[Année 0003] L'heure du thé

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Alice Liddell
Alice au pays des merveilles
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Lun 16 Sep - 17:17
Année 0003, Milan, Italie


Il faisait chaud en Italie, bien plus qu'en Espagne. Du moins était-ce l'avis d'Alice. Assise à la table d'un café, la jeune femme s'éventait avec la carte du menu. Le courant d'air chatouillait son visage, faisait voleter quelques mèches de cheveux. Porter une robe plus légère n'aurait pas été un luxe, mais Alice n'avait guère d'argent. Le peu qu'elle possédait, elle l'avait acquéri de façon peu orthodoxe.

Durant ses recherches en Espagne, elle avait effrayé bien des civils à cause de son bras. Certains, croyant même qu'elle venait les voir pour les tuer ou infliger milles souffrances, avaient cru bon d'échanger leur vie contre de l'argent. Alice avait pris l'argent, ne cherchant pas à contredire les pensées de ces gens. Après tout elle en avait besoin de ces pièces. Elle avait pu ainsi se payer un voyage jusqu'en Italie; pays choisi au hasard, selon les personnes rencontrées en chemin qui acceptaient de la mener avec eux.

C'était un beau pays. Assez loin de la Roumanie pour qu'Alice puisse respirer à son aise et faire face à son invité. Cela faisait désormais plusieurs jours qu'elle l'attendait; elle espérait que son appât avait paru assez gros pour que Vasile prenne la peine de venir lui-même sur les lieux.

Levant les yeux, elle vit soudainement le chapeau. Ce fameux chapeau qui faisait la fierté de son propriétaire, ce chapeau qu'il ne quittait jamais et semblait rapiécé, prêt à rendre l'âme. Un chapeau comme on n'en fait plus. L'expression de Vasile lui demeura indéchiffrable mais Alice ne baissa pas sa garde. Tout sourire et tout sucre, elle se leva de sa chaise et ouvrit les bras.

— Père ! Je suis ravie de vous revoir !

Elle se doutait que Vasile ne lui retournerait ni le geste, ni même un "bonjour". Mais elle se devait de reprendre son ancien rôle de fille à papa. De créature fascinée par son créateur.

— Prenez place, tenez voici une chaise. Je vais demander au serveur de vous servir un thé. Noir, comme vous l'aimez.

Aussi noir que tes mensonges et ton coeur, père indigne.


Reprenant place sur sa chaise, Alice appela le serveur d'une voix claironnante et lui dicta sa commande. Quand ce fut chose faite, elle croisa ses mains et posa son menton dessus, fixant Vasile de ses grands yeux verts.

— Comment s'est passé votre voyage ?

Mal, j'espère.


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Vasile Duca
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Vasile Duca
Mar 8 Oct - 1:16
Quel Pays exécrable que l'Italie ! Le soleil chauffait trop fort. Les rues étaient trop claires et les passants... trop de passants bariolés hantaient les rues au goût du Chapelier. Vasile espérait sincèrement que les découvertes d'Alice vaillent vraiment la peine d'un tel déplacement. Il en avait soupé, des séjours à l'étranger ! C'est donc de bien mauvaise humeur qu'il paya le cocher qui l'avait mené dans cette rue Milanaise, près d'une enseigne trop tape à l'œil, à son goût du moins, du nom de " L'Auditore ". Il renifla, sceptique quant à la qualité du thé dans ce genre d'endroit. Après avoir ajusté son chapeau, il fit le premier pas dans la boutique. Ici l'attendait Alice, comme la même sempiternelle petite fille sage qu'elle avait toujours été.

Il l'aborda, stoïque. Il n'avait pas prit la peine de répondre à sa missive, la jeune androïde avait, de toutes manières, prit des disposition pour l'attendre. Comme d'habitude, il ne lui rendit pas ses salutations bien trop familières et s'installa, sans autre forme de procès, à la petite table italienne.

Un coup d'œil à gauche, puis un autre à droite lui assurèrent qu'ils étaient tranquilles, lui et son agent. Il fallait le reconnaître la fidélité d'Alice avait finit par en faire une employée d'une certaine valeur. Rassuré, Vasile darda son regard perçant sur la brunette tandis qu'elle passait commande, tâchant de décrypter ses intentions.

" Au Diable ces bagatelles. Le thé est commandé ? Fort bien. " Il battit l'air de sa main gantée, la mine ennuyée. " Je suis ici, c'est ce qui importe. Quelles sont ces nouvelles pour lesquelles j'ai été forcé de me déplacer jusqu'ici ? A-t-on trouvé d'autres de mes créations ? "

Il s'interrompit brusquement tandis que le serveur lui apportait son thé et il le remercia d'un signe de tête sec. Ne pouvait-on donc jamais être tranquille dans cette fichue ville ? Il gratifia l'homme d'une simple pièce afin d'avoir la paix et reporta son attention sur Alice. Déjà, ses mains s'activaient à touiller son thé. Plus calme, un sombre sourire apparut sur son visage.

" D'autres ici ont eu la fantaisie d'en faire des bêtes de foire, ou des citoyens ? " Un gloussement s'échappa de sa gorge alors qu'il portait la tasse à ses lèvres pour une première gorgée, avant de la reposer, presque religieusement, sur sa soucoupe. " Allons. Inutile de me faire languir en me contant tes allées et venues dans les moindres détails. Qu'as-tu découvert ? "

Toujours, il la considérait comme sa chose. Jamais Alice n'avait été une menace pour le Chapelier, tant elle lui était dévouée et, en dépit de cette hiérarchie nette qu'il avait tracé, il vouait une confiance étrange en la petite demoiselle.

