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 [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid

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Conteur d'histoires
Narrateur
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MessageSujet: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Ven 17 Mai - 10:10




Event 03 : Congrès espagnol

Sur la place de Madrid la foule s'agitait, mélange d'habitants et de touristes venus à l'occasion du congrès. Placés en hauteur sur les façades des bâtiments, des écrans magiques diffusaient le congrès qui avait lieu actuellement dans l'opéra. L'Androïde venait d'apparaitre provoquant des cris, mais aussi la fascination. Nombre des spectateurs demeuraient bouche bée, se tordant le cou pour mieux voir.

Alentour, sur la place, des stands avaient dressés comme à un jour de foire. Des marchands vendaient des barbes à papa, et autres mets facile à grignoter d'une main. Des artistes de rue avaient aussi fait le déplacement, espérant gagner de l'argent. Les jongleurs attiraient l'attention des enfants plus intéressés par des balles de couleur que par un spectacle mécanique.

Au sein de cette foule, officiaient aussi les voleurs, prompts à couper quelques bourses.

Madrid vivait comme à son habitude, après tout.



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Orphée
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Dim 19 Mai - 13:05
Que faisait-il ici ? Il se le demandait encore. Dans sa longue bure noire, cachant son visage squelettique, il regardait les alentours de la place. Beaucoup de monde était présent. Trop de monde. Orphée aurait préféré la solitude et un petit cimetière abandonné pour se reposer et patienter jusqu'à l'opération reportée. Dire qu'il avait été si proche de déclencher... quelque chose d'extraordinaire !

*Mais partir maintenant ne me servirait à rien. Vasile se trouve à l'intérieur de ce congrès. Déjà que ce sera difficile de le retrouver avec cette foule, si je partais maintenant, ce serait encore pire. *

Il n'aurait plus qu'à retourner directement à l'Asile en Roumanie. Mais il n'en avait aucune envie. Sentir le soleil sur sa peau était agréable après tout ce temps dans ce pays au temps gris. Par contre, ce qu'il préférait, c'était se retrouver sur des sentiers peu connus en forêt, à l'ombre des arbres. Là les sensations étaient vraiment plaisantes.

*Peut-être qu'ici je pourrais trouver une cathédrale. Ce serait la chose la plus proche de la-dite forêt. *

Il s'enfonça alors dans la foule, le visage plutôt regardant ses pieds, de peur de devenir la nouvelle attraction de la place. Certes, un androïde était une créature fabuleuse, mais elle restait une créature inaccessible pour le peuple. Juste une nouvelle créature fantastique retransmise sur des étranges panneaux. Lui était un être de chair, au visage tatoué d'un crâne mortuaire, à la peau grise et aux cheveux blancs, tout cela dissimulé derrière un vêtement bien sombre, avec de bien trop longues manches et totalement en désaccord avec la chaleur de ce pays.

Alors que surpris, il reçu un coup d'épaule qui le fut chuter en arrière, il eut une pensée :

*Que diable ! Je ne suis pas un poltron, je ne vais pas aller jouer au vieux rachitique cherchant de l'air frais. Je suis Orphée, je suis le marionnettiste. Cette place, cette excuse de congrès pourrait être une nouvelle scène de théâtre... *

Tombé sur les fesses, en appui sur un avant-bras, il se rendit compte que sa capuche ne couvrait plus son visage. En plein milieu d'une foule, il commençait à attirer les yeux à ne pas se relever de suite.

*Après tout, je commence à me faire vieux. Il est temps de penser à laisser mon nom et mes actions dans l'Histoire. *

Ses yeux se relevèrent sur une personne. Était-ce quelqu'un qu'il connaissait ?
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Diaedin Llosa
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mer 22 Mai - 21:34
    Le monde du cirque constituait un univers à part, un microcosme vivant à son échelle propre dans une autarcie étonnante à observer pour un œil étranger. Chacun avait sa place, chacun évoluait selon un ordre prévu et une hiérarchie à laquelle on ne dérogeait pas. Dans ce petit monde, le Directeur du Cirque, Batista, représentait l'autorité la plus haute et tous les membres de la troupe lui obéissaient avec une loyauté extrême. Pour la plupart de ces hommes et femmes, ils avaient été recueillis par lui et nombreux étaient ceux qui lui devaient d'être encore en vie ou de mener une existence bien plus confortable qu'ils n'auraient jamais pu l'imaginer. Une chose particulière liait tous ces circassiens : leur pouvoir. Aucun d'entre eux n'était banal ou normal, ils avaient tous hérité d'une caractéristique magique dans des circonstances plus ou moins magiques. Et ce fait était souvent synonyme d'une vie différente de celle de nombreux autres citoyens espagnols qui vivaient dans la simplicité des normes. Un pouvoir représentait un travail énorme pour que celui qui le possédait fût capable de l'utiliser à bon escient et de le dominer afin qu'il ne représente aucun danger ou risque de se faire remarquer de façon extravagante. En effet, même si les pouvoirs issus des fées n'étaient pas si rare en ce beau dix-neuvième siècle, il appartenait à celui qui avait eu la grâce d'en obtenir un d'en faire un usage correct.

