[Année 0003] "Je méprisais les rois ambitieux, des rameaux verts j’avais fait ma couronne."

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Prince Ciel
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Prince Ciel
Mer 24 Juil - 11:22





Il y a un mois déjà, le petit prince de France venait d’avoir neuf ans. Et bien que ce progrès significatif ne fût pas bien visible – il avait à peine grandi et demeurait toujours aussi pâle et chétif – personne au château ne pouvait ignorer quel évènement cette date impliquait. Le jeune souverain fut préservé de l’agitation, mais lui-même n’ignorait pas que son anniversaire était un fait grandiose dans la routine du palais. Il reçut des attentions et des présents de la part des souverains de chaque royaume, ainsi que des nobles et même des bourgeois, qui voyaient là une occasion de plaire à la sœur du prince, la reine. Ciel, trop jeune et trop innocent pour le comprendre, n’y voyait ni plus ni moins qu’une marque de respect et de générosité.

Il avait déballé ses offrandes avec hâte et fougue, arrachant tour à tour les emballages de la montagne de paquets dont on lui avait fait don. Au bout d’un temps, il était si épuisé qu’il dut demander à ses valets de prendre la relève. La plupart des présents étaient des jouets ou des livres, des activités d’intérieur exclusivement, car chacun savait que Ciel ne sortait jamais et que chaque incitation à rester enfermé serait vue d’un très bon œil, y compris de la part de Ronce. Un cheval à bascule, un coffret à médailles, une boite rembourrée de velours pour son épée, un décor de théâtre miniature accompagné de ses marionnettes de bois peintes à la main, un nécessaire de peinture, quelques bouquins brodés, et beaucoup beaucoup de vêtements.

La profusion d’objets commençait à donner la nausée à Ciel. Il adorait être gâté, puisqu’il s’agissait certainement de la seule réjouissance qu’il connût – un enfant qui ne souffre point de solitude et peut s’amuser dehors sans contrainte n’éprouve dès lors plus le besoin de posséder mille et une choses – mais en l’occurrence, il y en avait tant que cela ressemblait à un tour de manège maudit qui ne savait plus s’arrêter. Le présent qu’il préféra à tous les autres fut le cheval à bascule, qui lui donnait un vague sentiment d’aventure lorsqu’il parvenait à s’imaginer qu’il parcourait les plaines sauvages d’Amérique au dos de son destrier.

Car Ciel avait, depuis plusieurs mois déjà, provoqué une passion dévorante pour le Nouveau Monde. Depuis qu’il avait entendu des nobles de passage en parler secrètement, il avait exigé de lire tous les ouvrages sur le sujet, y compris les plus pointus – cela ne lui faisait jamais peur. Il ne parlait que de cela, ne s’intéressait qu’aux leçons faisant fait de colons et d’indiens, et tous ses jeux avaient pour origine : l’Amérique.

Il aurait tellement voulu s’y rendre ! Traverser les pages illustrées de ses livres et se retrouver dans la Toundra, l’Ouest Sauvage ou les Temples brésiliens ! Sans parler des Caraïbes où il aurait risqué de croiser quelques pirates – une perspective qui l’aurait enchanté car les pirates aux yeux de Ciel ne représentaient pas une réelle menace, du fait qu’il n’en avait encore jamais rencontré. Que d’aventures ! L’Amérique renfermait tant de choses qu’il convoitait que peu à peu, c’était devenu son obsession, et il lui semblait que rien d’autre n’aurait pu le combler.

Ce fut ainsi que sa horde de jouets le lassa bien vite, et qu’il ne prit d’ailleurs même pas la peine de toucher à certains d’entre eux…  Il s’enfonçait peu à peu dans une mélancolie profonde, que les gens du château connaissaient bien. Bientôt, il cesserait de manger et de parler, prenant ce regard vide et terni qui inquiétait tant le personnel.

Ayant eu vent de l’état dépressif de son jeune frère, ce fut la Reine Ronce elle-même qui ordonna qu’un voyage aux Amériques fût préparé pour le prince. Cette nouvelle alarma sérieusement les employés, car bien que Ciel eût déjà parcouru les terres européennes – en carrosse, il va sans dire – jamais personne n’aurait imaginé qu’il pût un jour entreprendre un tel périple. Pour bien des gens, l’Amérique sonnait comme une promesse de changement et d’opportunité, une seconde chance pour ceux que la vie n’avait pas gâtés. Cela étant, le peuple français, à peine émergé de son sommeil et encore déboussolé par les bouleversements de l’Europe, n’était pas unanime quant à la promesse qu’offrait ce changement. Le personnel royal l’était encore moins. Et puis, ici, chacun pensait d’abord au prince avant lui-même. C’est pourquoi il semblait tout à fait normal à Ciel qu’il en fût ainsi, car on ne lui avait jamais laissé penser qu’il était moins ou aussi important que les autres.

L’ordre de Ronce, à défaut d’être raisonnable, était royal, et personne en ce lieu n’était disposé à le refuser. Le voyage fut organisé en plusieurs semaines, afin de s’assurer qu’aucun évènement fâcheux éventuel ne pût trouver de solution. Un cortège des plus éminents accompagna le prince dans son déplacement. Médecins, précepteurs, nourrices,  majordomes, qui avaient tous appris de menues tâches afin de pallier au manque de personnel occasionnel – recoudre un vêtement, disposer une assiette, coiffer correctement la chevelure blonde de Ciel…  Chacun avait été spécialement formé pour ce voyage, et chacun s’y lançait la boule au ventre.

Seul Ciel, que la clémence de Ronce faisait taire la rage intérieure qu’il éprouvait envers elle – Ciel aimait tant sa sœur qu’il souffrait de son absence plus que de toute autre chose et la tenait responsable de sa solitude – n’était que joie et empressement à l’idée de cette virée.


Le voyage fut difficile. Ciel n’avait jamais pris le bateau, et son estomac s’adapta très mal à ce sol instable et ce paysage flottant. Il fut pris de nausées dès le premier jour, et dut rester alité une bonne partie de la traversée. Pâle comme un mort, aussi faible qu’un mourant, il n’est pas étonnant que les accompagnants fissent venir un prêtre afin de se préparer à toute éventualité. Heureusement, Ciel était trop embrumé pour comprendre qu’il était en train de risquer sa vie. Finalement, au terme de quelques mois – le trajet était fort long – il parvint à se remettre sur pieds, prouvant une fois encore qu’il n’était pas si fragile qu’on le pensait.

Il était d’ailleurs en première ligne lorsque le paysage du Nouveau Monde apparut au loin, transformant l’horizon plat et lisse en promesse d’aventure et de merveilles.  

Chacun des majordomes avaient entendu dire que les bandits foisonnaient en Amérique, qui garantissait l’impunité pour les méfaits passés, et un camouflage minutieux fut mis en place. Avant d’atteindre les cités nobles, le petit prince ne devait avoir en rien l’air d’un petit prince. Son aspect délicat et ses vêtements ouvragés étaient le témoignage évident de son statut. On le para donc d’habits plus communs, bien que non pauvres tout de même, et la calèche qu’ils empruntèrent n’était pas dorée et magnifique comme à l’accoutumée. Excité comme il était, Ciel fut tout à fait insensible à ce manquement. Il regardait déjà avec une fascination réjouie ces grands arbres verts et ces chemins infinis, qui à coup sûr le mèneraient à une destination fabuleuse…


Ainsi eut lieu le premier imprévu de ce périple… Les cités nobles étaient très éloignées de la côte, et il fallait pour s’y rendre traverser un bon nombre de forêts et de villes moins raffinées. Comme le petit prince commençait à avoir faim et que l’inconfort de la calèche – nous l’avons dit, elle était rudimentaire – l’empêchait de dormir convenablement, il fut décidé qu’ils s’arrêteraient pour la nuit. Ils ne pouvaient alors pas deviner qu’ils se trouvaient dans une des cités populaires les mois recommandées de la région…

Ciel dut répéter le mensonge prévu afin de ne pas éveiller les soupçons. Son père et sa mère étaient des colons prospères qui avaient attendus d’être bien installés avant de faire venir leurs enfants. Ciel faisait partie de cette progéniture et était sur le point de rejoindre sa fratrie. Les domestiques l’accompagnant ne seraient que des employés modestes ou des amis de la famille.

