[Année 03] Americain Attack

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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Mer 7 Aoû - 2:19

North sirotait un lait de coco entre deux palmiers, dans un hamac en voile improvisé. Le soleil était sans reproche, le ciel plus bleu que la mer, les petits nuages blancs venaient accommoder ce petit paradis. Il avait installé une radio traficotée qui ne tenait qu’une seule chaîne. Bien heureusement, c’était celle qu’écoutait toujours le Capitaine.
Welcome to IrishFM lads ! And now, Brogan’s Bar in Live, from our friends in Ennis. :
 
-AAAH HAHAHA ! THAT’S MUSIC !

North se mit à taper des mains en rythme. Il se sentait bien. Pour une fois depuis très longtemps, il se sentait bien, sain, reposé. En train d’écouter de la musique Irlandaise dans une baie ensoleillée aux Bahamas. Il jetta son lait de coco en l’air et en se levant d’un coup se mit à danser, danser, danser…
Adewale arriva et avant même de sortir un mot, North l’attrappa et se mit à danser à avec lui. Aouan ne se sentait pas en forme et ne bougeait pas bien, tandis que Teague… Et ils dansèrent, dansèrent et dansèrent encore…
La musique s’arrêta et Teague lacha Adewale qui tomba dans le sable. North s’assit dans son hamac et sorti une bouteille de rum, qu’il déboucha et chanta en prenant une volée.


-” We drink and we die and continue to drink !”

Adewale se leva, et coupa court au Bonheur du Capitaine en lui prenant la bouteille des mains. Il prit une gorgé avant de laisser la bouteille tomber dans le sable qui se planta tout droit. Il était très énervé.

-Ecoutes-moi bien, toi !

Adewale tutoyait toujours son ami lorsqu’il était en colère après lui.

-Ca fait UNE SEMAINE que nous somme dans cette plage !

La musique continuait, et North n’écoutait pas beaucoup. Adewale lui mit une claque monumentale qui envoya le Capitaine dans le sable, avant de mettre un coup de pied dans sa radio qui l’envoya, elle, dans la mer. Teague avait du mal à croire ce qui était en train de se passer.

-Ma radio...

Il reçu une seconde claque.

-Hng… Qu’est-ce qui y’a ?!! On peut plus vivre en paix ici ?!!
-Tu compte passer le restant de tes jours sur cette île paumé aux Bahamas ?!
-Mui…
-T’es un putain de pirate !
-Retraite.

Ce mot lui vallu une autre claque.

-A 25 ANS ?!!

Il y eu un silence. Adewale reprit.

-Bon, écoute, je sais pas ce qui t’as pris. Tu étais prêt à aller à Tortuga, on a croisé ce Man of War et on a perdu quelques canons. PUIS TU AS FUIS.
-Retraite stratégique.
-En temps normal, tu l’aurais éxplosé.
-Ce n’est pas un temps normal.
-Mais tu…

Adewale se figea.

-Attends voir.
-Quoi ?

Aouan le poussa et prit sa longue vue.

-ET MERDE !

Un coup de canon retentit et alla se poser dans l’eau, non loin des deux amis.

-Le Man of War nous a retrouvé, il faut partir !
-Rassemble les hommes on y va !

Ils commencèrent à courir, Teague s’arrêta. Il avait oublié quelque chose d’important. Il se retourna et alla chercher la bouteille de rum.

-Oh shit ! He’s got a bloody armada !!!

Et il se mit à courrir comme il put. Il pasait entre les arbres en vidant la bouteille. Il entendit les tirs des 8 navires derrière lui. Il passa à coté du vieux PegLeg, qui avait perdu sa jambe et qui venait avec eux car il était rejetté partout ailleurs.

-Alors Cap’tain, on a fini l’vacances ?
-Elles se sont malheureusement finies toutes seules. Maintenant fermez-la et courez. Et n’oubliez pas votre Banjo, je ne reviens pas cette fois-ci.

Et ils montèrent sur le bateau, toutes les voiles étaient déjà dehors, Adewale laissa la barre à North et donna les ordres habituels.

-We're taking in ! Take your weapons and be re…
-BELAY THAT ORDER ! Stay to the canons !
-Mais ?!
-Si on essaye d’en aborder un, on est mort ! On dégage d’ici !

Aouan grogna. Il soupira et s’accrocha au bastingage.
L’un des Man of War s’approcha et voulut tirer une volée, mais North le prit de vitesse.


-FIRE !

La volée stoppa le tir de l’ennemi, ce qui laissa au Capitaine le temps de naviguer pour s’en éloigner. Mais le Red Wings n’arrivait pas à les semer. North réfléchit et se décida à un choix dangereux. Il mit bâbord toute. Adewale failli tomber.

-Mais qu’est-ce que tu fais ?!
-CHANGE YOUR SHOT ! CHAIN SHOT ! On arrivera jamais à les semer, ils ont mis de trop bons bateaux. Il faut réduire leurs voiles.

Adewale s’effondra sur le bastingage.

-Il va tous nous tuer….

Deux bateaux furent en ligne de mire.

-FIRE !

Il tira, mais ne toucha que le quart des cordages de l’un d’entre eux. Davy Jones était contre lui. Puis, il aperçu un petit chemin sur la baie. Il menait normalement à l’autre coté de l’île. Les bateaux était en train de l’encercler, il n’avait plus le choix. Il s’apprêtait à s’y engouffrer quand…

-Americain Fregates !

Deux bateaux sortirent du chemin. Un cercle de navires ennemis les encerclait. Ils étaient en problème.

Que faire ? Etrange et bonne question qui sauta à l’esprit du Capitaine. L’énorme Man of War tira un boulet devant eux. Cela voulait dire qu’ils n’allaient pas être coulés tout de suite. Il fit comprendre par la lumière qu’il fallait que l’homme nommé Teague North monte à bord, seul et sans armes, pour rencontrer quelqu’un qui tenait à l’interroger. Ils avaient deux minutes pour choisir. La parole, ou le fond de la mer.
North tenait fermement la barre. QUE FAIRE ? Il regarda Adewale, il regarda le canonnier. Il s’apprêtait à ordonner de tirer le shotgun sur le navire. Il leva le bras. Lorsqu’il le baissera, ils feront feu, et ils couleront très certainement. Il resta 20 bonnes secondes le bras levé, sans bouger. Au bout de ses secondes qui lui parurent des heures, il trembla de tout son corps. Il trembla tellement qu’il fit un pas en arrière. Non. Non, pas aujourd’hui. Il ne pouvait pas mourir maintenant. Il déboucla sa ceinture où se trouvaient ses armes, il laissa tomber ses deux pistolets présents  sur son torse et enleva le couteau de chasse qui se trouvait dans sa botte.


-Mais ?

Adewale le stoppa d’une main.

-Tu peux pas faire ça ! Ils vont te déchirer ! Garde au moins ton couteau !

North le regarda d’un air noir et le poussa sauvagement.

-Out. Of. My. Way.

Adewale resta un moment sans rien dire. Devant lui, le pirate qui était resté longtemps sans peur, mais avec beaucoup de reproches éprouvait… de l’effroi.

-Hisse le drapeau blanc, toi.

L’homme resta sans bouger. Lui non plus n’en croyait pas ses yeux.

-Do I have to do everything myself ?!!

Il s’approcha rapidement et poussa l’homme qui en tomba par terre. Teague agita le drapeau blanc devant le navire, qui, après quelques manœuvres, passa juste à coté du Red Wings. North monta à bord, puis le navire s’éloigna, laissant Adewale et l’équipage entouré par un grand nombre de navires de guerre.

North découvrait le Man of War avec stupeur. Ce navire était une veritable forteresse flottante. Il y avait de longs couloirs partout. Il marcha un long moment, les mains attachés et escorté par cinq gardes armés de baïllonettes et portant de lourdes armures, qu’aucune balle ne pourrait traverser aisément.
Après cette longue marche, il arriva dans une salle de fer, avec une simple table, en fer, au centre. Les gardes lui ordonnèrent de s’assoir sur l’une des deux seules chaises de la table. Il s’exécuta. En face de lui, un miroir. Il l’observa longuement. Quelque chose n’allait pas avec ce miroir. Sa présence n’était pas naturelle. Il était seul, et il prit la liberté de se lever pour aller le voir de plus près. Non, ça n’était qu’un simple miroir. Pourtant… La porte dans son dos s’ouvrit.


-HEY ! YOU ! GET YOUR ASS OVER HERE !

Un garde arriva avec une matraque, attrapa Teague par la capuche, la baissa et commença à le frapper.
Après cette séance de tabassage, le garde le releva et l’assit sur la chaise. Il saignait du nez et de la lèvre. Une blessure à la tempe était notable également. Après environ une dizaine de minutes, la porte s’ouvrit une seconde fois. North ne bougea pas. Il sentait que cette fois, ce n’était pas pour le frapper que l’on venait. Serait-ce cette personne qui voulait parler avec lui ? Etait-ce seulement une seule personne ? Personne ne pouvait faire confiance aux américains de toute façon.


-Le monde libre. Je t’en foutrais, moi, du monde libre.
[/i]
Teague « Sharpeye » North
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Gwendolyne Trude
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Gwendolyne Trude
Dim 8 Sep - 4:41
- Ah, aaah ! Voilà, VOILÀ cey que jey disais !!

Elle frappa son comptoir d'une telle vivacité qu'un vase qui s'y trouvait rebondit jusqu'au sol, mais la scientifique n'y prit pas la moindre attention, préoccupée par ses recherches. Elle claqua des talons jusqu'à sa table d'opération où elle avait négligé son projet, ses papiers ainsi que ses plans. Elle les enroula l'un par dessus l'autre et les jeta dans le panier au coin, furibond. Ses cheveux grossièrement coiffés donnaient à sa petite personne une image agressive. Ses cheveux pendouillaient comme des serpents depuis son chignon et elle devait souffler sur sa houppette de cheveux roses qui lui tombait au visage tout les quarts de seconde. Voilà qu'elle ne trouvait pas le problème, NI comment y remédier.

- Saint Joseph, jey suis en colère !

Elle tapait du pied en tournant en rond, s'attrapant les cheveux un moment pour réfléchir. Les milles et une petites hypothèses tournoyant autour de son petit cerveau brisèrent lorsqu'une dame entrait dans la pièce, l'air confuse.

- Mme Trude ? Puis-je ?

La femme retirait ses mains noircies de saleté de dans ses cheveux, y laissant de sales traces. Elle se racla la gorge, prise d'une douleur tandis qu'elle s'adoucissait en voyant sa douce domestique, pleine d'amour et de bonheur, cette bonne.

- Oui oui, trey chère, veney.

L'intelligente femme lui fit signe de se rapprocher, cherchant du miroir des yeux pour se poudrer. Elle tournoya sur elle-même et se dandina vers un miroir, caché sous une pile de documents. La domestique la suivait en vain, mais on dirait que Dame Trude avait déjà oublié sa présence. La pauvre jeune femme dû tapoter l'épaule de son hôte.

- Madame !

Elle sursauta et se tourna vers sa domestique, poussant un petit rire confus en attrapant ses médicaments, prenant une longue gorgée d'eau qui rafraîchit sa gorge. Elle remercia sa bonne - qui disparut ensuite dans les couloirs - puis s'installa sur un petit tabouret, pratique lorsque sa robe n'était que de fins tissus, aussi moches que les robes de l'époque. Elle haussa les épaules dans un tic, se poudra un moment avant de crier d'effroi en voyant sa sale mine. Ce qu'elle était hideuse ! Pas de maquillage, pâle, fade, elle pourrait presque croire qu'elle était malade... Oh, mais ELLE était malade !

- Bon sang de bon soir !

Puis, prise d'une perte de mémoire occasionnelle, elle secoua la tête et délaissa son miroir pour se remettre au travail. Elle gigotait de gauche à droite, trimbalant quelques babioles pour ensuite les laisser sur place et ne plus se souvenir de leur emplacement. Elle s'amusait avec les ingrédients, mais surtout cherchait-elle LA solution pour le problème qu'elle peinait à trouver, bien qu'il était évident. Quel méli-mélo se trouvait dans la tête de Trude, occupée à devenir cinglée chaque jour. Pourtant, sa folie l'avait menée à une grande intelligence et ce cerveau bien compliqué l'avait menée si loin en si peu de temps.

Eureka ! Une petite vérification, un repassage au peigne fin et quelques petites rectifications ont porté fruits ! Voilà ce qui clochait ! Ce que c'était bête. Quelques petites solutions se trouvaient là, devant elle, sur le bout de papier. Elle avait tenté maintes et maintes fois ces solutions, aucune ne donnait réponse, sauf celle qui s'avérait à être dangereuse. Sapristi d'ingrédients, ne pouvaient-ils pas pousser à une même endroit ? Bien sûr que non, les sols ne sont adaptés que pour certaines plantations, diantre !

Aussi lourd que ce soit, la petite Gwendolyne quitta son laboratoire pour rejoindre les longs et vastes couloirs, remarquant que l'odeur n'était plus la même, un peu trop changée à son goût. L'odeur invisible de la poussière, du brûlé et des étranges mélanges de cire s'était évaporée pour un doux parfum de lavande. Fraîcheur, elle avait besoin de fraîcheur. Ce qu'elle ne donnerait pas pour un bain !

- DOMESTIQUES !

Elle claqua des doigts plusieurs fois, à un point où elle commençait à en avoir mal aux doigts. Ses domestiques se présentèrent machinalement, l'une en cire et l'autre complètement humaine de la peau jusqu'aux os. La savante ordonna d'une voix aiguë un bain dans les plus petites minutes. Ses deux domestiques s'activèrent pour qu'en quelques minutes à peine Gwen puisse se pointer dans sa salle de bain en peignoir pour s'y nettoyer. Transformation ! La femme sortit nette, coiffée, maquillée et habillée de ses naturels accoutrements colorés et tellement grands qu'elle n'arriva pas à sortir sans l'aide de ses domestique de cette fichtre salle de bain.

- Jey veux qu'à la prochaine rénovation cey portes soient plus grandes ! C'ey écœurant !

Vite débarrassée d'affaire, Dame Trude apportait avec elle une petite valise ne contenant que les bases : trousse de scientifique. Si elle apportait trop pour un si petit voyage - enfin l'espérait-elle - cela risquerait d'être encombrant.


***


- M-madame ! Attendez, vous avez oublié quelque chose.

La domestique lui laissa un petit quelque chose dans sa poche, enroulé dans un mouchoir joliment brodé de rose. La bourgeoise se contenta de remercier sa si gentille bonne et quitta sa précieuse demeure d'un pas ferme et sûr, comme chaque fois qu'elle devait traverser l'Angleterre pour la Roumanie, seulement, cette-fois ce sera différent. Accompagnée temporairement par sa femme de chambre, elle gesticulait dans le but de se distraire et se détendre, tandis qu'elle parlait.

- Le sud ! LE SUD ! Jey n'arrive pas à croire quey jey dois rejoindre l'autre bout du globe pour une saletey d'ingrédient.