Sinon, se serait-il vraiment donné la peine de se déplacer ?
Vasile Duca
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Alice Liddell
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Ven 11 Oct - 23:50

Toujours aussi pressé le Chapelier, toujours à courir après le temps ne voulant pas gaspiller une seconde. Tant mieux. Alice préférait arriver rapidement à la scène principale sans s'étaler pendant des heures sur le prologue. Et puis à trop attendre elle craignait que son plan ne tombe à l'eau. Elle laissa Vasile prendre une gorgée de son thé. Il était toujours plus loquace et docile lorsqu'il avait du thé dans les veines.

— Les Italiens ne sont pas très friands de vos créations. Certains les voient comme des erreurs humaines, les symboles de la déchéance humaine. J'ai entendu des religieux implorer le pardon divin tout en voulant exorciser le mal des Androïdes en leur ôtant leurs... appendices métalliques. Peu ont survécu je le crains.

Vous pensiez que la Roumanie était le pays le plus dévoué à la religion avec ses habitants qui refusaient la magie ? L'Italie n'était pas mieux. Il faut dire que la présence du Vatican ne pouvait que renforcer la dévotion du peuple à un dieu unique. Dès leur arrivée au pays, les Androïdes avaient été associés au diable, au démon. Et les prêtres s'étaient lancés dans une course à l'exorcisme voulant rendre leur humanité et leur pureté à ces êtres en leur ôtant ce qui faisait d'eux des Androïdes.

On a peu de chances de survivre à un bras arraché, même en métal. Les câbles sont liés aux nerfs, la chair est mise à vif, les blessures se rouvrent. Et sans assistance médicale, le patient meurt. Inévitablement.

— Malgré tout j'ai réussi à sauver l'un d'eux avant qu'un prêtre ne s'amuse avec. Une jeune fille que vous aviez doté de nouvelles mains. Il me semble qu'à son arrivée à l'asile elle n'avait que des moignons à cause d'un incident.

La jeune fille avait véritablement existé. Alice avait discuté avec elle pendant des années, s'amusant à toucher ses mains qui semblaient bien plus humaines que des mains de chair. Mais malheureusement pour Vasile cette demoiselle n'était plus en vie. Alice avait elle-même vu le corps avant qu'il ne soit enterré dans le cimetière de la ville. Certaine que l'Androïde n'apparaitrait pas pour briser son plan, Alice la mentionnait et usait de son image pour tromper le Chapelier.

— Je l'ai caché dans l'appartement que j'habite depuis mon arrivée. Elle n'ose pas sortir et souhaite revenir à la maison. Je pense que vous ne lui refuserez pas ce souhait.

Comme si le Chapelier allait refuser de reprendre un de ses biens. Alice était certaine d'avoir piégé Vasile. Il ne pouvait désormais que la suivre jusqu'à ce fameux appartement où ne l'attendait personne. Un appartement vide qui servirait à jouer la grande scène de ce jeu de dupes.

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Vasile Duca
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Vasile Duca
Lun 28 Oct - 22:46
Que les Italiens désapprouvent l'art de Vasile, il s'en doutait. Ces puritains étaient encore plus fermés d'esprit que le plus basique des Roumains. Dieu ! Ce qu'il pouvait détester les étrangers. Les détester plus que le plus ignare de ses compatriotes, tiens !

Le Chapelier sirotait sa boisson chaude tandis qu'Alice s'épanchait, à propos d'un quelconque androïde... S'il se souvenait d'une jeune fille sans mains ? Evidemment. Il se rappelait de chacune de ses inventions. Celle-ci était ancienne... Mais pas dénuée d'intérêt pour autant.

" Ah... ! Elle... Je vois. "

Sitôt la diatribe de son androïde terminée, Vasile reposa brusquement sa tasse avant de se lever, les mains posées sur la table. Il délaissa négligemment quelques pièces de petites valeur pour tout paiement et virevolta vers la sortie. Il était temps d'examiner cette fameuse fuyarde. Tout ce qu'espérait Vasile, c'est qu'elle ne soit pas en si piteux état qu'il faille remplacer les pièces mécaniques qui la recouvrait. C'est que les bons matériaux se faisaient si rares... Et surtout chers !

" Montre-moi donc le chemin, chère Alice. Nous n'avons pas toute la journée et je compte bien vous ramener toutes les deux à l'Asile. La Reine sera certainement curieuse d'entendre ce que tu as appris au cours de ton périple. Allons. Faut-il aller à gauche ? À droite ? À droite. "

Vasile cessa de jacasser alors que ses talons pivotaient vers une ruelle un peu plus étroite. Sur des murs, de petites affichettes de papiers jaunis décrivaient les androïdes comme des créatures sataniques. Comme si elles étaient le fait d'une quelconque divinité ! Certes, ce genre de pensées avaient de quoi flatter l'ego surdimensionné de l'inventeur, mais tout de même...

Alors qu'il poursuivait sa route dans le silence et dans l'ignorance des dégénérés qu'il pouvait bien bousculer, le Chapelier ralentit le rythme. Quelques éclats attiraient son attention, dans une ruelle plus étroite encore à leur gauche. Son visage morne pivota pour faire face à un androïde aux mains de quelques gardes. Curieusement, Vasile stoppa sa course, observant les souffrances de ce qui fut jadis son serviteur. Ce dernier s'écrasait sur le sol boueux, gémissant pitoyablement sous les coups du duo de gros bras.