    En l'occurrence, sans l'aide de Batista, jamais Diaedin n'aurait réussi à dompter son don et à vivre convenablement avec lui. Il faut admettre que ledit don représentait un danger peu négligeable qui pendant longtemps lui avait échappé. Elle ne comptait pas les fois où les flammes avaient soudain surgi de son corps sans prévenir et sans qu'elle comprît pourquoi, et toutes les fois où cela avait provoqué des accidents plus ou moins graves. Bien des passants devaient encore aujourd'hui garder sur leur peau la marque brûlante de leur rencontre avec la fille du feu, et même des amis. Une émotion trop forte et sans le vouloir, sans le sentir arriver, elle les avait blessés. Dans cette Espagne pourtant moderne, son pouvoir avait alors provoqué la peur et l'incompréhension, corollaires de la haine et de l'exclusion. Mais peu à peu, aux côtés de ces gens de cirque, elle avait pu apprendre, apprendre son don, apprendre à se connaître. A présent, elle le suivait et le soutenait au sein du cirque.

    Son rôle au sein de La Escuela del Senor Batista était de danser à l'aide du feu. La demoiselle avait appris à maîtriser son corps, à le faire onduler au son de toutes les musiques et notamment à danser avec des accessoires nécessitant un certain équilibre et relevant du jonglage. Ajoutant à cette démonstration la présence chaude de flammes et d'étincelles, elle était capable d'offrir à son public un spectacle réellement fascinant, qui attirait souvent le regard des passants. Aussi, lorsque le groupe avait appris le déroulement d'un congrès à Madrid, le cirque avait fait route vers le cœur de l'Espagne dans l'espoir de participer à cette manifestation et de s'enrichir, peut-être même de se faire remarquer par quelque riche bourgeois ou noble. Au fond, la cause du Congrès intéressait peu le Directeur du Cirque.Les Androïdes intriguaient certes tout le monde mais ils restaient des êtres dont la réalité semblait même difficile à concevoir tant ils étaient éloignés de l'univers quotidien de ces habitants, bien loin de toutes ces technologies étranges. Ils venaient à Madrid avant tout pour en tirer un profit, aussi, lorsque Diaedin arriva sur la place centrale, ce ne fut pas en touriste mais en danseuse au travail, même si elle découvrit la capitale avec les yeux d'une enfant émerveillée. Elle n'y était jamais venue. Le cirque, jusqu'ici, avait surtout parcouru des bourgades ou des petites villes paisibles. Devant ses yeux s'ouvrait à présent un monde prenant une toute autre ampleur, comme si toute l'Europe avait soudain convergé vers le cœur de l'Espagne. Il régnait sur la place un joyeux bazar, une foule cosmopolite et bigarrée qui échangeait à grands renforts de cris et de gestes -échanges dont la vigueur espagnole avait souvent raison- autour de l'écran géant comme autour des stands où la multitude des artistes révélait ses talents.

    Diaedin avait encore un peu de temps avant que l'heure de monter sur scène ne sonne, et la curiosité la poussa à venir voir de plus près le Congrès dont on vantait les mérites incroyables depuis des mois. L'idée de voir un Androïde, un homme entre l'être humain et la machine provoquait en elle une fascination terrible ; elle aurait souhaité avoir les compétences techniques pour comprendre comment ce miracle était possible mais en ce dix-neuvième siècle, les femmes étaient rarement admises dans le cercle privilégié des inventeurs et elles devaient souvent se contenter d'observer à défaut d'obtenir les moyens de comprendre, position que la demoiselle regrettait particulièrement. Elle renonça donc à passer sous la tente près du stand qu'avait obtenu le cirque afin de se changer et décida de garder son costume de scène afin de ne pas perdre de temps. Avec un enthousiasme vigoureux, elle se fraya donc un chemin dans la foule, remarquant que malgré la pluralité des visages et des habits alentours, elle continuait à attirer l'attention de certains passants. Sa chevelure rousse libérée en cascade sur ses épaules, entrelacée de fin rubans dorés et maintenue par un dernier ruban pour ne pas tomber sur son visage intriguait généralement l'oeil, ainsi que sa tenue d'artiste entièrement blanche bien loin de l'élégance prude qu'on exigeait des dames, composée d'un jupon large en un fin tissu qui ne bloquait pas ses mouvements ainsi que d'un chemisier féminin très près du corps. A sa ceinture de cuir reposait un sac de toile contenant des balles de jonglage tandis qu'au côté gauche, une attache lui permettait de maintenir les accessoires utilisés pour cracher du feu, bien qu'elle les utilisât uniquement pour faire illusion.

