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 [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent

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La belle au bois dormant
Ronce de France
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MessageSujet: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Mar 2 Juil - 20:37
Il avait fallu trouver un lieu séant pour accueillir une reine, et même si l'Espagne était connue pour être une contrée des plus riches, la tâche n'avait pas été aisée. Avec le chahut qu'avait provoqué la clôture du congrès, nombre de commerçants avaient préféré fermer leurs portes plutôt que de continuer leur journée de travail, craignant pour leurs commerces. Mais un titre ouvre bien des portes; nul besoin de mettre main à la bourse. Prenant place dans un restaurant situé aux frontières de Madrid, Ronce avait demandé à ce qu'on donne l'adresse du lieu à Lucas Grey, et qu'on le mène jusqu'ici. Au moins ne risquait-on pas de le perdre en chemin.

C'est ainsi que Ronce attendit son invité, occupant seule le restaurant curieusement dépeuplé. Assise près d'une fenêtre à l'étage, elle pouvait observer à loisir les passants qui racontaient les derniers évènements. Les rares clients qui entraient ne venaient que pour boire un verre au bar du rez-de-chaussée, et partager leurs craintes de la nouvelle loi.

Un domestique salua la reine puis s'approcha pour délivrer son message :

— Madame, votre invité vient d'arriver.
— Fort bien, allez donc dire au maître d'hôtel d'amener le repas. La faim doit tenailler Monsieur Grey autant que moi.

Le domestique hocha la tête et invita Lucas à rejoindre la reine avant de descendre pour quérir le repas commandé quelques minutes plus tôt. Trop fourbue pour se lever de sa chaise, Ronce salua tout de même son invité et lui fit signe de s'asseoir en face d'elle :

— Excusez ma conduite, mais j'ai les jambes rompues. Je ne suis point habituée à la chaleur de l'Espagne. Cela doit aussi vous changer de l'Angleterre, enfin... cessons de parler de mauvaises nouvelles. Prenez donc un verre. Ils servent ici une boisson curieuse; alcoolisée mais fraîche.

Se moquant des convenances pour un temps, Ronce servit elle-même son invité, tendant le verre désormais rempli pour qu'il le prenne. Ne manquait que le repas et ils pourraient deviser entre grands esprits.


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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Sam 3 Aoû - 9:14






Il était une fois quelque part dans une Espagne en pleine ébullition, deux jeunes gens qui semblaient vivre à part. Lucas, le corbeau à la sombre chevelure, avait terminé de se baigner et se posait tout un tas de questions sur ce qu'il avait vécut plus tôt dans l'Opéra. Il songeait à sa famille de l'autre côté de la salle, il songeait au fait qu'il ne voulait plus les revoir. Il songeait à cela en attachant sa cravate brune autour de son cou, jurant quelques peu comme à chaque fois qu'il devait le faire. Mais il n'allait pas rendre visite à n'importe qui. Il allait visiter la Reine de France en personne, ainsi que tous ses gardes bien entendu. Il sourit à cette pensée, il sourit en se souvenant du petit blond aux yeux verts qui ne l'avait pas laissé indifféremment. Cependant il savait qu'il ne pouvait se permettre telle chose. Il devait bien paraitre devant sa majesté. Tapant du pieds sur le sol, il prit un air déterminé en se mettant devant le miroir et recommença le nœud de sa cravate. C'est à ce moment précis que la destinée -ou plutôt les gardes de la reine- frappèrent à la porte. Lucas ne pipa mot, il enfila simplement son gilet sur la cravate, heureusement, bien mise. Une main dans les cheveux, il ouvre la porte d'un air étonné. Seul quelques voisins et le propriétaire de la maison étaient au courant de sa présence ici. C'est en voyant les voisins d'en face fermer leurs portes qu'il compris. Son sourire ne s'effaça guère, bien au contraire. « Bien le bonjour messieurs. Que puis-je pour vous? » Les gardes semblèrent hésiter entre continuer de le déchiffrer et finir par lui parler. Après quelques secondes de flottement l'un d'eux entonna d'une voix assurément moins dure que celle qu'il voulait proférer. « Sa majesté réclame votre présence. » « Et bien messieurs! Vous ne m'apprenez rien. J'allais justement la rejoindre! » Un autre jeune homme sembla hésité un instant puis s'avança légèrement au milieu de ses collègues avant de dire d'une voix plus voilée que celle des autres: « Nous devons vous y escorter monsieur. Si vous permettez? » Le petit brun tira la porte vers lui tandis que le corbeau dressait un doigt impatient. Il détestait les chaperon, mais ce sont là les manières des personnes royales. Il retourna chercher sa veste brune pour mettre par dessus son gilet mordorée avant de prendre une canne de Baptista pour l'allure.

A peine en route, les gardes formèrent un cadre autour de Lucas. Étonné par la manœuvre, le jeune homme se sentit soudain traiter de manière si royale qu'il ne pu que sourire. Marchant sur les dalles, jouant de ces cannes sur les cailloux. Bientôt ils arrivèrent devant un grand restaurant possédant une grande terrasse actuellement au soleil – et donc sous les assauts continu du soleil et de sa chaleur- et les gardes firent haltes, indiquant ainsi au beau brun où il devait se rendre. L'un d'eux partis devant pour l'annoncer sans doutes et Lucas attendit calmement, jouant à faire des moulinets avec la canne noire autour de son doigt. Cette journée avait beau être historique, elle n'en était pas moins une journée comme tant d'autre pour le Lord qui lui ne comptait pas cesser de rencontrer de nouvelles personnes. Il eut un sourire lorsqu'on lui indiqua de monter, salua les gardes d'un mouvement de la main -il avait, une fois de plus oublié son chapeau- et entra dans le restaurant. La pièce principale du rez-de-chaussé devait probablement donné sur la cuisine par la porte du fond, mais aucune odeur de nourriture ne filtrait. C'était étrange et intriguant. Lucas haussa même un sourcil avant de grimper les escalier en colimaçon qui n'aurait rien à envier au chat qui s'amuse. Une fois en haut, il fit une vaste révérence en ponctuant d'un simple « Votre Majesté. ». Il écouta patiemment la reine parler, prenant place sur la chaise tendue par l'un des hommes sur le côté.