" Alors, amico. Tu sais pourtant qu'on veut pas d'toi ici. C'était pas une bonne idée de traîner tes vieilles machines démoniaques dans not' ville ! "

Le pauvre ignorant ponctua ses paroles de coups de massue sur la jambe mécanique. Le métal ouvragé crissait sous le bois grossier et pourtant solide de l'arme : voilà bien la seule chose qui faisait tiquer son créateur. Vasile étudia longuement l'homme malmené sans esquisser un geste. Cela valait-il vraiment qu'il s'en donne la peine ? Il le reconnaissait. Un autre de ses évadés. Un traître de plus !

Le genoux de la prothèse mécanisée était salement atteint, réalisa-t-il. Aucune chance que l'androïde puisse s'en remettre. À bien le regarder, il était tellement abîmé qu'il n'allait probablement pas survivre aux blessures et aux maladies qui semblaient le ronger. Sans une once de pitié, la Chapelier capta le regard du pauvre homme. Les yeux de celui-ci s'étrécirent alors qu'il s'était tut, semblant presque oublier ses agresseurs. Était-ce de la peur dans son regard ? Non... De la terreur plutôt !
Entre deux respirations sifflantes, il parvint à murmurer.

" M.. Mon Dieu, non c.... C'est Duca. Duca ! "
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Alice Liddell
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Jeu 31 Oct - 19:42
Zut. Cette rencontre n'était absolument pas prévue. Alice avait la tentante envie de partir rapidement, de tirer le Chapelier après elle pour l'amener à l'appartement. Il ne devait pas s'arrêter avant, quoi qu'il arrive ! Mais elle n'avait pas pu s'empêcher de stopper elle aussi pour observer la scène. La douleur des autres attire toujours la curiosité. Néanmoins, prudente, Alice tâcha de se tenir face aux agresseurs. Elle avait veillé à porter une robe aux manches longues pour ne pas dévoiler sa "particularité", mais mieux valait se la jouer prudente.

Alice connaissait l'Androïde qui se faisait frapper comme plâtre. Elle le croisait dans les couloirs, l'effrayait par sa dévotion à Vasile. Du temps de l'asile elle ne l'avait jamais apprécié, s'amusait à le terrifier. Désormais, les yeux ouverts sur la vérité, elle avait pitié de cet homme.

Elle ne pouvait pas la sauver. Tout juste abréger ses souffrances. Mais l'Androïde avait hurlé le nom de son créateur, le nom de Duca qui était désormais connu comme le loup blanc depuis son arrestation en Espagne. Pour l'Italie Duca était le Diable. Et Alice comprit, à l'instant même, qu'ils n'avaient pas le choix.

D'une voix qu'elle tâcha de garder ferme et posée, Alice s'avança auprès des deux hommes qui lorgnaient Vasile d'un drôle d'air.

— Messieurs, ne craignez rien. Nous œuvrons avec vous. Cet homme que... ce monstre a pris pour Duca est un collègue qui s'est déguisé pour pouvoir tromper les Androïdes. En exprimant aussi fermement leur dégoût ou leur affection pour leur créateur, ils dévoileront leurs identités malgré leurs déguisements.

Alice avait brodé ce mensonge petit à petit, espérant l'avoir tissé de façon à ce qu'il trompe aisément les hommes. Ils ne semblaient pas idiots mais pas non plus détenteurs d'un QI digne d'un grand génie. Celui qui maniait la massue avait cessé ses coups et pointait son arme sur Alice.

— Vous travaillez pour qui ?

La réponse était aisée, toute prête.

— Pour le Pape, évidemment.
— Y a que des hommes qui œuvrent pour le Pape !
— Tous les enfants de Dieu œuvrent pour le Pape, mon frère. Soyez courtois envers une épouse du Christ. Ce n'est pas parce que j'ai du troquer ma robe contre ces habits, que j'ai renié à ma foi.

Pour parfaire son rôle de bonne sœur, Alice avait joint les mains comme pour prier. Elle espérait que les hommes ne se laisseraient pas tromper au point de lui demander une bénédiction. Alice ne connaissait pas les prières. Du moins pas autrement qu'en roumain.

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Vasile Duca
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Vasile Duca
Lun 11 Nov - 0:19
C'est à peine si le Chapelier avait écouté le monologue d'Alice. Tandis qu'elle brodait ses petits mensonges, lui détaillait l'androïde qui n'avait, de son côté, d'yeux que pour son infâme créateur. Ses mouvements désordonnés indiquaient qu'il tentait de s'enfuir, en dépit de ses jambes hors d'usage. D'un pas assuré, Vasile franchit les quelques mètres qui le séparaient encore de lui. Les gardes, interdits, ne réagirent pas tout de suite à son approche et Vasile eut le temps de scruter le visage blême de la pauvre, pauvre créature qu'il avait attrapé entre ses doigts acérés.

Livide. Suant. Sale. Brisé. Fou.