C’est ainsi qu’ils parcoururent les rues plus ou moins respectables du sol américain, à l’immense joie du jeune prince, dont les façades modernes et les éclats de voix brutaux évoquaient déjà les plus palpitantes péripéties…

Il ne s’attendait pas du tout à trouver dans ce décor un individu tel qu’il s’apprêtait à rencontrer.


Prince Ciel
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March Hare
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March Hare
Sam 27 Juil - 13:06
Depuis quelques mois les rues étaient devenues bien à calme dans la capitale Anglaise, sauf sur le port. L’embarcadère était le lieu où la vie battait son plein, tout le monde parlait d’une seule chose, Le Nouveau Monde.
Ici on y trouvait de jeunes gens qui rêvent d’aventure dans des terres plus libres, des familles entières qui misent sur un nouveau départ et de riches propriétaires ou commerçants qui s’exportent, tous montèrent un a un dans ses navires plus grand les uns que les autres, tandis qu’à terre restent les plus pauvres, les plus peureux ou tu simplement les êtres qui appartiennent à cet ancien monde que devient l’Europe.
C’était la scène qui se jouait tous les jours devant le jeune March récemment de retour en son pays, en sa boutique. Il avait pris le temps de se reposer de son séjours dans l’est, quelques clients ravies de son retour était passé mais le reste du temps la boutique était plutôt calme, trop calme à son gout.
March aimait avant tout rencontrer des gens d’exception, de caractère, des gens unique comme son thé, et il le savait bien ce genre de mauvaises graines avaient pris le large. Au fond de lui le jeune marchant savait bien que ce nouveau monde était une occasion en or, de découvrir une nouvelle culture, de nouveaux gens mais aussi de rentrer dans le commerce international, mais March n’était pas tout à fait un homme que l’on qualifierait de courageux, il aimait sa petite vie paisible.
L’idée resta une simple idée pendant quelque jours jusqu’à ce qu’un petite lettre verte passe la porte. Une lettre d’un de ses plus anciens et plus fidèle client, un homme d’esprit et avec qui March avait toujours entretenu de bonnes relations. Il ouvra délicatement l’enveloppe et lu la petite écriture propre à son propriétaire.


-Cher March,
J’ai pris le large à mon tour, ce nouveau monde est magnifique. Plein de mystère et de surprise, j’y ai ouvert une librairie au nord qu’on le nomme Canada, une terre paisible que tu aimeras, j’en suis sûr. Ma boutique n’a jamais autant marché, parce que les gens aiment retrouver leurs conforts même ici. Néanmoins il me manque bien une chose en ces terres, oui tu l’aura bien compris tes bons petits thés me manquent, tu comprends les livres n’ont pas les mêmes saveurs sans. Hier j’ai même conseillé un de thé pour accompagner un livre à une dame.
Enfin je ne sais pas ce que tu comptes faire, mais je pense de toute façon te faire une commande, car j’ai souvenir que tu es en partenariat avec la Capitaine d’un bateau. Mais si mes mots t’ont donné envie je t’attendrais a bras ouvert chez moi.
Ci-contre ma commande ainsi que mon adresse.

Au plaisir de te revoir, tendresse.    X


March ne put s’empêcher de sourire en lisant ces mots, ils savaient très bien le but de la lettre et d’une certaine façon il savait qu’ils avaient fait mouche en lui. Il n’avait jamais eu autant envie de partir à l’aventure.
Sans trainer, pour ne pas changer d’avis il organisa son voyage. Il ressorti sa roulotte, véritable boutique ambulante avec laquelle il avait fait ses débuts. D’une certaine manière c’était un nouveau départ. Sauf que cette fois il avait de quoi vivre dans les poches.
Il engagea un jeune homme un peu maladroit pour le remplacer durant son voyage, après lui avoir expliqué le fonctionnement, il le noya sous une montagne d’information sur ses thés qu’il connait mieux que quoiqu’onques.
Tu étais prêt, le départ était imminent. Un allé simple, non que ce soit un voyage sans retour, c’était ce genre de voyage dont on ignore tout. Le voyage fut long mais sans embuches, March ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire mais lorsque le bateau arriva au port, il ne pouvait qu’affirmer la beauté du lieu.

« Etats Unis. »

Voilà le nom de la première région qu’il allait découvrir à bord de sa roulotte. Il parcourut durant plusieurs jours ses terres, émerveillé par cette nature qui avait encore son mot à dire. Commerça un peu sur des grandes routes, mais les affaires commenceront qu’une fois en ville. Il arriva alors aux abords d’une ville, c’était le moment de découvrir quelle clientèle se cachait ici. Les rues étaient grandes et très différentes de celles que l’on pouvait rencontrer en Europe, de plus on pouvait entendre de nombreuses langues, avec une majorité d’anglais et d’espagnol.
Le coin lui plaisait bien, il chercha donc un endroit pour se poser et essayer de vendre, mais c’était sans compter un petit problème technique. En plein milieu de la route sa roue cassa, ce qui allait rapidement bloquer la circulation.

« Mince, il fallait quelle me lâche maintenant au bout de Dix ans ! »

Il descendit de sa roulotte et approcha de la calèche qui se trouvait derrière, et s’adressa au chauffeur dans un anglais soutenu.

« Veuillez m’excuser pour ce désagrément, j’ai une roue dans ma charrette, si vous pouviez m’aider a la changer cela ira plus vite. »

Il se glissa dans la boutique ambulante et attrapa la grosse roue, qui pesait bien trop lourd pour ses petits bras frêle
March Hare
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Ven 2 Aoû - 21:41


Ciel reconnut immédiatement l’accent distinctif de l’homme qui venait de se présenter à leur cocher. Après avoir parcouru la cité étonnante qu’ils avaient été contraints de traverser, le cortège royal – mais non moins discret – du prince Ciel s’était remis en route, dans l’espoir de trouver un refuge plus approprié au rang de leur jeune et honorable souverain.

L’imprévu qui s’imposait à l’instant à ce drôle de britannique en était donc un pour eux aussi, et Ciel, qui n’était pas accoutumé à adresser la parole aux étrangers lorsque ceux-ci ne lui étaient pas présentés, se contenta de regarder ledit étranger, puis ses valets l’un après l’autre. Il y eut un silence gêné, où chacun tâchait de trouver un compromis intérieur sans s’autoriser à déblatérer ouvertement sur le sujet. Il faut dire que la discrétion, qui était dans ce cas synonyme de sécurité, était l’ingrédient primordial de ce périple. Chaque occasion de se faire remarquer n’était pas seulement une contrainte ; c’était une menace.