    La fille du feu marchait à pas rapides parmi la foule en essayant de se faire une place lorsqu'un geste trop brusque de sa part lui fit heurter une silhouette qu'elle n'avait pas remarquée, ce qui la fit tomber alors qu'il entraînait dans sa chute son sac de balles. Immédiatement, elle se tourna vers l'homme à terre en débitant une flopée d'excuses enflammées dans un espagnol rapide avant de s'accroupir pour partir à la recherche des balles qui roulaient un peu partout autour d'eux, événement qui créa bientôt un cercle dont la foule s'écarta un peu bien qu'on les observât avec un air curieux. Tout en attrapant quelques balles, son regard se posa enfin un peu plus attentivement sur l'homme lorsqu'elle lui tendit la main pour l'aider à se relever. Il était étrangement vêtu et le visage découvert par son capuchon lui arracha un frisson de malaise. Il semblait aussi sinistre qu'elle était flamboyante, comme si la vie avait quitté son corps, impression renforcée par les tatouages sur son crâne et la blancheur de ses cheveux, autant de choses qui le faisaient ressembler à la Faucheuse elle-même. Lorsque sa main toucha la sienne elle fut surprise par sa froideur, contact presque douloureux pour sa propre chaleur qui la fit grimacer, mais elle maintint le contact pour le relever.

    Hm. Je suis navrée, j'espère que vous ne vous êtes pas fait mal... Je crois que j'étais un peu trop empressée à l'idée de voir ce fameux Androïde. Je trouve cela fascinant...

    Comme toujours, Diaedin faisait montre de cette spontanéité exacerbée. Mais pourtant, son instinct se méfiait de cet homme. Il lui semblait sombre. Ombre et lumière ne font pas bon ménage, et elle était pressée de pouvoir passer son chemin. Heureusement, pour l'instant elle contrôlait les braises au creux de son être et les flammes ne la menaçaient pas...
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Orphée
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mer 22 Mai - 22:59
Une étrange rencontre que cela était. Une jolie demoiselle qui semblait avoir quelques dons pour le spectacle. Apparemment, il ne s'était donc pas trompé. Il était bien sur une scène de théâtre, et déjà son premier acteur se présentait. Alors, au lieu de prendre cette main chaleureuse qui proposait de le relever, il prit le parti de ramasser trois des dernières balles de jonglage qui traînait à ses côtés et se releva seul. Sans observer la jeune femme aux cheveux rouge, il soupesa rapidement les balles et... ne fit rien de plus pendant ce qui parut de longues secondes.

*L'attente est un élément clé d'un spectacle. *

Son visage paraissait soucieux. Des gens du public, des étranges de passage qui commençait tout naturellement à devenir des spectateurs devaient se demander si cet homme savait jongler. S'il savait à quoi servait ces balles de couleurs. Puis, soudainement, il expédia les balles dans les airs, ferma les yeux et... il jongla naturellement.

*Un petit passe-temps que j'ai développé lors de mes longues journées où je ne voyageais pas. *

Les balles de couleurs passait d'une main à une autre. Les courbes étaient magnifiques mais le degré de difficulté n'était pas extraordinaire. Il en avait conscience.

*Lors d'un spectacle, la difficulté doit augmenter en puissance. *

Il lança alors haut les balles. Trop haut murmurent les spectateurs. Trop haut et trop loin de ses mains, jamais il ne les rattraperait. Effectivement, il ne pourrait pas et ne voulait pas les attraper. Les balles de jonglage étaient destinées à la jeune femme en tenue d'artiste des rues. Tandis que les balles retombaient, Orphée sortit sa flûte traversière, posa le bec entre ses lèvres, prépara ses doigts et attendit le moment où la première balle toucha la paume de la jeune femme.

*Mettons un peu de musique dans ce spectacle. Attirons un peu plus les badauds et retenons un peu plus longtemps ceux qui sont déjà là. La suite du spectacle dépend maintenant de toi, jeune inconnue... *

Il fallait croire qu'Orphée était de joueur nature en ce jour. Était-ce la proximité d'une foule nombreuse et colorée ? L'importance de l'évènement qui se déroulait à quelques centaines de mètres de lui ? Ou encore ce changement de temps, de climat et d'ambiance générale qui n'était vraiment pas celui de la Roumanie ?

Mais la solution la plus adéquate à la personnalité du joueur de flûte de Hamelin était de supposer qu'un nouveau d'éclat était en préparation. Que sa présence sur ces terres seraient murmurés et chuchotés encore longtemps après son départ...
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Narrateur
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mar 28 Mai - 23:51



L'exaltation parcourait la foule qui se massait sur la place de Madrid, exaltation qui s’accrut à la vue de ce qui se déroulait en ce moment même dans l'opéra. L'apparition de l'Androïde avait arraché des cris parmi les badauds, certains allant jusqu'à se signer pour invoquer le pardon divin. Mais personne n'avait demeuré indifférent à ce spectacle ni à ce qui s'ensuivit. Quelques applaudissements accueillirent l'action de Juan, parfois réprimés par les critiques d'autres personnes qui trouvaient ce geste déplacé. L'un d'eux fit même entendre son avis, semblant se vanter :

— Au lieu d'sauver cette engeance du diable, le Duc devrait le brûler. Le bûcher, c'tout ce qu'il mérite.

Des disputes éclatèrent, des badauds en vinrent aux mains; la foule ici n'était pas seulement espagnole, mais rassemblait des membres de toute l'Europe. Des gardes furent appelés pour calmer les bagarres avant que le sang ne coule, mais déjà un cri s'élevait :

— Par la grâce de Dieu... Il le libère !

Tous les yeux se tournèrent vers les écrans, et chacun pu voir Juan ouvrir la cage enfermant l'Androïde, et le roi prononcer son discours. L'Espagne devenait une terre d'asile pour les Androïdes, ces derniers devenaient des citoyens !