- Pouvez-vous le commander madame ?

- Bien sûr QUEY NON, personne ney sait cey quey jey veux. Pour évitey l'erreur, j'y vais moi-même !

- Vous êtes si courageuse...


***


Le coeur battant, elle s'avançait vers l'un de ces engins volatiles. Des bateaux, vont-ils dans l'eau ou dans les airs ? Idioties ! Elle devait vraiment grimper une échelle pour monter là haut ? Saint Jésus, monter là dedans c'était du....Du suicide !

- Jey dois mon...

- Vous devez monter madame.

- Cey ce que je viens de dire ! Idiot !

Elle lui jeta sa seule valise dans les bras et commençait à grimper, fébrile. L'homme, encore perturbé par son comportement, la suivit derrière, ne manquant pas à la vue de sous ses jupes. Une fois à bord, la Gwen rattrapa sa valise d'un mouvement brutal, se ramenant auprès des voyageurs en claquetant des talons contre le sol de bois.

- C'est sale, hideux et ... Ça n'a rien de bien joli !

Se plaignait la bourgeoise, prise d'une colère qu'elle calma bien rapidement en voyant un large et long homme qui passait près d'elle. Elle se tut, bien droite avec sa valise dans les mains. Des marins vigoureusement entraînés servaient de guide et de protection pendant le trajet. La bourgeois dû attendre, bien installée dans la cave, pour le reste de l'excursion. En cours de route, la demoiselle s'était déjà endormie, allongée dans un lit grotesque et inconfortable.

BOUM !
SCRATCH !
PANG !

Brutalement réveillée, la bourgeoise se leva en écarquillant les yeux. Dans une autre pièce se trouvait une énorme trou, le bateau menaçait de s'échouer à la mer. Elle ne prit pas le temps de réfléchir et ramassa sa valise, au début elle voulait retourner à la maison, mais les circonstances lui en empêchait, elle devait fuir, mais pas question de faire cette trop haute chute pour mouiller sa robe ! Pris de panique, le peu de voyageurs se mirent à crier et la scientifique s'y camouflait malgré ses hautes couleurs. Elle se réfugia plus loin dans la cave, loin de ces gens fous, loin de la violence. Pourtant, son esprit était aussi vide que dans la pièce où elle se trouvait. Il n'y avait qu'une boîte, une seule. Elle se rapprocha et dû se pencher douloureusement à cause de son corset, tirant sur l'ouverture pour pouvoir voir son contenu. Il n'y avait rien, rien qui puisse l'aider, ou bien...

La bourgeoise regardait tout autour d'elle, puis se réfugia à l'intérieur avec sa valise, refermant l'ouverture aussitôt. À l'intérieur c'était froid, noir et il n'y avait pas beaucoup d'espace pour elle, ses cheveux et sa robe. Elle posait ses mains contre le couvercle, attendant impatiemment que tout cela se termine, que le silence revienne à nouveau et qu'elle en termine avec tout cela une bonne fois pour toute.


///

- Y'a plus rien, mais les plus résistants sont morts capitaine, doit-on tuer les innocents ?

- Ça ne doit pas être aussi vide qu'il en a l'air ! Fouillez les profondeurs du bateau ! ... Laissez les innocents en vie, ils mourront noyés dans la mer de toutes façons.

L'homme hurlait, mais il restait inaudible pour la scientifique, qui restait enfermée dans la caisse, les yeux clos d'impatience.

- Capitaine ! On a trouvé une caisse !

- Tu crois que c'est tout ce qu'ils ont ?

- Y'a rien sinon... C'est mieux que rien.

- Dépêchez-vous et rapportez la boîte ! Nous n'avons plus de temps.

Elle rouvrit brusquement les yeux, réanimée par les cris presque joyeux des pirates, qui soulevèrent la boîte.

- C'que c'est lourd !

- Des tonnes d'or !

Elle se retint de grogner, lourd ?! Elle n'était pas lourde bon sang ! C'était ces accessoires et la boîte qui étaient lourds ! Toutefois, ce fut quand même le poids de cette fameuse caisse qui sauva la vie de la scientifique, emprisonnée dans la caisse.


***


- Ouvrez-moi cette bon sang de caisse matelots !

D'un coup, les hommes ouvrirent la boîte et la bonne femme fut aveuglée par la nouvelle lueur du jour, l'avaient-ils laissée moisir là longtemps ? La dernière chose dont elle se rappelait c'est de cette épouvantable nuit et ce noir interminable. Les hommes qui l'avaient déballée, se mirent à grogner en s'éloignant, le capitaine, qui se rapprochait, se pencha vers la femme pour lui voler la valise, celle-ci se releva tant bien que mal.

- Redonnez-moi ça, voyous !

Le capitaine, furieusement surprit, étira un petit sourire malsain en gardant la valise bien haute.

- Qui a-t-il dans cette valise, petite ?

- Ça ne vous concerne pas !

Aussitôt, il ouvrit la valise et laissa tomber le tout, ce qui brisa la plupart des instruments de la savante, aussitôt en colère.

- Voilà ce que vous avez fait, grand imbécile !

- Tais-toi, femme ! Tu ferais mieux de te taire ou sinon...

- Sinon quoi !?

Il lui agrippa le bras, ce qui la fit couiner, puis fronça les sourcils, comme intrigué, avant de la soulever par les taille et renifler son cou, étirant un petit sourire heureux, elle qui battait l'air de ses jambes en espérant lui asséner un coup bien placé. Le capitaine la déposa au sol, un large sourire au visage.

- Cela faisait si longtemps que je n'avais pas senti cette douce odeur.

Les matelots, intrigués, se rapprochèrent en cercle de la demoiselle pour... Sentir subtilement ses cheveux, ses vêtements, ses mains... Tous devinrent aussitôt joyeux, envoûtés par l'odeur. La jeune femme, bouillante de frustration, agita ses bras dans tous les sens en hurlant de la laisser tranquille, au milieu de ces singes où elle ressemblait à une petite poupée de chiffon joliment arrangée. Le capitaine fit un vaste geste pour repousser ses hommes, la mine renfrognée.

- Laissez-la ! Vous dérangez cette... Belle dame à la douce odeur de mon enfance.

Aussitôt dit, aussitôt regretté, le pirate n'avait pas longtemps aimé la petite femme, qui repoussait le grand complet de ses avances, trop nerveuse pour s'occuper d'un homme, bien qu'elle ne soit pas intéressée à s'accrocher de trop près à ces bêtes sauvages. Le voyage avait été long, dur et pénible, autant pour la petite Gwen que pour le vaillant pirate, qui ne pouvait plus l'endurer. Ceux-ci voyageaient vers le sud, au moment où ils rencontrèrent un bateau ennemi, la scientifique ne fut ni soulagée, ni apeurée par cette nouvelle trouvaille, elle ne s'attendait pas à des sauvetages, mais pas à des attaques non plus, de toutes façons le bateau du vaillant pirate semblait bien plus imposant et dangereux que celui appartenant aux ennemis.

Puis, une secousse, une autre, des coups de canons. Elle s'était accrochée aux rebords du bateau, le haut le cœur qui lui reprenait tandis que le bateau s'émoustillait dans tous les sens. Elle manqua de vider son dernier repas à la mer tout en bas, sentant le malaise monter à chaque secousse. Elle était devenue pâle sous cette couche de maquillage, vide prise de nausées, elle se débarrassa bien vite de son petit déjeuné.

Des coups de canons cessèrent enfin, elle en profita pour se détendre, remarquant que le bateau ennemi se rapprochait du leur. Respirant à fond pour faire passer son malaise qui s'évaporait petit à petit au bout de quelques minutes. Lorsqu'elle levait la tête, un homme changeait de bateau, ils allaient le tuer, devant elle, comme ça ? Les pirates n'avaient donc rien de plus à faire qu'à voler et tuer !

- Viens là toi.

Un grand homme robuste agrippa les épaules de la demoiselle, la tirant vers une pièce sous le gouvernail, menant à une petite salle hautement sécurisé, le tout construit en fer. Elle transportait, à ce moment, sa valise maintenant à moitié vide. Au bout de quelques instants, elle traversa une porte et fit face à un homme, qui devait être celui-ci de l'autre navire. Elle étira un petit sourire, valise en mains avant de repousser sans douceur les mains irritantes contre ses fines épaules.

- Enchanté, capitaine. Commençait le grand homme, poussant doucement la jeune femme vers lui. Je souhaitais discuter avec vous dans le but de  vous offrir cette radieuse femme, elle... N'est pas bien avec nous et puisque vous êtes sur notre chemin.

Pas bien avec eux ? Évidemment ! Sales, puants, dégoûtants ! Elle préférait mourir que de rester quelques jours de plus avec eux. Par contre, ce pirate devant elle pourrait bien être pire. Son sourire disparut et elle fronça les sourcils. Vite lassé de sa barbe mal rasée et de son apparence négligé.

- Jey ney veux PAS alley avec lui. JEY NEY VEUX PAS !

Elle tapa du pied, mais le capitaine grogna et jeta un regard haineux envers la dame qui se plaignait.

- Tu n'as pas le choix, vil' créature, tu iras avec cet homme, sinon je tue son équipe entier.

Déclara l'homme, décidément entêté de quitter cette femme arrogante et insupportable, au point où il menaçait pour la donner. Gwendolyne, furieuse, tapa du pied, se tournant vers l'homme avec cette mine renfrognée et moqueuse.  
Gwendolyne Trude
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Sam 28 Sep - 3:47
« What… The… H…hell ? »

L’esprit de Teague n’arrivait pas à comprendre ce qui se passait concrètement. Un homme moustachu avec une casquette marine et un air niais, lui demandais de prendre sur son navire cette femme, qui tapait du pied en regardant North comme si c’était un homme sans grâce, sans honneur et sans richesse. Salope… Mais le gros problème, c’est que cet homme voulait la lui refiler, et le laisser partir ? Cette armada ne l’avait pas pourchassé jusqu’ici pour lui refiler ce brin de femme, tout de même. Quelque chose ne collait pas. Mais il n’avait pas envie de la prendre, cette femme. Son sens de « gentleman » l’obligera à l’emmener dans un endroit pas trop horrible pour éviter qu’elle se fasse violer dès lâchée à Tortuga. Et autour de Tortuga, le seul endroit libre était les USA. Et il n’avait AUCUNE raison d’y aller. Aucune. Alors il ne voulait pas. Mais est-ce que tout cela était bien sérieux. Déjà, en y repensant, comment diable connaissait-il son nom si ce n’était pas pour le pourchasser ? Pour l’éliminer ou pour l’emmener au billot ? Rien ne collait. Et Teague avait autre chose à faire.

-C’est bon ? demanda t-il impatient. Vous avez fini vos conneries, là ? Je peux dégager ?
-Seulement si tu prends cette… femme… avec toi, réplica le capitaine du navire. On en veut pas ici.
-Et si j’en veux pas non plus ?
-Alors on te torture. Avec ton équipage. On te fait des petites coupures jusqu’à ce que t’en crève. A toi de voir, pirate.

Teague réfléchit un long moment. Après tout… C’est toujours mieux que la mort.

-Alors je dégage d’ici, je la prends.

Le moustachu semblait satisfait. Il mit une lettre cacheté sur la table. Il ordonna à Smith de l’ouvrir sur le bateau, pas avant. Ce dernier se dit qu’il valait mieux ne pas jouer au plus fort avec ce mec là. Il l’ouvrira sur son navire.
Etrangement, il y retourna sans mal. Et il se retrouva, sur son navire, avec une lettre dans la main droite et une corde reliée à une femme attachée et bâillonnée. Les navires américains partaient tranquillement, les laissant en plein milieu, comme ça. Sans détacher la femme, il lâcha la corde, ouvrit la lettre et se figea de stupeur. Dans ses mains, un simple bout de papier avec un symbole… Son symbole. Le symbole familial de sa mère. Il ne restait que deux personnes en vies utilisant ce symbole dans sa famille : son grand-père, qui était devenu fou depuis bien longtemps… et son oncle, le frère de sa mère. Cet homme, Logan Nigel, n’avait jamais apprécié Teague. Il criait partout que c’était un délinquant méritant une bonne leçon. Il avait juré mettre cette « racaille de neuveu » en prison. Le problème étant le suivant : Nigel aimait sa sœur. Or, sa sœur, Teague l’avait un peu… décapité. Après avoir tué ses deux frères, évidemment. Et tout le monde savait qu’ils étaient morts par sa main. Si Nigel était là, ce n’était pas pour l’emmener en prison…
En dessous du symbole, trois mots. « Look at me. » Teague prit sa longue vue et regarda en direction du colosse de Man of War qui disparaissait dans la brume épaisse. La lumière indiqua « Behind you, stupid » North se retourna. Un navire apparut dans la brume et leur fonçait dessus. Aouan cria.


-BRIG !

Le choc renversa North qui s’écrasa contre la femme. Sans faire attention à elle, il se releva très rapidement et fonça sur la barre en donnant les ordres.

-Come on lads, all sails out ! Get us out of here ! Damage report !
-North ! cria Adewale. Il y a une courte fuite à l’arrière, et les vitres de ta cabine ont été détruites coté tribord !
-Envoie deux hommes vérifier que rien ne s’envole dans ma cabine, envoie le nécessaire pour boucher cette fuite !

Le second s’exécuta tandis que le first gunman criait à s’arracher la voix.

-Americain fregate !

Nigel voulait apparemment s’assurer qu’ils coulent pour de bon. North tenta du mieux possible d’éviter le brig et de concentrer ses tirs sur la frégate.

-Foutue brume, dit Aouan une fois plus ou moins à l’abri des assauts du brig et des tirs puissant des la frégate. On les a pas vues venir ceux-là !

Le brig apparut à babord, il avait le vent dans les voiles. North tira une volée de boulets chaînés sur lui, ce qui le ralentit grandement. Le choc fut bien moins terrible que le premier. Le bateau se secoua un bon coup, mais pu continuer sans trop de mal. Le brig tenta de disparaître dans la brume, mais il fut trop lent et North eu le temps de tirer un bon coup pour l’achever. Enfin, il ne bougeait plus en tout cas. La frégate apparue d’un coup devant eux et Teague fut plus que surpris, surtout qu’elle arrivait en face, fonçant directement sur la proue du Red Wings. Apparemment, ça n’était pas l’intention du capitaine ennemi, qui vira très légèrement de bord pour ne faire que racler les coques. La frégate tourna à son tribord, le North à son bâbord. Et à ce moment là, il avait gagné. Il tira tous ses canons bâbord sur la poupe du navire ennemi. Cela stoppa la frégate. Teague ne voulait pas prendre de risque. Il abattit une seconde volée de tirs sur la frégate, ce qui l’envoya au fond de la mer. Ils étaient sauvés. North se sentais à la fois heureux d’être en vie… et à la fois en grand danger. Mais en attendant…

-Cap sur Tortuga, Adewale.
-Bien compris, dit Aouan en prenant la barre.
Deux hommes arrivèrent. Ils avaient l’air embêtés.