Malgré son tempérament propice aux angoisses, le petit prince demeura le moins nerveux à l’idée de devoir se mêler aux « autres ». Il restait tranquillement assis sur sa banquette, qu’il avait dû rejoindre à contrecœur – ses excursions extérieures avaient jusqu’alors toutes été délicieuses – observant la scène avec un intérêt serein. Au bout d’un temps, un de ses domestiques finit par sortir de la voiture. Un silence, un peu moins lourd, mais long tout de même, envahit le carrosse. De loin, Ciel entendait son majordome converser avec l’anglais en difficulté. Il s’approcha de la fenêtre – il n’avait d’ordinaire pas l’autorisation de se tenir près des fenêtres, mais la chaleur était tel que personne ne se risquerait à le mettre en garde contre un rhume éventuel – et observa la scène plus attentivement.

Ses grands yeux bleus se plissèrent sous l’effet du soleil, auquel le jeune prince n’était pas habitué, et il distingua les silhouettes du cocher, du valet et de l’étranger affairés autour de la calèche de ce dernier. Ils entreprenaient de changer sa roue. Ciel trouva cela fort présomptueux qu’un homme de si modeste condition se permît d’arrêter un cortège royal dans le but de changer une roue, puis il se souvint que rien n’indiquait qu’il s’agît d’un cortège royal. Ce déguisement le plongeait dans la confusion autant que dans l’excitation, car lui qui avait tant rêvé d’être un autre, voilà qu’il en avait l’occasion.

Ciel se demanda alors ce que le prince Ciel aurait fait à cet instant. Il serait certainement resté sagement assis dans sa voiture, attendant que ses employés autorisassent à reprendre le voyage. Mais le nouveau Ciel, l’aventurier, n’accepterait assurément pas un tel destin. Ce fut ainsi que Ciel se mit en tête de faire exactement le contraire de ce qu’il aurait fait en d’autres circonstances. Brusquement, il quitta alors la calèche, avant même que ses domestiques n’eussent eu le temps de réagir. L’air déterminé, il s’avança vers les trois hommes quelques pas plus loin, et tandis qu’ils tentaient toujours de remplacer la roue endommagée, le petit prince se planta devant eux, l’allure tout à fait naturelle.

Lorsque son majordome l’aperçut, ses traits s’affaissèrent aussitôt, et d’une voix blanche il dit précipitamment :

– Voici le fils de nos amis, à qui nous nous apprêtons à rendre visite. Son nom est… Victor. Nous venons de France.

Ciel se tourna vers son valet, le regard imperceptiblement – c’est-à-dire uniquement perceptible par le valet en question – courroucé. Victor ? Victor ?? Ce nom était d’un commun ! Et si peu… royal ! Il aurait préféré choisir lui-même son prénom. Il aurait choisi celui de son père.

– Je vois que vous êtes vendeur de thé, déclara Ciel de sa voix fluette mais assurée, en apercevant l’étalage particulier qui complétait la carriole de l’anglais. J’aime le thé. Ce sont vos propres recettes ? Le fabriquez-vous vous-même ?

Son valet tourna alors la tête vers lui, les lèvres pincées et les yeux grands ouverts. Ciel savait très bien ce que ce regard voulait dire. Il voulait dire « Mais enfin, que faites-vous ?? ». Le prince Ciel aurait certainement évité ce genre de proximité, surtout à l’égard d’un vendeur de thé itinérant et à l’air guère rassurant, mais l’enfant qu’il était à présent, cet enfant-là oh, il n’y aurait pas manqué.

Prince Ciel
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March Hare
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March Hare
Ven 6 Sep - 14:18
Trop lourde pour lui, il se contenta de faire rouler la roue a travers la charrette, avant de la lâcher de la plate-forme. Celle-ci entreprit une course folle dans le vide, avant de percuter dans un bruit sourd le sol poussiéreux de l’Amérique.
L'homme de la calèche sursauta en entendant le bruit, il scruta March qui faisait sa bonne tête d'innocent, mais comme voulu l'homme de la calèche se leva et rejoint  notre cher vendeur de thé.
Son interlocuteur était de toute évidence français, et comme tout les français il affichait cet air satisfait de lui même, mais aussi ce regard sombre, on dit dans toute l’Europe que les français ne sont jamais content et mal-aimable, mais pour une raison étrange l'homme se montrait faussement sympathique, on voyait très clairement que l'homme faisait des efforts considérable pour se montrer poli. N'importe qui aurait pu deviner qu'il cachait quelque chose, de plus vu la tête de la calèche cela doit être quelque chose d'important, ou plutôt quelqu'un d'important.

La curiosité de March n'a aucune limite, et en plus de vouloir savoir ce que ce Valet cachait, il voulait savoir combien temps il fallait pour faire craquer un français.
Il descendit de sa roulotte, et promena sa roue celle ci passa sur le pied du Valet, March pouvait facilement lire l'agacement dans les yeux de l'homme mais il ne dit rien. Pour qu'un français ne dise rien c'est qu'il a vraiment grand intérêt a le faire.

« Bon, vous allez enlever l'autre et soutenir la roulotte pendant que j'encastre la nouvelle. »


Le vendeur de thé savait très bien qu'il venait de demander a l'homme de faire quasiment tout le travail, et malgré toute la nonchalance du monde il commença a faire se qu'on lui avait dit, après tout c'est a cela que servent les Valets.
Tandis que March observait le français qui tant bien que mal essayait de défaire la vieille roue, la petite porte de la grande calèche s'ouvrit, et sur le visage de March on pouvait voir le sourire d'un enfant qui découvre ses cadeaux sous le sapin de noël.
C'est d'ailleurs en enfant, seulement un enfant qui sortit de la calèche qui soudain parut ridiculement grande pour cet être singulier, haut comme trois pommes  avec  des yeux d'un bleu ciel et des cheveux ors. La beauté de la France, comme dirait un vieil ami au Marchand de thé.
March lui se demandait a quel point la famille de cet enfant pouvait être riche, et vu la réaction du majordome a la sortie de l'enfant, il ne pouvait s'agir que d'un de ces gosses de riches qui fait tourner en bourrique ses gouvernants,  majordomes et valets.

 « Voici le fils de nos amis, à qui nous nous apprêtons à rendre visite. Son nom est… Victor. Nous venons de France. »

March n'a jamais détesté les riches, il part toujours du principe qu'une personne n'est intéressante que par ses choix, et par son intérieur, la classe social il en a que faire. Toute fois il déteste qu'on lui mente, et il n'y a que ceux de la haute qui mentent aussi facilement comme si le peuple était trop stupide pour comprendre. Le gosse ne s'appelait pas Victor, mais pourquoi cacher a ce point son identités ? Après tout des familles riches en France ça court presque les rues.
L'enfant avait l'air moins stupide que sont Valet, ou plutôt plus charismatique que ce dernier.

« Je vois que vous êtes vendeur de thé. J’aime le thé. Ce sont vos propres recettes ? Le fabriquez-vous vous-même ? »

Tout la méfiance de March s'évapora en quelque minute, non loin de là, mais celle ci ne pouvait pas rivaliser avec l'amour qu'il porte au thé. De plus il est rare qu'un enfant si jeune apprécie le thé, ou du moins en connaisse les saveurs.
Notre cher vendeur de thé, dans un élan d’excitation, lâcha la roue qui tomba directement sur le pauvre valet.

« Vous aimez le thé? Fantastique ! »

Il fit rapidement le tour de l'enfant, en le scrutant attentivement, avant de continuer.

« Vous avez devant vous, sans vouloir me venter, le meilleurs vendeur de thé de tout le continent. »

Il marqua une pause, fit une moue de mécontentement et reprit de plus belle.

« Bien que ca n'est plus de sens aujourd'hui, je reste March Hare l'unique vrai vendeur de thé. Alors oui c'est moi qui les fabrique. »

Il se pencha vers le visage innocent au joue rosé et un voix plus calme mais non s'en moins de plaisir.