Du menton de sa pauvre victime, sa main glissa en un éclair sur la mécanique en miettes et, dans l'ombre de son chapeau, sa bouche se tordit en une terrible grimace. Dieu ! Qu'il haïssait les Italiens. Puis, le temps de se redresser, un masque impassible s'était recomposé sur son visage. Le pauvre androïde se tordait encore à ses pieds et c'est comme s'il avait déjà disparu aux yeux du savant... Voir n'avait jamais existé. L'échange entre eux deux n'avait duré que quelques secondes à peine et les soldats s'étaient tu pour regarder l'homme chapeauté. Des brutes d'Italiens qui n'avaient probablement rien dans le crâne. Sûrement que si Vasile approuvait les dires d'Alice, ils boiraient ses paroles.

" Je ne faisait que vérifier la légitimité de cette créature de Satan. Vous pouvez disposer d'elle. Dans toute son horreur, elle n'est qu'un poids de plus à notre bien aimé société. Sachez que le Pape vous remercie de votre bon travail. "

Puis, sans rien ajouter d'autres, il tourna le dos au groupuscule et rejoignit Alice. Il reprit sa marche, l'air aussi paisible que s'il sortait d'une simple promenade. Sur le chemin, il sortit un mouchoir immaculé d'une de ses poches et essuya la crasse qui s'était collée sur son gant, silencieux. Au bout de quelques minutes, ils s'étaient assez éloigné de l'androïde pour ne plus entendre ses jérémiades. Alors, Vasile toisa sa comparse.

" Voilà finalement quelque chose de judicieux de ta part, que de cacher ton bras. Cela me chagrine de voir mes inventions cachées de la sorte... Mais ce peuple est trop obtus pour reconnaître le génie véritable lorsqu'ils le voient. Une si belle jambe... en miettes... Mais passons. Où est cet appartement ? T'en souviens-tu au moins ? "

Simple vérification. La jeune fille avait, après tout, l'esprit plutôt altéré elle aussi alors, autant être prudent, n'est ce pas ?
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Alice Liddell
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Mer 13 Nov - 14:34
Aucune pitié. Pas même le courage d'achever lui-même l'Androïde. Un monstre.

Alice avait bien du mal à taire sa rage. Comment avait-elle pu être sous les charmes de cet homme qui n'avait pour lui qu'une prodigieuse intelligence ? Une intelligence qui ne répandait que souffrance et douleur. Mais cette intelligence Alice se faisait fort de la retourner contre elle.

Il lui fallait jouer son rôle de brave petite fille. Pour quelques minutes, une heure maximum. Puis tout serait fini et elle pourrait laisser libre à sa rage. Tout sourire et tout sucre, elle pointa du doigt une rue se trouvant à leur gauche.

— C'est par ici. Au-dessus d'une mercerie, avec plein de rubans dans sa vitrine ! Des rubans de toutes les couleurs, bleu, blanc, rose...

Alice aurait pu décrire davantage les fameux rubans, mais elle se tut, sachant déjà qu'elle mettait la patience de Vasile à rude épreuve. Après tout elle était femme, femme à aimer les fanfreluches, les rubans à nouer dans les cheveux. C'était là un résidu de sa folie naïve, des fragments de sa vie d'enfant.

Réprimant son écœurement, Alice prit la main du Chapelier pour le tirer après elle, l'obliger à adopter une allure plus rapide. Elle était pressée Alice, aussi pressée que le lapin blanc. Les ombres de la petite rue les engloutirent; les maisons étaient si serrées qu'il ne restait du ciel qu'un fin liséré bleu qui éclairait tout juste les pavés. Les habitants suspendaient le linge d'un côté à l'autre de la rue formant des guirlandes bariolées où l'on pouvait voir le linge de toute une maisonnée.

Ils arrivèrent devant la fameuse boutique à la vitrine emplie de rubans, de chapeaux et de gants. Une boutique emplie de femmes qui parlaient, bavardaient telles des perruches enfermées dans une cage. Alice montra la porte juste à la droite de la vitrine.

— C'est par là qu'on accède à l'appartement. C'est le dernier étage sous les combles.

Appartement étroit, mal éclairé mais peu cher. Et où personne ne pouvait vous entendre crier. Alice lâcha la main de Vasile, s'effaça et fit même une révérence.

— Après vous.

Elle veillerait à fermer à clé la porte de l'appartement derrière lui. Pour l'empêcher de fuir.

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Vasile Duca
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Vasile Duca
Ven 15 Nov - 18:46
Vasile s'était laissé traîner, il avait l'habitude de l'effervescence de l'Androïde... Un soupir agacé s'échappa d'entre ses fines lèvres devant la vitrine trop colorée à son goût... De cela aussi, il avait l'habitude... Même s'il ne pouvait s'empêcher de la réprimander à chaque fois.

" Allons, allons, cesses ces enfantillages, Alice. Il n'est pas l'heure pour des rubans ! "

Replaçant son chapeau sur le haut de son crâne, Vasile entra calmement dans le vieux bâtiment. Fronçant le nez, il attendit qu'Alice ouvre pour pénétrer l'appartement, agitant une main devant ses yeux pour chasser les fines particules de poussières qui dansaient devant lui. L'endroit baigné d'une odeur de renfermé semblait ancien, inhabité depuis des lustres et surtout, désespérément vide.... Où Diable était cet Androïde dont Alice lui avait tant parlé ? Avait-il fait tout ce chemin pour jouer à cache cache ?

D'un geste souple, Vasile pivota sur ses talons, faisant face à sa création. Alice fermait maintenant la porte, une lueur curieuse dans son regard, indécryptable à un si faible niveau de luminosité.

