
Un vague sourire aux lèvres, Vasile regardait avec intérêt le flûtiste. L'homme un brin mégalo s'était permit de faire demi-tour en plein milieu du chemin et faisait maintenant route vers les quartiers de la Reine. Rien qui n'inquiétât le savant, toutefois. Qu'il joue donc au leader ! Entre ces murs, le Chapelier n'était pas dupe.

Certes, s'il y avait une menace dans le troupeau qu'il menait jusqu'à présent, c'était bien Orphée. Les autres n'étaient, de toute évidence, que des âmes perdues inconscientes de ce dans quoi elles s'étaient jetées, probablement trop impressionnées pour seulement oser élever la voix. Quel dommage ! Vasile aimait qu'on lui résiste. C'était là l'occasion rêvée d'éprouver les capacités de futurs androïdes. Tant pis ! Il avait encore tout son temps. Il commencerait par la tête de mort, voilà tout ! Lui délaissant la tête de file, le Chapelier se contenta de l'écouter dévoiler ses intentions.

" Je suis ici pour assassiner une Reine. Non pour des raisons de politique ou de vengeance. Non. Seulement parce que je m'ennuie et que cela promet d'être un challenge intéressant à relever. "

Nullement surpris, le Chapelier, maintenant arrivé à hauteur du beau parleur, se contenta de hocher la tête, les mains dans le dos. Comme s'il se promenait avec un ami qui venait d'énoncer un fait pur et simple. Relevant tranquillement la tête, il constata qu'ils étaient de retours à la bifurcation du départ. Celle qui pouvait aussi bien mener à l'asile proprement dite que dans les hautes sphères du bâtiments. Voir, si l'on s'y perdait trop, au laboratoire du savant fou !

D'un geste de sa part, deux androïdes sortis du carrefour barrèrent la route de l'homme. Vasile poussa un soupir faussement chagriné tandis qu'il continuait d'avancer avant de se poster, bien droit, devant Orphée et le reste du petit groupe.

" Il me semble que la bienséance dicte de remercier et de récompenser l'honnêteté. Merci, donc... et toutes mes plus sincères félicitation pour votre aveu ! "

Tel un saltimbanque tout heureux de sa dernière farce, Vasile écarta ses bras cuivrés tout en prenant soin de faire cliqueter les pièces de métal. Un large sourire déformant son visage, il continua sur sa lancée :

" Hélas, je ne vais pas pouvoir accéder à votre requête ... Voyez-vous, la Reine détesterais vous voir envahir ses appartements. Et je ne tiens pas à perdre ma place ici. Mais pas d'inquiétudes ! Elle met un point d'honneur à venir inspecter mes cobayes les plus prometteurs ! "

Avec l'air de leur offrir le plus beau des présents, le Chapelier rappela Alice à ses côtés et, d'un signe de sa main gantée, appela toute une troupe de ses Androïdes à se masser autour du petit groupe.

" Enfin... Seulement une fois désarmés, isolés et internés, cela va sans dire... "
Vasile Duca
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Orphée
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Orphée
Mar 14 Aoû - 21:10
Au croisement du chemin, Orphée avait été contrait de s’arrêter devant un mur d’Androïdes. Il s’était donc immobilisé et avait suivit des yeux Vasile. Il ne l’avait pas quitté des yeux. Il n’avait même pas cillé durant toute la tirade du leader de ces lieux.

« Très intéressant tout cela. »

Orphée s’était retourné sur lui-même et avait observé tous les Androïdes qui les entouraient. Ils étaient en nombre et lui sauterait dessus au moindre de ses gestes brusques. Inutile donc de penser à jouer un petit air de flûte.

Il se retourna donc en face de Vasile et reprit la conversation. Du même ton amicale, propre à deux amis parlant du temps ou de n’importe quel autre sujet :

« Une chose m’intrigue. Ce bruit étrange qui résonna lorsque vous avez écarté les bras. Cela ressemblait à du métal n’est-ce pas ? »

La question était rhétorique bien entendu.

Il observa Alice quelques instants. Un regard charmeur. Il voulait instiller le doute en la jeune femme. Faire naître des émotions contradictoires avec ses désirs. Les désirs de son maître.

« Toutes ces femmes autour de moi me semble quelque peu… froides. Je ne nie votre bon goût en la beauté de chacune. Il n’y a qu’à voir cette charmante créature qui nous a accueillit il y a un petit moment déjà. »

Cette charmante créature n’était autre qu’Alice. Il la gratifia d’un clin d’œil.

« Je disais donc que toutes ces femmes me paraissaient froides. Comme si… »

Il s’approcha du visage de Vasile. Il n’en était qu’à quelques centimètres tandis que son corps était encore loin derrière.

« …elles étaient des machines. »

Il dégagea sa tête et son souffle froid du visage du leader de ces lieux. Puis poursuivit :

« Je voie donc plusieurs choix s’offrir à moi. Je pourrais sortir la flûte de son étui et chanter un air qui ferait monter le rouge à leur pommette et étirer leur lèvre en un magnifique sourire. »

Il s’approcha d’Alice, se glissa dans son dos et laissa son index glisser sur son dos. Puis, avant qu’elle ne réagisse, il revint se positionner devant Vasile.