« Comme j'essayais de le dire à votre Majesté, il y a bien longtemps que je ne suis pas retourner à mon Pays natal. » Il pris le verre et en bu quelques gorgées. Ce n'était pas vraiment un mensonge, mais passons. « Je me promène au travers de l'Europe avec curiosité. Je rencontre beaucoup de gens et j'en apprends beaucoup. J'ai vu beaucoup de choses intrigante et très amusantes à mes yeux. Je doute que ces futilités puisse vous intéresser cependant, vous devez vivre beaucoup de choses également your highness. » L'anglais avait repris le dessus sur le Français pour quelques instants. Les mécanisme de la langue ne lui venaient pas aussi facilement qu'il l'eut espéré. Après tout lorsqu'il l'avait apprise, le Français devait être une langue morte...






Dernière édition par Lucas Grey le Sam 26 Oct - 14:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Mer 7 Aoû - 20:16
Ronce écoutait le Lord en buvant ses paroles comme si ces derniers l'abreuvaient. Qu'il est aisé d'être charmeur lorsque les fées vous en ont octroyé le don. Les gardes autour d'eux jouaient les serveurs, amenant eux-même le repas avant de s'éclipser ne laissant qu'un des leurs en haut des escaliers. Par simple mesure de sécurité. Habituée, Ronce ne le voyait pas et piqua un bout de viande placée dans son assiette.

— J'aimerais beaucoup entendre vos récits de voyage. Les miens m'ont surtout permis de voir quelle avancée l'Europe a menée pendant un siècle. Et quel retard la France doit rattraper.

Autrement dit, peu de voyages amusants. La reine porta sa fourchette à sa bouche, avalant la pièce de viande comme on gobe un oeuf. Sentir de la nourriture dans son corps, une nourriture chaude et savoureuse, l'aidait à mieux apprécier la situation. On ne peut réfléchir l'estomac vide.

— Loin de moi de vouloir gâcher ce repas mais, dites-moi, qu'avez-vous pensé de ce congrès ? Qui plus est, que pensez-vous des Androïdes ?

Ronce voulait en connaître plus sur cet homme pour mieux le juger. Lors du congrès il lui avait laissé une bonne impression mais on peut être vite influencé au sein de la foule, dans la précipitation alors que le corps bouille d'adrénaline. Alors que dans le calme, en solitaire, on peut mieux soupeser les mots, mieux juger.


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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Dim 18 Aoû - 5:28
Lucas regardait son assiette. Du porc, un peu de salade peut-être ainsi que du pain –étonnant selon lui- et un verre de vin. L’anglais s’installa moins loin dans le fond de son siège afin de se tenir plus droit, comme le joueur de violon sur sa chaise lorsqu’il doit jouer sérieusement une audition. Piquant avec un enthousiasme mesuré dans son assiette il porta le tout à sa bouche –délicieuse viande- et mâcha avec application pour avaler avant de parler. « J’ai traversé beaucoup de pays et ai vu beaucoup de choses magnifique. De magnifiques inventions, j’ai survolé une partie de la France en bateau volant, j’ai rencontré un homme qui possédait un cirque des plus intéressant aux numéros tous plus… improbables les uns que les autres. » Il marqua une pause, souriant dans son verre de vin sans regarder par-dessus ses cils la réaction de la reine. « Que vous trouviez vos voyages ennuyeux est une chose, mais je suis presque certain de trouver du plaisir à vous écouter les raconter votre Majesté. »L’un des gardes sembla tiquer, mais le corbeau n’en avait que faire. Il aurait écouté la reine parler d’elle pendant des heures. Ce n’est pas tous les jours que l’on parle ainsi à une personne de si haut rang.

Puis la reine aux cheveux blonds lui posa cette question sur le congrès qui sembla le plonger dans une perplexité incroyable. Il s’attrapa le menton avec deux doigts et regarda avec insistance son verre nettement plus vide qu’au début du repas. Beaucoup croirons qu’il boit beaucoup de vin, mais ce verre sera le seul que le jeune lord prendra pour ne pas brouiller son esprit. Garder ses compétences ne veut pas dire pour autant refuser du très bon vin.  Finalement il posa ses deux mains à plat sur la table avant de les rejoindre devant lui et de croiser ses doigts fins entre eux. « Je pense que nous avons assisté à une faute qui peut s’expliquer par un besoin trop poussé de connaissances. Ces progrès sont nécessaires, c’est un fait mais les moyens d’y parvenir au plus vite sont tout ce qu’il y a de plus effroyable à mon sens. » Lucas frissonna, mimant le dégout avec un certain talent. Il trouvait ces expériences follement instructives et aurait adoré en connaitre d’avantage sur les mécanismes qui expliquaient le fonctionnement de pareille trouvaille. « Cependant je pense la réaction du Roi d’Espagne quelques peu extravagante. Proclamer ainsi qu’une minorité jusqu’alors crainte est désormais membre du peuple d’Espagne ne veut pas dire que la population l’acceptera. Il lui faudra bien plus que deux coups d’avances pour pouvoir faire accepter une telle chose, surtout aux vues de l’importance de sa démonstration, non ? » Il avait essayé d’expliquer une partie de son point de vue sans tout en dévoiler. Il n’était pas question d’offrir trop de cartes à sa majesté. Cependant sa concentration l’en avait fait perdre le  protocole et il ne s’était pas correctement expliqué auprès de la reine.