" Alice ? " Sa voix se fit sourde. Que se passait-il dans la petite tête brune de la jeune fille ? " Je ne vois nulle trace d'un androïde, ou d'un quelconque être vivant dans cet appartement. Tu sais bien, je suis un homme occupé. Je ne suis pas venu jusque dans cet atroce Pays pour participer à tes petits jeux. "

Le Chapelier fit une pause, ménageant ses effets. Comme toujours, lorsqu'il s'adressait à ses ouailles, il s'attachait à conserver une certaine autorité, indiquant bien qui était en tête de leur petite hiérarchie. Tous fondaient devant le regard froid de l'inventeur. Tous... Sauf Alice, visiblement. Vasile se redressa donc, toisant la jeune fille de toute sa hauteur.

" Alors Alice ? Où est-il ? "

Il ne se doutait pas, alors, des infâmes intentions de sa chère création.
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Alice Liddell
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Sam 16 Nov - 14:55
L'appartement n'était que poussière, abandon et nostalgie. Alice vivait que dans un coin où l'on pouvait voir un tas de tissus servant de matelas, unique endroit où avait été balayé la poussière. Une bougie à demi-fondue se tenait, penchée, sur un tabouret. La cire avait coulé, maculé le tabouret et le sol. Voilà à quoi se résumaient les signes de vie dans cet antre vétuste.

" Alors Alice ? Où est-il ? "


Serait-ce de la peur qu'elle sentait dans la voix du Chapelier ? La craignait-il enfin sa création avec ses appendices métalliques et son esprit chancelant ? Alice s'adossa à la porte désormais close. Même avec son intelligence Vasile ne pouvait rien contre elle. Ce qu'il lui avait offert se retournerait contre lui.

— Dans la fosse commune. Il vous sera difficile de discerner son corps parmi celui de vos autres créatures, je le crains.


Oh ça, il ne devait pas s'y attendre le Chapelier. Dommage que Peter ne soit pas là, la scène aurait été meilleure. Faisant jouer les griffes qui lui servaient de doigts, Alice posa une question d'une voix douce.

— Dites pourquoi vous m'avez donné ce bras ? Et cette jambe ? Peter je peux comprendre, il peut voler comme les oiseaux. D'autres peuvent courir plus vite, ou sauter plus haut, mais moi ? Quel a été votre intérêt de me couper bras et jambe pour les remplacer ?

Alice était véritablement curieuse d'en savoir plus. D'ailleurs ces griffes elle n'hésiterait pas à les planter dans la chair du Chapelier si celui-ci tentait de quitter l'appartement. Le spectacle devait continuer et ce, jusqu'à son terme.

Il devait déjà la prendre pour folle. Croire que son esprit déraillait. Alors qu'elle n'avait jamais été aussi lucide.

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Vasile Duca
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Vasile Duca
Dim 8 Déc - 1:35
" Dans la fosse commune. Il vous sera difficile de discerner son corps parmi celui de vos autres créatures, je le crains. "

Mains dans le dos, Vasile contemplait l'androïde d'un œil énigmatique. De toutes ses créations, de toutes, il n'aurait jamais parié sur Alice pour lui mentir un jour.

" La fosse commune ? Est-ce une trahison, Alice ? Tu sais à quel point je déteste le mensonge et la traîtrise. Je déteste encore plus que l'on me fasse perdre mon temps ! Qu'est ce qui... "

Pire, il fut coupé par les questions sans fin de la jeune fille. Le Chapelier serra ses fines lèvres avant de pencher la tête légèrement de côté, un sombre sourire étirant ses lèvres. Depuis quand devait il se justifier auprès de ses cobayes ?

" Te souviens-tu de l'état dans lequel tu étais venue chez moi pour la première fois, Alice ? Une enfant brisée. Qu'ai-je fais sinon t'offrir une seconde chance dans ce monde ? " Détachant ses mains, il écarta ses bras de chaque côté de son corps. " Je t'ai permis de participer à l'évolution de l'humanité enclenchée par mes soins. N'est ce pas là un merveilleux cadeau ? Un cadeau que je peux fort bien reprendre si tu persistes à vouloir me trahir ! "

Son regard se fit plus sombre tandis que son sourire tombait. Ses propos étaient durs, d'autant plus que Vasile ne se serait jamais, ô grand jamais attendu à ce que la jeune fille lui tourne un jour le dos. Ce n'était pas seulement une de ses création, qu'il risquait de perdre, mais l'âme qui lui était, jadis, la plus fidèle. S'il ne pouvait plus placer sa confiance en Alice... Alors en qui ?

" Pourquoi t'ai-je opéré, tu dis ? Parce que je le voulais. Parce que je le pouvais ! Et je ne regrette rien de cette décision, sinon ton incapacité d'apprécier ce don que je t'ai fait ! Écarte toi de cette porte maintenant et j'oublierais que tu as, un jour, osé t'élever contre ton créateur. "
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Alice Liddell
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Dim 8 Déc - 22:04
Ne tremble pas, Alice. N'aie pas peur.

Même acculé dans une souricière, le Chapelier continuait à fanfaronner. A se sentir puissant. Quand il menaça Alice de reprendre ses créations, les cadeaux qui lui avaient offerts, Alice avait tremblé. Non pas que vivre sans ces appendices ne la gêne; elle ne rêvait plus que de ça.