« Ils sont tous unique, comme ceux qui les boivent. »

Il se releva très rapidement et tourna son regard vers le Valet qui n'avait toujours pas changer la roue. D'un ton moqueur.

« Eh bien, vous êtes pas très efficaces vous ! »

D'un geste vif il retira la roue que le majordome avait déjà dévisser, puis il fit signe a ce dernier qu'il pouvait continuer a travailler.
March Hare
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Dim 15 Sep - 12:44


Le vendeur de thé était tout à fait distrayant. Il mouvait son corps avec souplesse et exagération, comme les gens des cirques qui se faufilent dans l’assemblée afin de pimenter le spectacle – Ciel n’était certes jamais allé au cirque, mais le cirque était venu à lui grâce aux manigances de sa sœur.
Le petit prince l’observait d’un air malicieux tandis que March Hare – car c’était là son nom, aussi curieux que cela pût paraitre – le contournait sans cesser de déblatérer à propos de ses créations. Le jeune garçon était d’une naïveté exacerbée. C’est avec ébahissement qu’il reçut l’annonce du britannique. Meilleur vendeur de thé de tout le continent ! Etrange que Ronce ne l’eût jamais invité à venir au palais. Ciel n’y vit qu’une négligence de la part de sa sœur, il ne lui vint pas à l’esprit qu’il pouvait s’agir d’une mesure de précaution… Parce que pour l’instant, il ne lui venait pas à l’esprit que sieur Hare, aussi talentueux fût-il, pouvait être un peu timbré.

– Ils sont tous uniques, comme ceux qui les boivent.

Ciel fut tenté d’ajouter qu’il était encore plus unique que tous les autres puisqu’il était le seul et unique prince de France, mais il se souvint au dernier moment qu’il n’était ici que… Victor.

Ciel retint un pouffement de rire lorsque March Hare, visiblement de plus en plus exalté, réprimanda son Valet – un valet royal ! –, irrité par sa gaucherie. Le pauvre majordome était au comble de l’exaspération. En d’autres circonstances, le petit prince aurait été fort courroucé qu’on osât traiter ainsi un domestique de si haute condition, mais le drôle de gaillard était si amusant qu’il ne parvenait pas à garder son sérieux. L’extravagance qui se dégageait du vendeur de thé semblait couvrir sa colère d’un drap de fantaisie à laquelle il était bien incapable de résister.

– Pendant que Valet… Je veux dire que… celui-là, répare la roue, je voudrais voir ce qu’il y a dans votre calèche. Ensuite nous irons dans une auberge pour la nuit, est-ce que vous viendrez avec nous ?

C’était tout à fait le genre du petit prince ! Le valet y était accommodé, il avait d’ailleurs redouté ce genre d’imprévu. Ciel se prenait d’affection pour quelqu’un – ou quelque chose – et son nouveau compagnon devenait un bagage nécessaire à son existence. Ainsi, le valet observait le petit manège s’immiscer furtivement, invitant les dégâts à pointer le bout de leur nez d’ici quelques instants…
Mais comme à chaque fois, ledit valet n’aurait d’autre choix que d’accéder aux requêtes de son souverain miniature. La reine n’était pas là, et la reine était la seule à pouvoir freiner les loufoqueries de son cadet. L’enthousiasme bouillonnant que le majordome percevait dans les prunelles pâles du jeune prince ne laissait pas de doute quant à la suite des évènements. L’horripilant marchand serait du voyage, qu’il le voulût ou non.

– Poursuivez, Valet, nous ne voulons pas perdre de temps. Je commence à avoir faim. En attendant, j’aimerais voir toutes vos variétés de thé, messire Hare. Si je les trouve intéressantes, je pourrais dire à ma sœur de vous en acheter. Vous imaginez quelle aubaine ce serait pour vous !

Sans remarquer l’expression brusquement déconfite de son  valet, Ciel adressa un clin d’œil au commerçant. Pourquoi, pourquoi n'était-il pas resté dans le carrosse !


Prince Ciel
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March Hare
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March Hare
Dim 29 Sep - 11:14
C'est que l'enfant avait de l’énergie a revendre et une langue bien pendu, tandis que son Valet au dernières nouvelles travaillait le petit homme voulait voir les trésors de March. De plus il avait parlé d'une sœur qui serait une aubaine pour son commerce, petit homme devenait de plus en plus intéressant, puisque de toute évidence il n'avait plus rien d'un simple gamin français.
Qui aurait cru qu'un si petit être pouvait avoir autant d'autorité face aux adultes ?
March n’appréciait pas vraiment les enfants roi qui n'avaient qu'a demander pour que le choses se fassent, mais par dessus tout il avait horreur de recevoir des ordres. En règle générale le vendeur de thé n'aurais montré aucune sympathie face a ce petit homme, non il l'aurait ignoré. Mais la curiosité de March dépasse tout entendement, et pour celle ci l'anglais est prêt a faire taire son orgueil.

« Ahah ! Tu sais... Victor il ne faut pas confondre les gens avec des objets. »

Il marqua une légère pause et ravala tout sa fierté.

« Enfin il se fait tard, je suppose que je devrais bien trouver un endroit pour passer la nuit moi aussi. »

Il regarda le Valet qui avait l'air de plus en plus contrarié face a la tournure des événements qui ne devait en aucun cas être celle qu'il envisageait. L’Amérique était pleine de surprise, bonne ou mauvaise.
D'un geste léger March monta dans sa roulotte merveilleuse, puis se retourna vers l'enfant.

« Approche je vais te montrer mon trésor. »

Puis il disparut dans sa roulotte bien encombrée par le temps. Chaque étagères, chaque centimètre était utilisé pour transporté sa plus belle merveille.
Autour de lui tout était devenue calme, un calme lourd, et un silence de mort qu'il connaissait bien.
Sans attendre il plongea la tête dans ses étagères et attrapa deux petits sachets et deux tasses.
Et dans un ronronnement sourd démarra la machine que lui avait fabriqué un vieil ami de Roumanie qui était avec le temps devenu un scientifique de renommé. Les deux thés s’écoulèrent dans les deux petites tasses en dégagent une légère fumé si agréable en automne.
Quand il ressortit sa tête de la roulotte rien avait bougé, ce long moment n'avait était pour les autres qu'une infime seconde, c'était là la magie du jeune vendeur de thé.

« Et voilà, pour toi ça sera ''Les nuages d'un autre temps'' et pour vous cher monsieur ça sera ''Hiver gris''. »

Il les avaient choisit a l'instinct comme toujours et jamais il ne c'était trompé. Un thé en main, un thé en bouche la visite pouvait commencer et la découverte d'un secret allait s'annoncer.

Ps: C'est moyen et je m'en excuse, de plus je me suis permis d'activer le pouvoir de March qui est d'arrêter le temps.
March Hare
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Sam 5 Oct - 15:57
Spoiler:
 



Ciel demeura tout à fait perplexe à la première remarque du vendeur. En quoi aurait-il confondu son Valet avec un objet ? On aurait pu le rendre sujet à un tel reproche s’il avait demandé à son Valet de remplacer réellement la roue, entendons par là de prendre la place de la roue défaillante en se servant de son propre corps. Mais il n’en était rien, et seule la confusion que provoqua cette phrase l’empêcha de réprimander son interlocuteur.
Car en dehors d’éminents personnages auxquels le jeune prince avait été présenté, Ciel s’autorisait bien des libertés avec les bonnes gens. Non pas qu’il fût prétentieux de nature, mais on avait assez modelé son existence en ce sens pour qu’il en résultât une conscience pleinement éveillée sur les pouvoirs déclinés de son rang. Il traitait ainsi les grandes personnes sans distinction, n’hésitant jamais à révéler les failles de leur raisonnement ou de leur conduite, y compris en société. Le moule des convenances est un habit trop étriqué pour les enfants versatiles tel que le prince Ciel.