« Pardonnez mon emportement votre Majesté, ma concentration me fait parfois oublié les convenances.  I’m confused. » son accent devenait de plus en plus voilé et malgré quelques petites pointes d’anglais par-ci par-là, le corbeau se débrouillait assez bien dans son Français. Il remercia mentalement son père pour ces cours acharnés.  Puis il réalisa une chose soudainement. « Oh ! Je voulais vous demander votre grandeur, vous parliez des évolutions faites depuis un siècle au travers de l’Europe. Que pensez-vous faire pour aider votre propre pays à rattraper ce retard ? C’est une tâche difficile qui vous attends là, je vous souhaite d’être bien entourée et bien conseillée pour que tout se passe pour le mieux. » Un regard appuyé à l’un des gardes, un sourire évasif sur le coin des lèvres, le bel éphèbe essuya du coin de l’index une goutte de vin qui s’apprêtait à glisser le long de son menton.  Il aimait la réflexion, elle lui allait bien. Il se trouvait bien plus beau lorsqu’il réfléchissait. Parce qu’alors il devenait extraordinaire dans ses pensées comme par son enveloppe charnelle.
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Mar 20 Aoû - 17:10
Ronce écoutait le corbeau parler, parler sans discontinuer. Après tout elle avait lancé une question dont la réponse ne pouvait être donné en quelques mots. Il fallait un raisonnement, une avalanche d'arguments, ce n'était rien d'autre qu'un débat qui se lançait là. Le corbeau n'applaudissait pas à tout rompre l'acte du roi d'Espagne et avait assez de recul pour en sentir les répercussions et conséquences qui auraient lieu prochainement. Ronce devait le féliciter pour cela.

Elle profita du répit laissé par son interlocuteur pour elle-même partager son point de vue. Point de vue discutable comme toute opinion. Ce n'est pas parce qu'on est reine qu'on a toujours raison.

— Ma foi je dois avouer que vos arguments touchent juste. Mais peut-être que parfois un coup d'éclat vaut mieux que des mois, voire des années, de palabres où chacun discute sans vouloir agir. Le roi a donné un grand coup de pied dans la fourmilière, il faut espérer que les fourmis s'en remettent vite et reprennent leur nouvelle vie.


Et ce sans s'attaquer à la chaussure venue détruire leur quotidien naguère si paisible. Ce qui n'était pas sûr. Ronce avait pu entendre nombre de personnes se plaindre de cette loi, certains même se promettre de ramener l'Espagne "comme elle était avant". Parfois les paroles demeurent du vent, mais il arrive qu'elles se transforment en actes. Des actes d'une très grande violence.

Peut-être qu'elle devrait davantage réfléchir à son propre projet concernant les Androïdes. Ronce avait tout de même presque un siècle de pensées à rattraper, et pas sûr que le peuple français soit aussi indulgent que les Espagnols.

— Quant au retard de la France, je crois bien être maudite. (Ronce avait énoncé la nouvelle avec une pointe de sarcasme, haussant les épaules) Des inventeurs ont tenté de me faire part de leurs projets mais ils finissaient toujours par partir sans mot dire. Peut-être n'avaient-ils pas les épaules suffisantes pour remettre un pays entier à l'heure du changement.

Triste constatation, mais c'était la vérité. Pourtant Ronce était certaine que c'était dans la science qu'elle trouverait le remède. Non pas que la magie lui semblait trop faible, mais quand une fée vous endort pour cent ans, on a quelques réticences à faire appel aux services de ses consœurs. De même qu'aux sorcières. On ne sait jamais quel prix payer.

Se servant un verre de vin, Ronce le but d'une traite. Geste peut-être pas très élégant venant d'une femme, qui plus est d'une reine, mais le vin l'aidait à délier sa langue.

— Je pensais sinon à améliorer l'armée, mais il nous faudrait aussi de meilleures armes. Non pas que je veuille étendre mon royaume, mais la présence d'une armée dissuade les ennemis d'attaquer. N'auriez-vous pas connu durant vos voyages un quelconque inventeur, ou concepteur, une personne qui saurait aider la France à entrer dans son temps ?

La dirigeante devait être au pied du mur pour demander des conseils à un parfait inconnu. C'est ce que devaient penser les gardes à proximité, sans pouvoir donner leurs avis de vive voix. Mais ils n'avaient pas compris que Ronce, probablement sous le charme de Lucas, sentait en cet homme un allié de poids. Un conseiller idéal.


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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Mar 3 Sep - 2:17
Jouant avec ses cheveux, assez négligemment, il observait les mains de la Reine lorsqu’elle s’exprimait. Celle-ci semblait parler autant que leur propriétaire. Bougeant tant à gauche qu’à droite, ne perdant pas l’opportunité d’un moulinet ou de mouvements de doigts soulignant les syllabes importante. Le corbeau était presque certain que peu de gens avaient remarque cette tendance aux mouvements de la reine. Ou tout du moins peu de gens le lui avait fait remarquer. Il songea à lui dire à un autre moment, un moment plus intime et une fois que leur lien sera plus important. Il se sourit à lui-même, éclairant son visage d’ange. Un éclat qui ne manquerait pas de faire tituber la jolie reine dans sa phrase. « Certes oui your Higness, mais nous ne sommes point des insectes et nous avons déjà montré de par le monde que personne, même un Roi, ne peut nous dicter un ordre qui ne nous plait pas. Sans vouloir vous agresser your Majesty, les rebellions ne sont plus si rare et l’idée a si souvent été montrée qu’un rien pourrait soulever la hargne du peuple. Si mes voyages m’ont bien appris une chose, c’est que le peuple peut se montrer effrayant. » Jouant de son effet dramatique, il manga un autre morceau de viande finement découpé. Narguant presque la dame de son mâchouillement vigoureux. « A mon sens la prudence est de mise. Intégrer d’abord les Androïdes, pauvre victime de la soif de savoir, au cœur du peuple. Prouvant ainsi que les rumeurs et les croyances populaires ne sont que craintes et ignorances. » Il reprit son souffle, desserrant au passage sa cravate le plus discrètement qu’un homme put le faire et termina son discours. « Enfin ce n’est que mon avis, je ne dois pas avoir la même vue d’ensemble de la situation que vous Your Highness.  Pour ce qui est de ces charlatans qui vous ont fait perdre du temps, je puis vous assurer qu’il y a forcément des gens compétent de par le monde. J’ai toujours rêvé de rencontrer des inventeurs, ces magiciens de la mécanique. Malheureusement je n’ai pas pu rencontrer ce genre de personne jusqu’à maintenant. Des rumeurs parlent de talent de la part du roi d’Espagne que vous devez connaitre. Si il n’a même que des connaissances, elles révéleront que quelqu’un lui a appris ce qu’il sait. Ainsi vous devrez pouvoir demander à sa Majesté. »