La nouvelle était déjà difficile à avaler, mais personne ne s'attendait à la suite. Des personnes portant capelines et capuches les ôtèrent en poussant des cris de joie, criant "Libération". Sous les toiles grossières jonchant désormais le sol, se dévoilèrent du métal. Des bras, des jambes, des mâchoires... Du fer froid et glacial sortait du corps de ses suppliciés levant les bras au ciel, souriant, pleurant même.

— On peut vivre. Ici nous sommes protégés ! Frères et sœurs, un roi nous a accordé le droit de vivre. Profitons-en !

Cette soudaine apparition ne fut pas accueillie favorablement par l'unanimité. Des femmes crièrent, des croix furent brandies en direction des Androïdes, la foule se déchirait. Les balles des jongleurs roulèrent au sol, les sucreries finirent écrasées sous les semelles. La fête avait tournée court.



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Diaedin Llosa
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mar 4 Juin - 16:24
    L'atmosphère auprès de cet homme sombre devenait étrange. Comme la foule qui se rassemblait autour d'eux, Diaedin se sentit pendant de longs instants aussi spectatrice de cet homme qui venait de refuser sa main pour s'emparer de ses balles de jonglage. Ses sourcils se froncèrent. A quoi jouait-il ? Il semblait ne pas avoir prêté l'oreille une seule seconde à ce qu'elle venait de lui dire, comme s'il restait dans son propre univers. Ou alors, plus simplement, elle avait affaire à un étranger qui n'avait donc pas été capable de comprendre son espagnol chantant et rapide. Il n'avait pourtant fait aucun signe lui indiquant une éventuelle incompréhension et ne semblait s'être formalisé d'aucune de ses phrases. Concentré sur les balles qu'il tenait en main, son attention était complètement détourné du spectacle qui avait lieu à l'intérieur de l'opéra et qui entraînait des clameurs de plus en plus vives dans le sens positif ou négatif de la chose selon les personnes. Il était le seul qui était resté indifférent à cet Androïde en cage et qui s'en désintéressait au profit d'un autre spectacle.

    Alors que la danseuse allait tendre la main à nouveau pour récupérer ses balles, l'inconnu se mit à bouger, enfin. Il jongla. Lentement, mais il jongla, arrachant à la foule un souffle de surprise qui admirait son habileté à faire tournoyer les balles au-dessus de sa tête. Face à lui, elle s'inclina légèrement, comme pour reconnaître ce talent qu'il lui montrait. En revanche, le but de tout cela lui échappait. Elle suivait les balles des yeux avec une précision infaillible, guettant son jeu afin de deviner ce qu'il allait faire. Lorsque la difficulté augmenta et que bientôt, les balles colorées s'élevèrent avec force jusqu'à provoquer dans l'assemblée des murmures ébahis, leurs regards se croisèrent et elle comprit. Il lui fallu quelques secondes pour réagir mais la scène s'était déroulée à une vitesse incroyable et aux yeux de tous, on aurait pu croire que tout avait été prévu et calculé afin que cela fonctionne. Les balles retombèrent et au dernier moment, le corps de Diaedin se tendit pour attraper la première, puis la seconde déjà relancée en l'air pour accueillir la troisième au creux de sa paume. Son esprit cessa de se préoccuper du monde extérieur pour se concentrer uniquement sur ce ballet de couleurs, débuté lentement alors que les premières notes de flûte résonnaient. Les trois balles tournaient à un rythme qui s'imposa. Une fois stabilisé, la demoiselle se permit à son tour d'augmenter la difficulté. De nouvelles figures, des balles lancées plus haut pour lui laisser le temps de s'exercer à d'impressionnantes acrobaties et enfin, l'ajout de deux balles supplémentaires au fur et à mesure de son jonglage. Bientôt, il devint évident que ce spectacle relevait de l'exploit et que tout reposait sur un équilibre précaire.

    La demoiselle du feu continuait à jongler lorsque soudain, des murmures agitèrent la foule en regardant l'écran géant qui donnait une vue sur l'opéra et la cage de l'Androïde qui venait de se faire libérer par le Duc d'Espagne avec l'appui du roi. Un instant d'inattention, un déséquilibre et elle faillit rater une balle avant de la rattraper de justesse en la faisant rebondir sur la pointe de son pied. Plus loin devant eux, la population s'agitait et se mettait à crier, provoquant de brusques mouvements de foule et quelques premiers désordres. Chacun y allait de son avis, s'indignant des actes de l'Espagnol en l'accusant de mettre un frein à la modernité ou au contraire, louant son initiative en rappelant les plus élémentaires des droits de l'Homme. Peu à peu, l'attention se détournait de cet étrange duo de jongleurs. Voyant qu'on cessait de la regarder, Diaedin cessa de faire tournoyer les balles, les laissant retomber une à une au creux de ses mains. Malicieuse, elle regarda l'homme étrange qui soufflait toujours dans sa flûte.

    Besoin d'aide pour attirer l'attention, mon cher ?