-Capitaine ?
-Oui ?
-On se demandait, avec les copains derrières..
-Quoi ? demanda t-il d'un air impatient.
-Bah, le petit brin de femme que vous avez ramené, là… on pourrait p’tet la mettre avec nous dans la cale, non ?
-AH MERDE ! cria Teague en se tapant le front. Je l’avais complètement oublié celle-là !

Il poussa les deux hommes et se dirigea à grand pas vers la prou du bateau. Là, un spectacle des plus étrange était en train de se dérouler sous les yeux de North : la moitié de l’équipage était, en file indienne, en train de renifler, un par un, la femme, toujours attachée et bâillonnée.

-Mais qu’est-ce que c’est que ces conneries ?!! Cria t-il.
-Bin… C’est qu’elle sent bon le caramel, dit l’un des hommes.
-N’importe quoi, répliqua un autre, elle sent la rose.
-Moi j’ai senti de la tulipe ! dit un autre.
-Et moi de…
-C’est la poudre de mon canon que vous allez sentir si vous vous calmez pas tout de suite ! Coupa Teague.

Tout le monde se calma. Il y eu un long silence. Puis il reprit.

-Cette femme est en ma possession. Toi, là… Bertand. Va la mettre dans ma cabine.
-Un grand plaisir que ce s’ra Captain.

Et il attrapa la femme comme s’il l’enlevait, sur son épaule. Il profita ouvertement de cette occasion pour poser pleinement sa main sur le fessier de la demoiselle. « Pour pas qu’elle tombe. »

Cinq minutes plus tard, Teague était dans sa cabine, seul avec elle. La salle avait effectivement prit pendant le combat. Mais pas autant que ce qu’il craignait. Seule une vitre était cassée et les hommes l’avaient rafistolé avec un drap, ce qui ne rendait pas trop mal en fin de compte.  Les poteries étaient en piteuses état, par contre. Mais peu importait. Devant lui, une femme, assise sur une chaise, attachée et bâillonnée. Il n’alla pas la détacher tout de suite. Il prit le temps de la regarder de plus près. Elle n’était pas si mal que ça, cette fille. Il s’approcha doucement d’elle, passa délicatement ses mains derrière le morceau de tissu qui était noué pour l’empêcher de parler, et tenta de l’enlever le plus doucement possible. Cette femme ne sentait pas le caramel, ni la rose et encore moins la tulipe. Elle sentait… L’air marin ? Mais oui, cet air, aussi pur que celui d’Istanbul, Byzance ou Constantinople, peu importe. La Corne d’Or, ce magnifique endroit, à l’odeur irrésistiblement pur… Il se retint d’inspirer un grand coup lorsque son nez fut très proche du front de la demoiselle. Il délia le tissu.
Teague « Sharpeye » North
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Gwendolyne Trude
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Gwendolyne Trude
Sam 12 Oct - 18:31
La pauvre femme se fit traînée de tous les côtés, attachée par une corde qui lui reliait poignets et taille. Puis comme ce n'était pas suffisant, les hommes la bâillonnèrent. D'abord prise d'une rage immense, elle se débattit et hurla à travers son bâillon, furax. Elle donnait des coups de pieds à celui qui l'emmenait de force. Qu'allait-il lui arriver une fois à bords du nouveau navire ? Ces saloperies de pirates ! Elle aurait bien aimé le HURLER.

À peine sur ce nouveau bateau que les problèmes lui tombaient déjà dessus, quand elle disait problème, elle désignait surtout le gros homme qui vint s'échouer sur elle pour un quart de seconde, un quart de seconde ultra douloureux !! Attachée de partout, la scientifique mit un temps à se relever, mais à peine remise sur pieds et elle s'écroula à nouveau sous les chocs du navire, glissant sur le pont jusqu'à se faire accrocher par un autre pirate. Tiens, maintenant au moins n'allait-elle plus être dans le chemin de quelqu'un !

Elle mordait la corde du bâillon, elle hurlait des bêtises incompréhensibles et poussait des petits couinements en reprenant son souffle, irritée par les événements. Oh non, elle n'était pas qu'irritée, elle était EN COLÈRE ! Si bien qu'il était impossible présentement de décrire ce qu'elle ressentait, cette pauvre savante. Elle battit des jambes un moment, jusqu'à se faire ramasser par un grand type qui allait la ranger au sous-sol lorsque tout fut plus calme, mais il freina pour la regarder, sourire et la renifler. Il fit appel à ses camarades en se vantant de l'odeur de la femme, puis d'autres curieux se rapprochèrent avec un air moqueur pour humer à leur tour. Chacun exprimèrent le parfum de la bonne femme, tous très différents, ils se mirent à en débattre, avant de laisser tomber et simplement se mettre en fil indienne pour profiter du parfum de la bourgeoise. Jusqu'à ce que le capitaine posa les pieds à quelques mètres d'eux. Elle se figea en fixant le capitaine, le visage rouge de colère. Ce qu'elle ne ferait pas pour empoisonner la plupart d'entre eux !

Elle jeta un regard aux pirates, qui répétèrent ce qu'ils avaient senti. Elle leva les yeux au ciel, bon sang, parfois son odeur corporelle la rendait elle-même folle, pourquoi cela n'attirait que les imbéciles ? C'était AB-SUR-DE. Certes, justement l'un d'eux la tira vers lui et la renifla à nouveau, le capitaine en personne, même. Elle se laissa faire, fatiguée de combattre, le tout gêné par le silence. Un homme bourru - sous les ordres de son supérieur - l'attrapa et la souleva sur son épaule. Le pire n'est pas encore arrivé, ah si. En sentant cette grosse main vulgaire contre sa fesse, elle poussa un rugissement étouffé puis une petite plainte embarrassée, s'agitant d'avantage. Elle asséna d'abord des coups de coudes puis de poings contre le dos de l'homme, avant d'agiter les jambes, rien n'y fut, ce gros tas de graisse ne voulait PAS retirer sa stupide main !

Gwendolyne ne reprit son souffle qu'une fois les pieds posés. La cabine du capitaine. Elle ne voulait pas y être ! Son regard scruta les environs, bureau, de beaux meubles, un grand lit. Les sourcils froncés, elle envoyait des regards méchants au marin qui quittait la pièce. Certes mécontente, elle devait trouver un moyen de s'échapper, de retirer les cordes, le bâillon et de partir, à la nage ! Oh... Non, pas la neige, ce serait catastrophique pour sa belle chevelure déjà abîmée par ces gros singes des mers !

Teague entra dans la pièce à l'instant où elle comptait au moins se détacher, les pas lourds et dangereux qui résonnèrent dans la pièce la firent frissonner, il avait d'avantage un air cruel que cet autre capitaine loufoque n'avait déjà pas. Peu intimidée, comme d'habitude, la jeune femme leva le menton et grogna un moment, éloignant son visage du sien dans un premier temps, avant de voir qu'il retirait le bâillon. Liberté ! La jeune femme prit un souffle puis, s'agita violemment. Prise d'une crise de nerfs.

- Vous n'êtes qu'un IMBÉCILE ! Ey en plus vous êtes laid et vous puey l'alcool ! Jey vous DÉTESTE ! Chacun vous représentey dey pathétiques singes sans cervelle ! LIBÉREY MOI !

Elle battit des jambes et des bras malgré les cordes qui la retenait de lui en foutre une, à ce brigand !
Gwendolyne Trude
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 1 Déc - 1:17
La femme se débattit en proférant moultes injures envers Teague et son équipage. Il la regarda faire, sans rien dire. Au bout d’un moment, il fit tomber la chaise en arrière avec le pied. Puis il se pencha vers elle sans la relever.

-C’est bon ? Vous êtes calmée ? J’ai pas toute la journée. Alors si vous ne voulez pas que je vous abandonne sur la première île en passant, je vous conseille de vous taire. Si vous restez calme, je vous garderais jusqu’à Tortuga. Compris ? Bien.

Il sorti son couteau de chasse et coupa ses liens. Sans rien ajouter, il alla prendre deux verres et servi du whisky, un ras-bord, l’autre à peine rempli. Il posa le verre presque vide sur la table, près d’elle et avala l’autre cul sec. Il le posa violemment sur la table et resta un moment figé, pour faire passer l’alcool. Il s’assit sur le fauteuil, posa les pieds sur la table et marmonna.

-Vous devriez vous rendre utile sur le pont…

Et il s’endormi aussitôt, sans un bruit.
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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Gwendolyne Trude
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Gwendolyne Trude
Dim 15 Déc - 17:04
La petite femme à la chevelure rose était tombée avec les chaises, les pattes encore nouées à celle-ci. Sa robe avait valsée dans un sens mais les froufrous couvrait ses jambes qui étaient elles-aussi habillée d'un collant ligné rouge, noir et blanc. Dans un grognement sourd, elle continuait de râler tandis qu'il la détachait, elle allait se tenir calme, elle ? IM-POS-SI-BLE

En se relevant, elle tapait du pied et regardait le verre à moitié vide sur le comptoir qu'elle renifla brièvement, dans une grimace, elle se recula, la mine renfrognée. Miracle, l'homme s'était endormi ! Elle pouvait le tuer, se venger et prendre possession du bateau... Ou se faire tuer en retour. Pour ne pas prendre de risque, elle le délaissa tout simplement, peut-être ne dormait-il pas, de toutes façons ça aurait été trop facile, une illusion !

En sortant d'un pas rageur, la jeune femme lançait un regard lourd au reste de l'équipage, s'installant dans un coin plus ou moins confortable avec sa petite valise qui avait perdu du stock... C'était horrible.

« ...Bande dey singes. Tss. »
Gwendolyne Trude
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Ven 27 Déc - 2:18
Teague tomba de sa chaise. Il s’écrasa, se releva, jura et se releva en se massant le dos. La femme avait disparu… il sorti. Le soleil se couchait et le ciel de sang éclairait le navire. Il n’était pas très réveillé et se traina jusqu’à Adewale.

-Teague.
-Aouan.
-On arrive.

North se dirigea vers la proue pour voir l’île. Il passa devant la femme. Il s’arrêta, se retourna et avança doucement vers elle. Elle avait l’air énervée cependant, et il se retint. Il jeta un coup d’œil vers l’avant. Tortuga n’était plus bien loin. Là-bas, il trouvera du monde a engager pour détruire cet homme. Sans la regarder, il s’adressa à la femme.

-Je ne crois pas avoir saisi votre nom…

Sans la laisser répondre, un homme fonça sur Teague.

-Capitaine, on a un problème !
-Hein ? Quoi ?

Il lui désigna le port du doigt. De nombreux navires y étaient reposés, mais l’un d’entre eux attira l’attention de North. Il prit sa longue vu et jeta un coup d’œil au drapeau. Américain…

-Qu’est-ce qu’ils foutent là, bordel ?!! Virez-moi ce drapeau, maintenant !

Les marins s’exécutèrent aussitôt, remplaçant le drapeau du Red Wings part un drapeau marchand. Il fit ranger les canons intérieurs pour plus de crédibilité. Il se tourna vers la femme alors qu’ils rentraient dans le port.

-Je vous préviens que vous allez galérer à transporter votre grosse malle. Laissez-là ici le temps qu’on vous trouve un navire pour dégager de là et on vous la rapporte, ok mademoiselle... ?
Teague « Sharpeye » North
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Gwendolyne Trude
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Gwendolyne Trude
Ven 3 Jan - 21:01
La jeune femme était plantée là, à la suivre sans se lasser, ou presque. Les caraïbes étaient certes de jolies îles, mais sa compagnie n'en était pas d'autant. Dans un soupire, elle gardait sa malle avec elle, la laisser à des brigands signifiait surtout qu'elle n'allait jamais la revoir, si elle le laissait là.

« Jey vais la garder, jeune homme. Laissez-moi sur terre et je me débrouillerai. »

Une fois posée, Gwendolyne débarqua du navire pour piétiner les sables chauds de l'île, là où elle pourrait retourner à bon port et retrouver soit la Roumanie, soit l'Angleterre. C'est d'un pied lourd qu'elle s'éloignait du capitaine, se tourna une dernière fois pour lui jeter un bref regard.

« Merci de ney pas m'avoir tuy. Jey suis Gwendolyne. »

Elle jeta un lourd sac d'argent sortit de sa malle et s'éloigna de Teague, sans plus se retourner.


Hrp:
 
Gwendolyne Trude
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Sam 4 Jan - 2:54
Cette femme n’allait pas être oubliée de sitôt chez les marins du Red Wings. Cependant, son attitude supérieure était forte agaçante. Teague décida de clore le plus rapidement possible ce chapitre de sa mémoire. Comment pouvait-elle sentir la même odeur que celle de La Corne d’Or ? Cette personne était un mystère. Elle disparue dans la foule, sûrement à la recherche d’un navire pour la ramener chez elle.


Il alla dans l’une des tavernes les plus fréquentées de l’île, La Tortue Tueuse. Il prit une table au fond, prit deux chaises côtes à côtes et installa une pancarte devant la table ‘ON RECRUTE, Demande de marins volontaires et alliés pour créer un détachement et participer à une chasse’. Il s’assit à coté d’Aouan, alluma un cigare, commanda une bouteille de rhum et attendit.


-Bon, personne ne vient, là…
-Teague… ça fait trois minutes.
-Mais j’ai mis la pancarte.
-Teague… ça fait trois minutes.
-Elle est pourtant bien visible, ma pancarte, non ?
-Teague… ça fait tro… quatre minutes.
-Haaaaaaaaaan…

Au bout d’un quart d’heure, un premier bonhomme arriva. Il avait une carrure imposante et semblait confiant.

-Il paraît qu’on recrute ?
-Halleluja ! Le premier sait lire ! Tu viens avec nous, tu survis, tu gagne ta part. Signe ici, mate.

Il signa, sans poser d’autre question.

-Red Wings, frégate dans le port nord, tu la trouveras facilement.

L’homme s’en alla, laissant la place à un autre homme, qui semblait le suivre partout. Il signa à son tour.

-Red Wings, frégate, port nord.

Il se tourna vers Aouan.

-Ce qui nous fait… deux personnes ! Les affaires vont vites, le reste va suivre !



-Ca nous fait combien d’hommes ?
-Tu m’as posé cette question dix fois en une heure. Ça fait quatre !
-Haaaaaaan…

Un couteau se planta sur la table. Un homme, très bien habillé s’avança.

-Teague North… How was your escape ?

Il avait un accent plus que reconnaissable. C’était un anglais. Et il ne pouvait parler que d’une évasion. Celle de Londres. Teague se leva et dégaina son pistolet, le pointant directement vers l’homme.

-Teague !
-La ferme Aouan. Bloody english… C’est la reine qui t’envoie ? Laquelle ? Blanche ? Rouge ?

Teague observa l’homme. Il ne l’avait jamais vu. Et il était seul.

-Qui es-tu ?

L’homme enleva son chapeau, laissant découvrir un épi sur sa chevelure. Il le porta à sa poitrine, comme s’il effectuait une présentation solennelle.