Il marqua une pause pour manger à nouveau. Ces quelques mots agencés ainsi devrait donner une image très réfléchit au beau brun. Cette image devrait porter les conseils qu’il venait de promulgué jusqu’à l’intellect de la Reine qui pourrait penser à lui comme conseiller. Quelques petits riens pour s’offrir un peu de luxe pour une durée indéterminée. Il est sûr qu’il ne voyagera que bien moins –à moins bien entendu de se montrer convainquant, ce qu’il savait gérer.-  mais il aurait tout ce qu’il chaparde à droite et à gauche de l’Europe en un seul et même endroit, sa maison en quelques sortes.  L’idée était bien trop alléchante pour qu’il ne l’ai pas eu l’audace de se lancer avant. Il brulait les planches à l’heure actuel, jouant son plus beau rôle et celui qui pourrait devenir le sien pendant très longtemps : Le conseiller de la Reine de France. Bien entendu ce n’étaient là que les premiers pas, mais cela avançait à petits pas. Bientôt il n’aurait plus besoin de voyager que pour son plaisir et sa détente. Il pourrait avoir des vacances et n’aurait qu’à travailler lorsque la reine le lui demandera. La fainéantise de l’accomplissement de ce plan était des plus douce et le bel éphèbe pourrait en saliver d’avance si l’inquiétude de l’échec de son plan ne lui faisait pas un petit pli de plus sur le bord de son sourire.  Petit détail que personne ne percevrait si ce n’est lui, du fait de l’impact de sa malédiction si pratique parfois.  Ne cessant de parler définitivement que pour manger, il finit sa bouche et continua « Si cela peut rendre service à votre Majesté, je pourrais vous présenter un inventeur si j’en rencontre un lors de mes voyages. Bien entendu ce sera un secret bien gardé entre nous.. Et votre garde ici présent. Pourrait-il nous laisser d’ailleurs ? Ce serait probablement judicieux pour le reste de notre conversation, n’est-il pas ? » Il ne se serait jamais crut si entreprenant devant la reine. La crainte devait presque pouvoir se voir sur son visage. La crainte du refus, de la franche rigolade face à son culot. Il se dissimula derrière son verre qu’il porta légèrement trop vite à sa bouche. Le vin lui aspergea le dessus de la lèvre supérieure, avec un léger mouvement de surprise de la part du corbeau. Il posa le verre en souriant avant de porter sa langue à sa lèvre, puis sa serviette qu’il tamponna sur sa peau imberbe et humide.

Lucas ne demanderait pas grand-chose à son sens. Il voulait vivre dans le luxe qu’il avait toujours connut. La possibilité de faire ce qu’il lui plait quand il lui plait si la Reine n’a pas besoin de lui. Rien d’extraordinaire ne serait proposé par sa jolie bouche et jamais il ne mettrait qui que ce soit en danger. Il voulait simplement vivre sans jamais avoir quoi que ce soit de contraignant à faire. L’avènement de toute une vie en somme, ou tout du moins c’est ce que pensait Lucas. Rêve d’enfant, promesse d’adulte. La limite n’était pas vraiment fixée. Mais ce serait bien le rêve le moins glorieux à réaliser.  Toujours aussi craintif, il se concentra sur la disposition de sa future chambre, l’organisation de ses journées avant de se convaincre d’arrêter de divaguer et de se réjouir avant même d’avoir terminé le premier pas vers cet horizon paradisiaque.
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Sam 7 Sep - 23:55
Seul à seul pour converser ? Il y avait là anguille sous roche, la proposition sonnait presque comme une invitation osée. Lucas aurait demandé à la reine de le rejoindre dans un hôtel retiré que ses paroles auraient semblé toutes aussi curieuses. Presque déplacées.

Ronce ne savait comment réagir. Ne pouvant rester bêtement la fourchette levée et la bouche ouverte, la reine mâchait silencieusement ce qui restait de son plat. Laissant ainsi un silence s'installer, un silence où son esprit réfléchissait à toute allure. Quand la dernière bouchée fut engloutie, la reine reposa ses couverts et posa ses mains sur ses cuisses.

— Gardes. Qu'on nous laisse seuls.

Un regard appuyé en direction des hommes et ceux-ci obéirent, descendant les marches pour se rendre au rez-de-chaussée. D'un mouvement discret de la main, Ronce tapota sa cuisse droite, sentant à travers le tissu la forme bien familière de sa rapière. Hors des entretiens de convenance, des soirées en haute société, la reine aimait conserver cette arme près d'elle. Au cas où. Sa présence la rassurait.

Après tout Lucas était un homme. Un homme intelligent. Donc doublement dangereux. Surtout pour une femme, qui plus est reine.

— Qu'avez-vous donc à me dire qui demande à ce qu'aucune oreille, même la plus fidèle, n'entende ? Allez-vous me confier le secret le plus inavouable de cette belle Adélaïde Taylor ? Révéler les dessous de la couronne anglaise ? Ou me proposer quelque chose que toute personne, autre moi, vous refuserez ?

Les possibilités étaient multiples. Un serviteur vint rapidement retirer les assiettes désormais vides avant de s'éclipser, agissant dans le silence le plus complet. Ronce faisait tourner la fourchette entre ses doigts, faisant miroiter la lumière dessus. Le regard fixé sur son manège, elle continuait pourtant de s'adresser au corbeau.

— Vous me fascinez, très cher.