    Elle avait parlé lentement, au cas où il ne maîtrisât pas sa langue. Le regard rougeoyant, elle gardait un léger sourire au coin des lèvres. Après tout, c'est bien ce qu'il semblait vouloir, cet homme à la figure semblable à la mort qui s'était arrangé jusqu'ici pour obtenir sa coopération afin de s'offrir en spectacle. Soudainement joueuse, elle planta ses yeux dans les siens avant de laisser le feu flamber en son cœur. Peu à peu, elle laissa toutes ses émotions l'envahir, comme un appel à un souffle divin. Sa chevelure se mit à flamboyer et, sans cesser de sourire, elle approcha sa main brûlante de ses lèvres avant de tendre le visage vers le ciel, comme si elle s'apprêtait à souffler dans sa paume. De ce geste délicat naquit pourtant les flammes les plus sauvages alors qu'elle crachait littéralement du feu, le laissant s'échapper de ses lèvres en tournoyant en s'assurant qu'il ne risquait de blesser personne. Voilà qui à coup sûr provoquerait la surprise et l'admiration. Il ne restait plus qu'à voir comment l'inconnu vêtu de noir réagirait à cette provocation...
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Orphée
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mer 5 Juin - 10:13
Orphée se rendait compte que la retransmission sur les écrans magiques ne l'intéressait pas. La présence des androïdes était devenue tellement banale depuis qu'il s'était allié avec Vasile. Au contraire, la jeune jongleuse l'intéressait bien plus. Il ne pouvait mettre une explication sur ce ressenti pourtant. Il se laissait porter par son instinct et voulait continuer à jouer de la flûte pour elle et ses balles.

*Quelle est la cause du détournement de mon public ? *

La foule murmurait, criait, piaillait, insultait. Les espagnols avaient libérés un androïde d'une cage.

*Et alors ? Leur cage est simplement devenue un peu plus grande. Puis, ce n'est pas parce qu'elle a été libérée qu'elle est acceptée par tous. *

Son attention revint très vite vers la jeune femme qui venait de lui parler très lentement. De toute évidence, elle avait compris qu'il avait des problèmes avec cette langue colorée. En effet, il était incapable de la comprendre et encore moins de la parler. La seule solution pour communiquer résidait dans leurs corps et dans leur spectacle.

*Ainsi que par la magie de ma flûte si je le désire... *

Ses yeux s'agrandirent. C'était incroyable. Les cheveux de la jeune femme, se mirent à rougeoyer puis à s'enflammer. Des flammes sensuels qui dansaient autour de son corps. Son regard aux pupilles rouge quittèrent ses tristes yeux gris. Sa main se posa en-dessous de ses lèvres et des jets de flamme s'échappèrent dans les airs. Orphée n'aurait pas fait mieux pour attirer l'attention du public... et la sienne. Il était charmé. D'acteur, il était devenu spectateur.

Son devoir lui commandait le plus merveilleux des spectacles que les espagnols n'aient jamais vu. Il devait le mettre en scène et, pour cela, il devait prendre des hauteurs. Il regarda une dernière fois les cheveux enflammés de la jeune jongleuse. Ce rythme flamboyant avait déjà pris le contrôle de son corps qui ondulait comme un serpent. Ses épaules se balançaient d'un côté et de l'autre, lentement. Si lentement que cela en devenait hypnotisant. Doucement, il sortit sa flûte de son fourreau et, comme la jeune femme, posa le bec de son instrument sur ses lèvres. La flûte tendue vers le ciel. Au lieu de cracher des gerbes de feu, ce furent des lignes musicales qui s'envolèrent. Une musique chaude et charmante. Charmeuse... Le public proche se délesta de tout ce qu'il tenait dans les mains. Leurs mains et leurs genoux touchèrent le sol afin de former une pyramide humaine sur laquelle le flûtiste d'Hamelin grimpa. Aussi naturellement qu'il grimpait une colline. Arrivé tout en haut, il rangea sa flûte dans son fourreau et recommença à onduler comme un serpent. C'était une sensation étrange pour lui. D'aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait été gagné par cette envie de jouer lui-même avec son propre corps. De prendre du plaisir. Il se sentait si bien dans sa peau à ce moment qu'il laissa tomber sa lourde cape qui révéla un corps sculpté derrière un haut noir moulant. Ses mains furent envahis par cette sensation de danse. Elles ondulèrent naturellement, véritable appendice de ses épaules. Ses yeux se fermèrent et ses mains tapèrent l'une dans l'autre.

CLAP-CLAP CLAP. CLAP-CLAP CLAP.

Nul besoin de charmer la foule avec sa flûte. Maintenant que tous pouvaient le voir, en haut de sa pyramide vivante, illuminée par les gerbes de flammes de la jeune jongleuse. Le rythme qu'il donnait dans ses mains était un virus : contagieux. La foule commença à taper dans les mains. Taper du pied sur le sol. Certains crièrent : HAIE-AIE-AIE-AIE-AIE !!! Les récents évènements retransmis par les écrans géants étaient du flou. Des histoires que l'on racontait à une foule. Ce spectacle était réel.