-Mon nom est Frost… Simon Frost. Je suis ici pour rejoindre le Red Wings. Tous les anglais savent ce qui s’est passé. En tant qu’irlandais, tu es l’ennemi public numero un à Londres, et on te méprise partout ailleurs.
-Je suis surtout ennemi public numero un aux Etats unis…

Teague rengaina son arme. Il remarqua que l’homme avait beaucoup de ceintures de couteau de lancer.

-C’est un joli équipement que tu as là. Tu sais t’en servir ?

L’homme posa le chapeau sur sa tête, et envoya trois couteaux un même temps qui allèrent se planter respectivement au centre des trois cibles de fléchettes de la taverne. N’ayant que deux cibles de fléchettes, le troisième couteau alla se planter dans le cactus décoratif qui était entre les deux. Ce cactus était la dernière possession d’un homme qui se suicida quelques heures plus tard, ayant apprit le cruel sort de sa dernière appartenance, mais ça n’est pas le point. Teague était simplement impressionné par cette démonstration.

-Je peux également combattre. Karate, Jujitsu… Les arts martiaux d’une manière générale.

North et Adewale se regardèrent. Cet homme était bien plus intéressant que tout le reste des hommes pouvant les rejoindre à l’heure actuelle.

-Signe… Signe autant de fois que tu veux. Bienvenue sur le Red Wings. Tu la trouveras au port nord.
-Je vais plutôt apprécier une bonne bière ici, si vous me le permettez.

Il alla s’installer non loin pour boire.

-Intéressant personnage… Bon, ça nous fait cinq, mais celui-là compte facilement pour deux. Il nous faudrait encore quelques hommes.
-Il nous faudrait surtout un allié. Aussi nombreux que nous serons sur le navire, nous ne tiendrons pas face à cette armada. Il nous faut un autre navire.
-Agreed.

...

-Ca nous fait combien d'homme, là ?
-Teague...
Haaaaaaaan...
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 16 Jan - 18:52
Tortuga la belle.
Tortuga l'infidèle, reflet vicié de la nature des pirates. Solal aimait son ambiance feutrée, cette chaleur moite et tout ce qu'on pouvait y trouver. Ici, tout avait un prix ou presque, et personne ne faisait dans la dentelle, même s'il restait une part de mystère, sur qui trafiquait quoi.
Il ne restait qu'un langage brut, sans fioritures ni rond de jambes hypocrites ; on clamait clairement son amour du vice et de l'argent, et c'était toujours avec un malin plaisir qu'on narguait son voisin. Ce que le pirate ne se privait pas de faire.

Le seul soucis avec Tortuga, c'était son absence de port d'attache pour les navires volants comme en possédaient certaines villes. Il fallait faire à l'ancienne quoi. Le Souffle Gris avait donc dû jeter l'ancre dans une des petites criques à l'arrière de l'île.
Cinq minutes au gré des vagues suffirent pour que le teint de Solal vire un peu plus pâle, lui donnant un aspect de chinois verdâtre l'espace d'une seconde, ruinant sa bonne humeur de l'instant. Bien sur, pas une mouche ne vola sur ce point dans l'équipage, et le pirate grommela dangereusement à travers son écharpe que s'il entendait jaser -ce qui arriverait surement après quelques bouteilles, il les buterait.

Au moins, il n'oublierait pas d'acheter les herbes qui l'aidait un peu à lutter contre ce mal idiot et ... humiliant, surtout les premières heures.
Bien sur, ce petit passage ne serait jamais dans le récit qu'en ferait plus tard Solal, introduction teintée de mystère sur ses futures aventures.
Et sur le moment, elles s'appelaient Helena et Jayden, avec qui il passa les deux nuits qui suivirent leur arrivée, avant de les abandonner au lever du jour : leurs compliments arrivaient toujours trop vite, et évidemment, la vérité crue ne plaisait à aucune d'entre elles malgré l'habitude. Connaissances de longues dates alors qu'il n'était pas encore engagé sous le drapeau de Kris Trappen.
Capitaine qui s'était d'ailleurs enfoncé dans la noirceur de Tortuga pour y faire on ne sait quoi. Mais finalement, mieux valait pour tout le monde que Solal et les autres ne soient pas au courant ...

~
Quelques jours plus tard, après avoir fait des pieds et des mains pour réunir tout ce qu'ils avaient besoin pour une large traversée, Solal fêtait avec ses compagnons leur dernière réussite. Ça n'était que la quatrième fois, mais ça ne faisait jamais de mal !
La Tortue Tueuse était pleine à craquer, mais le capitaine et une partie de l'équipage avait réussi à s'installer sur une large table, où le persan les encourageait à prendre la place de conteur, malgré les protestations.
A vrai dire, lui était plutôt intéressé par ce qui se passait vers l'une des tables du fond.
Ils étaient déjà là hier... Profitant de sa choppe vide, le pirate se rapprocha du bar pour la remplir de nouveau, et chopper au passage un tabouret occupé, menaçant d'un regard son ancien propriétaire.

Il abattit brusquement la choppe sur la table, tout en s'asseyant de travers sur le tabouret, le tout avec un sourire amusé.

"- Deux questions ... C'est pour botter le train de qui ? et qu'est-ce qu'on y gagne ? "

Ses yeux bleus passaient de l'un à l'autre, les détaillant comme pour capter de quel bois se chauffaient ces deux pauvres recruteurs du dimanche. Oui, parce qu'honnêtement, ils n'avaient pas l'air très frais.
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Mer 22 Jan - 17:30
-Bon. Ca nous fait six.
-C’est peu.
-Je sais.

Les deux comparses sirotaient leur boisson dans l’attente de nouvelles recrues, mais l’auberge ne regorgeait pas de volontaires. Frost, dans son coin, ne semblait pas apprécier sa bière. Cet anglais ne raffolait pas de l’alcool, mais il venait d’arriver et voulait faire bonne impression parmi ces sauvages. Il n’osait vraiment pas demander un thé, de peur de passer pour un faible aux yeux de tout le monde. Soudain, un groupe de gardes américains entrèrent dans l’auberge. Un silence de mort s’installa et Teague se cacha sous son tricorne. Ils venaient vraisemblablement du navire qui était amarré au port. Le barman ne semblait pas très heureux de les voir, mais un client est un client.

-Il vous fallait quelque chose ?

North et Aouan tentèrent d’atteindre la porte discrètement mais au moment où Adewale sorti, un garde se manifesta.

-Hey ! Toi !

Teague se figea, sans se retourner, il parlait en essayant de modifier sa voix.

-Oui ?
-Qu’est-ce que tu fais avec ce manteau, toi ?

LE MANTEAU ! Il avait complètement oublié d’enlever son manteau d’amiral. C’est vrai qu’il ne faisait pas très discret avec son manteau de la marine américaine. Alors que l’un des gardes s’approchait de lui en sortant son épée, Frost prit les devants.

-ILS VOLENT NOTRE RHUM !

Il lança une bouteille sur l’un d’entre eux, qui se retourna en mettant un coup de coude à quelqu’un, qui voulu répliquer en mettant un coup de poing à son agresseur. Mais il se rata lamentablement et infligea un coup à un autre client de l’auberge. Cette série de coup déclencha une bagarre générale dans l’auberge, entraînant quelques uns des gardes. Profitant de la confusion, North se mit à courir, mais quatre gardes le poursuivirent. Il tenta de passer dans les ruelles, mais les gardes ne le lâchaient pas d’une semelle. Il arriva rapidement dans une impasse et les gardes lui bouchaient toute sortie. Les quatre hommes avançaient vers lui tranquillement.

-Teague North…

Il cherchait une sortie, en vain.

-Excusez-moi, je suis pressé.

Il tenta de passer entre eux, mais ils le lancèrent contre le mur et le ruèrent de coups. Soudain, trois d’entre eux tombèrent en criant. Lorsque le troisième se retourna, Simon lui tomba dessus. Il s’était laissé tomber depuis le court toit et lui avait ouvert le crâne d’un coup de botte. Il tendit le bras vers Teague.

-Capitaine.

North se laissa volontiers aider. Il avait la lèvre et le nez en sang et ne sentait plus son bras gauche. L’un des cadavres laissa pousser un son agonisant, puis plus rien.

-Hm. On dirait que j’ai raté mon tir…

Teague tapa amicalement son l’épaule. Logan avait apparemment gagné quelques soldats. C’était donc l’une des frégates qui les accompagnait. Et ces abrutis étaient assez stupides pour accepter de venir ici. Ce salopard devait être mis hors d’état de nuire, et vite.


Le lendemain matin, Teague resta au lit. L’après midi, il prépara ses nouvelles recrues, et le soir, il retourna à la Tortue Tueuse. La table était toujours là, et Adewale l’attendait. Frost arriva quelques minutes plus tard et s’assit, une fois encore, au fond.

-Une bière pour l’anglais ?

Simon fit la grimace.

-Vous… vous n’auriez pas du… du thé ?

L’auberge entière éclata de rire. Un homme s’approcha.

-Du thé ? On a que du bon alcool ici.

Comme pour confirmer ses dires, il prit une bouteille de rhum et la versa sur la tête de Simon, qui ne bougea pas d’un cheveu. Lorsque son assaillant se retourna pour avoir l’approbation du reste du public, Frost se jeta sur lui, lui fit une clef de bras pour le retourner et l’écraser contre la table. Sans aucun effort, il le maintenait sous sa domination. Il eu un petit rire devant la tête affolement silencieuse des spectateurs.
-Je crois…

Il laissa un petit temps dramatique.

-Je crois que tu n’aurais pas du faire ça.

Il tira un peu sur le bras de l’homme qui poussa un cri de douleur.

-Tu vois, ici… dans cette situation, je veux dire… Je pourrais t’arracher le bras. J’ai juste à tirer un peu comme cela…

Il tira encore un peu sur le bras pour faire crier l’homme qui le supplia.

-Non, NON !
-Bon… Je peux avoir mon thé, maintenant ?

Le tavernier répliqua, affolé.

-On… on a pas de thé, on vous jure !
-Ce n’est pas bien grave, ce brave gaillard va aller m’en chercher, n’est-ce pas ?

L’homme ne semblait pas tout à fait d’accord.

-Va te faire foutre !
-Ah ah a, a, aaaa…

Il tira encore sur le bras, laissant crier l’homme. La Tortue Tueuse était plus silencieuse que jamais. Amusé par ce spectacle, Teague se pencha vers l’homme avec un sourire moqueur alors que Simon tirait encore un peu.

-Je pense…

Il laissa, lui aussi, un petit temps dramatique. Il est vrai que ça laissait un vrai genre.

-…que tu devrais aller chercher son thé.

L’homme acquiesça avec affolement. Frost relâcha prise.

-Bien… du thé noir, je te prie.
-Ou... oui !

L’homme se mit à courir dehors pour chercher du thé. Simon se tourna vers le tavernier.

-Je peux avoir de l’eau chaude ? Un thé ne se mâche pas…

Le tavernier couru chercher de l’eau. Teague posa la main sur l’épaule de Frost.

-Bienvenue sur le Red Wings, sans aucun problème.

Frost acquiesça et se rassit, attendant son thé et son eau chaude, pendant que l'ambiance revenait doucement dans la taverne. Teague s’assit lui aussi et s’alluma un cigare. Aouan semblait consterné.

-Qu’est-ce qu'il y a ?

Adewale regarda frénétiquement autour de lui.

-J’aime pas ça, Teague. Ce mec arrive avec ses grands sabots, et on se tape, juste après son arrivée, des soldats à la solde de Log…
- Calme-toi, bon dieu ! C’est lui qui m’a sauvé de ces soldats justement, où étais-tu, toi ?
-Je…

Il ne savait pas quoi dire. C’est vrai qu’il avait plus ou moins fuit. C’était une chose qu’il détestait, mais il avait fui.

-Comment va ton bras ?
-Mieux, merci. Je ne te soupçonne pas, bien évidemment. Je dis juste que tu te fais du souci pour rien.
-Je ne suis pas convaincu.
-Laisse-lui une chance…

Il tira sur son cigare. Un homme entra.

-Oh…

Cet homme dégageait un coté persan. De sa façon de marcher à sa façon de s’habiller. On le remarquait surtout à son long yatagan tout à fait impressionnant. Les trois pistolets indiquaient à Teague que ce pirate était digne de confiance. A bien y réfléchir, il était déjà là hier. Teague l’avait vu du coin de l’œil en allant se coucher. Cet homme semblait avoir vu la pancarte de North car c’est lui qui engagea la conversation.

-Deux questions… C’est pour botter le train de qui ? et qu’est-ce qu’on y gagne ?

L’homme revint en courant.

-Voilà le thé !

Il alla poser un petit sachet sur la table de Frost qui l’en remercia. L’eau chaude arriva au même moment. Il commença l’infusion alors que North tirait longuement sur son cigare sans quitter les yeux du persan. Simon regardait les deux, intrigué par cette situation qu’il ne connaissait pas. Il ne comprenait pas deux hommes se fixant sans rien dire. Pouvoir juger l’autre juste en le regardant était une notion qui lui échappait. Après un long silence entre les deux hommes, Teague tira une dernière fois sur son cigare.

-On ne va botter le train de personne. Non... On va traquer une armada americaine, tuer le capitaine, écorcher ce sale bâtard et accrocher sa peau sur un mât en tant que drapeau.

Cette fois, le silence s’afficha dans toute l’auberge. Cette dernière avait comprit qu’on ne rigolait pas avec cet homme et ses partenaires. S’il disait une telle chose, c'est qu'il allait le faire. Il mit les pieds sur la table.

-Et bien sûr, une montagne d’or.

Ce mensonge déclencha le tic parmi deux hommes qui allèrent s’adresser discrètement à Aouan pour s’inscrire. Teague fixait l’homme avec un sourire carnassier.

-C’est vrai qu’il nous faudrait un autre bâteau…

Il quitta les yeux de l’homme pour les diriger sur ses ongles, qu’il gratta d’un air innocent.

-…si seulement il y avait un pirate possédant un navire pour nous joindre. Ah vraiment…

Il repositionna ses yeux sur l’homme.

-…je ne sais pas où on va trouver ça.

On aurait pu entendre les mouches voler.
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Dim 2 Fév - 0:29
Le silence ne gênait pas Solal.
Il l'utilisait souvent, s'en jouait, se régalait avec.
Il était souvent les prémices d'une histoire fantastique, entre suspense et exaltation. Ou parfois le moyen le plus sur de se faire comprendre.
Et le calme dans le regard de son vis à vis lui montrait que ce capitaine était bien sur de lui, et surtout déterminé à faire ce qu'il avait prévu. Quoi qu'il se passe. Bien, ça voulait dire qu'il se s’enfuirait pas la queue entre les jambes avant de passer à l'attaque.
A moins de vouloir affronter la rancune tenace de ses potentiels alliés, mais bien qu'envisagée, Solal préférait ne pas penser à cette option. Pas tout de suite.
Il s'autorisa un petit sourire tout en ne le lâchant pas du regard, question de fierté, de cran. Comme deux animaux sauvages qui se jaugent, sans pour autant esquisser le moindre mouvement.
Les deux compères du blondinet n'existaient pas dans son monde.
Les secondes s'égrainèrent comme au ralenti avant que le perse ait sa réponse. Et quelle réponse !
Le pirate haussa un sourcil à l'énonciation de l'armada avant qu'un rictus carnassier n'apparaisse sur ses lèvres. Ça devrait plaire à son propre capitaine, ça, c'était certain...
Trappen n'avait pas énormément d'ennemis connus, mais certains bien coriaces, et si ce n'était pas uniquement un de ceux là, il était sur que ça ferait bouillir un de ses vieux "amis" américains. De quoi raviver les flammes d'une relation et mettre encore un peu plus d'animation sur le Souffle Gris!