Toujours est-il qu’il laissa sir Hare poursuivre sa déclaration. Son intérêt pétilla délicieusement à l’entente du mot trésor. Lui qui recherchait tant l’aventure, il la laissait s’infiltrer dans le moindre évènement, la moindre découverte, aussi minime fussent-il.
Ciel attendit sagement que le marchand s’adonnât à la préparation de son thé fabuleux, n’accordant que de vagues regards indifférents à la silhouette courbée par l’effort de son Valet. Il ne put s’empêcher de prendre un air consterné lorsque Hare ressortit de sa roulotte à peine une seconde plus tard, deux tasses de thé fumantes à la main.

Il s’empara de la tasse tendue par le vendeur en contemplant les nuances délicates qui ondulaient dans son contenu. Le Valet, passant sa manche sur son front moite, attrapa la tasse avec un sourire de gratitude.

– Ce sont là des noms inspirés. Ne trouvez-vous pas, Victor ?

Ciel lança un regard légèrement dédaigneux à son majordome. Décidément, il ne se faisait pas à cet ignoble prénom. Sans prendre la peine de répondre, il ajouta à l’adresse de March Hare :

– D’habitude, je mets du sucre dans mon thé.

Il but cependant une gorgée. Il serait difficile de décrire en mots l’exquisité des saveurs qui imprégnèrent alors son palet. Ciel en fut presque bouleversé. Cela ne ressemblait à rien de ce qu’il avait pu connaitre au château. C’était à la fois impétueux et douceâtre, tiède et brûlant, amer et sirupeux… Et cette profondeur, ce goût si unique, si pur ! Il engloutit sa tasse sans même s’en rendre compte.

– Fichtre, comme c’est bon !  

– Votre langage, sir !

– Peu importe, elle n’en saura rien, répliqua Ciel en ignorant la faute de son Valet – à présent rouge pivoine – qui venait de le trahir malgré lui. D’où vient ce thé, messire Hare ? L’importez-vous d’Inde ou de Chine ? J’ai ouï dire qu’il existait dans ces contrées des variétés inconnues de nos pays. Allons, dites-moi votre secret ! Soyez certain, en tous cas, que nous nous portons acquéreur d’une grande partie de votre stock. Mes  parents en seront ravis.

Ciel insista sur le mot « parents » sans se rendre compte qu’à l’inverse d’authentifier leur existence – ce qui était précisément son but en insistant de la sorte – il donnait à cette vérité un aspect bien bancal. L’air passablement halluciné du vendeur fit cependant naitre un espoir dans le cœur du domestique intérieurement affolé. Peut-être que cet énergumène déluré – et plutôt rustre – n’aurait même pas remarqué son abus de langage.

Ciel s’approcha de March Hare et poursuivit plus bas :

– Vous avez été bien rapide pour produire ses deux tasses. Pourtant elles étaient pleinement infusées. Vous avez bien un secret ? Il lui remit la tasse vide. A présent, je voudrais goûter un autre thé. Mais cette fois-ci, je veux assister à la préparation. Puis-je vous suivre dans votre roulotte ? Je veux tout voir.

Il est heureux que le petit Prince de France eût autant d’autorité, le contraire eût été handicapant de pair avec une curiosité aussi inébranlable que la sienne.  


Malheureusement pour lui, le sérieux de son majordome attitré était tout aussi inébranlable. Le valet s'empara du col de son impétueux souverain miniature alors que ce dernier s'apprêtait à accéder à l'intérieur de la roulotte, ignorant capricieusement les dangers auxquels il risquait de s'exposer en agissant de la sorte. Sans parler de l'allure singulière, inquiétante même, du vendeur de thé pour qui il s'était pris d'affection.

– Je me permets d'insister, Victor. Vos parents ne consentiraient point à ce que nous nous arrêtions ainsi en plein chemin, dans le simple but de déguster une tasse de thé. Nous avons assez tardé.

Le Valet entendait profiter de leur couverture afin d'asseoir une ascendance inédite sur Ciel. En tant que prince, l'enfant pouvait le commander suprêmement, mais en tant que Victor, il n'avait pas ce loisir. En toute logique, le domestique comptait sur cet avantage. Ronce ne saurait lui en vouloir, il en allait du bien-être de son cadet turbulent.

– Mais je...

– Mille mercis pour le thé, messire. Nous sommes à présent contraints de reprendre notre route. Victor n'a que neuf ans et ces longs voyages le fatiguent.

Ciel, qui s'était enorgueilli, le jour de son anniversaire, d'atteindre cet âge si proche des dizaines, se sentit soudainement contrit et furieux que son majordome le rabaissât ainsi. Que neuf ans, que neuf ans... Neuf ans, c'était déjà quelque chose !

– Vous venez, Victor ?

Assommé par la brusque autorité de son valet, que jamais encore ledit valet n'avait su démontrer avec tant de vigueur, le petit prince baissa la tête et consentit à rejoindre le carrosse. La promesse de sa belle aventure venait de fondre comme neige au soleil.


Le reste du voyage se déroula donc dans une morosité quasi absolue, tandis que le prince Ciel regardait le paysage de plus en plus obscurci, le regard à la fois las et rageur. A quoi bon vivre une aventure, à quoi bon passer les frontières d'un nouveau monde, si notre pied n'était pas autorisé à en fouler le sol ?
Ruminant ces frustrations amères, le petit prince finit par succomber à la fatigue, bercé par les cahotements de la roulotte qui gagnait une autre ville. Constatant cette torpeur et inquiétés par l'inconfort de leur souverain, la cohorte de domestiques accompagnant ledit souverain crut bon de s'arrêter pour la nuit afin qu'il pût profiter d'un véritable lit – malgré que le lit en question ne saurait être aussi confortable que celui dont il avait l'habitude.
Et tandis que les petites gens s'affairaient à décharger les effets du petit prince endormi – seul son Valet, que la pensée de laisser son prince seul ne serait-ce qu'une seconde effarait au plus au point, était demeuré à ses côtés –, tandis que chacun se laissait aller au soulagement à l'idée d'interrompre ce périple incessant le temps de quelques heures... Un homme d'une allure fort différente s'apprêtait à assouvir comme il se doit le besoin d'aventure du prince Ciel de France.


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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 2 Fév - 12:05
Les coups de feu retentirent à nouveau. L’une des balles rasa la tête de Teague pour aller se planter directement dans le tonneau qui était à sa droite, laissant un filet de vin couler abondement. Il ouvrit la bouche pour essayer d’y goûter sans s’arrêter de courir, mais il le recracha. Il était frelaté. Tout comme le plan de Teague.

Pour résumer, il était retourné en Amérique, uniquement pour y récupérer une sorte d’artéfact, ayant plus ou moins de valeur en fonction de l’endroit où on allait le vendre. Bien évidemment, lorsqu’il passa dans une ville pour s’y reposer, les gardes l’avaient reconnu tout de suite. Et là-bas, on n’a pas de deuxième chance.