Orphée dégaina alors à nouveau sa flûte et, toujours ondulant des épaules, il joua à nouveau. De nouvelles lignes musicales qui détruisaient les barrières sociales et les tabous. Qui déverrouillaient les cadenas qui retenaient les gens de se lâcher en public. Alors, progressivement, de nouveaux hommes et de nouvelles femmes posèrent les mains et les genoux au sol. Ils exhibaient un dos plat qui ne demandaient qu'à être grimpé. Le premier homme qui se mit à quatre pattes se positionna devant la jeune jongleuse. Puis, peu à peu, d'autres formèrent un escalier en colimaçon dont le centre était la pyramide humaine où trônait Orphée.

Relâchant de ses lèvres le bec de sa longue flûte traversière aux reflets bleu nuit, Orphée de sa main droite, l'invita à monter. A venir jusqu'à lui et siéger à ses côtés comme la Reine qui devait prendre place à côté de son Roi.
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Peter Davies
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mer 19 Juin - 13:55

Peter avait été réveillé dès l’aube, ce jour-là. Cela faisait deux jours qu’il se trouvait en terre espagnole, intrigué par les rumeurs qui étaient parvenu à ses oreilles alors même qu’il se trouvait en Angleterre. Contraint de délaisser sa bande de garçons perdus, comme il les nommait, c’est en volant qu’il avait parcouru la distance qui séparait l’île britannique du reste de l’Europe. Une entreprise bien audacieuse, sachant en plus la douleur que lui provoquaient ses ailes lorsqu’elles s’étendaient. Et un vol prolongé, alors ! Sans le vent qui le portait amicalement, Peter serait tombé dans la mer et n'en serait jamais ressorti. Il avait gagné l’Espagne à bout de force, le dos broyé, et pendant une journée entière il avait été incapable du moindre mouvement. Il en aurait fondu en larmes, tant il avait mal.

Mais la souffrance était oubliée – toujours – et à présent, il se trouvait allongé sur un toit, près de la place centrale de Madrid. Il fut inspiré de reprendre son occupation de ramoneur le temps d’une nuit, car cela faisait des jours qu’il n’avait pas mangé, et comme il ne ressentait guère la faim – il lui suffisait d’imaginer déguster un plat pour être convaincu de l’avoir réellement englouti – il aurait très bien pu se laisser dépérir sans s’en rendre compte.

En se réveillant aux premières lueurs de l’aube, Peter s’aperçut de plusieurs choses. Premièrement, il était toujours couvert de suie, n’ayant pas pris la peine de se nettoyer après son travail. Secondement, d’immenses écrans avaient été accrochés sur les façades de l’opéra qui faisait face à son perchoir. Et troisièmement, une foule grossissante grouillait à ses pieds. Se penchant vers la masse tel un oiseau perché sur une branche, il observa les visages curieux et écouta les conversations animées. Il comprit que c’était aujourd’hui, le jour du Congrès.

Se sachant sale et noir de suie, Peter n’osa pas descendre tout de suite. Et puis, il avait une place de choix pour assister à ce spectacle inédit. Ainsi niché sur les toits de la ville, il pouvait se mettre à son aise sans regards et sans dérangement. Et comme il aimait, comme il aimait regarder les gens sans être repéré, tel qu’il le faisait le soir tout près des fenêtres ! Il était aussi très curieux de voir ce que les gens penseraient des Androïdes. Car jusqu’alors, Peter n’avait jamais tellement osé révéler sa nature, trop effrayé qu’on le vît comme un monstre. Un petit monstre, mais un monstre quand même. Et, peut-être même que cette idée l’effrayait lui aussi. N’en était-il pas un, finalement ?

Mais il chassa ces pensées trop lourdes d’un revers de la main, comme l’on chasse une mouche embêtante. Les écrans déjà s’éveillaient, offrant au peuple des images incroyables que peu d’entre eux avaient eu l’occasion d’approcher, même d’esprit. Peter fixa ses yeux sombres sur les écrans, le cœur battant, un vague sourire aux lèvres. L’excitation grimpait en lui comme un écureuil dans un arbre !


♣  ♣  ♣


Son exaltation fut de courte durée, en découvrant avec effroi l’Androïde prisonnier qu’on présenta dans la scène de l’opéra. Il entendit les murmures outrés de la part de l’assistance directe, ultime privilège octroyé aux nobles et autres gens hauts placés. L’homme-machine évoquait plus la bête que l’être humain. Aucun mot compréhensible ne sortait de sa bouche, aucune tenue ne maintenait sa stature. Il était fou. On l’avait rendu fou, fou de douleur et d’humiliation. A la vue des atroces prothèses qui mortifiaient sa chair, Peter dut fermer ses yeux déjà embués, incapable de soutenir cette vision. Elle était déjà difficile pour tous ceux qui y assistaient, dans un mélange d’avidité morbide et de compassion distante, mais pour lui, pour lui qui connaissait la réalité des traitements que cet homme avait subi... C'était insoutenable. Il ressentit même une douleur sourde dans son dos, à l’endroit où ses ailes cachées avaient été intégrées à son anatomie. Les grandes personnes ne comprenaient vraiment rien ! Elles ne savaient pas voir, pas faire, pas respecter. Elles ne savaient rien. Qu’il était en colère, oh, il en tremblait tout entier.