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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Lun 16 Sep - 0:20
La reine acceptait une entrevue plus intime avec le corbeau, tout sourire de sa nouvelle victoire. Le chemin vers le luxe s’amoindrissait petit à petit. Il reprit ses couverts pour piquer un peu de légumes dans son plat, ceux-ci gouttèrent légèrement dans l’assiette avant que le Lord ne les essuie sur le rebord de son auge. Il les porta à sa bouche, écoutant la reine parler sans la regarder, montrant ainsi sa confiance en lui. Il écouta ses questions avec patience, souriant à la demande de nouvelles de la Reine Adelaïde. Il se souvint de celle-ci, de ses lèvres trop promptes à faire la moue pour ses beaux yeux. Puis lorsqu’elle eut finie, l’Anglais posa ses couverts délicatement, s’essuyant à nouveau les lèvres de la sauce qui les habitaient  avant de se lancer : « Pardonnez mon arrogance Majesté, cependant je puis vous garantir que mes voyages au travers du monde m’ont appris à me méfier même de ceux qui semblent les plus prompt à vous secourir. Il se trouve que la question porte sur le passage à la technologie de votre mère patrie.  La progression d’un pays vers la technologie n’enchante pas tout le monde contrairement à ce que vous pensez Madame. » Lucas sourit à nouveau. L’emploi de ce terme avait été choisi intentionnellement pour créer une aura de proximité entre les deux comploteurs. La reine ne devrait pas se sentir en danger devant cette envie d’aider son royaume à aller de l’avant. Il reprit. « Je m’engage, votre Majesté, à rechercher un inventeur capable de servir vos plans. Cependant vous ne devrez pas oublier les religieux qui auront tôt fait de vouloir vous mettre des bâtons dans les roues. Sachez que souvent, ce sont les plus extrêmes dans le refus de l’évolution technique. Les conservateurs pourraient vouloir vous tirer par le bas, il faudra vous préparer face à cela. Ne pas montrer que vous pourriez lâcher prise. Je ne doute pas de votre courage ou votre volonté, je les aient vus dans vos lieu lorsque nous étions à l’opéra.  Mais je dois vous confier que je m’inquiète facilement pour mon prochain. »

Le corbeau mettait la reine sur le même horizon que le sien, ce qui pourrait l’agacer. Mais encore une fois on ne pouvait lui en vouloir de se montrer prudent face aux mondes. Il était facile d’imaginer que le jeune homme avait connu moult noirceurs durant son voyage. Lucas repris ses couverts pour les croiser dans son assiette avant de repousser celle-ci de quelques centimètres, signifiant ainsi sans se rendre compte qu’il avait terminé de manger. Il avait encore un peu faim, mais voulait rester digne face à la reine et ne pas passer pour un profiteur –qu’il avait toujours été bien sûr-. Le beau parleur inspira puis repris son discours : « Je pense que nous pourrions être de grand amis you highness. Je suis certain de vous être d’un grand secours. » Il prit une pause nonchalante, fouillant du bout de ses doigts ses cheveux légèrement emmêlés par la faible humidité de la pièce et son affreux tic de se passer la main dans les mèches. Dans la lumière, sa pause sembla celle d’une statue grec.  D’une voix chaude  il dit : » Je pourrais vous rapporter les informations que j’aurais glaner de-ci de-là au travers de l’Europe. Mes aller et venues en France paraitraient comme une halte logique puisque vos terres se trouvent au centre de mes déplacements. Notre relation serait discrète et gardées seulement de vous à moi. Cela ne vous conviendrait pas ? »  Le lord se redressa imperceptiblement, plongeant un regard voilé dans celui de la reine, sans la moindre gêne visible et sans se détourné il avait prononcé sa dernière phrase comme si cela eut pu être une ineptie complète. Il partait du postulat qu’un espion à la solde d’un pays encore en développement ne pouvait pas se refuser.  La France n’était pas en sécurité tant qu’elle n’avait pas trouvé de bons ami ET qu’elle n’avait pas monté sa propre force de défense.  Lucas le savait et s’en servait avec un doigté comparable aux plus grands tacticiens. Ses années d’escroqueries se sentait dans l’aisance de ses choix de mots et dans sa faculté à viser juste. Un grand homme.
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Dim 22 Sep - 20:55
Vraiment cet homme était curieux, insaisissable, parlant avec la maturité d'un sage. Ronce en aurait bien fait un conseiller mais le projet de Lucas était plus intéressant. Espionner chez les voisins permettrait de connaitre leurs propres projets et savoir quel intérêt ils portaient à la France. Avec l'arrivée prochaine de la technologie dans le beau pays de la reine, la France allait prendre une place plus importante en Europe. Surtout avec son alliance avec l'Espagne. Mieux valait assurer ses arrières.

Le temps que Lucas finisse d'exposer ses arguments et le serveur revint, apportant le dessert. Ronce attendit que l'homme reparte au rez-de-chaussée pour détailler son assiette du regard. La moitié de l'assiette était occupée par des beignets de forme allongées recouverts de sucre, tandis que l'autre comportait une coupelle remplie de chocolat. La présence de ce dernier confirmait le raffinement du dessert; le chocolat demeurait une denrée rare et chère. Seule l'Espagne, avec son commerce avec les pays américains, pouvait se permettre de servir de tels mets hors des tables royales.

Ronce prit un des beignets du bout des doigts cherchant à savoir comment le manger sans se mettre du sucre partout. Ce qui semblait impossible. Le beignet ainsi coincé entre ses doigts, le sucre se collant à sa main, la reine reprit la conversation avec toute la dignité qu'elle possédait.

— Si vous devez me trouver un inventeur, il m'en faudra un qui soit capable d'améliorer mes troupes et d'en faire une armée digne de ce temps. Jusqu'à présent la cour anglaise ne s'est intéressée à mon royaume que pour s'en moquer. Ce qui ne risque plus d'être le cas quand mon alliance avec l'Espagne commencera à porter ses fruits...

Lucas était la première personne, hors des conseillers de la reine, à entendre parler de cette alliance. Ronce n'avait pas voulu ébruiter le fait tant que celle-ci n'avait pas réellement commencé à agir. L'Espagne devait amener un appui considérable au niveau de la technologie; après tout ce pays était l'un des plus évolués dans le domaine. Avec l'Angleterre. Mais en bonne Française, Ronce haïssait les Anglais.