Il sauta par-dessus une caisse, juste à temps pour éviter une autre balle. La rue tournait directement à sa droite, mais une femme sortit de chez elle, juste en face de North. Il couru, la poussa sans s’excuser (maudits américains), et rentra chez elle. Les maisons de colons étaient toutes similaires. L’escalier menant à l’étage était juste en face de la porte d’entrée. Il l’emprunta et sauta au traves de la fenêtre qui se trouvait au bout de celui-ci. Les bouts de verre luisirent à la blancheur de la Lune, alors que North volait, tel un oiseau, au milieu de ces magnifiques rasoirs. Il atterrit sur quelqu’un. Ce quelqu’un, c’était un garde. Un garde, au milieu d’une patrouille entière. Bordel. Il se releva le plus vite possible en profitant du temps de réaction des gardes pour cogner ce qu’un homme peut aimer de plus après l’or. Les bijoux. Sans attendre, il se remit à courir. Il commençait à manquer de souffle, et il lui fallait un véhicule pour pouvoir continuer. Il tourna au coin de la rue, et, devant lui, s’y trouvait son ticket de sortie. Une calèche à chevaux. Des hommes, apparemment inoffensifs, étaient en train de décharger leurs valises et leurs malles. Le conducteur se reposait tranquillement sur le siège de conducteur. Logique. Teague lui fonça dessus, le tira par terre et prit les commandes. Il ordonna aux chevaux de foncer, ce qu’ils firent. Les possesseurs de la calèche crièrent des choses en français, mais il n’y fit pas attention. Les gardes tirèrent sur la voiture, faisant des trous bien distincts sur les portes.

Il lui fallait sortir de la ville. Il fonça vers le Nord, où se trouvait un petit bois. Là-bas, il pourrait les semer. La route de la ville laissa place à la route de forêt. Le sol lisse laissa place à un sol cahoteux. Quelques minutes, plus tard, alors que le derrière de Teague commençait sérieusement à le faire souffrir, grâce à tous les trous et cailloux se trouvant sur une telle voie. Lorsqu’il sentit que les gardes l’avaient perdu, il gara le véhicule derrière un buisson. Il descendit pour reposer ses fesses, se craquer un peu le dos et souffler un bon coup. Il prit un temps aussi pour observer cet artéfact. C’était un pendentif luisant, tantôt bleu, tantôt vert, tantôt rouge. Lorsqu’il le touchait, le pendentif devenait rouge. Il restait rouge constamment lorsqu’il le mettait autour du cou. Un bruit se fit entendre de l’intérieur de la calèche. En une fraction de seconde, Teague rangea le pendentif et sortit un de ses pistolets, qu’il pointa directement vers la porte. Il avança doucement, mesurant chaque pas, sans quitter des yeux la porte du véhicule. Il prit une inspiration, et l’ouvrit.

HRP:
 
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Prince Ciel
Ven 14 Mar - 15:58

Spoiler:
 


La première chose que Ciel entendit, ce fut les cris.
Cris d'alerte ou de panique, aigus ou rauques, qui fusèrent de la bouche de ses suivants sans qu'il n'eût le moyen de comprendre leur origine. Il devait se passer quelque chose au dehors, mais par un hasard un peu dramatique, le petit prince se trouvait à nouveau calfeutré dans un château à roulettes dont les fenêtres se trouvaient résolument fermées.

– Qu'est-ce qui se p...

Mais pas le temps d'achever sa phrase – encore moins d'y trouver réponse – la calèche s'ébranla comme si on lui avait fouetté les roues, filant à toute allure vers une destination hasardeuse et surtout totalement imprévue. Les mots de Ciel furent coupés en plein élan, de même que son pouls. Il y eut même ce qui ressemblait à des coups de feu.
A cet instant, on aurait su dire qui du prince ou du valet portait sur ses traits l'expression la plus consternée. Pendant un moment plutôt long, tous deux se contentèrent de se fixer mutuellement, l'angoisse de l'un alimentant celle de l'autre.

Enfreignant le commandement muet de son majordome qui lui faisait signe de rester en place, Ciel se dirigea lentement vers l'ouverture voilée d'un rideau opaque. Timidement et assez maladroitement du fait que le trajet était extrêmement chaotique – jamais Ciel n'avait roulé aussi vite de toute sa vie –, il passa son nez nacré à travers la fenêtre et eut la stupéfaction d'apercevoir les silhouettes contrites et horrifiés de ses serviteurs, encerclés de valise et au comble de l'affolement. Encore plus lentement, il vint se radosser contre le dossier de la banquette, la gorge aussi serrée qu'un nœud de corde pour bateaux.

– Valet. souffla-t-il, ses yeux pâles encore plus grands qu'à l'ordinaire. Je crois que quelqu'un vient de voler la calèche.

Cette fois-ci, il semblait bien que c'était le domestique qui se trouvait sur le point de défaillir.


♣ ♣ ♣


La carriole ne cessait de cahoter, propulsant le derrière de Ciel dans les airs, un inconfort peu coutumier chez le jeune souverain. Déjà, les pires éventualités se dessinaient dans son imaginaire. Il serait torturé, violenté, ou même dévoré. Est-ce qu'on l'avait repéré, est-ce que quelqu'un l'avait reconnu ? Est-ce qu'il était en train d'être kidnappé ? Peut-être qu'on se contenterait d'une demande de rançon. Ciel s'imagina immédiatement refuser de laisser Ronce payer pour sa vie, et dans son esprit sa stature grandiose et fière lui fit forte impression. Toutefois la réalité reprit bientôt ses droits, et Ciel préféra songer à la probabilité que la Reine accédât sans broncher aux requêtes des ravisseurs.

Absorbé par ses pensées, Ciel en oublia de se cramponner à la banquette. La voiture tressauta et il tomba en avant, se cognant la tête contre la portière tout en se tordant la cheville. Un cri de douleur assez peu viril jaillit de ses lèvres tandis qu'il se roulait en boule à même le sol en s'emparant de sa jambe, le visage crispé de souffrance. Un petit filet de sang coulait le long de son front, souillant sa chevelure dorée.

Ce fut peu après cet incident que la calèche se stoppa. Nul n'aurait su dire combien de temps avait duré le trajet, la crainte savait rendre le temps long et pourtant redoutablement bref.
Lorsque la porte s'ouvrit d'un mouvement brusque, le Valet se trouvait agenouillé aux côtés de son petit souverain, tandis que ce même souverain se tortillait par terre en gémissant.

Ciel releva la tête entre deux geignements, dévisageant l'homme qui venait de lui infliger cet affront. Une capuche recouvrait une partie de son visage. Il était robuste, et il était armé.

– Que voulez-vous ? s'enquit le domestique mortifié en anglais, légèrement plaintif. Nous ne sommes que d'humbles voyageurs, vous le voyez bien.

Ciel se redressa sur ses coudes, le teint moite, et s'écria les larmes aux yeux :

– Une rançon, c'est une rançon qu'il veut !



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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Lun 31 Mar - 1:50
Un homme à genoux à coté d’un mioche. Rien de bien méchant, mais Teague ne pouvait laisser une chance à ces deux individus d’aller chercher les gardes. L’homme gémit quelques mots dans un anglais mauvais. Un accent français se faisait facilement entendre.

-Que voulez-vous ? Nous ne sommes que d’humbles voyageurs, vous le voyez bien.

Le mioche beugla en français des mots que Teague ne comprenait pas. Il faut dire qu’à part l’anglais et quelques mots d’espagnol, North ne parlait pas le monde. L’homme ne sembla pas ravi que le gamin se mette à crier comme ça. Le Capitaine non plus d’ailleurs. D’une main, il attrapa l’homme et le fit descendre de la calèche pour le mettre à genoux devant lui. Il pointa son pistolet directement au visage de sa victime.

-Qu’est-ce que le mioche vient de dire ? ‘Rançon’… Ca veut dire quoi ?!

L’homme sembla réfléchir rapidement et lui répondit d’un air affolé.