-Et bien sûr, une montagne d’or.

"- Evidemment ! "

Cette fois, Solal ne put s'empêcher d'éclater d'un rire sonore. Pas dupe pour un sou.
Une montagne peut-être pas, mais il y avait toujours moyen de casser la croute lors d'un abordage. Il hocha la tête pensivement, sourire insolent au bord des lèvres, aux propos du blond avant de prendre la parole en se levant souplement.

"- Qui sait ? ....".

Le persan s'était retourné, accrochant le regard du capitaine du Souffle Gris, sans douter un seul instant de la décision de celui-ci. La sienne était déjà prise, pas par vengeance ... même si les américains leur avaient parfois posé de sacrés soucis mais pour s'amuser. Vraiment s'amuser. Dans le sang et les claquements de voiles, les cris et les récits que ça engendrerait, quoi qu'il se passe.
Pour l'aventure, tout simplement, et la lueur dangereuse qui flottait dans le regard sinistre du capitaine Trappen n'était qu'un écho de ce qui brulait dans les veines de son second.
Ils étaient sur la même longueur d'onde.
Discrètement, mais sans pour autant le cacher complètement, il y avait eu un léger signe au travers des mains de Solal, et le hochement de son capitaine lui confirma que le Souffle Gris suivrait son envie d'encore plus d'adrénaline.

On aurait pu se demander une seconde qui des deux influait sur l'autre, qui était véritablement à la tête du Souffle Gris. Mais c'était un peu plus compliqué qu'une relation de simples subordonnés, et les deux pirates en jouaient justement, ne donnant au final qu'une aura sombre en réponse à ce qui se passait sur le navire. Cela resterait dans la brume... Tout ce qui comptait fut la réponse que donna Solal au capitaine du Red Wings, tandis que s'élevait une clameur du fond de la table où siégeait une partie de l'équipage du navire volant.

" - On va bouffer du Ricains les gars !"

Si son second pouvait être intarissable, Kris Trappen n'était pas un causant, préférant l'efficacité au blabla, laissant les négociations et leurs conclusions parfois amères et au gout d'acier à Solal.
Il n'ouvrait la bouche que pour donner des directives, et l'ordre, suivi d'un cri enthousiaste des forbans qui l'entouraient lui tira un sourire sadique. On venait lui offrir une vengeance détournée sur un plateau.

Le persan, lui, à présent revenu en face du capitaine blond, se servant copieusement dans la bouteille de rhum posée sur la table.

"- On marche , Capitaine... ? " Il laissa quelques secondes de suspension, histoire de mettre un nom sur ce regard chargé de rancœur et de menaces pour l'armada. " Comptez le Souffle Gris parmi vos alliés ! On se chargera d'être la surprise venue d'en haut."
Son sourire était étrange, mélange de réelle sincérité et d'un quelque chose de plus sombre, sorti tout droit des ombres de Tortuga.
Ils étaient peut-être aussi parmi les pires, appâtés non par le gain, mais par cette soif de sang et cette envie de tout faire basculer. Pour le chaos.

"- Quand et où ? "
Une fois ses questions presque superficielles réglées, il ne se resterait plus que l'heure de faire tonner les canons. En espérant que d'autres se joindraient peut-être à eux, pour faire face à ces fieffés colons déguisés en pseudo roi des mers.
Elles n'appartenaient à personne, sauvages et mère des pirates de tout horizons. Ils allaient le regretter amèrement.


~

Deux jours plus tard, la brise encore chargée de la fraicheur de la nuit gonflait les voiles du Souffle Gris, les machines prenant peu à peu leur rythme de croisière sous l'impulsion du moteur principal. Le bâtiment sombre s'éleva dans les airs dans un gerbe d'eau qui trempa complètement le ponton d'amarrage.
Direction le point de rendez-vous prévu avec le Red Wings.


Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 2 Fév - 11:32
-Hahaha, that’s the attitude !

Teague serra la main du Persan, apparemment dénommé Solal. Bien qu’il ne fût pas le capitaine du navire qui les accompagnait, c’était à lui que Teague aimait s’adresser. Le capitaine ne lui inspirait pas bonheur. Le Souffle Gris était un navire volant, ce qui pouvait donner un sacré avantage lors de la bataille. Le Red Wings était un navire volant, lui aussi, mais il n’avait pas décollé depuis des mois, et les moteurs étaient complètement rouillés. North l’utilisait donc comme un navire tout ce qu’il y a de plus normal. Il tendit à Solal un papier sur lequel était noté les coordonnées. Ils allaient se retrouver là-bas dans deux jours.
Le lendemain matin, Teague se sentait prêt à partir. Les coordonnées qu’il avait indiqué à Solal correspondaient à l’endroit exact où ils avaient été bloqués par cette armada. Deux autres navires les avaient rejoints, des brigs, excellent pour prendre l’ennemi à revers et faire un joli trou dans la coque. Dès que les gens entendent le mot « or », ils ne savent plus quoi faire.
Alors qu’il s’apprêtait à faire partir son navire, Teague prit, par habitude, sa longue vue pour observer un peu les environs. Il failli s’étouffer sur ce qu’il vit. Quatre frégates faisaient barrage à la sortie du mince port de Tortuga Est. Le port en lui-même était certes, de taille, mais il était caché au fond d’un profond estuaire. North se frappa le front. Pourquoi s’amarrait-il toujours ici ? Solal ! Il allait partir ! Il fallait le prévenir.


-Rangez toutes les voiles, on ne part pas, les gars !

Il sauta par-dessus bord et atterrit sur le sol en faisant une roulade plus ou moins convaincante, puis se mit à courir. Il renversa un homme sur le chemin, il s’excusa sans s’arrêter, tout en courant en direction de l’endroit où Solal était sensé être posté. Il arriva à l’endroit prévu. Personne. Il regarda autour de lui de manière frénétique. Quel idiot ! Solal était de l’autre coté de la ville. Il se remit à courir. Dix minutes plus tard, ayant couru comme jamais, il arriva devant le navire qui s’apprêtait effectivement à partir. Il cria le plus fort possible pour se faire entendre de là-haut.

-HEY ! SOLAL !

Il répéta ce nom cinq bonne fois, en s’égosillant la gorge.
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 3 Fév - 15:25
Alors que le reste de l'équipage avaient fêté leur départ à grand renforts de fûts de bières et de rhum, jusqu'à s'effondrer la bave aux lèvres, Solal s'était glissé à la vigie du Souffle Gris après avoir fait le tour ... pour la troisième fois, des machineries du navire.
Il ne tenait pas en place, excité comme un gosse à l'approche de Noël. Fixant le noir horizon, il expirait et s'exhortait au calme alors que sous sa peau, il ressentait toujours ces frissons d'adrénaline à venir.
Un sourire aux lèvres, il repensait aux conversations avec le capitaine du Red Wings. Ce dernier ne leur avait certainement pas tout dit, mais après tout les surprises faisaient partie de l'aventure non ? une expédition punitive réglée comme du papier à musique, sans une seule donnée inconnue n'était pas vraiment du goût du pirate, préférant les imprévus même si les conséquences pouvaient être... désastreuses.

Mais Solal avait confiance. En son équipage, en son navire et en lui-même. Peut-être un peu trop, mais tant pis. Et s'il était dit qu'ils finiraient par le fond aujourd'hui, et bien soit... mais ils termineraient leur périple avec panache et graveraient les mémoires.
Les yeux perdus dans l'immensité nuageuse qu'il chérissait, le persan s'imaginait déjà les récits, et finit par s'endormir, bercé par le bruit du vent dans les voiles.

Le lendemain, tout le monde était à son poste, plus ou moins frais mais les yeux en face des trous et motivé pour en découdre avec les américains. Armes et machines huilées, stock et carburants bien remplis.
Un chant s'élevait même sur le pont, comme pour insuffler leur soif de sang aux voiles sombres du Souffle Gris, mais un cri retentit soudain, attirant l'attention de la vigie.
D'un sifflement, elle attira à son tour l'œil de Solal sur la petite forme qui leur faisait de grands signes du ponton qu'ils venaient de quitter.
Courant jusqu'à la poupe du bâtiment, il se pencha et haussa un sourcil en reconnaissant le capitaine Teague. Que se passait-il pour qu'il ne soit pas au point de rendez-vous ??

"- Arrêtez les machines ! Marche arrière ! "
Son ordre, tomba d'abord comme un flan mal cuit, l'équipage n'en comprenant pas la raison, mais devant la répétition impérieuse et le regard chargé de mauvaises promesses, ils s'exécutèrent.
L'arrêt brutal provoqua un long cri, sinistre, venant du cœur du navire, reflet de la technologique qui le parcourait de part en part.
Solal, lui avait reporté son attention sur la silhouette du blondinet, et était monté en équilibre sur le bastingage, une corde enroulée autour de son poignet, par sécurité.
Il cria à son tour.

"- Bah alors Capt'ain, qu'est-ce qui se passe ? On se débine une fois l'heure arrivée ? "

Il ne connaissait pas beaucoup le capitaine du Red Wings, mais avait bien sympathisé avec lui ; et même s'il imaginait bien que celui-ci n'était pas le genre d'homme à reculer comme un chien galeux, Solal ne pouvait s'empêcher de le taquiner, le provoquer un peu.
Curieux, il lui lança quand même une des cordes à nœud disponible.
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Mar 11 Fév - 19:43
Teague grimpa à l’aide de la corde. Il peina un peu, mais une fois en haut, il fut tiré par Solal, qui le mit debout.

-La ferme, l’ami. Non, non, c’est bien plus sérieux que ça. On a quatre frégate en position de puissance qui nous, ou plutôt m’attendent à la sortie du port. Aucun moyen pour que le Red Wings puisse passer sans y laisser des plumes.

A cette annonce, comprenant que la chasse ne commencerait pas tout de suite, plusieurs pirates du Souffle Gris grognèrent et poussèrent un râle d’énervement. Teague regarda Solal, et avant même que celui-ci puisse s’exprimer, North reprit.

-Le Souffle Gris pourrait essayer de mater les frégates, mais à quatre contre un, il est très probable que le vent en soit coupé.

Une fois de plus, les marins ralèrent.

Pendant ce temps, Frost, qui avait suivi North pour savoir ce que celui-ci avait en tête pour courir ainsi, attendait au sol, regardant le Souffle Gris, qui flottait paisiblement. Il hésitait à grimper là-haut. Teague devait être monté depuis déjà cinq bonnes minutes. Et si il avait besoin d’aide ? Il n’était pas vraiment le meilleur orateur du monde après tout. Simon attrapa la corde et commença à grimper. Très rapidement, il arriva en haut. Il jeta un coup d’œil sur le pont, personne ne semblait l’avoir remarqué et tous semblait être plongés dans leur pensée. Il se hissa.


-Qu’est-ce qui se passe au juste ?

Tout le monde sorti un pistolet, qu’ils pointèrent vers lui. Machinalement, il leva les bras en l’air.
A sa vue, Teague fut soulagé.


-Damn mate ! Qu’est-ce qui te prends de nous faire des coups pareils ?!

Après de plates excuses, North expliqua le problème à Frost, qui écouta longuement avant de, lui aussi, partir dans des pensées profondes. C’était effectivement une position difficile. Même si le Souffle Gris pouvait en distraire un, peut-être deux, jamais les trois navires ne pourraient passer au travers de ce filet de l’enfer.
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 17 Fév - 13:15
Ils auraient pu le faire monter par le système de poulies qui leur permettait d'attendre le pont rapidement, mais entendre le capitaine blond s'escrimer à monter le long de la corde amusait beaucoup Solal et c'était en quelque sorte une preuve que celui-ci n'était pas une chique-molle.
Pas ingrat pour autant, il l'aida à monter à bord, en riant légèrement, entourés des pirates intrigués par ce qu'il se passait, bientôt rejoint par le capitaine Trappen.
Aux premiers mots de North, Solal ouvrit la bouche pour répliquer. Plusieurs frégates étaient certes un challenge de taille, mais l'équipage du Souffle Gris n'était pas du genre à reculer.
Les pirates râlaient. On leur avait promis du sang, et voilà qu'on leur demandait d'attendre...

Mais les protestations se turent quand leur capitaine s'avança, toujours ces cliquetis sonnant sombrement à chaque pas. Il plongea ses prunelles d'obsidienne dans celle du capitaine du Red Wings. Malgré la relative bonne entente des deux équipages, on ne pouvait pas se tromper sur ces deux-là. C'était une lutte silencieuse de territoire, sous les mots et les sourires.
Kris Trappen avait confiance en son second, et c'était sur cela que tenait l'alliance, principalement. S'il estimait que ce capitaine en valait la peine...


"- Qu'est-ce que vous proposez ?"


La question n'était pas entièrement dirigée vers Teague North, plutôt ouverte à toutes les propositions. Silencieux depuis quelques minutes, Solal réfléchissait à la meilleure manière de retourner la situation, et alors qu'il ouvrait la bouche, une autre voix se fit entendre. Encore ! Bon sang, mais on allait le laisser parler oui ou non !?

Inconnue dans l'équation qui déclencha un mouvement collectif de la part de l'équipage, mettant en joue l'intrus.
Il ne faut jamais tourner le dos à un ennemi, mais surprendre une bande de pirate n'était pas non plus la chose la plus intelligente à faire. Surtout face à des pirates impatients... Mais l'homme semblait être un allié. Mais que faisait-il ici à jouer les chaperonnes ?

-Damn mate ! Qu’est-ce qui te prends de nous faire des coups pareils ?!

Une fois les explications de Teague finies, Solal s'avança entre les deux capitaines, les regardant à tour de rôle avant de prendre la parole.

"- On n'a pas bien le choix... Si l'on veut attaquer maintenant, il faut créer un effet de surprise et que le Red Wings les attaque en même temps. Pas de coordination et on finit par le fond. Soit on attend la nuit. "
Sur ces derniers mots, quelques pirates grommelèrent que c'était une manière de laisser tomber, mais le persan se retourna, menace silencieuse leur promettant une vengeance amère : ils savaient pourtant que Solal n'était pas le genre d'homme à reculer au moindre ennui.
Il fit une légère pause, laissant aux capitaines le temps d'y réfléchir, tout en demandant au navigateur, Lucian, d'apporter la carte de l'île.