La reine voulut croquer dans le beignet mais, manque de chance, le sucre se répandit sur son corsage. Un corsage évidemment légèrement échancré. Reposant le mets dans son assiette, la reine tapota le haut de sa poitrine avec une serviette.

— Je comprends mieux la présence du chocolat. Il doit empêcher ce genre d'incidents.

Ronce tâchait de rire de cette bavure même si elle savait qu'elle venait de perdre en dignité. Un léger rougissement se répandait sur ses joues, signe de son embarras.

— Votre projet d'émissaire espion me plaît, mais dites-m'en plus. Vers quel pays vous tournerez vous en premier ?

La question n'était pas simplement de la curiosité. La méfiance dictait aussi les paroles de la reine. Après tout Lucas était humain, et il pouvait très bien vendre des informations aux ennemis de la France au lieu d'aider le pays.


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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Lun 7 Oct - 16:14
Ce serveur tombait mal, vraiment mal. Lucas ne pu s'empêcher de lui lancer un regard noir ce qui n'eut pas le moindre effet à cause de sa malédiction. Saleté de pouvoir incontrôlable, le corbeau n'était décidément jamais libre de ses mouvements. Face à la soudaine fatigue du jeune homme, le serveur crut bon de prendre le temps de le servir. Le silence qui perdurait commençait à devenir gênant et finalement Lucas siffla entre ses dents « Vous êtes bien brave mon brave, mais allez donc vous reposer, nous nous débrouillerons.  » Le ton s'était voulut avenant voir neutre, mais il avait tout de même suinté l'agacement. Grâce à la malédiction, cela passa comme un pigeon aux travers de la capitale de France. Et justement, la France parlons-en. A peine le serveur sortit que le beau brun se tourna avec impatience vers sa Majesté, croissant les mains devant lui pour montrer son intérêt. Oubliant son dessert, qu'il laisserait traîner devant sa chaise sans y prêter attention. Le sujet était plus important qu'une sucrerie. Il écouta la reine parler, souriant simplement lors de la mention de la couronne Anglaise. La reine avait toujours eut la France en horreur sans réellement d'explications. Tout du moins c'est ce qu'elle avait montré jusqu'à la dernière fois qu'il l'a vue. Sa langue fourcha rapidement: «  Au diable la couronne Anglaise, j'aime ma nation mais ces gens me semblent manquer d'honneur.  » Son histoire était chargée certes, mais il devait se montrer respectueux envers les dirigeants de la couronne de sa terre natale. C'est ce que son père aurait voulut tout du moins. Il songea un instant à la place de l’Angleterre en Europe et se dit que cette alliance finirait forcément par le mener au Palace de sa Majesté la Reine d'Angleterre. Il fut obligé de se mordre la langue pour ne pas grimacer. Son attention fut reporté par la reine, saupoudrant malencontreusement son corsage avec du sucre. Un léger sourire de Lucas pour dissimuler son mal-être. Il était hors de question qu'il l'aide à se débarbouiller. Voilà qui aurait été inconvenant et qui plus est, il ne se voyait pas approcher cette  zone du corps d'une femme sans raisons autre que la bonté.

«  Certainement votre Majesté. Je ne suis pas très aux fait de la gastronomie locale, veuillez m'en excuser.  » Dit-il afin de partager sa gêne avec la reine qui semblait s'empourprer légèrement. Ceci dit elle changea rapidement de sujet afin d'oublier au plus vite cet incident. Attentif, Lucas jouait de ses pouces pour calmer sa propre tension, finissant par passer une main dans ses cheveux et l'autre afin de lisser sa cravate. Dès qu'elle eut finit, le Corbeau renchérit avec énergie: «  J'aimerai commencer par l'Angleterre mais j'ai peur que vous ne doutiez de moi, laissez moi vous dire que je suis l'un des favoris de la Reine et que celle-ci désirait que je l'épouse. Je me refuse à un mariage qui me priverait de mes libertés et le rôle de Roi ne m'intéresse que pour la promesse de luxe et de tranquillité qu'il m'offre. Ainsi donc je considère la couronne comme un adversaire à défaut d'être un ennemi. Je sais que si je me tourne à nouveau vers eux ils finiront par tenter de m'emprisonner à nouveau.  » Lucas repris son souffle, buvant le verre d'eau que le serveur lui avait gentiment servit quelques instants plus tôt. «  Mais laissez moi vous dire que je ne commencerais pas par mon pays natal. Premièrement parce que j'ai peur de ne pouvoir encore en sortir et deuxièmement parce que je doute que ce voyage vous soit d'une quelconque utilité. Je pensais plus me tourner vers l'Italie, afin d'y trouver un Inventeur qui serait brimer par les croyances locales. Comme je vous le disais les religieux sont souvent les plus réticent à l'adaptation d'un pays vers la technologie, vers l'avenir. Par ailleurs leurs position est assez importante pour que leur avis sur la France compte dans la balance. A défaut d'avoir leurs soutiens, vous aurez besoin d'être certaine qu'ils ne vous attaqueront d'aucune manière.  » Les paroles sensées de Lucas résonnèrent dans l'habitacle à mesure que le jeune homme s'appuyait de nouveau dans son siège, attendant l'avis de sa Majesté. Il espérait que sa franchise paierait.
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MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Ven 11 Oct - 0:38
Les religieux. Ce terme revenait souvent dans la bouche du corbeau, désignant les plus grands ennemis qui pouvaient s'opposer à la reine et à ses décisions. Religion allait souvent de pair avec l'envie de conserver les habitudes, la peur du changement. Ronce n'avait pas ignoré ce point mais y était-elle préparée ? Certains croyants se contenteraient d'être surpris, de crier à la sorcellerie en découvrant des ampoules électriques, puis finiraient par s'habituer. Mais d'autres allaient refuser toute évolution, toute technologie allant se conduire comme des Roumains, voyant en ces changements des dangers.