-Ca veut dire… Argent ! Ca veut dire argent !

North plissa les yeux avant de tourner la tête vers le gamin. Ce dernier semblait avoir mal à la tête. Teague se souvint soudain de quelque chose : argent se disait ‘monnaie’ en français. L’homme mentait donc. Mais pourquoi mentir sur une telle chose ? North arma son arme, toujours braquée vers l’homme.

-Tu me mens encore une fois et je te fais un troisième trou.

Habituellement, North n’aurait pas été aussi direct, mais il sortait de peu des griffes des américains et il était un peu sur les nerfs. L’homme suait à grosse gouttes.

-Monsieur, je ne comprends pas, nous ne sommes que de simples voyageurs, nous ne demandons rien à personne !

Il tourna la tête vers le petit.

-Le fils de mon employeur est blessé, je vous en prie, laissez moi le soigner !

Teague regarda l’enfant. Blessé ? Il pourrait peut-être tirer ça à son avantage pour faire parler l’homme.

-Ton employeur ? Qui c’est ? Parle ou j’exécute mes menaces.

L’homme ne bougeait pas. Il regardait ses genoux et tremblait doucement. Il leva la tête vers North et cria presque.

-De simples colons installés depuis peu ! C’est tout ! Je vous en prie, laissez-moi bander sa tête.

North ne savait pas quoi dire, était-ce vraiment aussi simple que ça ? La seule chose qui semblait véritable dans les dires de l’homme, c’était le besoin pressant de sauver le gamin. Ca ne tenait pas debout, si ce n’était qu’un simple serviteur, il ne serait pas autant attaché à son petit maître.

-Dis moi tout, sans rien cacher. Qui sont ces colons ?

-De simples français sans grande richesse, je n’ai rien à cacher, je vous assure !

Teague en avait assez. Il pointa l’arme vers le petit.

-Tu préfèrerais que je bute le mioche ?

L’homme se crispa. Teague n'allait décemment pas tuer un enfant. Pourquoi gâcher une balle et risquer d'attirer du monde pour un gamin ? Mais si ça permettait à l'autre de parler.

-Je compte jusqu’à trois. Un. Deux. Tr…
-Attendez ! Ne tirez pas ! Vous feriez une erreur irréparable !
-Irréparable ? Un simple colon, hein ?
-C’est… C’est un prince !

Déclara l’homme en regrettant grandement ses paroles. Teague faillit en perdre son arme. Un prince ? Le prince de France ?! Impossible ! Il poussa l’homme en arrière d’un coup de pied avant de se diriger vers le gamin. Il l’attrapa par le bras et le fit s’assoir sur une marche de la calèche. Voilà donc ce que ‘rançon’ voulait dire. Il remarqua que le gamin saignait un peu du front. Il se calma, puis essuya le sang d’un revers de pouce en évitant de toucher la plaie.

-Le prince de France… Dis-moi petit. Tu as déjà été sur un navire de pirates ?
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Sam 19 Avr - 20:01

Ciel mourrait de peur.
Son assurance seule, que les années passées à creuser sa place dans un sol exclusivement foulé par des adultes avait forgée – ainsi qu'une instruction princière où la dignité se faisait absolue et essentielle – permettait qu'il ne se mît pas à hurler, pleurer et demander grâce. Il était fier, inconsciemment parfois, mais fier. Fier comme un prince.
Cela n'empêchait pas ses membres de trembler d'effroi, et la raison pour laquelle le petit prince s'attarda dans sa position avachie était qu'il doutait de pouvoir se remettre sur ses jambes. Le simple fait de sentir le contact chaud et gluant de son propre sang sur sa tempe lui provoquait des sueurs.

Valet était désemparé par ce fâcheux concours de circonstances. Il était encore plus aisément perturbé par les imprévus que Ciel lui-même, et pour un imprévu, c'en était un. Ciel, qui tâchait de conserver une posture digne, impassible, presque indifférente, ne put réprimer l'expression estomaquée qui saisit ses traits à l'instant où l'homme pointa sur son majordome un énorme pistolet. Il n'en avait jamais vu d'aussi près. Quant au valet, il devait se trouver dans la même position, à en croire le teint verdâtre qui luisait à présent sur sa peau.

– Le prince de France… Dis-moi petit. Tu as déjà été sur un navire de pirates ?

Ciel scruta le visage ombragé de l'homme, tentant de comprendre la poursuite d'une telle interrogation. Il regarda son valet muet et affolé, puis le bandit, puis le pistolet... Puis, il se redressa enfin, fit ramper son arrière-train jusqu'à l'extérieur de la calèche afin de faire face à son assaillant. Il était encore plus impressionnant ainsi, car Ciel était singulièrement fluet en comparaison.

– Jamais encore, monsieur. Je ne fraye pas avec les fripons. Mais sachez que si vous me prenez en otage, ma soeur, la reine Ronce, n'hésitera point à ordonner votre exécution. Me kidnapper n'est rien d'autre qu'un crime d'état. En revanche, si vous acceptez de me libérer, moi et mon valet, j'assure personnellement que vous serez récompensé comme il se doit.

Quel drôle de spectacle, à voir ce tout petit garçon s'exprimer avec noblesse et véhémence, usant de mots complexes qui se trouvaient fort mal à l'aise dans la bouche d'un enfant. Son aspect pompeux n'était que sublimé par le fort accent français qui couvrait son anglais – grammaticalement impeccable toutefois.

– Et puis... ajouta le petit prince en s'approchant de l'homme, et son ton de confidence parut aussitôt bien plus enfantin. Vous n'êtes pas un vrai pirate, n'est-ce pas ?

N'était-ce pas là de l'excitation, gorgée de l'adrénaline que le délicieux effroi seul savait insuffler, que l'on sentait pointer ? Assurément, assurément. C'est de Ciel qu'il s'agit, après tout.


Prince Ciel
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Mer 23 Avr - 1:43
-Jamais encore, monsieur. Je ne fraye pas avec les fripons.

Teague écarquilla les yeux. Fripon ? Lui ? C’était bien la première fois qu’on le traitait de fripon. Il avait eu de tout, brigand, pirate, traître, fils de putain… mais fripon, c’était nouveau !

-Mais sachez que si vous me prenez en otage, ma sœur la reine Ronce, n’hésitera point à ordonner votre exécution.

Teague laissa exploser un rire chaud et sincère. C’était bien la première fois qu’un mioche osait se comporter ainsi avec lui. North était simplement impressionné par la prestance de ce garçon qui continuait son discours comme s’il l’avait apprit par cœur.

-Me kidnapper n’est rien d’autre qu’un crime d’état. En revanche, si vous acceptez de me libérer, moi et mon valet, j’assure personnellement que vous serez récompensé comme il se doit.

Le garçon prit un temps d’arrêt avec de souffler plus bas.

-Et puis… Vous n’êtes pas un vrai pirate, n’est-ce pas ?

North esquissa un énorme sourire. Il rangea son pistolet avant s’agenouiller devant le garçon. Son visage était très proche du sien et leurs nez se touchaient presque. Le pirate passa de longues secondes à contempler le garçon, à le regarder droit dans les yeux. Ce dernier n’avait pas laissé déborder la peur qui le hantait depuis le début de cette escarmouche. Les grands yeux bleus du petit reluisaient alors que l’aube se levait dans le dos de Teague.