Mais elle savait que Vasile les lui ôterait sans ménagement. Il les lui arracherait comme on arrache les ailes d'un papillon, laissant l'insecte hurler sa souffrance et se tordre de douleur. Par réflexe Alice s'était plaquée dos à la porte. Prête à se battre si le Chapelier se jetait sur elle.

Mais le Chapelier parlait, il s'enivrait de sa propre voix. Seul du dégoût orna le visage de l'Androïde devant les explications de Vasile.

— Je ne me souviens que peu de mon arrivée à l'asile. Quant à votre opération, je n'en ai aucun souvenir. Heureusement, je pense.

Un temps, un silence. Alice cherchait les mots. Elle cherchait à prendre le dessus.

— Sachez que je ne retournerais pas à l'asile. Ni en Roumanie. Ma décision est prise.

Avouer cette décision lui redonna du courage. Elle haussa relever la tête, darder son regard dans les yeux de Vasile.

— Vous souvenez-vous de Peter ? Le petit garçon qui volait comme les oiseaux et qui, un jour, s'envola. Je l'ai revu. Il m'a ouvert les yeux. Il m'a montré que je me leurrais en vous appelant père. Vous m'avez fait naître en tant qu'Androïde, certes, mais vous m'avez fait souffrir. Vous continuez à le faire. Je vous ai admiré, et vous n'avez jamais eu que du mépris à mon égard.

A chaque mot prononcé, Alice reprenait le contrôle. Elle se sentait plus puissante, capable d'affronter le Chapelier et de le vaincre. Elle qui l'avait toujours vu gigantesque, le trouvait soudainement petit. Frêle et chétif. Un scientifique au corps anémié par le manque de soleil et de repas nourrissants. Un corps faible.

Tendant son bras mécanique, Alice planta une griffe dans le chapeau. Elle ramena sa prise, détacha le chapeau pour observer le trou dans le tissu. Elle y passa l'index, l'élargissant davantage.

— Vous souhaitez sans doute me tuer, me mutiler comme le font les Italiens. Mais est-ce vraiment ce que vous souhaitez ?

Réfléchis bien Chapelier. Réfléchis et tu te puniras alors toi-même.

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Vasile Duca
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Vasile Duca
Ven 3 Jan - 3:11
Voir Alice si concentrée pour trouver ses mots, trouver la faille qui blesserait son interlocuteur aurait eu de quoi faire rire Vasile... S'il n'était pas si terriblement surpris. Cela dépassait le stade de la trahison. C'était des menaces qu'il sentait percer dans la voix aiguë de son ancienne protégée.

" Tu oses parler de Peter, ce petit... garnement ! Rien de plus qu'un gamin en fuite qui aurait finit par entendre raison, si tu me l'avais ramené plutôt que prêter attention à ses rêveries sans queue ni tête. Te rends-tu compte que tu trahis ceux qui ont été assez cléments pour t'accueillir lorsque plus personne ne voulait de toi ? Tu souhaites trouver ta place dans ce monde... Je te souhaite bien du courage ! Tu viens de renier le seul lieu au monde où tu pouvais encore prétendre exister ! "

Les propos du Chapelier étaient cinglants, sourde, sa voix. Tremblant de fureur, il perdait le contrôle. Il perdait le contrôle face à une enfant.. Et quelle enfant ! La seule, peut-être, à avoir toujours suivit aveuglément la moindre décision de l'inventeur sans le remettre en question.

Alors qu'il était aveuglé par son ressentiment, son chapeau, son si précieux chapeau quitta le haut de son crâne pour atterrir entre les mains de l'androïde forcenée. Il retint un glapissement d'effroi alors qu'une griffe de métal s'échiner à déchirer le tissu, déjà bien usé. Aussitôt, il franchit la distance qui le séparait encore d'Alice. Parlait-elle ? Il n'en saisit pas un mot. Il n'avait plus d'yeux que pour son sacro-saint couvre chef, malmené entre des mains griffues. Ha ! Que ne lui avait-il greffé des pattes de velours, à la place !

L'air impérieux, il attrapa le poignet métallique d'Alice, les yeux flamboyants d'une lueur mauvaise. Ho ! Sans doute qu'elle arriverait à le blesser, si elle le souhaitait. À cette distance, il s'agirait d'un véritable jeu d'enfant. Oserait-elle ? Il en doutait encore et, au fond, il ne s'en souciait même plus. L'outrage avait été trop grand.

" Relâche immédiatement mon chapeau, Alice. Alors peut-être que je reconsidérerais ton sort. Je commence à être tenté de te livrer aux autorités, tu sais. Ou peut être pourrais-je esquinter ce bras ? Je suis bien le seul qui puisse y faire quelque chose, s'il est cassé, n'est-ce pas !? "

Il avait abandonné la subtilité au profit de la brutalité. Voilà bien la première fois qu'il se sentait si nerveux et déraisonnable, effrayé qu'il était par cette nouvelle et imprévisible Alice.
Vasile Duca
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Alice Liddell
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Ven 3 Jan - 19:44
Alice savait que Vasile serait capable de mettre ses menaces en exécution. Désormais elle était à ses yeux une erreur, une création qu'il préférait voire détruite plutôt qu'aux mains de ses adversaires. Mais elle saurait le stopper avant.

Quand Vasile la saisit par le poignet, un frisson de dégoût fit frissonner Alice, coulant le long de son dos tel un serpent. Son corps s'électrisait tel un chat prêt à faire le gros dos pour terrifier son adversaire.