« Ou peut-être pourrions-nous passer à votre laboratoire et faire de moi un de ces Androïdes. »

Une lueur sombre et exaltante dans les yeux, il reprit :

« J’avoue que l’idée de transformer mon corps m’émoustille. Comme vous pouvez le voir aux nombreux tatouages, anneaux de fer et à la délicatesse de mon bouc, ce corps ne me plaît guère et je cherche à le transformer. »

Tout comme son interlocuteur, il avait ouvert les bras. Vers le ciel. Comme un troubadour le ferait à la princesse emprisonnée dans sa tour. Lorsqu’il pose un genou au sol et qu’il chante de sa voix la plus mélodieuse.

« Qu’en dites-vous ? »
Orphée
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Vasile Duca
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Vasile Duca
Sam 25 Aoû - 23:37
Vasile écoutait, stoïque, Orphée. Il devait l'avouer, ce dernier le surprenait ! Quiconque entendait cliqueter les armures de Vasile était intimidé, voir apeuré du "monstre" qui se tenait devant lui... Tous, sauf Orphée qui le regardait avec le plus grand intérêt. Il cligna des yeux ronds, affichant toujours son faux sourire. Décidément, Alice avait apporté là un être des plus intéressants !

Il l'écoutait tranquillement parler de ses créations, en oubliant jusqu'à la présence des autres, n'ayant d'yeux que pour ce nouvel individu plein de promesses... Jusqu'à entendre le mot "machine". L'expression de son visage changea du tout au tout, passant de la feinte amabilité à un mépris flagrant, voir dégoûté des propos du jeune homme.

" Ce ne sont pas des vulgaires machines ! Ho non, elles sont bien plus que cela ! " Il caressa du regard ses plus proches créations, tel un père heureux de présenter sa progéniture. " Ce sont des Androïdes, mes Androïdes. J'ai façonné chacun d'eux, j'ai transformé de vulgaires aliénés, des mendiants tout justes bons à pourrir au fond des fosses communes en oeuvres d'art..."

De nouveau, il arborait un regard pétillant, brillant de malice et de l'anticipation d'une nouvelle expérience scientifique.

Car, oui, Vasile avait d'ores et déjà jeté son dévolu sur Orphée. Et quelle pièce maîtresse il allait pouvoir en faire ! Une exquise perspective... Ternie par la mention du "pouvoir" de l'homme. Le sourire de Vasile se figea, se tordit même quelque peu. De la magie. Il n'aimait pas ça. Il observait d'un oeil sombre son nouveau cobaye qui s'avérait bien moins contrôlable que prévu... Excentrique, le Chapelier l'était certainement... mais fou au point de donner plus de pouvoir à un magicien qui s'était déclaré hostile envers la Reine ?

... Cela demeurait très tentant. Trop même.

Il réfléchissait, pesait le pour et le contre... Et quelle ne fut sa surprise d'entendre Orphée se livrer à lui !

" J’avoue que l’idée de transformer mon corps m’émoustille. Comme vous pouvez le voir aux nombreux tatouages, anneaux de fer et à la délicatesse de mon bouc, ce corps ne me plaît guère et je cherche à le transformer. Qu'en dites vous ? "

Sa bouche s'étira en un immense sourire enjoué. L'air d'un enfant qui venait d'ouvrir son plus beau cadeau de Noël, il regardait, émerveille, Orphée qui venait véritablement de signer un pacte avec le Diable.

" ... Voilà qui me facilite bien les choses... "

Il s'approcha à pas de velours de l'homme toujours figé telle une statue, les bras tendus vers les cieux.

" Et qu'est ce qui me prouve que ce n'est pas là un stratagème pour vous rapprocher de la Reine ? Si vous voulez véritablement devenir un Androïde... Il va vous falloir renoncer à vos ambitions de tête coupée... " ... Et à bien d'autres choses, mais il n'avait pas vraiment envie de décourager sa nouvelle expérience de si tôt.

D'un geste négligent de la main, il fit reculer les deux androïdes qui se tenaient de part et d'autres du flûtiste. Oui, il allait faire le pari fou de lui faire confiance et d'exaucer son souhait. Quel risque prenait-il ? Il avait plusieurs dizaines d'Androïdes à ses ordres tous prêts à obéir au moindre de ses ordres, tous bien trop terrorisés pour seulement oser aller à son encontre...

" Suivez-moi, je vais vous montrer le chemin... Alice ! Je te laisse prendre en charge le reste de nos invités... Après quoi, tu me rejoindras ! "

Il tourna des talons, écartant le reste de ses créations sur son passage. Son manteau virevoltait, ses talons claquaient sur le sol froid et déjà son esprit était concentré sur les plans, les matériaux qu'il lui faudrait, les actes chirurgicaux auxquels il allait devoir procéder... Il laissa échapper un gloussement surexcité tandis que déjà, il poussait la porte des escaliers qui menaient à son laboratoire.

Qui sait ? Après transformation, peut-être obtiendrait-il un serviteur dévoué à sa cause... Plus équilibré, plus fort, plus réussi qu'Alice !

Spoiler:
 
Vasile Duca
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