Il suivit à peine les discours prononcés par les différents intervenants, Peter n’écoutait pas les adultes, surtout ceux qui pensaient faire preuve de raison par-dessus tous les autres. Qui étaient-ils pour parler au nom des Androïdes ? Pourquoi on ne leur demandait pas à eux, EUX, ce qu’ils en pensaient ? Étaient-ils trop atteints, trop sauvages, pour répondre ? Peter était déjà au comble de l’irritation, lorsqu’une voix criarde se fit entendre :

— Au lieu d'sauver cette engeance du diable, le Duc devrait le brûler. Le bûcher, c'tout ce qu'il mérite.

Ce n’était qu’un manant qui avait dit cela, mais la violence de ses paroles et les échos approbatifs qu’il reçut ébranla fortement Peter, qui grinçait des dents du haut de son toit. Bandes d’imbéciles, bande d’imbéciles ! C’est vous, qui avez fait cela ! VOUS ! Les Androïdes n’avaient jamais demandé à être des Androïdes. Est-ce qu’ils ne le savaient pas, ces imbéciles ?

Et encore… ces émotions bien vives n’étaient rien face à celles qui frappèrent son cœur à la vue de ce grand chapeau haut-de-forme, reconnaissable entre tous. Vasile Duca. Son créateur et son bourreau, il était là. Circulant librement, s’exprimant tout à son aise parmi la haute société qui, pour sûr, estimait grandement son génie. Il crut que son cœur s’était arrêté à la vue du visage de l’inventeur. Et dire qu’il était ici, à quelques mètres de lui. Seuls les hauts murs de l’opéra le protégeaient de sa présence. Il n’était pas dit que Duca voulût remettre la main sur lui particulièrement, mais l’inventeur était tellement symbole de peur et de souffrance que Peter le craignait plus que tout autre danger.

Il se souvenait comme ses larmes et ses hurlements avaient laissé Duca complètement indifférent. En vérité, l’inventeur n’avait quasiment pas observé son visage, se contentant de se réjouir de la jeunesse de ses organes, qui seraient alors plus réceptifs aux adages qu’il comptait leur imposer. Les nerfs vifs, les muscles peu formés, les articulations souples. Sans compter la légèreté du squelette entier. Un cobaye parfait. Pas un enfant, non, pas un humain. Un terrain d’essai, une poupée, un pantin… Une chose. « Sois maudit » pensait Peter en lui-même, « sois maudit pour toujours ». Son crâne était comme happé dans un piège à loup.

Heureusement, cet embrasement fut quelque peu apaisé par les propos du Roi d’Espagne, un personnage atypique et visiblement plus humaniste que l’affreux Duca. Encore tout imprégné par la vision de ce dernier, Peter ne parvint pas à écouter le début du discours, mais la fin ne lui échappa pas. Pourtant, il craignait d’avoir mal entendu, tant la déclaration était incroyable. Les Androïdes, libres ? Libres ?

Et ce qui survint fut plus étonnant encore ! Peter se mit même debout, surplombant cette foule parsemée d’Androïdes révélés, ôtant tour à tour leurs capes afin de montrer au grand jour leur condition ! Emballé par cette ébullition, Peter poussa un cri de coq en tapant des mains. Mais la jubilation fut de courte durée, car son entrain n’était guère partagé par la population. Ce fut à ce moment qu’il réalisa pleinement l’aversion que nourrissait la plupart des gens à l’égard de ceux de son espèce. Lui qui s’était presque apprêté à prendre son envol devant tout le monde, libéré lui aussi de la honte et du rejet ! Il s’accroupit presque aussitôt.

Une tension palpable montait dans l’assemblée, opposant les hommes aux machinés, les partisans et les opposants. Jusqu’à ce qu’un son tout à fait singulier arrivât jusqu’aux oreilles… Les regards changèrent, les visages se radoucirent, les corps se détendirent, et plusieurs se retournèrent en direction de la source de la mélodie. Y compris Peter, qui la percevait malgré sa hauteur. Il reconnut tout de suite l’instrument, une flûte sans aucun doute. Pas une flûte de Pan, comme lui, un autre genre de flûte. Oh, ses pensées s’embrouillaient, il ne parvenait plus à réfléchir ! Elles semblaient être coupées, interrompus par cette musique étrange et… Cette musique et étrange et… et…

Peter cligna des yeux plusieurs fois, secouant la tête pour reprendre ses esprits. Allons, que lui arrivait-il ? Il ne parvenait pas à se concentrer ! C’était insupportable ! Et pourtant… Ce n’était pas désagréable, ça non, pas désagréable du tout. En fait, il n’avait aucune envie que cette mélopée s’achevât. Elle imprégnait ses oreilles et tout son être d’une façon presque magique. Il avait l’impression qu’elle résonnait à l’intérieur de lui. Peu à peu, elle perdait son origine, elle venait de partout et de nulle part, tombant du ciel, s’échappant de la terre, s’infiltrant en lui par tous les moyens possibles. Il devait suivre son sillage, se laisser guider, oublier tout le reste. Peter Davies était envoûté.