-D’après toi… Qu’est-ce qui est mieux ? Que j’en sois un ?
HRP:
 
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Prince Ciel
Dim 27 Avr - 13:09

Ciel, aussi frêle et fluet fût-il, ne détournait pas son regard du visage marqué de l'homme. Du pirate. Le mot valsait encore en son esprit, en son cœur, enflé de peur mais encore plus d'aventure. Que dirait Ronce si elle venait à apprendre qu'il se montrait si brave, si digne en présence d'un forban de la pire espèce ? Ciel était tout à fait impressionné par l'attirail dont était chargé l'homme, une floraison d'armes que lui n'avait connu qu'en illustrations. Et encore, c'était en cachette.
Le contraste était saisissant entre la petite poupée de porcelaine et le flibustier roublard. L'un avait été élevé dans le confinement d'une chambre luxueuse, l'autre éduqué par le vent, la mer et la violence. Si Ciel n'avait pas appris à retenir ce genre d'élans, il se serait pris à l'envier.

Le petit prince n'allait pas répondre oui. Il n'exposerait pas ainsi les désirs secrets et interdits qui chatouillaient son âme sans vergogne. D'ailleurs, il ne s'autorisait même pas à en prendre tout à fait conscience...
Puis, sa cervelle à la fois implacablement logique et désespérément farfelue finit par tisser une idée. Il lissa son habit noir et blanc, semblable à tous ceux que portaient les colons protestants, et clama d'une voix qu'il voulait ferme et convaincante :

– Je n'ai point à émettre une opinion sur vos activités, monsieur. Toutefois si vous êtes réellement un pirate (petit frémissement) je pense qu'un accord égal peut être entendu.

Le Valet, pressentant certainement le danger, voulut intervenir, mais Ciel leva la main sans le regarder et le domestique se résigna au silence.

– En tant que... que pirate, je présume que vous avez coutume de vous battre. Je vous engage comme garde du corps. En échange, vous promettez de ne pas me violenter et ne pas exiger de rançon à ma sœur Ronce, la reine de France. Vous serez moins récompensé certes, mais vous ne risquerez pas la potence. Et... Et vous me laisserez assister à vos affaires de pirate. Parce que... Je... veux être sûr que vous ne succombiez pas à vos bassesses et que je dois m'assurer que vous tiendrez parole ! Aussi je vous suivrai partout où vous irez sans jamais être éludé de vos activités.

Il était tout essoufflé par son argumentaire.

– Marché conclu ?

Le prince tendit sa petite main blanche, si délicate qu'elle jurait considérablement avec le décor ambiant.


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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 8 Juin - 2:31
HRP:
 

Teague était tout simplement abasourdit par ce qu’il venait d’entendre. Ce petit était définitivement un futur politicien. Le prince lui tendit sa petite main frêle et douce, comme pour conclure un accord important. Teague resta un instant, le regard dans le vide. Garde du corps ? C’était une blague n’est-ce pas ? Il jeta un coup d’œil à Ciel. Vu son regard, il ne badinait pas. Dans ses yeux, North y lisait une pointe de stress, recouverte par un amont incroyable d’impatience et d’excitation. Le pirate esquissa un sourire.

-Okay, champion. Cependant…

Il posa sa main sur les cheveux du gamin.

-Qu’est-ce qui me dit que je ne vais pas me faire devancer ? Ce ne serait pas la première fois qu’un prince tente d’user de mes services avant de me mettre à terre. C’est pourquoi j’ai ma petite condition.

Il se releva.

-Je dois dégager des Etats Unis, mais je veux bien t’emmener jusqu’aux abords de la France. Il n’est cependant pas question que j’y foule le pied. Je t’amène pas loin de la côte, et on te récupère par navire civil une fois là-bas, en échange, bien sûr de ma récompense. A cette condition-là, pourquoi pas.

Il lui tendit la main. Et, juste avant que Ciel ne la lui serre, il lâcha une dernière condition.

-Et si toi ou ton domestique dépérit pendant le voyage, c’est votre problème.
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Prince Ciel
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Prince Ciel
Dim 8 Juin - 13:39

Ciel jeta un coup d'oeil à son valet. Il était toujours aussi livide mais semblait tenir le choc.

– Ça ira pour lui. Il en a vu d'autres, après tout !

Cette façon si populaire de s'exprimer le surprit lui-même. Le pirate avait déjà une influence certaine sur sa petite personne. Ciel rejeta la tête en arrière, réfléchissant intensément aux propos du forban tout en tâchant d'adopter une expression dégagée, désinvolte.

– Bien. Je suppose que ce compromis est juste et équitable. Toutefois, mon séjour aux Amériques vient à peine de commencer, et je n'entends pas l'écourter. C'est la première fois que j'ai l'autorisation de fouler un sol si exotique, et je souhaite en tirer profit. Voici ce que je vous propose : vous vaquez à vos occupations quelles qu'elles soient, le temps que je jouisse pleinement de mon séjour. Dans une semaine exactement, nous nous retrouvons au port. En gage de confiance, je vous donne...

Il tâta les poches de son veston. Rien. Il songea à son précieux fleuret, mais n'avait pas le coeur de s'en séparer. Ne restait que...
Il dégrafa légèrement son col ouvragé, farfouillant à l'intérieur pour en sortir un petit médaillon d'argent, serti du sceau royal.

– C'est un bien précieux. Je sais que vous n'êtes pas homme honnête, mais à présent vous avez l'occasion d'obtenir richesse de manière égale sans agir comme un fripon. Car la récompense que vous donnera ma soeur dépassera la valeur de ce bijou ! A vous de choisir.

Ciel plongea un moment son regard d'azur dans celui de North. Cela lui exigeait une concentration extrême, mais il ne flancha pas. En bon français qu'il était. Puis, seulement après ce court mais intense instant, il tourna les talons et se dirigea vers la calèche.

– Rendez-vous donc dans sept jours, jour pour jour, aux abords du port, dit-il, le pied posé sur l'escalier. Vous avez mon entière confiance. Au revoir.

Il avait prononcé ces derniers mots en français. Le valet, déglutissant difficilement, paraissait à la fois soulagé et contrit. Mais il ne prononça pas le moindre mot, et se contenta d'une révérence un peu raide à l'égard du pirate. Avant de prendre la place du cocher.


Prince Ciel
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Ven 20 Juin - 4:20
-Sept jours ?

Sept jours. Qu’est-ce qu’il croyait ce mioche ? Sept jours, c’était long, et il n’était pas assuré qu’il arrive à survivre en ce milieu qui lui est hostile en sept jours. Même s’il devait faire une escale à Tortuga, sept jours étaient beaucoup trop.

-Non non, gamin. Six jours. Je te donne pas plus. Je dois retourner en Europe le plus vite possible.

Il se retourna vers le valet du prince.

-Si ton foutu valet ouvre la bouche, je l’écorche, mais je pourrai me tenir tranquille, à condition bien sûr que la récompense soit à la hauteur de mes attentes.

Il serra le bijou de l’enfant dans sa main.

-En attendant, je garde ton bijou sur moi. Je te le rendrai si mes conditions sont respectées.

Le prince s’en retourna vers la calèche, suivi de son valet, qui fit une courte révérence apeurée envers Teague. Le pirate fit un pas rapide vers le domestique qui poussa un petit cri de peur avant de marcher rapidement vers la calèche du prince. North s’adressa une dernière fois à l’enfant.

-Eh, gamin ! Une fois au port, cherche un homme se faisant appeler Munich. Il te fera embarquer sans problème et t’amènera à moi par barque !

Sur ces mots, la calèche partie doucement retrouver la ville. Teague se mit à trottiner vers l’Est. Si ses calculs étaient bons, il devrait arriver au port d’ici trois ou quatre jours. Une fois là-bas, il rejoindra le prince de France, qui l’aidera à décrocher une grande somme. Une somme royale.
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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