"- North, où sont les brigs alliés? avec toi ou amarrés ailleurs ? On pourrait les pendre en épingle"

Ils pouvaient leur être utiles malgré le risque, à compter bien entendu qu'ils ne se soient pas fait la malle entre temps. Du doigt, il indiquait des passages latéraux pour atteindre le canal principal de Tortuga.

"- De toute façon, tu ne vas pas rester éternellement planqué dans ce trou à rat, et les frégates attaqueront les pavillons noirs... "
Le second avait prononcé ces mots comme perdu dans ses pensées, avant de hausser les épaules. Quoi qu'il en soit, ils ne pourraient pas attendre gentiment que les corsaires se lassent, et c'était prendre le risque grandissant de se retrouver seul face à eux, à force d'attendre. Aussi idiot soit ce raisonnement... Mais la raison et les pirates n'allaient pas forcément de paires...
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Dim 2 Mar - 1:15
Teague acquiesça. C’était une idée. Cependant, il faudrait vraiment avoir de gros navires pour couler les deux monstres sans causalités.
Frost se frappa le front.


-Mais c’est bien sûr !

Il couru chercher une carte de la ville. Il revint trois minutes plus tard et la déplia sur un tonneau, rassemblant Teague, Solal et Trappen.

-On pourrait faire un brûlot.
-Un brûlot ?
-Oui, une sorte de bateau infiltré. Si je ne me trompe pas, ces gars-là n’iraient pas couler les navires civils. Donc… si on se trouve un petit sloop, qu’on le rempli de poudre et qu’on le déguise en civil…
-On pourrait se cacher dedans ? Tel Ulysse dans les moutons !
-Non. Ce serait stupide.
-Oh…
-On pourrait essayer de le faire exploser sur un de ces navires. De cette manière, on pourrait couler un des navires en un coup bien placé. Puis, les deux brigs entrerons en scène pour prendre l'un des autres navires en sandwich. Cela ferait deux navires coulés. Au même moment, le Souffle Gris devrait pouvoir arriver vers le haut pour s'occuper des deux autres, alors que le Red Wings les frappera de plein fouet.

Un long silence prit place sur le Souffle Gris. Les marins semblaient être de réaliser le plan dans leur tête.

-Ce n’est pas une mauvaise idée… En fait, c’est même une excellente idée ! Il suffit de nous trouver un navire civil, et d’être un peu rapides ! Qu’en dites-vous ?
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Lun 10 Mar - 1:54
Finalement, ce buveur de thé - vu son accent- était loin d'être un idiot.
Trappen et Solal échangèrent un regard, le nouveau plan proposé avait l'avantage d'assurer à la fois des dégâts et de leur éviter d'avoir leur mât brisé à la première salve. Ils étaient à prendre des risques mais si une telle manœuvre pouvait les réduire... L'équipage du Souffle Gris était plutôt connu pour être du genre à foncer dans le tas, parfois à leur dépens mais en général guidé par les deux têtes pensantes du navire.
Il y eu quelques secondes de réflexion avant que le Capitaine du bâtiment noir ne hoche la tête.

- Ok ça marche. Solal vous aidera pour le leurre, et nous leur tomberont dessus dès qu'il reviendra.

Le temps de contourner légèrement les falaises pour se retrouver en travers de la route des Américains, leurs alliés auraient été capable d'envoyer au moins un navire par le fond. Du moins, si tout se passait comme prévu, mais ça, le persan ne voulait pas y penser... A son sens, ils avaient déjà perdu assez de temps à bavasser comme des bonnes femmes, au risque de ne pouvoir surprendre les frégates et se retrouver tout connement en face de leur canons. Se faire tirer comme des lapins n'était pas franchement dans les plans du second.

" - Très bien... on devrait pouvoir en trouver un vers le marché. " Avec ce qu'il faudrait pour le faire sauter.
Sur ces mots, Solal rajusta le long sabre courbé à sa taille avant de se saisir d'une corde et de faire signe aux hommes du Red Wings de le suivre. Il s'élança dans le vide mais ralentit d'un pied contre la coque du navire et le système de poulie fit le reste, pour qu'il puisse sauter souplement sur le ponton quelques mètres au dessous.
La corde remonta par le système mécanique, permettant à Teague et Frost de remettre les pieds sur le plancher des vaches.

"- Je connais quelqu'un qui pourra nous fournir ce dont on a besoin... qu'il le veuille ou non". Il avait murmuré les derniers mots pour lui-même, un sourire aux lèvres.
Le marché noir était ce qui faisait tourner Tortuga ; sans ça, l'île était condamnée et tout ce petit monde faisait en sorte de ranger les couteaux le temps de transactions plus ou moins importantes.
L'homme en question, Norbert Brossard, était un petit roublard à lunettes crasseuses ; un français qui avait arrêté de naviguer pour se lancer dans le "commerce" aux côtés de son frère jumeau, Hubert.
Il avait une dette envers Solal et ce dernier comptait bien lui faire cracher son service rendu avec une effroyable efficacité.
Le persan guida les pirates au travers du marché qui battait son plein à côté du port, passant sans mal entre les badauds pas si innocents que ça puisqu'il dû tordre un poignet pour éviter de se faire détrousser. Le regard que le second jeta au jeune voleur le fit déguerpir en espérant que ses deux acolytes d'aventures suivent le mouvement. Mais tous les trois étaient facilement identifiables et arrivèrent devant l'étal des frères Brossard.

" - Solal Yarhi ... Qu'est-ce que tu veux ? "
" - Je vois que tu te souviens très bien de moi, Norbert... Tu n'as certainement pas oublié le petit service que tu me dois. "
Là-dessus, le bras-droit de Trappen avait passé un de ses bras au dessus des épaules du commerçant véreux, un sourire carnassier au bout des lèvres. Sourire entendu et regard d'acier qui ne supportaient aucun "non". Sa poigne serra l'épaule du petit homme jusqu'à en avoir les jointures blanches et le reste de la discussion se perdit entre l'oreille de Norbert Brossard et le reste de la foule.

Le pirate finit par taper dans le dos du commerçant, comme s'il venait de conclure l'affaire du siècle. En quelque sorte.
" - Je t'avais bien dit que tu faisais une très bonne affaire, merci ! "
L'homme semblait mal à l'aise, presque pale mais hocha la tête avec un sourire forcé, avant de repartir bougonner rageusement, une fois que Solal se fut éloigné de quelques pas.

" - On a notre leurre, il est amarré dans le port et on trouvera certainement la poudre dans le coin. 'Restes plus qu'à prévenir les autres, vous devriez peut-être envoyer quelqu'un dès maintenant"

Il n'était pas un expert en techniques militaires, mais le persan savait l'effet de surprise et l'enchainement indispensable à leur réussite. Sinon eh bien... Non, ce n'était pas envisageable.
Une fois les barils de poudres volés discrètement - pourquoi aller se servir dans son propre stock quand celui des autres était à portée de main ou presque ? - même s'ils avaient dû assommer une mégère sur son pas de porte, Solal les disposa habilement dans le brick.

"- Faites tout péter, je vous sauverais le cul d'en haut. "

Remontant son foulard sur le bas de son visage, il adressa un sourire moqueur à ses complices, avant de se dépêcher de disparaître pour rejoindre les voiles noires de son équipage.

~

Quelques minutes plus tard, une déflagration retentit, une clameur sauvage s'éleva emportée par le vent.
Le chaos se déchainait.

Spoiler:
 
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Mar 11 Mar - 0:36
-Décidément, cet homme est plein de surprise
-Un peu trop à mon goût…
-Tu ne vas pas t’y mettre, quand même ?

Teague et Frost se dirigeaient vers la location qu’on leur avait indiquée. Le navire était un petit sloop de marchand, tout irait bien s’ils l’utilisaient comme convenu. Pas chance, le Red Wings était amarré non loin et il ne fallut pas longtemps pour aller chercher Adewale et quelques marins pour les aider à armer le petit navire. Ils achetèrent de la poudre à un marchand qui leur donna la clé pour accéder à l’entrepôt où tout était stocké. Mais au moment où il allait enfoncer la clef dans la serrure de la porte, l’un des voleurs que Solal avait réprimandé le bouscula, volant ainsi la clef. Teague ne perdit pas une seconde et s’élança à sa poursuite. Le bougre courait bien plus vite que North et ce dernier fut rapidement à court de souffle. Il bouscula une femme mais ne prit pas le temps de s’excuser.

-Hey ! La politesse ?!
-Piss Off lady ! Don’t have time for that !

Il se remit à courir. Il avait perdu son homme. Il donna un coup de pied sur une pierre qui vola un peu plus loin. Il se sentait frustré. Cette poudre lui avait coûté une fortune. Soudain, il senti son ventre se tordre. Sa vision se troubla, une sorte de distorsion lui broya les yeux et il se retrouva soudain dans les airs, à tomber à toute vitesse. Il se mit à crier comme il n’avait jamais crié. Mais qu’est-ce qui se passait ?! Il se trouvait facilement à plusieurs dizaines de mètres du sol ! Il se tordit dans tous les sens et commença à paniquer. Le sol s’approchait à vive allure, et avec lui, la mort assurée. Soudain, les douleurs reprirent. Le ventre, puis les yeux. Mais cette fois, il se retrouva dans l’eau. Il paniquait de plus en plus. D’abord dans les airs, maintenant dans l’océan ? Jusqu’où est-ce que ça allait aller ensuite ? Dans les étoiles ? Il commença à manquer d’air et poussa pour remonter à la surface. Il n’allait pas y arriver. A nouveau, les douleurs reprirent. L’estomac, la vue… Il atterrit sur son voleur, dans un petit appartement. Teague touchait enfin la terre ferme. Il fit quelques pas à quatre pattes et vomit. C’était trop pour lui. Il s’effondra, pour respirer un bon coup, avant de se relever avec difficulté. Il était trempé et son manteau pesait lourd sur ses épaules. Il se tourna vers le jeune voleur. Il était au sol, sans vie, une coulée de sang sur sa tempe. Il avait du se prendre quelque chose… Teague tombant sur lui, peut-être ? Ce dernier ramassa la clef sur le cadavre de l’homme et s’en retourna au sloop.

Aouan le vit arriver trempé et fit les gros yeux.


-Mais… Qu’est-ce qui t’es arrivé ? Tu l’a poursuivi dans une fontaine ou quoi ?

North s’arrêta et le regarda horrifié. Il lui tendit la clef.

-J’ai retrouvé la clé…

Ils ouvrirent l’entrepôt. Vingt tonneaux de poudre, comme prévu. Connaissant la taille du navire, on allait difficilement pouvoir caser plus. Ils chargèrent le navire.

-Teague.
-Adewale.
-Qu’est-ce qui s’est passé ?

North regarda son camarade, d’un rare air sérieux.

-Tu ne pourrais pas le croire.
-Teague, tu sais que je te croirai jusqu’au bout.
-Pas cette fois…

Sans même écouter la réponse d’Aouan il donna les ordres.

-Harris, Chris ! Prévenez les brigs de se préparer et de foncer dès qu’ils entendront le début de la bataille ! Les autres… Let’s punch this shit.

La première manœuvre consistait à mener le brûlot jusqu’au navire adverse pour le fracasser contre celui-ci. Frost se porta volontaire pour se risquer dans le sloop. Il fallait juste tenir la barre pour empêcher le navire de dévier. Toutes les voiles étaient sorties et le petit navire filait comme le vent et Simon avait un peu de mal à garder le contrôle du navire. North lui avait donné les indications primaires pour tenir sa barre, mais Frost n’était clairement pas marin. Il approcha des frégates, mais ces dernières ne réagirent pas à son approche, le plan marchait ! Lorsqu’il se sentit assez proche, il sauta à l’eau et commença à nager en arrière, laissant le sloop s’écraser contre la coque de son ennemi. Au moment de l’impact, il plongea la tête sous l’eau pour se cacher de l’explosion, mais rien ne se passa. Quelque chose n’allait pas. Le navire n’avait pas explosé ! Le Red Wings arrivait, comme prévu. Si le sloop n’explosait pas, tout était perdu.

North sentait que quelque chose n’allait pas. Aucune explosion signifiait aucune victoire. Il prit sa longue vue et observa la scène. Le sloop était planté dans la coque de l’un des navires ennemis mais n’avait pas explosé et les frégates commençaient à s’agiter. Il remarqua Frost nager dans leur direction et comprit qu’il fallait faire sauter ce sloop. Les tonneaux de poudres dépassaient bien du navire et il prit l’initiative. S’emparant d’un fusil à lunette, il visa le sloop. Il s’agenouilla pour soutenir son tir. Il respira longuement pendant plusieurs secondes, maîtrisant chaque souffle, mesurant la distance à l’œil, puis à la lunette. Il prit une grande inspiration et bloqua son souffle. On raconte que lorsque la concentration est totale, on peut avoir l’impression que le temps se rallonge, se ralentit, se stoppe. C’est cette impression là que Teague avait. Il savait ce qui était en jeu et il savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur. Il tira.

L’explosion fut détonante. La frégate explosa et le sloop se volatilisa. Vingt tonneaux de poudres n’étaient pas rien. Les deux brigs apparurent rapidement, se concentrant sur un seul navire, pendant que le Red Wings occupait les deux autres. Soudain, le Souffle Gris passa au dessus du Red Wings, comme pour impressionner ce dernier. Lorsqu’il fit feu, sa puissance ne fut pas démentie. Le navire adverse perdit un mat en une salve. Teague était impressionné. Il avait toujours été contre les navires volants, mais la puissance de feu de celui-ci lui faisait douter de ses affirmations. Il s’agissait maintenant de se concentrer sur le dernier navire. Ce ne fut pas très compliqué, car la frégate restante était peut-être la plus petite. La navigation de cette dernière était coupée par les récifs et par le Red Wings lui-même. Trois salves suffirent à démanteler le navire ennemi. L’abordage fut sans précédent.


-Je veux le capitaine de ce rafiot vivant !

Les hommes se jetèrent sur l’ennemi, qui se fit massacrer en quelques minutes seulement. Le capitaine s’était retranché dans sa cabine. Il s’apprêtait à se tirer une balle dans la bouche, mais ne put pas le faire. Il était jeune et il ne semblait pas disposer du courage nécessaire pour accomplir un tel acte. Lorsqu’il vit Teague il tomba de sa chaise.

-Sharpeye, ne me tue pas, je t’en supplie !

North pointa son pistolet vers lui.

-Alors parle. Où se trouve Logan ?
-Je ne sais pas ! Il avait juste parlé d’un poste à l’Est !

Le Capitaine se tourna vers Aouan.

-On devrait le mettre aux fers. Je n’aime pas ça. Et s’il mentait ?

Entendant ça, le capitaine reprit son pistolet et le mit dans sa bouche. Teague se jeta sur lui pour l’en empêcher, mais il ne réussi qu’à faire peur à son ennemi, qui appuya sur la détente.