Et c’est d’une démarche mécanique qu’il descendit du toit, s’accrochant aux gouttières, et se dirigea vers la foule de plus en plus amassée en un point précis. Il n’entendait rien des sons extérieurs, ne réagissant à rien d’autre qu’à la mélodie ensorcelante, imperturbable, totalement imperturbable. Il ne prêtait même plus garde à son allure crasseuse, qui le faisait ressembler d’avantage à son ombre qu’à un petit enfant.

Et quel spectacle s’offrit alors à lui ! Ébahi, il ouvrit grand les yeux et grand la bouche. Un véritable échafaudage humain s’était élevé, tel une grande pyramide d’hommes et de femmes à quatre pattes. Et en son sommet trônaient deux individus si étranges que Peter se demanda s’ils étaient bien réels. L’homme d’abord, ondulant tel un cours d’eau de montagne, jouant avec sa flûte dans un mélange de maitrise et de folie. C’était lui, lui la source de ce sortilège ! Lui qui produisait cette musique extraordinaire ! Quel étonnement qu’il eût cette allure sinistre, alors que sa musique était si vivante, si entrainante, si… Oh, Peter en perdait ses mots. Mais l’apparence du musicien était presque terne en comparaison de celle de sa partenaire, véritable brasier humain, dont la chaleur égalait la beauté. La chevelure rougeâtre du petit garçon n’était rien face à celle de la femme qui dansait au-dessus de lui, mouvant son corps avec grâce et fougue, tandis qu’un feu brûlait tout autour d’elle. Les flammes se reflétaient dans les yeux grands ouverts de Peter, immobile et subjugué par ce spectacle.

Spectacle qui tombait à point, puisque Peter Davies aurait tout donné pour ne plus penser aux évènements précédents. Ainsi captivé par cette vision, il oubliait Vasile Duca, il oubliait l’Androïde sacrifié, il oubliait la haine de la populace, il oubliait sa condition de paria, il s’oubliait lui-même. Alors, enfin, il pouvait respirer.


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Invité
Orphée
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Mar 25 Juin - 11:58
Orphée ne se contrôlait plus. Il s'abandonnait totalement dans sa musique, ses charmes et son spectacle.

Il se sentait tel un roi en haut de sa pyramide humaine !

*Poussons mes charmes un peu plus loin. Étendons-les pour qu'il gagne le cœur de chaque homme, de chaque femme, de chaque enfant. *

Enivré, charmé par sa propre musique, il se mit alors à crier allègrement :

« Qu'ils soient de chair ou de métal, tous danseront ! Tous se tiendront la main et fêteront la vie de son voisin ! »

Il y eut d'abord un cercle qui se forma autour de son trône vivant. Doucement, ils se mirent à sautiller sur place puis à tourner en cercle.

Orphée rit au ciel. Il frappa dans ses mains et tapa du pied. Il sentait déjà la fête battre son plein. Il entendait les rires qui sonnaient plus mélodieusement que les guitares. Il entendait les mains et les pieds battre en rythme, plus puissant que les batteries. Orphée riait.

Il y eut un nouvel air de flûte et alors un nouveau cercle, plus grand que le précédent se forma. Il tourna en sens opposé au premier.

Et, ainsi de suite, il y eut au total sept cercles qui se formèrent. Les androïdes n'étaient plus des intrus en cet instant. Ils étaient acceptés et prenaient autant de plaisir que ceux qui n'en étaient pas.

En cet instant, Orphée avait plus de puissance et d'influence que le roi d'Espagne. Il contrôlait le peuple espagnol. Il lui donnait du plaisir. Il lui donnait des rêves. Il le faisait vivre. Simplement. Dans le présent.

Un jeune garçon se mit alors à voltiger autour de lui à l'aide de ses ailes mécaniques. Une petite fée contemporaine. Il riait et alimentait la transe que la place juste à côté du Congrès connaissait.
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   Jeu 15 Aoû - 11:18



La musique encensait la foule, lui faisant oublier ses tracas, ses malheurs. Tout n'était que joie, et chacun dansait, dansait à l'image de ces hommes tombant dans un cercle à fées, condamnés à danser pendant des années jusqu'à épuisement.

La danse aurait pu durer ainsi pour l'éternité, mais toute bonne chose a une fin. La foule sortant de l'opéra n'était pas encline à la danse, et se mettait à vociférer insultant les Androïdes, leurs créateurs, mais surtout le roi. La garde tâcha de les calmer au plus vite, la cohue brisa l'enchantement sur certains qui se mirent à fuir ou vinrent grossir les rangs des révoltés.

Le sang gicla sur les pavés de la place. Un garde venait de se recevoir un coup de poing, le nez avait craqué, le sang tâchait ses vêtements. C'en fut trop pour la garde qui n'alla plus de main morte, répondant à la violence par la violence.

Quant à nos protagonistes, ils ont du profiter de la cohue pour s'échapper, Peter probablement par les airs, les autres en se fondant dans la foule. Aucun d'eux ne passa par la case prison.




Citation :
Ce post met fin à l'event. Comme il ne semblait plus tenter personne et qu'il commençait à dater, je me devais de le clôturer. Quant aux conséquences de l'event, vous avez pu le voir via la dernière mise à jour du forum.


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MessageSujet: Re: [Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid   
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[Année 0002] Event 03 : Sur la place de Madrid

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