— Lâ... Lâchez-moi ! Vous ne me toucherez... pas !

D'un prompt mouvement, Alice arracha son bras de la prise de Vasile. Contrôlant mal sa force, le bras cingla dans l'air, ainsi que les griffes qui remplaçaient les doigts de la jeune femme. Le métal trancha dans le visage de Vasile; seules les pointes firent couleur le sang, mais aussi affûtées que celles d'un félin elles laissèrent de longues stries rouges. Le sang tomba en gouttes éparses sur le plancher et le chapeau qui était tombé durant l'incident.

Alice regarda le sang. Si rouge sur la peau blanche de Vasile. Ce sang était la preuve qu'il était humain, qu'il pouvait être blessé, qu'il n'était pas le dieu qu'elle avait cru voir depuis son enfance maudite à l'asile. Un rire agita Alice, un rire presque hystérique, le rire de la prisonnière pouvant enfin frapper son geôlier.

— Alors ? Qu'est-ce que cela fait de voir son œuvre se retourner contre soi ?

Emportée par sa rage, ce sentiment de toute-puissance qui l'habitait, elle donna un grand coup de pied dans les jambes de Vasile. S'il tombait, elle n'hésiterait pas à le rouer de coups.
©Didi Farl pour Never-Utopia




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Vasile Duca
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Vasile Duca
Mar 14 Jan - 0:56
Un cri strident s'était échappé d'entre les lèvres du Chapelier alors qu'il plaquait ses mains contre son visage en reculant, pantelant. Il contempla finalement ses doigts maculés de sang, sang qu'il sentait désormais sur sa langue avant de fixer un regard brumeux et confus sur Alice. Encore sous le choc, sous le choc de ce qu'il avait engendré - vraiment ? -, il n'eut pas le temps de voir venir le coup de pied qui le faucha, le forçant à tomber à genoux.

C'est alors qu'il reprit les commandes.

Alice n'existait plus. C'était autre chose qui se tenait droit devant lui. Et quelque chose de fort peu amical. Il roula de côté, juste assez pour récupérer son chapeau et se redressa avant qu'Alice ne tente quoi que ce soit. Comme si l'objet détenait un élément important de sa survie, il s'empressa de le visser sur son crâne, sans pour autant lâcher du regard son ennemie. Prudent, il passa une langue hasardeuse sur l'une des griffures qui s'étendaient sur ses lèvres. Le goût du sang s'intensifiait et sa peau tiraillait alors qu'il articulait.

" Tu n'es pas mon oeuvre. Tu n'as JAMAIS été digne d'être mon oeuvre. Je n'ai fait que tenter de rapiécer un esprit tordu. Un combat perdu d'avance ! " D'un mouvement de tête vif, il cracha un peu de salive maculée de sang dans un coin de la pièce, avant d'étendre un sourire rouge et démentiel. " Tu n'es que la conséquence de ta propre folie, Alice, et rejeter cela sur ma personne ne te sauvera pas. "

Son sourire disparu, en même temps que ses restes de prudence. Qu'était Vasile s'il n'était même pas capable de tenir droit devant ses androïdes !

" Tu me traites en monstre, Alice... Mais de nous deux, je crois bien que c'est toi, l'hideuse créature. " Son index s'était lentement déplié, pointant dans sa direction. " Si tu veux en être sûre, il nous suffira de demander à tout ces gens que tu crois si braves, tellement plus braves que moi dans la rue. "

Jamais elle ne trouverait refuge. Jamais elle ne trouverait le repos. Cela, le Chapelier se le jura.

Dans sa déraison, il en avait oublié l'Androïde. Non ! Il ne la comprenait pas. Non ! Il ne pouvait admettre qu'on le trahisse. N'avait-il pourtant fait preuve de bonté en lui pourvoyant toit et travail ? En lui accordant l'indicible honneur de devenir un Androïde.

Oublié, ces dernières années. Oublié, ce serviteur qui semblait partager sa folie. Oublié, cette petite fille qui persistait pourtant à l'appeler "père" depuis si longtemps... S'il n'était certes pas pourvu de griffes de métal pour blesser ses adversaires, il avait toute confiance en ses mots pour les heurter bien d'avantage.
Vasile Duca
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Alice Liddell
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Mer 15 Jan - 23:01



C'est toi le monstre.

C'était tout ce qu'elle avait retenu des propos du Chapelier, et cela suffisait amplement. Elle, un monstre ? Mais par la faute de qui, du Chapelier évidemment. Mais aussi de la Reine de cœur (curieux titre pour une femme dépourvue de sentiments), femme qui avait construit l'asile, hébergé le Chapelier, lui avait fourni le lieu idéal où exprimer son art. Et ce serait elle, Alice, la fille qui avait chuté dans le trou en croyant trouver un monde de merveilles qui serait le monstre ?

Je ne suis pas le Jabberwocky. Je ne suis pas le Bandersnatch. Je ne suis pas le Snark.


Elle n'était aucune de ces créatures qui peuplaient l'asile ou son imaginaire. Elle était juste une victime.

Alice vit son corps bouger tout seul, ses griffes se planter dans l'épaule du Chapelier. Le clouant au mur comme un simple insecte. Elle sentait la magie bouillonner en elle; comme de l'eau laissée sur le gaz chauffant rapidement, les bulles crevant la surface, faisant trembler l'onde. La magie voulait sortir. Le sang de fée qui coulait en elle voulait sa vengeance.