-Merde…

Il regarda autour de lui. Il n’avait jamais vu une cabine aussi bien rangée. Il fit signe à ses hommes de prendre tout ce qui était intéressant puis de faire sauter le navire. Il n’y avait plus rien à faire ici. Il sorti sur le pont, le Souffle Gris terminait son affaire.
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Ven 14 Mar - 23:44
Si Solal n'était pas aussi connu que son Capitaine sur Tortuga - le pirate n'y tenait d'ailleurs pas du tout, il avait mené quelques affaires qui lui avait valu certains passe-droits et des contacts à faire chanter. Ce qui facilitait les choses pour revendre les butins et faire blanchir l'argent "durement gagné ", si besoin.
Norbert et Hubert Brossard, les petits rondouillards en avaient fait parti, et le persan se ferait un plaisir de venir les asticoter une autre fois.

Mais pour le moment, il avait une affaire bien plus pressante, et laissa Teague et ses hommes se débrouiller avec l'embarcation, pas de première jeunesse mais efficace, surtout pour s'écraser sur une coque.
Explosion qui tarda d'ailleurs, au point d'en inquiéter légèrement le second, mais il n'ordonna pas pour autant au Souffle Gris de se jeter sur les frégates. Solal n'était idiot... Si l'équipage du Red Wings mettait trop de temps à effectuer la manœuvre du brûlot, ou s'il n'y avait pas d'écho au loin, le navire noir ne s'y risquerait pas.
C'était cruel, mais réaliste.

Mais quelques minutes plus tard, qui lui semblèrent une éternité, résonna dans l'atmosphère moite de Tortuga une telle déflagration qu'elle fit jusqu'à lever le nez du comptable à l'opposé du port, de son petit pécule volé. Le sourire de Solal revint éclairer son visage et d'un grand cri, il hurla aux pirates aériens de mettre le cap vers l'origine de tout ce boucan.
Les Briggs avaient été plus rapides, car plus proches de l'impact et ils alliaient leur vitesse à une adroite concordance entre eux.
Les moteurs ronronnant et pas encore à pleine vitesse, la voile noire du Souffle Gris apparut, sombre augure fonçant sur sa cible avec l'intention de la réduire en charpie. En passant au dessus du Red Wings, une clameur retentit comme pour saluer l'équipage plus bas.
Sur le pont, Solal coordonnait les tireurs et les canonniers, frémissant à l'approche de l'instant fatidique.

"TIREEEZ !"
Son ordre se noya dans un salve fracassante, la fumée envahissant la frégate ennemie dont le mât chuta dans un bruit d'atroce souffrance.
A la barre, Trappen souriait férocement. Les armes du Souffle Gris n'étaient pas rutilantes, mais diablement efficaces, et sa décision de remplacer les pièces, en ajouter deux fois plus d'autres pour augmenter leur puissance offensive il y a quelques années, payait encore une fois.
Le navire n'était pas aussi connu que certains, mais il était suicidaire de penser que les voiles noires n'étaient là que pour faire de l'esbroufe. Se plaçant de sorte à bloquer toute sortie vers le large, le Souffle Gris perdit un peu d'altitude au risque de se retrouver à porter de tirs, et dans une nuée sauvage, les américains furent abordés.
Les pirates s'étaient lancés dans les airs à l'aide des cordes à poulies tandis que le bateau martelait toujours la coque de l'ennemi. Ils atterrirent sur le pont fracassé et ce fut le chaos.
Ils étaient piégés, et se rendre n'était qu'une fuite en avant. Ils n'y aurait pas de survivants et le Capitaine mourut dans une gerbe de sang, les yeux exorbités par une peur qui lui voila le regard.
Avant de mourir, il cracha, comme pour se protéger :

"- Vous allez tous crevé... l'amiral vous réduira en miettes ! Il sait ... " Le reste se perdit dans un gargouillis sous la lame du second.

Les pirates du Souffle Gris avaient investi jusqu'aux cales les plus profondes, ramenant ce qui pouvait leur rapporter et avant d'enflammer la carcasse repeinte aux couleurs du carnage, Solal jeta un coup d'œil sur le Red Wings, qui en avait fini avec le dernier bâtiment, si on pouvait encore appelé la torche qu'il était devenu.

Remonté à bord, le persan se pencha au dessus du bastingage, saluant les hommes de North d'un geste, son écharpe donnant un effet étrange et à la fois loufoque à sa silhouette. Son sourire était visible, malgré une certaine impatience et une légère pointe d'inquiétude... les paroles du mort le travaillait un peu.

"- Y'aura surement un comité d'accueil mais... On continue sur cette lancée ?! "

Cela n'avait été qu'un amuse-bouche, presque trop simple, et les hommes de Trappen étaient encore avides d'adrénaline et de sang. De vrais sauvages aux de la bonne société... mais pour Solal, ce n'était qu'un... mal nécessaire. Dans une certaine mesure. Il ne cautionnait pas les massacres d'équipage, mais ne les blâmait pas pour autant considérant que c'était la réalité. La leur.
Et s'il y avait du pactole au bout... c'était mieux, beaucoup mieux.
Leur cible véritable n'était pas cette petite flotte devenue un amas de bois carbonisé, non... mais quelque chose de beaucoup plus fun.
Du ponton de Tortuga, on put apercevoir 4 bâtiments au sillage rouge sang.
La routine quoi !
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Ven 4 Avr - 1:03
Teague se tourna vers Solal.

-Bien sûr ! On va pas les laisser filer comme ça !

Il regarda le ciel.

-Hm… Il va bientôt faire nuit. Je connais une série d’îles non loin. On pourrait s’y poser. La forêt y est luxuriante et le petit village de pêcheur discret. Parfait pour se reposer.

North était un pirate classique. Il aimait faire la fête après les victoires, aussi minimes soient-elles.

-Voici les coordonnées. On reprendra la chasse demain !

Les îles étaient effectivement proches et les marins n’étaient même pas encore arrivés qu’ils sortaient déjà les bouteilles. Le village était effectivement minuscule. Il devait y avoir une dizaine de maison, pas plus. Les pirates du Red Wings installèrent des tentes tout en buvant et en chantant. Pour réfléchir, ils n’étaient pas nombreux, mais pour boire et faire la fête, on pouvait compter sur eux. Teague caressait son navire. Elle était en excellent état et était parée pour le combat. North alla s’installer plus en arrière du village et prit une bouteille pour boire. Le rhum était excellent. Il en proposa à Frost, mais celui-ci refusa cordialement.

-Où est le Souffle Gris ?
-Je ne sais pas. Ils se sont peut-être posés de l’autre coté ?

Aouan arriva et se greffa à la conversation.

-Avec un navire volant, c’est facile de se poser sur une île.
-Parfait ma foi. Rien ne presse.

Il prit trois grandes gorgées.

-Teague, je crois que je vais dormir sur le navire ce soir. Je n’aime pas trop la laisser toute seule pendant les fêtes.
-Oh, excellent idée ! Je crois que je vais faire de…

Simon le coupa doucement.

-Pourquoi s’embêter avec ça ? Aouan s’en occupe. Vas donc profiter un peu ! La journée de demain s’annonce comme une grosse journée.

A ces paroles, Teague esquissa un sourire et s’en alla errer dans le village, buvant de bon train. Il s’amusait, jouait avec les hommes aux dés, et avec les femmes tout court. Une petite cabane était au fond, habitée par une jolie demoiselle qui l’invita à la rejoindre. North accepta. Il aurait eu du mal à refuser, bourré comme il était. Après le jeu, il finit sa cinquième bouteille avant de s’endormir à poings fermés.

La porte fut défoncée par Frost qui déboula dans la pièce, réveillant Teague et sa nouvelle amie.


-Teague ! Teague ! Debout ! Ils nous ont trouvés !

Une énorme explosion se fit entendre.
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Sam 12 Avr - 0:50
Ses voiles noires gonflées par le vent, le son des propulseurs vrombissant, le Souffle Gris avait suivi le sillage du Red Wings, son ombre recouvrant parfois le pont du bateau pirate. Puis les équipages s'étaient séparés aux abords d'un ensemble d'îles, perdues au milieu de l'océan.
Sous les ordres de Solal, les hommes de Trappen, pressés de fêter leur victoire étaient partis compléter les cales de vivre et de tout ce qu'ils pouvaient rafler, concrètement sur leur passage.

Et l'instant d'ivresse était arrivé.
Comme probablement sur tous les ponts des navires alliés, le rhum avait coulé à flot, les chants paillards s'élevant comme un hymne religieux, hommage à leur seule déesse. La liberté.
Lucian s'était effondré en premier sur la table, un vague sourire idiot aux lèvres quand il avait tenté... de rejoindre son hamac, en discutaillant de mesures et de prévisions météorologiques avec les murs. Les rires et les blagues avaient fusé jusque tard dans la nuit, après le récit de Solal.
Ce soir, le persan était resté dans l'ambiance de la journée. Rouge Sang. Un éternel sourire aux lèvres, il s'était lancé dans le récit épique et légendaire, bien que très flou de la bataille qu'engageait celui que l'on nommerait plus tard le roi Scorpion, et de tous les trésors enfouis.

"-... On raconte qu'il se tenait là, immobile. Couvert de sang. Le soleil se levait et on ne distinguait qu'une silhouette sombre au milieu d'un champs des cadavres de ses ennemis..."

... Sa voix s'était faite rauque, mystérieuse, et joueuse en finissant on ne sait comment sur une histoire loufoque d'un pigeon - au sens propre- qui quittait tout pour une vie de liberté et de ripaille. Étrange. Mais pas sur que les hommes du Souffle Gris retiennent ce bout d'histoires pour enfants.

~
" Solal, Solal ! pousses-toi, c'est mon poste nom de Dieu ! "
Un grognement répondit au froncement de sourcils de la fine tête blonde dans les hauteurs des voiles du navire volant. Comme souvent, le persan s'était perché sur la vigie pour pioncer à la fraiche. Ce qui bien sur n'arrangeait pas les rumeurs de ce qui se passait là-haut, entre le Second et la Vigie.
Se relevant, appuyé sur un coude, Solal allait lui faire une blague quand une déflagration gigantesque retentit tout près. Il se releva prestement, chipant la longue vue de Cat' et ses prunelles s'agrandirent d'effroi quand il vit les voiles blanches trop près de leur encrage. Beaucoup trop près.

D'un bond, il sauta de la vigie, s'accrocha aux cordages pour descendre en vitesse sur le pont.
"- LEVEZ L'ANCRE !!" , son cri franchit ses lèvres avant même que ses pieds aient touché le sol.
Les pirates, pas tout à fait frais s'activèrent pourtant assez vite, l'urgence de ce genre de situations ancrées dans le sang. Lazaro beuglaient littéralement dans la salle des machines, pour que les moteurs, décidément bien trop longs à se mettre en route, propulsent l'air des voiles horizontales, permettant leur départ au dessus de la mer.

La silhouette sombre du Capitaine Trappen se découpait près de la barre, Solal lui avait expliqué ce qu'il se tramait au large, et le coup d'œil qu'il jeta dans la lunette le rendit de plus mauvaise humeur encire. Une grimace barrait son visage.

"-Capitaine, on pourra pas leur faire face, il faut prévenir les autres, vu leur nombre ils vont bientôt encercler les îles ! "
"-Non. "
Sur cette réponse sèche, le persan faillit s'étrangler, puis fronça les sourcils.
"- Trappen, on ne peut pas faire ça. Essayons au moins de les prévenir. Sinon, on se tire... "

Rares étaient les fois où les deux dirigeants du Souffle Gris n'étaient pas d'accord, si bien Solal avait baissé d'un ton en disant cela, bien qu'il soit légèrement menaçant, affrontant son supérieur du regard.
"- Je refuse de mettre mon équipage en danger pour ce blanc-bec, Yarhi ! Cette chasse est un échec et... " " - Capitaine. A bâbord."
La voix du persan était devenue blanche, alors qu'il s'était tourné dans la direction qu'il indiquait du doigt.
Les voiles à l'horizon leur bloquaient désormais toute retraite directe.
Les poings de Trappen se serrèrent, alors qu'il annonçait le contournement de l'île tandis que Solal s'activait avec les autres sur les cordages.

Bientôt, ils purent voir une fumée abondante s'élever d'une des plages aux alentours.
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Jeu 24 Avr - 2:07
Ambiance:
 


Teague eut à peine le temps d’enfiler ses bottes et de boucler son pantalon que Frost le tira de la cabane à toute vitesse. Les gens couraient de partout, pirates et habitants. Simon prit North par le bras et l’invita à courir, ce qu’il fit. Les maisons de pêcheurs recevaient des boulets de canons d’un peu partout et les façades volaient pendant que les flammes pleuvaient. Les morceaux de bois dansaient autour d’eux mais ils ne s’arrêtaient pas pour souffler. Le village n’était pas très grand, mais il paraissait immense lorsque chaque pas pouvait s’avérer mortel. Un boulet de canon s’explosa contre la maison à droite de Teague, Simon se jeta sur lui pour le plaquer à terre. De cette manière, ils évitèrent de peu la cheminée de pierre qui tomba à quelques centimètres du pied du capitaine. Frost le releva et se remit à courir. North trébucha et s’effondra sur le sol, mais Simon ne remarqua rien et continua à fuir. Le capitaine se releva et parti sur la gauche, alors que Frost était parti sur la droite. Séparés, ils continuaient à s’enfuir, pensant que l’autre n’était pas très loin devant ou derrière. Simon arriva très vite au port et aperçu les trois navires. L’un des deux brigs commençait déjà à lever les voiles. Il fonça sur le Red Wings. Adewale était prêt à partir et c’était un miracle que les boulets n’aient pas touchés le navire. Mais ce dernier ne partirait pas sans son capitaine.

Teague arriva sur la plage. Il s’était trompé de chemin et s’était retrouvé sur le sable vierge. Cinq chaloupes convergeaient sur sa position. C’était un vrai siège. Il regarda à droite et aperçu le Vaillant, l’un des deux brigs qui les accompagnait. Il fonça vers lui mais il explosa d’une manière détonante et un boulet traversa sa coque pour se planter devant North. Il comprit qu’il ne fallait pas qu’il s’arrête. Il vit le Red Wings et Frost qui courait vers lui.


-Je t’avais perdu de vue !

North pensa à ses affaires. Il les avait oubliés dans la cabane ! Il fallait les abandonner. Il fit un pas vers Frost mais ressenti une secousse et un fort mal de ventre. Sa vue se troubla et il s’écrasa contre le mur de la cabane où il avait oublié son équipement. Il vomit. Teague releva la tête et vit la femme avec qui il avait couché plus tôt écrasée sous des débris. Le capitaine, surpris, trébucha en arrière. La femme tendait son bras vers lui.

-A… l’aide…

North vit ses affaires à sa droite. Il s’habilla en quelques secondes. Ses ceintures, ses trois pistolets, ses épées et son couteau. Il enfila son long manteau et prit son tricorne dans les mains. Les explosions avaient cessées, sûrement pour laisser les hommes descendus en chaloupe terminer le travail. Il jeta un dernier regard vers la femme, qui poussa un gémissement, et défonça la porte d’un coup de pied ferme. Autour de lui, les débris étaient éparpillés partout sur le sol. Il se mit à courir avec prudence, et il eut raison. Une garnison entière d’hommes armés était en train de chercher dans les décombres.