La proposition de Lucas était donc la bienvenue. Qui disait Italie disait Vatican. Le mieux serait que cet inventeur soit bien vu des religieux locaux. Ronce faisait confiance au corbeau pour ne pas négliger ce détail.

— Je pense moi aussi que l'Italie serait une bonne idée. Il nous faudrait, dans l'idéal, un homme qui ait la protection ou du moins dont les actes sont approuvés par le Vatican. Imaginez un homme venant chez moi, auréolé de la bénédiction du Pape ! Aucun religieux, même le plus endurci, ne pourrait mépriser un tel individu.

Ronce imaginait déjà les vieux prêtres saluer bien bas l'inventeur, quitte à lui baiser les pieds car lui avait eu la chance d'approcher le Pape et pas eux. Ce serait cocasse à voir.

Hélas Ronce ne put davantage laisser son esprit vagabonder. Sans demander la permission, un garde monta rapidement les marches dans un concert de ferraille. On aurait cru entendre les disputes d'un ménage se lançant des casseroles à la figure. Il salua brièvement Lucas et eut une révérence rapide envers la reine. Cette dernière sentit que quelque chose n'allait pas quand elle perçut l'inquiétude clairement visible sur le visage du garde.

— Majesté ! Des gens tentent d'entrer...
— Nous sommes dans un restaurant, ces personnes ressentent peut-être simplement le besoin de se rafraichir ou...
— Je crains que non Majesté. Ils veulent vous voir et vous faire comprendre que... que vous devez partir... Ils ne sont pas en accord avec vous au sujet des Androïdes.

Évidemment. Ronce ne fut guère surprise par cette nouvelle. Elle avait déjà perçue à l'Opéra les regards qui méprisaient ses paroles, les personnes qui avaient quitté les lieux dès l'annonce du roi. Les nouvelles lois ne font jamais l'unanimité.

— Faites-leur savoir que je partirais quand je le souhaiterais. Et que s'attaquer à moi revient à s'opposer à leur roi car nous avons les mêmes opinions.
— Ils sont armés, votre Majesté !

Là, effectivement, cela posait un problème. Surtout que Ronce se doutait qu'ils n'étaient pas simplement armés de fourches et de torches. Dignement la reine se leva, semblant être maîtresse d'elle-même. Mais en réalité elle était dans le doute. Devait-elle demeurer malgré la pression extérieure, quitte à réprimer ceux qui s'opposaient à elle, ou devait-elle se plier à ces inconnus quitte à ravaler sa fierté ?

Trop hésitante à choisir, et désireuse de tester la finesse de son futur espion, la reine posa une question au corbeau.

— Que feriez-vous dans une telle situation mon cher ? Dois-je attaquer de front, fuir ?

Ou devait-elle baisser la tête et faire pénitence ?


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Lucas Grey

MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Sam 26 Oct - 14:27






Il écouta la reine acquiescer à son idée, avec un sourire intérieur à n’en plus finir. Tout se déroulait pour le mieux, tout allait comme il le voulait. Il posa son menton dans sa main, jouant avec ses lèvres du bout des doigts en la regardant, agitant ses pensées aussi vite qu’une locomotive. Son cerveau, en pleine ébullition, cherchait à savoir comment gagner la confiance de la Reine de la plus efficace des manières pour s’assurer un avenir radieux.  Son pouvoir mis à part, il comptait aussi beaucoup sur sa manière de réfléchir, le jeune prodigue des relations humaines calculées se tourna vers son dessert et le mangea calmement en écoutant discourir sa Majesté. Mais un vent nouveau vint frapper a leur porte –ou plutôt celle du restaurant-. Une foule en colère ? Sérieusement ? Mais c’était parfait. L’œil allumé, le sourire jusqu’aux oreilles, il savait pertinemment que faire pour gagner la confiance de la Reine. Il continua de manger comme l’homme le plus calme du monde, tamponnant sa serviette sur ses lèvres pour en retirer la graisse du repas puis se redressa sur son siège, joignant ses mains sous son menton, jouant de ses index en attendant que la reine ne l’interpelle.  Et cela ne manqua pas.  Juste après la mention d’un éventuel armement, le jeune homme se mis à sourire brièvement.  Puis il se leva, avança vers la reine et dit à mesure que ses yeux se penchaient vers le bas de sa robe : « Si vous permettez votre Majesté. » Ce à quoi elle répondit par un haussement de sourcil qu’il prit comme un remerciement.

Il descendit les marches, rejoignant les gardes. « Le propriétaire des lieux ? » Un petit bonhomme à l’œil paniqué approcha. Probablement proche de la quarantaine, la moustache foisonnante, il semblait vouloir vivre au-dessus de ses propres moyens malgré un restaurant manifestement très bien fréquenté. Son pardessus était légèrement émaillé, quelques traces de nourritures mal nettoyés sur son gilet le firent tiquer puis le Corbeau finit par s’adresser au petit bonhomme. « La porte de derrière ? » Le petit homme, toujours aussi paniqué, fit un petit bond avant de s’avancer vivement vers ce que l’Anglais avait identifié plus tôt comme étant la cuisine. Il fit signe aux gardes de rester là avec un sourire et un doigt levé avant de suivre le petit furieux. Arrivés ensemble devant cette fameuse porte, après avoir traversé près de dix mètres de cuisine dallées impeccables –et c’était impressionnant même à ses propres yeux- ils arrivèrent devant la porte. « C’est pour madame la reine ? » Dit-il avec une voix bien plus douce, nuancée et féminine que l’Anglais attendait d’un homme si trapu. Naturellement, Lucas sourit à l’homme avant d’ouvrir la porte. Personne. « non monsieur, c’est pour moi. » Et il s’engouffra par la sortie avec la canne qu’il avait récupéré au passage, ainsi que sa veste à la main. « Mais vous ne pouvez pas trahir la reine comme ça monseigneur ! Ils vous retrouveront ! » Disait-il tout bas en regardant derrière lui. Lucas se tourna vers lui, le sourcil droit relevé et légèrement irrité, le patron déglutit. « Que racontez-vous là sombre fou ? Je vais sauver la reine ! »