La voix qui sortit de sa gorge semblait aussi ancienne que la Nature. Aussi ancienne que la magie. Une voix venu des tréfonds de son âme, résonnant dans toute la pièce, jusque dans ses propres tympans.

— Jamais plus tu ne verras le monde comme avant. Le Nord deviendra le Sud, l'Est deviendra l'Ouest. Les repères se mélangeront, les tiens ne seront plus ceux des autres hommes. Tu monteras en bas, tu dégringoleras en haut. Tête en bas, pieds en haut, jamais plus tu ne sauras où grimper, où descendre.

La magie, Alice la sentit parcourir ses nerfs, chatouiller sa peau, hérisser ses poils. Elle avait plaquée sa main de chair sur le front de Vasile, l'obligeant à recevoir le don. Ce don qui ne le lâcherait plus jamais, qui demeurerait à jamais dans sa chair.

Vasile hurla-t-il ? Chercha-t-il à se débattre, à refuser ce présent qui était pour lui une malédiction ? Alice ne se souvenait plus. Son forfait achevé, elle avait quitté l'appartement. Que le Chapelier reparte s'il en avait la possibilité. Fini pour elle de servir les autres. Désormais elle forgerait elle-même son chemin.

La besace ne pesait pas grand-chose dans ses bras. Mais il y avait assez pour une traversée jusqu'aux Amériques si on était pas trop difficile, et peu réticent à supporter la transpiration et la promiscuité avec les êtres humains. Deux choses qu'Alice pouvait bien supporter si cela l'éloignait de Vasile.

Adieu chère Europe. Adieu Roumanie. Adieu l'asile. Adieu les souvenirs.

Spoiler:
 



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Vasile Duca
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Vasile Duca
Jeu 16 Jan - 13:25
Voir la force qu'il avait lui même insufflé à Alice se retourner contre lui n'avait absolument rien de drôle, pensait-il, alors qu'il était plaqué contre le mur par une poigne de fer. Ses propres doigts serrés autours du poignet mécanique de son "agresseur", il ne put qu'assister, impuissant, à la prise de contrôle de l'Androïde.

" Alice ! Qu'est que tu comptes faire de moi... RELÂCHE MOI ! "

C'est alors que l'impensable, l'innommable se produisit.

Une voix, qui n'était plus celle d'Alice, emplissait la moindre parcelle du cerveau de Vasile, le torturant sans relâche. Chaque mot faisait écho dans son esprit pendant ce qui lui semblait être une éternité.

" Jamais plus tu ne verras le monde comme avant. "

Il suffit !

" Le Nord deviendra le Sud, l'Est deviendra l'Ouest. Les repères se mélangeront, les tiens ne seront plus ceux des autres hommes. "

Il SUFFIT !... Pourquoi ne puis-je parler à voix haute ?

" Tu monteras en bas, tu dégringoleras en haut. "

Cessez. CESSEZ ! SORTEZ DE MA TÊTE !

" Tête en bas, pieds en haut, jamais plus tu ne sauras où grimper, où descendre. "

Une main fraîche, étonnamment humaine se posa alors sur son front fiévreux et un cri déchira l'air. N'aurait été cet appui, il aurait sombré. Il aurait sombré à coup sûr dans cet abysse qui s'ouvrait sous ses pieds.

Un bourdonnement plein les oreilles, il ne sentit que très vaguement le départ de l'Androïde.

" Alice, Alice... Reviens, je t'en prie, reviens... ! "

De bien vaines supplications, Alice était déjà loin.

Les deux mains plaquées au mur, le Chapelier tâtonnait. Ses yeux lui disaient que le plancher était à l'horizontale, sous ses pieds, tandis que tout le reste de son être jurait qu'il était à la verticale. L'appartement tournoyait-il vraiment ? Soudain prit de violentes nausées, il tituba et tomba bientôt à genoux devant l'ancienne cheminée. Après avoir manqué d'y relarguer son dernier repas, il se redressa, s'appuyant de toutes ses forces sur les murs de l'appartement.

Doucement, à la façon d'un vieillard qui aurait perdu ses sens, il cherchait à sortir, sortir de cet appartement de fou. L'air vicié lui aura sûrement monté à la tête. Il ne pouvait pas avoir été affligé d'une telle malédiction, n'est ce pas ? À chaque pas, les marches se dérobaient sous ses pieds. Descendait-il vraiment ? N'était-il pas en train de remonter ? Une chute douloureuse sur les dernières marches lui indiqua qu'il n'était pas conseillé de garder les yeux fermés dans un escalier.

Finalement, c'est au prix d'un dur labeur qu'il finit par atteindre la rue bondée.

Où était-il ? Pourquoi le sol tanguait-il ? La rue montait ou descendait ? Venait-il de là bas ou d'ici ? ...Diablerie, l'avait-on vraiment maudit ?!

Sans repères, en proie à une véritable crise de panique, le Chapelier s'isola dans l'ombre d'une ruelle, le dos appuyé contre le bâtiment. Ne cède pas à la folie, Chapelier ! Souviens-toi, rappelle-toi de ce qui t'importe. Trop à faire pour rester là. Nulle question d'abandonner ici !

Poussé par l'énergie du désespoir, il s'était finalement remit en marche. Une seule et unique chose comptait, désormais. Rejoindre la Roumanie, et surtout le manoir de la savante Korzha !

HRP:
 
Vasile Duca
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