-Allez les gars, on se dépêche. On cherche le cadavre de l'irlandais.

Ils n’allaient pas le trouver de sitôt. North remarqua une maison encore plus ou moins intacte. Il pénétra par la fenêtre et se retrouva face à face avec un soldat qui fouillait la pièce. Sans attendre, Teague se jeta sur lui et l’emmena contre le mur de la cabane avec une telle violence que la façade s’effondra. La capitaine se releva et se mit à courir comme si le diable était après lui.

-Il est là-bas ! Fire boys !

Il tourna au coin de la maison et esquiva les balles de peu. Il se retrouva face à deux hommes armés de baillonettes. Il leur tira simultanément dessus avec deux de ses pistolets avant de se remettre à courir, ne laissant même pas à ses ennemis le temps de s’effondrer. Le son des mortars ennemis se fit entendre et le Red Wings décolla sous ses yeux. Aouan fit de grands signes avec les bras pour lui faire comprendre qu’il fallait qu’il prenne le navire en court de route. Mais derrière lui, une dizaine d’hommes armés de fusils le pointaient de leurs armes.

-En joue !

Il remarqua un palan sur sa droite, menant directement à une construction sur la falaise quelques mètres plus hauts. Il sauta dessus et coupa la corde d’un coup de couteau sec. Il saisi la corde et se laissa monter.

-Fire !

Les balles s’écrasèrent contre la pierre juste en dessous de lui. Lorsqu’il atterrit en haut, un homme massif lui barra la route. Ce dernier le projeta à terre et commença à l’étrangler. Teague réussi à place son pied comme il faut pour lui donner un coup sévère dans l’entrejambe, le faisant ainsi rouler sur le coté. North toussa grassement mais se releva. Le Red Wings lui passait devant. Il fit trois grands pas avant de sauter, visant à attraper le mât au vol. Il le rata et commença à tomber. Le pont s’approchait à toute vitesse, mais il se senti mal à nouveau. Sa vision se troubla et il atterrit directement sur le pont, sautant plusieurs mètres même si le choc fut violent, il s’en tira sans blessure. Le capitaine roula sur le pont et failli tomber, mais Adewale le rattrapa de justesse avant de le tirer vers le haut.

-J’ai choisi le bon second !
-Ca, c’est sûr, Capitaine.

Teague se tourna vers la barre. C’était le moment de vérité.

-Okay lads, time to roll those sheets ! Toutes les voiles dehors ! Préparez les canons et armez-vous !

Il tourna la barre directement vers la flotte adverse. L’énorme navire qui l’avait intercepté la première fois était là aussi. C’était lui la cible, et il comptait bien la descendre, même s’il devait y passer, ce qu’il ne comptait pas faire maintenant.

-J’attends mes voiles, les gars ! Plus vite que ça !

Les hommes s’activèrent, les informations fusèrent sur la situation du combat. Ce n’était pas l’heure de prendre le thé.

-Où est le Vaillant ?
-Au fond du gouffre, Capitaine !
-Le Norvégien ?
-Déjà dans la bataille, monsieur ! Ils essayent de se frayer un chemin !
-Et le Souffle Gris ?
-Pas en vue Capitaine !

Teague se tourna vers Aouan.

-Tu ne crois quand même pas que…
-Qu’ils nous aient trahis ? Ce n’est pas à exclure, Teague.
-Si je retrouve ce fils de pute de persan, je lui enfonce son foutu yatagan dans le cul !

La bataille n’avait pas encore commencé pour le Red Wings, mais elle n’allait pas durer.
HRP:
 
Teague « Sharpeye » North
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Solal Yarhi
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Solal Yarhi
Jeu 29 Mai - 13:46

Pendant un court instant, l'ambiance sur le Souffle Gris se fit aussi électrique et tendue que s'ils avaient été eux-mêmes sous les tirs des canons. Le Second frôlait l'insubordination, et il le savait, mais Solal ne franchirait jamais totalement la limite. Pas aujourd'hui en tout cas.
En temps normal, Trappen aurait parfaitement eu le droit, et raison, de le passer par dessus bord mais la façon de gérer le Souffle Gris était assez particulière. Il savait avoir besoin du persan, et vice versa ; ainsi fonctionnait le navire volant aux voiles ténébreuses.
Leurs désaccords étaient rares, expériences de vies trop différentes pour ne pas s'affronter.
La formation de soldat de Solal lui soufflait de ne pas laisser si ce n'était pas des camarades, mais des alliés en arrière, sous le feu ennemi, alors que son Capitaine, aux yeux salis par les batailles, percevait déjà l'issue de l'affrontement.
Non, le Souffle Gris n'irait pas s'exposer au risque de passer par le fonds. Ils avaient l'avantage de pouvoir se positionner hors de portée des canons, et Trappen refusait de détruire cette survie pour des considérations humanitaires.
Les pirates connaissaient tous les risques de leurs vies. Cette existence que l'on contait comme fourmillante d'aventures, d'or et d'adrénaline, de rires et de plaisir. Oui, sauf que la face cachée de la pièce était bien plus rouillée et sombre que ce que l'on pouvait imaginer. Le sang, la mort, la peur, l'avidité, étaient devenus les confidents de ses hommes au cœur d'où perçait toujours un certain éclat d'obsidienne, vicieux.
Bien sur, tout n'était pas que manichéisme mais la réalité de la situation ne faisait que refléter qu'une part de la véritable essence des pirates.
Froids.
Réalistes.
Individualistes
.

La lueur dans le regard clair du Second se fit plus dure, avant de détourner le regard.
Il grimaça mais acquiesça et se mit à relayer les ordres du Capitaine et du navigateur pour que le Souffle Gris contourne l'île. Une part de lui se révoltait au fond, vestige d'un apprentissage, d'une ligne de conduite perdue dans des steppes invisibles, mais Solal acceptait les décisions de son Capitaine.
Tirant sur les cordages à s'en arracher la paume des mains, il ferma les yeux un instant, refoulant ce sentiment de lâcheté, le tua à coup de réalisme. Leur foncer dessus sans réfléchir n'amènerait que plus de cadavres. Après un léger soupir, le visage du pirate perse se fit plus dur, froid. Ils avaient un équipage à sortir de là, et les dissensions ne feraient que les mener à leur perte.


Un instant, Solal descendit houspiller l'équipe de mécaniciens, déjà à cran sous les ordres secs de Lazaro, qui finit par engueuler le Second, frustré par l'état de "décrépitude " des moteurs, qui peinaient à propulser le navire hors des flots.

"- Fais-moi décoller ce rafiot. Accélère la cadence des hélices. C'est un ordre. "
La voix du Second était devenue calme, glaciale, coupant court à la colère gonflante du quartier-maître des mécaniciens en quelques secondes. Ce n'était plus le jeune et impétueux pirate qui parlait, mais le Second, celui chargé de les protéger qui parlait. A tout prix. Ils se toisèrent puis Solal remonta en quatrième vitesse armer les canons.
Il aurait été trop beau de croire qu'il pouvait prendre la tangente sans à avoir à vendre chèrement leur peau, même sans être au cœur de l'affrontement, qui avait déjà été fatal pour un des Briggs.

Alors que la proue du Souffle Gris apparaissait de nouveau à l'opposé de leur point d'ancrage, les hélices battant l'eau comme des couperets fous, la coque du navire se décollait peu à peu de sa prison d'eau.
Solal jura, leur altitude était encore trop basse, et le sifflement d'un boulet de canon éclata une partie du bastingage dans un bruit assourdissant. Il fallait qu'ils se tirent vite fait, où les pirates seraient dans leur ligne de tir, et le mât central risquait de prendre le plus gros des dégâts.
Il hurlait des ordres, et une salve vengeresse retentit du côté extérieur tandis qu'il ordonnait aux pirates à tribords de canarder le navire corsaire qui prenait le Norvégien, pris en tenaille.

Le Souffle Gris ne pouvait pas se jeter dans l'échauffourée mais si leurs canons pouvaient aider le Briggs...
Malgré la grimace désapprobatrice du Capitaine, le Second ordonna une seconde salve tout en hurlant à Canaan de bousiller leurs tireurs.
La lenteur avec laquelle le navire aux voiles sombres s'élevait dans les airs fit frissonner Solal, transpiration acide qui lui brulait la colonne vertébrale. Ils allaient payer, tôt ou tard.
Un avertissement fusa de la vigie tandis qu'un autre tir ennemi heurta dangereusement la coque du Souffle Gris, proche, trop proche de la salle des machines. Des hurlements de douleurs s'élevèrent des tréfonds du navire.

"- BUTEZ-MOI CES SALIGAUDS ! "

La rage teintait sa voix d'un éclat de mort, réaction humaine poussée dans ses retranchements, noirceur d'un sentiment révolté. D'un seul homme, les canons du navire volant visèrent l'écervelé qui avait osé se rapprocher, croyant pouvoir les prendre de vitesse. L'explosion qui suivit ne tira qu'une grimace à moitié satisfaite de la part du Second.
North n'avait surement pas prévu ce qui se passait, mais voilà ce que leurs alliés récoltaient à prendre part à sa quête impossible. De l'or hein ?
Des morts plutôt.
Sans un regard pour la bataille faisant rage en dessous d'eux, Solal revint se poster aux côtés de Lucian avant d'aider l'équipage. Une brèche dans la toile d'araignée des corsaires s'était ouverte. Le Souffle Gris, les voiles claquant sous les bourrasques et la poussée des moteurs montée à son maximum , s'effaça de l'horizon pour se perdre dans leur domaine de prédilection.
Quelques tirs se perdirent au milieu d'un murmure de rage de la Garde, mais les voiles noires étaient désormais hors de portée des canons.
Spoiler:
 
Solal Yarhi
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Teague « Sharpeye » North
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Teague « Sharpeye » North
Ven 30 Mai - 2:31
Très vite, ils entrèrent au milieu des tirs. Par un coup de chance incroyable, les impacts ennemis étaient peu nombreux et le Red Wings tenait encore très bien debout. Toutes les voiles dehors, le navire filait entre les tirs et tirait lui-même quelques salves pour détruire les plus petits navires ennemis. Soudain, un cri retenti.

-Man’o’War !

Et au loin, on pouvait déjà apercevoir les énormes mâts du navire de Logan. Presque aucun navire n’était autour d’eux, ils avaient toutes les chances de l’atteindre sans trop de problème, mais à la vue de la bête, les marins commençaient à redouter la suite. Non seulement les mâts étaient immenses, mais la coque en elle-même était incroyable. On pouvait facilement compter une bonne cinquantaine de canons de ce coté là. S’ils se prenaient une rafale entière, ils étaient foutus. Mais ils allaient le faire. Ils le savaient. Ils allaient défoncer ce navire et tuer son capitaine. Le Norvégien était à leur coté, rien ne pourrait les en empêcher. Ils firent feu.

Touché?:
 

Dans Teague, tout ralenti.

-On l’a manqué !
-Elle va tirer !

Les boulets de la bête filèrent et transpercèrent la coque du Red Wings derrière North, quelque chose explosa, et il se fit projeter sur le pont. Il se releva sur les genoux et contempla pendant un instant. Les flammes jaillissaient un peu partout et les gens couraient, ou étaient morts.

-Le Norvégien est tombé !
-Elle recharge, dégagez de là !

Des débris du navire, de son navire, jonchaient le sol, et les explosions internes au navire se faisaient régulières et puissantes, mais il n’entendait rien. Un long sifflement parcourait son esprit. Tout était doux, et léger. Tout était au ralenti. Frost l’agrippa. Sa voix semblait très grave, et lente.

-Teague ! Il faut qu’on dégage, maintenant !

Le mât qui était devant eux craqua et tomba non loin de Simon, qui fut projeté en avant. Teague ne fit pas attention à lui et marcha sur le pont. L’air était dur, le ciel rouge. Les gens couraient, sans faire attention à quelqu’un d’autre qu’eux. Il était en train de contempler toute sa vie disparaître. Tout ce qu’il avait construit, tout ce qu’il avait bâti. Tout partait en fumée. Frost posa la main sur son épaule. Un explosion détonna à sa droite et projeta les deux hommes. Frost tomba par-dessus bord, mais North s’agrippa au bastingage. Il tentait désespérément de remonter sur son navire. Il refusait de l’abandonner. C’était toute sa vie, et s’il devait mourir maintenant, il le ferait. Ce serait avec honneur et sur le Red Wings. Aouan arriva. Teague tenta de l’appeler pour lui demander de l’aide pour se relever, mais aucun son ne sorti de sa bouche. Il tendit la main vers Adewale, qui regarda en direction du navire ennemi. Il semblait terrifié. Il attrapa la main de Teague, qui s’accrocha alors à lui, mais Aouan le poussa. North tomba et arrière, et à ce moment là, tout s’arrêta. Il vit le visage d’Aouan, pale, apeuré, mais sûr, et déterminé. Un petit sourire était en coin. Son capitaine devait vivre, il avait encore des choses à vivre. Le second devait s’assurer de la réussite de son supérieur, au péril de sa vie. Teague, se sentait trahi. D’abord le persan, maintenant c’était son second qui devait l’abandonner ? Une rafale retentit. Au moment où il entra au contact avec l’eau, la coque du Red Wings explosa. Au travers de l’eau, il put voir une lueur rougeâtre traverser le ciel. C’était fait. Ils étaient partis. Le noir fut total.

Frost traina Teague sur la plage de l’îlot. Depuis cet endroit, on pouvait voir bon nombre de choses, mais toutes déplaisantes. Le village en flamme, et cinq navires en flammes. Le Red Wings coulait petit à petit, alors que les navires ennemis partaient, comme si de rien n’était, pensant que l tâche était accomplie. North cracha longuement, puis s’écroula sur la plage. Il sentit quelque chose couler le long de ses yeux. Pour la première fois en pas moins de six ans, Teague pleurait.
Ils restèrent un jour et une nuit sur l’îlot. Ils étaient cote à cote, mais ne se disaient mot. North repensait à Adewale. Il ne savait pas quoi penser. Mais son esprit repensa au persan. Et là, il savait quoi penser. Ce traître allait le payer, peu importe comment, mais il allait le payer, même s’il devait traverser l’atlantique à la nage. Mais bien heureusement, cette peine lui sera épargnée. Un navire arrivait vers eux. Frost cria et l’attira. C’était un navire marchand français, qui venait du Brésil et qui passait près du village, mais voyant les flammes, ils avaient eu l’idée d’aller voir ce qui se passait. Bien heureusement, car sinon, Teague et Simon n’auraient très certainement pas pu sortir de leur îlot. Le navire acceptait de les emmener en Europe, en France. N’ayant pas vraiment le choix, ils acceptèrent.

Cette journée était à marquer d’une pierre rouge. Une pierre rouge sang.


HRP:
 

Teague « Sharpeye » North
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