Il épousseta sa veste, retirant les plis que formait le tissu, s’observant dans une vitre marchande avant de prendre par une petite rue pour revenir face au restaurant. Sur le chemin, il réfléchissait à tout allure. Très bien Grey, maintenant que vous vous êtes lancé il vous faut assurer un avenir radieux à votre alliance avec la Reine. Comment allez-vous vous y prendre ? L’improvisation était l’une de ses prérogatives, mais il est vrai qu’il n’avait presque jamais du improviser face à une foule en colère et armée. Il déboucha de la ruelle devant une troupe de gens qui parlaient –fait étonnant, Lucas les imaginaient déjà hurler à la fenêtre- ce qui montrait qu’on pouvait encore parler avec eux. Il s’approcha de l’un d’eux, probablement le chef puisqu’il était debout sur un tonneau pour surplomber la foule, mais parlait avec une femme équipée d’une fourche à ses pieds. « Bonjour monsieur, pardonnez de vous déranger mais : Que se passe-t-il ? » Le paysan se tourna vers moi, l’œil vif. Il avait l’air ravit et très en colère à la fois –il devait avoir envie de lui raconter- et commença à entonné avec une voix bourrue et brute   « La reine de France est une sorcière, elle a ensorcelé notre brave roi avec ses idées d’égalité. Ces monstres ne sont pas comme nous, ils vont attaquer nos enfants, nos femmes. Ces gens ont peur, peur de ne pouvoir être en sécurité dans leurs propres maisons ! … »Mais déjà l’anglais n’écoutait plus. Il se pencha vers l’homme avec un regard presque blessé. « Les espagnols ont-ils donc si peu de respect pour leur Roi ? ». Les regards –et le silence- se tournèrent vers lui d’un seul coup. Il frappa le tonneau d’un geste las, regardant l’homme d’un air de dire « Descendez de là je vous prie, j’aimerai parler. »

« Si vous aviez du respect pour votre roi, » entonna-t-il bien fort pour que tout le monde entende, « Vous ne seriez pas là à accuser une femme de l’avoir fait changer. Votre roi est un homme intelligent, il vous a apporté moult technologie et s’est toujours inquiété de votre sécurité et de votre santé au sein de son royaume. » Quelques personnes hochèrent la tête, ils écoutaient à demi-fascinés, « N’avez-vous donc pas honte d’aller attaquer l’une des alliées de votre Roi sous prétexte que SA décision ne vous plait pas ? C’est avec lui que vous devez le dire. Et certainement pas avec des armes ! Vous vous décrédibilisez par la menace, il vous faut parlementer !  Allez-vous réunir face au palais ! Attendez de pouvoir obtenir une audience avec le roi et parlez-en avec lui ! Décidez d’un porte-parole en votre nom à tous qui saura plaider votre cause avec les mots justes. » Quelques-uns émirent l’idée de le choisir lui, comme porte-parole, ce qui ne l’arrangeait pas le moins du monde. « Soyez sérieux braves gens, vous ne me connaissez pas. Décidez d’un porte-parole qui vous connaissent et qui vous ai déjà prouvé qu’il savait parler en votre nom à tous. » Les regards se tournèrent vers l’homme qui avait expliqué la situation à Lucas, on vint le prendre et le pousser vers le grand palais tandis que les hommes et les femmes s’éloignent. Le corbeau ne savait pas si ils poseraient leurs armes, mais il avait fait son possible pour que tout se passe pour le mieux pour la Reine de France. Il frappa à la porte, le sourire remplit d’humour. « C’est moi ! »



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MessageSujet: Re: [Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent   Mar 29 Oct - 23:10
Pour sa sécurité, et par extension celle de tout le pays, Ronce dut demeurer à l'étage sans même avoir la possibilité de se pencher près d'une fenêtre pour voir ce qui se déroulait en contre-bas. Imaginez un projectile pourrait être lancé et toucher la reine. On ne savait quels armes ces gens détenaient ! La reine ne pouvait donc que ronger son frein, tapotant du pied, assise dans son siège avec la grâce d'une souveraine ayant pris place sur son trône.

Elle ne pouvait se fier qu'aux bruits qui parvenaient jusqu'à elle. Mélange de paroles indistincts, bruit semblable à celui d'une cocotte-minute sur le point d'exploser. La révolte grondait, couvait, et était sur le point de naître. Mais le brouhaha s'estompa, redescendant en flèche tel un soufflé mal préparé. Non pas que les gens se taisaient mais ils semblaient... s'éloigner. Ronce se leva et accourut voir à la fenêtre la plus proche, évitant le garde qui voulait la retenir. Le nez collé contre la vitre, la reine vit la foule remonter la rue menant à l'intérieur de la ville.

— Je ne sais ce que ce Sir Grey leur a dit, mais cela a su les persuader de chercher une autre cible pour leurs vindictes.

Fascinant. Elle n'avait perçu aucun éclat de violence, aucune personne ne semblait avoir été blessée. Sans aucun doute ce Sir Grey avait obtenu des fées le don de l'éloquence. Ronce se détacha de la vitre. Un garde monta l'escalier menant à ses côtés Lucas auquel il avait ouvert la porte. Fier de ce futur allié, certaine d'avoir trouvé l'homme idéal, Ronce fit signe à Lucas de s'avancer et de reprendre place à table. Un diner même interrompu se devait d'être terminé. De même qu'un contrat.

— Vous avez su, encore une fois, me surprendre. Vous êtes réellement empli de ressources. Je consens volontiers à votre projet, notre projet. Que diriez-vous d'en conclure les menus détails avec le dessert ? Et ainsi nous pourrons prendre congé et vous laisser mener votre rôle.

Tiens toi prête Adélaïde. La reine de France avait désormais une belle carte dans son jeu.


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[Année 0002] Quand les grands esprits se rencontrent

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